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72052122R00004
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US Agency for International Development Haiti

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This request for proposals (RFP) from the United States Agency for International Development (USAID) Mission in Haiti seeks proposals for the USAID/Haiti Resilient Environment - North Activity. The Activity aims to increase community, systems, and climate resilience in the Northern Resilience Focus Zone by protecting and restoring ecosystem services using a watershed management approach and fostering sustainable productivity and economic inclusion. USAID anticipates awarding one cost-plus-fixed-fee completion contract for a period of five years with a total estimated cost range of $21,500,000 to $24,500,000. Proposals are due by the closing date of January 14, 2022 and must follow the instructions in Sections L and M of the RFP for evaluation based on the criteria in Section M. Questions about the RFP must be submitted by December 14, 2021.

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Haiti Reforestation Project FY19 Annual Progress Report.pdf PDF
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USAID Haiti 2020-2022 Strategic Framework.pdf PDF
Plan Strategique Decennal 2021-2030-Ministere de lEnvironnement 2021.pdf PDF
Plan dInvestissements Agricoles-Composante Amenagement des Bassins Versants et Foresterie-MARNDR.pdf PDF
Participatory Watershed Management Planning_A Step-by-Step Guide_World Bank 2019.pdf PDF
List of Indicators for Economic Growth and Climate Change.xlsx XLSX spreadsheet
USAID Proland Payment for Ecosystem Services_Case Study.pdf PDF
USAID Haiti Reforestation Project-Supported Sub-Watershed Management Plan for Capotille.pdf PDF
Branding and Marking Template.pdf PDF
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CIAT-Plan dAmenagement du Nord-Nord-Est-Couloir Cap Ouanaminthe-Decembre 2012.pdf PDF
Handbook for Developing Watershed Plans to Restore and Protect our Waters_EPA 2008.pdf PDF
IDB-Northern Sustainable Mobility Plan 2016.pdf PDF
Plan National dAdaptation-In Focus 2018.pdf PDF
Stimulating Smallholder Woodfuel Production-Lessons from Haitis Thriving Charcoal Market-USAID PROLAND 2021.pdf PDF
Haiti Environment Action Plan for 2021-2030.pdf PDF
Map of Target Watersheds.pdf PDF
LAC-IEE-22-07 ETD (HA - Haiti Resilient Environment).pdf PDF
USAID Haiti Reforestation Project-Resilience Baseline Study. 2020.pdf PDF
Haiti Politique Nationale de Lutte contre les Changements Climatiques. 2019.pdf PDF
Analyse du Couvert Forestier du Nord et du Nord-Est-USAID 2018.pdf PDF
Mid-Term Evaluation Report for the USAID Reforestation Project-USAID 2021.pdf PDF
Haiti Environmental Vulnerability Report-USAID 2007.pdf PDF
Watershed Management in Action-Lessons learned from Field Projects-FAO 2017.pdf PDF
Charcoal (National Assessment) in Haiti_World Bank Group 2018.pdf PDF
Haiti National Climate Change Policy 2019.pdf PDF
Acces a la terre et securite fonciere-MARNDR.pdf PDF
Paying People to Not Cut Down Trees Pays Off_Study Finds_Inside Climate News.pdf PDF
Revised Haiti Country Programme (En). 2019.pdf PDF
Geographic Data Asset Reporting Requirement.pdf PDF
List of all Standard Foreign Assistance Indicators.pdf PDF
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USAID Haiti Reforestation Project-Supported Sub-Watershed Management Plan for Joli-Trou and Cormier.pdf PDF
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Plan dAction National dAdaptation-Haiti.pdf PDF
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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT

Plan d’aménagement du sous bassin versant des Perches

JUILLET 2019

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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES ET

DU DÉVELOPPEMENT RURAL ENVIRONNEMENT

MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

MAIRIE DES PERCHES

CONSEIL D’ADMINISTRATION DES SECTIONS

COMMUNALES DES PERCHES

ASSEMBLEE DES SECTIONS COMMUNALE DES PERCHES

JUILLET 2019

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/75/Coat_of_arms_of_Haiti.svg

Table des matières

LISTE DES SIGLES

1. Notion de bassin versant

2. Fonctionnement d’un bassin versant

3. Présentation succincte de l’état du bassin versant des Perches

4. Propositions de « remèdes » pour le traitement du sous bassin versant des Perches

5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan

6. ANNEXE I.- PROGRAMME D’AMÉNAGEMENT DU SOUS BASSIN VERSANT DES PERCHES

7. Caractéristiques sous bassin versant des Perches

7.1 Caractéristiques biophysiques du sous bassin versant de Perches

8. Programme d’Aménagement Proposé

8.1. Le Reboisement

8.2 Intensification agricole

8.3. Protection des sols

8.4. Gestion de l’eau

8.5 Education environnementale

9. Modalités de réalisation du plan d’aménagement du sous bassin versant des Perches

9.1 Participation des bénéficiaires et des communautés locales dans la prise des décisions relatives au plan d’aménagement du sous bassin versant des Perches

ANNEXES II : Fiches techniques en lien avec les structures proposées dans ce plan d’aménagement de bassins versants

ANNEXE Photographique de focus groupes et de rencontres effectuées aux Perches dans le cadre de l’élaboration et de la présentation du plan d’aménagement du sous bassin versant des Perches

LISTE DES SIGLES

AVANSE Appui à la Valorisation du Potentiel Agricole du Nord pour la Sécurité Economique et

Environnementale

ASEC Assemblées des Sections Communales

BV Bassin versant

C Celsius

CASEC Conseil d’Administration des sections communales

CNIGS Centre National de l’Information Géo-Spatiale DGI Direction Générale des Impôts FVD Faire Valoir Direct FVI Faire Valoir Indirect

GPS Global Positioning System ha hectare

Hab. Habitant

IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique

Km Kilomètre m Mètre mm Millimètre MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural MDE Ministère de l’Environnement MIC Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales

USAID United States Agency for International Development

URP USAID Reforestation Project

1. Notion de bassin versant Un bassin versant est l’ensemble du territoire géographique dont les eaux de ruissellement (pluie, cours d’eaux, etc.) s’écoulent par gravité vers un même point appelé exutoire. Celui-ci peut être un cours d'eau, un lac, la mer, l’océan, etc. Un bassin versant est délimité par des lignes de partage des eaux entre les différents bassins voisins. Ces lignes sont des frontières naturelles dessinées par le relief. Elles sont aussi appelées « lignes de crête ».

D’une manière générale, un bassin versant comprend une rivière principale alimentée par des petits ruisseaux, des sources. Ces derniers constituent les affluents de la rivière principale. Généralement, chaque bassin versant est subdivisé en un certain nombre de bassins plus petits appelés « sous-bassins versants ». Ils constituent la surface d’alimentation des affluents dont les eaux se jettent dans le cours d’eau principal. Dans le cas spécifique du sous bassin versant des Perches, la rivière principale est « La rivière Marion » dont les eaux collectées vont jusqu’ à l’exutoire comme l’illustre la carte ci-dessous.

2. Fonctionnement d’un bassin versant Différents facteurs interviennent dans le fonctionnement d’un bassin versant. Ces facteurs peuvent être classés en deux grandes catégories : Des facteurs naturels et des facteurs humains.

➢ Facteurs naturels : Parmi les facteurs naturels on trouve :

• La forme du bassin versant. Suivant ses matériaux constitutifs, un bassin versant peut avoir une forme en V ou une forme en U.

Outre la forme, il y a aussi la surface du bassin versant. La forme et la surface constituent la géométrie d’un bassin versant,

• Autre facteur naturel : La topographie ou pente des terrains d’un bassin versant

Au niveau d’un bassin versant, les pentes peuvent être fortes ou faibles. Elles peuvent être aussi longues ou courtes. Ces deux aspects caractéristiques des pentes impactent considérablement sur le comportement des eaux dans un bassin versant. Ils jouent un rôle déterminant sur la vitesse de l’écoulement des eaux au niveau du bassin versant et donc sur leur agressivité. A l’image d’une rue de voiture ou de bicyclette, quand les pentes sont à la fois fortes et longues, elles augmentent la vitesse d’écoulement des eaux. Celles-ci sont alors plus agressivités et ont une capacité plus importante de commettre de dégâts. En revanche, si les pentes sont faibles et courtes, les eaux ont tendance à s’écouler lentement. Elles sont ainsi moins agressives. Leur capacité de commettre des dégâts est nettement moins importante.

• La pédologie : Ce facteur concerne la nature des sols d’un bassin versant. La pédologie est caractérisée par les types et les proportions des matériaux constitutifs d’un sol.

Ces matériaux sont de deux ordres o D’une part ceux provenant de la roche-mère (élément minéral) qui en se dégradant donne le sable, l’argile et le limon qui se différentient en fonction de leur taille.

o D‘autre part ceux provenant dans la dégradation des matériaux végétaux et animaux (élément organique) pour donner la matière organique.

Suivant la proportion de ces deux types matériaux (minéral ou végétal), ce facteur pédologique influence grandement sur la capacité d’infiltration des eaux dans le sol et aussi leur résistance au lessivage des eaux. D’une manière générale, plus un sol contient de la matière organique, plus il y a de liens entre les particules de sols, plus il a la capacité de résister à l’érosion.

o En plus de ces deux types matériaux, un autre facteur pédologique très important est la profondeur du sol. En effet, à l’image d’une éponge, plus un sol est profond, plus sa capacité d’absorber de l’eau est importante et par conséquent plus sa résistance à l’érosion est importante.

• Facteurs biologiques : Dans un bassin versant, ces facteurs sont représentés par les végétaux (arbres, herbes, cultures vivrières, etc.) et les animaux.

• La pluviométrie : Ce facteur est caractérisé par les quantités d’eau tombée lors des pluies, la fréquence des pluies, l’intensité des pluies, etc.

La pluviométrie un facteur fondamental dans le fonctionnement et la gestion des bassins versants. Si les pluies sont trop fréquentes et trop violentes, les quantités d’eau tombées peuvent dépasser très rapidement les capacités d’absorption des sols qui sont emportés par les eaux de ruissellement.

➢ Facteurs humains :

Parallèlement aux facteurs naturels précédemment cités, les humains, en fonction de leurs interventions, jouent un rôle primordial dans le fonctionnement des bassins versants. Parmi ces interventions humaines on compte :

• Les modes de mise en valeur des terres.

En effet, les modes de valorisation des terres par les humains contribuent ou non dans la dégradation des bassins versants. Ainsi, les types d’outils utilisés, la mise en valeur des sols avec ou sans structures antiérosives, la mise en culture dans le sens des pentes, les pratiques de brulis, de sarclage, de surpâturage, la protection ou la surexploitation des forêts, etc. sont autant d’éléments sur lesquels les humains peuvent jouer pour protéger ou dégrader les bassins versants.

• Urbanisation :

Outre les modes d’exploitation des sols, les modes de construction privilégiés par les humains jouent est un facteur extrêmement important dans la gestion des bassins versants. Suivant que les constructions sont effectuées avec des plans d’urbanisme ou au contraire que les constructions sont anarchiques c’est-à-dire sans plans d’urbanisation, elles contribuent largement dans la protection ou la dégradation des bassins versants.

Il résulte donc de la bonne ou de la mauvaise utilisation des différents paramètres cités ci-dessus, pour considérer un bassin versant comme étant bien géré ou en « bonne santé » ou « malade c’est-à-dire dégradé, mal géré, etc. ». L’état « de santé » c’est-à-dire la bonne ou la mauvaise gestion d’un bassin versant se traduit par des conséquences positives ou négatives tant pour les populations qui vivent dans les parties situées en amont que pour celles qui vivent dans les parties situées en aval du bassin versant, sur le littoral, sur les milieux marins, comme les coraux, les ressources halieutiques, etc.

3. Présentation succincte de l’état du bassin versant des Perches Sur le plan géographique, le bassin versant des Perches est situé dans le département du Nord-Est. Il comprend deux sections communales. Celle de Haut des Perches et celle des bas des Perches. Les calculs effectués à l’aide d’instruments de « Système d’Information Géographique (SIG) » de très grandes précisions permettent d’évaluer à 52.48 km2 la superficie totale du sous bassin versant des Perches. Sur ces 52.48 km2 les calculs effectuées grâce à ces instruments montrent que 39.6% de la superficie totale se trouvent dans la première section communale de Haut des Perches et 60.4% au niveau de la deuxième

Bas des Perches. Ce sous bassin versant est l’une des petites des 13 communes du département du Nord-

Est. Les altitudes du sous bassin versant des Perches varient de 59 à 1,067 m. Les altitudes les plus élevées vont de 738 à 1,067 m et se retrouvent dans les zones avoisinant le pic Mayombé qui représente le point culminant de ce sous bassin versant.

Sur le plan pluviométrique, les perches sont considérées comme une zone humide. Les précipitations sont très abondantes. Elles varient avec l’altitude pour atteindre une moyenne de l’ordre de 2,000 mm/an.

Outre sa forte pluviométrie, dans le sous bassin versant des Perches les pentes sont généralement fortes.

En effet, 61 % des terres de ce sous bassin versant se trouvent sur des pentes supérieures à 25 % avec une couverture arborée plutôt faible.

Ces facteurs naturels peu favorables (forte pluviométrie, pentes fortes, etc.) combinés à la gestion humaine du bassin versant des Perches contribuent grandement à sa dégradation, c’est-à-dire « à aggraver la situation du malade ». En effet, les mauvaises pratiques culturales des agriculteurs du sous bassin versant des Perches, sont des facteurs aggravant dans la dégradation. Des cultures vivrières comme le maïs, le pois congo, la patate douce, le manioc, le taro, la pistache qu’ils pratiquent de manière intensive sans un couvert arboré suffisant et sans structures de protection des sols facilitent le phénomène de l’érosion au niveau de ce sous bassin.

Ajouté à ces facteurs, dans ce sous bassin versant, le brulis est pratiquement considéré comme faisant partie de l’itinéraire technique des agriculteurs pour l’élimination des résidus de cultures et pour la préparation des terres à emblaver. Cette mauvaise pratique diminue grandement la matière organique qui joue un rôle indispensable dans la structure des sols. Elle contribue grandement à l’érosion des sols dans le sous bassin versant des Perches et a des impacts très négatifs sur la microfaune et de la microflore.

En fragilisant le sol, le brulis facilite grandement l’érosion lors de pluies.

En plus de ces facteurs, l’élevage libre et plus particulièrement celui des caprins dans les mornes participe fortement également au processus érosif. Dans beaucoup de cas, ces animaux en broutant les herbes, les cultures et les arbres enlèvent le tapis végétal qui joue un rôle fondamental dans la protection des sols en évitant le « splah érosion » et les autres formes d’érosion qui en découlent

Il résulte de ce processus une dégradation des sols du sous bassin versant des Perches, une réduction de plus en plus importante du couvert arboré avec des pertes énormes de sols et des conséquences de plus en plus graves sur la productivité agricole, des inondations de plus en plus fréquentes, l’ensablement des systèmes d’irrigation, le déchaussement des routes et notamment la diminution du débit de la rivière

Marion. Par ailleurs, en plus des problèmes déjà cités, ces facteurs risquent d’hypothéquer gravement le barrage et les autres investissements structurants qu’on est en train d’effectuer sur cette rivière et plus généralement dans cette région.

A la lumière des faits ci-dessus énumérés, le bassin versant des Perches peut être considéré comme un bassin « malade » ou « mal géré ». Les facteurs naturels et surtout la gestion humaine contribuent grandement à le placer dans cette catégorie.

4. Propositions de « remèdes » pour le traitement du sous bassin versant des Perches

En tenant compte de ce constat, le présent plan d’aménagement a été élaboré pour contribuer dans la « guérison des maladies » identifiées dans ce sous bassin versant. Les solutions qui y sont proposées prennent en compte tant les facteurs humains que les facteurs naturels pour un meilleur « traitement » du bassin versant des Perches. Sur le plan méthodologique, la démarche qui a été suivie pour réaliser ces propositions comprennent :

• La consultation de nombreux documents relatifs à l’aménagement des bassins versants tant en Haiti qu’ailleurs dans le monde,

• La consultation de divers documents publiés sur la zone des Perches

• Diverses visites sur le terrain,

• Des focus groupes avec les populations des Perches,

• Diverses rencontres avec des élus locaux, des autorités étatiques concernées par la problématique de la gestion des terres et des eaux du sous bassin versant des

Perches, etc.

De cette démarche, il en résulte ces principales propositions ou « remèdes » :

1. Le reboisement doit viser prioritairement à remplacer les arbres abattus soit pour l’extension des cultures vivrières, soit pour répondre aux besoins économiques des exploitants agricoles du sous bassin versant des Perches, soit à des fins énergétiques. Ces trois facteurs étant en grande partie à la base du déboisement, par conséquent, pour faciliter l’adhésion des agriculteurs aux activités de reboisement, le choix des arbres est d’une importance capitale. Ils doivent donc contribuer dans la résolution des graves problèmes économiques, financiers et énergétiques auxquels les agriculteurs des Perches sont confrontés.

2. Parallèlement aux aspects purement économiques, les espèces choisies doivent également être adaptées aux exigences écologiques du sous bassin versant des Perches.

3. Sur le plan stratégique, le choix des espèces à planter doit se faire en étroite concertation entre les agriculteurs des Perches et les cadres techniques qui interviennent dans ce sous bassin versant.

4. Pour ce qui de la production des plantules, elle se fera essentiellement dans des pépinières décentralisées qui seront placées aussi proches que possible des aires de plantation. Cette disposition permettra de diminuer considérablement le stress dû à la transplantation des plantules et à réduire au maximum les pertes lors de cette opération.

5. Conformément aux résolutions adoptées lors des focus groupes et dans le but d’assurer la plus grande appropriation possible des bénéficiaires, les plantules seront produites prioritairement par les associations locales. Pour renforcer leur capacité dans ce domaine, le plan recommande de fournir aux agriculteurs du sous bassin versant des Perches la formation technique nécessaire pour qu’ils puissent produire eux-mêmes les plantules, assurer le suivi et l’entretien des arbres plantés.

6. En tenant compte des caractéristiques du sous bassin versant des Perches, dans le cadre de ce plan, conformément aux lois haïtiennes en la matière et suivant les recommandations du

« Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti » publié par le MARNDR, les terrains du sous bassin versant des Perches ont été subdivisés en quatre classes en fonction de leurs pentes. Pour chaque classe des propositions d’aménagement ont été effectuées. Ainsi les terrains de très fortes pentes, c’est-à-dire ayant des pentes supérieures à 60 % seront complètement reboisés. Ces terrains se trouvent dans des zones comme Mayombé par exemple.

Ceux ayant des pentes moins fortes comprises entre 25 et 60 % seront consacrés à l’agroforesterie c’est-à-dire une combinaison de plantation d’arbres, de cultures vivrières et / ou d’élevage sur une même parcelle. Ces terrains sont localisés dans des zones comme Maquillon, Jean Noel, Maramo, Dupon, Maurice, Beleri, etc.

Pour les parcelles ayant des pentes comprises entre 10 et 25 % des cultures vivrières seront effectuées avec la mise en place de structures antiérosives. Ces dernières seront effectuées de préférence avec des bandes végétales et des haies vives constituées avec des espèces comme le vétiver, les ananas, l’herbe éléphant, etc. Ces espèces, tout en protégeant les sols pourront aussi être utilisées pour la production de fourrage qui constitue un facteur très limitant pour le développement de l’élevage dans le sous bassin versant des Perches. Les terrains de cette classe sont identiques à ceux de La Coupe

Pour ce qui est des terrains ayant des pentes faibles c’est-à-dire inférieures à 10%, le plan encourage l’intensification au maximum de la production agricole.

Cette stratégie vise à augmenter la production au niveau des terrains de chaque classe de pente tout en minimisant les risques d’érosion. Le tableau ci-dessous illustre la répartition de ces classes de pentes et leur meilleure utilisation comme indiqué dans le « Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti »

Classes de pentes et propositions d’aménagement pour le sous bassin versant des Perches

Classes de pente en %

Types d’aménagement recommandés

Superficie en ha

% par rapport à la superficie totale

Localisation

0-10 Zones prioritaires pour l’agriculture intensive

581 18 Savanne Bergaine, Gaston, Paon

10-25 Zones d’agriculture de montagne avec installation de structures antiérosives

686 21 La Coupe

25-60 Zones agroforestières (de couverture arborée) ou de pâturage

1,333 41 Maquillon, Jean Noel, Maramo, Dupon, Maurice, Beleri

> 60 Parcs naturels et forêts de protection

652 20 Mayombé

Total 3,252 100

Ces différents résultats ne seront pas atteints sans un accompagnement technique et financier pour les agriculteurs du sous bassin versant des Perches comme le recommande ce plan d’aménagement.

7. Outre cette répartition des terrains en fonction de leurs pentes, le plan recommande aussi la mise en œuvre de travaux de conservation de sols par la réalisation de travaux de traitement de versants et de ravines. Autant que possible, des structures biologiques de conservation de sols seront priorisées. Ces structures s’entretiennent elles-mêmes. Toutefois, dans les grosses ravines, dans les berges des rivières, dans la protection des routes, des ponts, il est parfois indispensable de faire appel à des structures plus lourdes comme les gabions, les seuils en maçonnerie, etc.

8. En dépit d’une pluviométrie abondante, l’eau est un facteur de grande préoccupation aux Perches.

Aussi, le plan recommande une gestion efficace et efficiente de l’eau pour augmenter sa disponibilité notamment pour la consommation humaine et animale ainsi que l’irrigation des terres pour augmenter la production agricole.

9. En plus des propositions précédentes, le plan recommande également la mise en place d’un véritable programme d’éducation environnementale. Celle-ci doit permettre pour une vraie appropriation des activités prévues dans le plan d’aménagement du sous bassin versant des

Perches par la population. Ce programme comprendra notamment une vaste campagne de sensibilisation et d’éducation relative à l’environnement non seulement au profit des organisations directement impliquées dans la mise en œuvre de ce plan, mais aussi dans la plupart des écoles des Perches et pour l’ensemble des populations de ce sous bassin versant.

5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan La mise en œuvre des activités prévues dans ce plan sera assurée soit à partir d’appels d’offres qui seront lancés soit à des opérateurs de services, soit aux associations locales par le comité de gestion du bassin versant des Perches. Le choix des opérateurs dépendra de la complexité des travaux à réaliser. Des activités relativement peu complexes comme la production de plantules ou de compost pourraient être confiées à des associations locales ou directement au comité de gestion du sous bassin versant des

Perches. Pour des travaux hautement spécialisés comme la réfection de tronçons de routes, de ponts, le traitement de grosses ravines, la stabilisation de berges de rivières, etc. devraient être confiés à des firmes spécialisées. Le comité de gestion du sous bassin versant des Perches assisté de spécialistes en passation de marchés, de cadres techniques de haut niveau, d’ingénieurs-conseils, etc. assurera le suivi de leur mise en œuvre. A cet effet, un plan de renforcement des capacités du comité de gestion de ce bassin versant notamment en termes de personnel, en capacités techniques et administratives devra être mis en application lors de la mise en œuvre du plan de gestion du sous bassin versant des Perches.

Pour ce qui est du financement des activités, ce plan est avant tout un outil pour la gestion des eaux et des terres de ce sous bassin versant, le financement des activités qui y sont prévues devraient figurer dans les budgets annuels de l’État haïtien. En conséquence, les représentants légaux des Perches (Maires, ASEC, CASEC, etc.) devraient faire sa promotion non seulement auprès des autorités haïtiennes régionales, départementales et nationales mais également auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux.

Ils devraient s’en servir pour orienter les projets de développement qui interviennent et /ou qui interviendront dans la commune des Perches.

Par ailleurs, ce plan de gestion des eaux et des terres des Perches devrait faire l’objet d’une évaluation périodique ainsi qu’une actualisation en fonction de la réalisation des activités qui y ont prévues.

ANNEXES

6. ANNEXE I.- PROGRAMME D’AMÉNAGEMENT DU SOUS BASSIN VERSANT DES PERCHES

7. Caractéristiques sous bassin versant des Perches Borné au Nord par les communes de Terrier-Rouge et de Trou-du-Nord ; au Sud, par la commune de

Vallières ; à l’Est par les communes de Fort-Liberté et de Terrier- Rouge et à l’Ouest, par les communes de

Vallières et de Trou du Nord, le bassin versant des Perches comprend deux sections communales. Celle de Haut des Perches et celle des bas des Perches. Avec une superficie totale de 52.48 km2 dont 39.6% sur la première section communale de Haut des Perches et 60.4% au niveau de la deuxième Bas des Perches, ce bassin versant est l’une des petites des 13 communes du département du Nord-Est. Selon le dernier recensement de Mars 2015 de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) la population de la commune des Perches serait estimée à 11,556 personnes dont 5,877 hommes et 5,679 femmes. Les jeunes de 18 ans et plus représenteraient 6,893 personnes. Toujours suivant la publication de l’IHSI, la population urbaine représenterait 6,729 personnes contre 4,827 personnes. Donc ces données laisseraient supposer une urbanisation croissante de la commune des Perches. Pour ce qui est des caractéristique biophysiques des Perches, les documents existants, les focus groupes, ainsi que les rapports publiés notamment celui du projet « AVANSE » permettent de caractériser ce sous bassin versant comme suit :

7.1 Caractéristiques biophysiques du sous bassin versant de Perches

• Altitude et pluviométrie

Suivant diverses études les altitudes du sous bassin versant des Perches varient de 59 à 1,067 m. Selon ces mêmes études, les altitudes les plus élevées vont de 738 à 1,067 m et se retrouvent dans les zones avoisinant le pic Mayombé qui représente le point culminant de ce sous bassin versant

• Caractéristiques climatiques

Dans le sous bassin versant des Perches, les précipitations augmentent avec l’altitude pour atteindre une moyenne de l’ordre de 2,000 mm/an. En dépit du changement climatique, cette pluviométrie annuelle est répartie sur deux grandes saisons. La saison sèche qui s’étend de juillet à octobre tandis que le reste de l’année est généralement marqué par deux périodes pluvieuses. Ces deux périodes de fortes intensités de précipitations vont l’une en avril-mai-juin et l’autre en novembre-décembre-janvier.

Les vents dominants du Sous Bassin Versant des Perches sont les Alizés. La période de forts vents correspond aux mois de juillet et août qui sont donc les mois les plus chauds de l’année. Des données spécifiques sur la vitesse du vent ne sont pas disponibles pour les Perches. Cependant, selon les documents disponibles, pour la zone avoisinante de Vallières, la vitesse des vents varie de 78 à 130 km / jour avec une moyenne annuelle de 101 km/jour.

Pour ce qui est de la température moyenne mensuelle, elle varie entre 18.5 et 35 degrés Celsius. Les plus fortes températures sont enregistrées au cours des mois de juillet et d’août qui sont les plus chauds tandis que les mois les plus frais vont de décembre à février.

• Types de sols

Le socle rocheux de ce sous bassin versant est constitué majoritairement de roches magmatiques datant du crétacé supérieur et de roches sédimentaires datant du Quaternaire. Les roches magmatiques recouvrent 92.6% de la zone sous forme de basalte. Parmi les roches magmatiques, les roches de types lithologiques diorites et tonalites sont les plus dominantes avec 32%. Les roches sédimentaires couvrent environ 7.4% de ce sous bassin versant sous la forme d’alluvions détritiques.

Selon « AVANSE » le sous bassin versant des Perches est caractérisé par un ensemble de montagnes et de collines dont les eaux se déversent les unes dans les autres jusqu’à la rivière Marion en passant par la rivière Cochon Gras. Par endroits, on trouve des dépressions surplombant les zones de montagnes, des petites plaines et des replats. Globalement les sols de ce sous bassin versant sont de couleurs brunâtre et rougeâtre. L’aspect rougeâtre caractérise l’ensemble du sous bassin versant. Sa prédominance est remarquable tant dans les zones de piémont que dans les montagnes à fortes pentes. Les sols ont une très faible pierrosité observée dans les zones de pentes plus ou moins abruptes. Ces sols présentent une porosité et une profondeur variables en fonction de leur position au niveau de différents versants. Par endroit, on observe des affleurements rocheux au niveau des zones de fortes pentes en haute altitude où l’état de dégradation du sol est très avancé.

Les sols de ce sous bassin versant sont de texture limono sableuse, limono-argilo-sableux et sablo limoneux avec une teneur en sable variant de 70 à 85%. Cette texture pourrait favoriser l’infiltration des eaux de pluies moyennant que ces sols soient munis d’une couverture végétale pour amortir les gouttes de pluies et faciliter cette infiltration.

Le pH des sols varie de 6.76 à 7.24. Il est à tendance acide et légèrement basique. Un tel pH n’est pas trop favorable à une décomposition rapide de la matière organique et à une bonne disponibilité des éléments nutritifs assimilables par les cultures. Le taux de matières organiques, jugé faible, varie de 1.07 à 1.52 pour les sols étudiés par « AVANSE ». Suivant le rapport publié par ce projet, ces sols présentent généralement une potentialité agricole variant de faible à moyenne au niveau du sous bassin versant des Perches et ne sont pas trop favorables à un bon développement des cultures. Cette faible potentialité pousse les agriculteurs à emblaver plus de surface, ce explique en grande partie le niveau de dégradation des terres de ce sous bassin versant.

• Couvert végétal et cultures pratiquées

Dans le sous-bassin versant des Perches, trois strates de végétation sont observées. Le rapport du projet

« AVANSE » les décrit comme suit :

➢ La végétation arborée qui est dominée pour les espèces fruitières par les manguiers, les avocatiers, les cocotiers et les arbres véritables, etc. Les espèces forestières sont représentées par le chêne et le mombin, Eucalyptus, le sucrin, le Gliricidia, Bois pini, Bois gale, Acacia, Acajou

Venezuela et Trompète.

➢ La strate arbustive qui contient le cacaoyer, la noix d’acajou, le caféier, la pomme Torche, le

Satanier et le Bois lait, le Goyavier, le caïnite marron, l’oranger doux, le monbin bata, la Brisiyette et le cachiman,

➢ La strate herbacée qui est dominée par l’herbe pied poule, débourré, l’herbe avion, le piedba, langachatte, herbe sûre, herbe patate, le balai glissé, ronté, fleur soleil, vétiver, herbe vent, malomée, herbe trop dure, zamorette, herbe pitimi, kerat, Mme Michel, herbe guinée, calmadère et faux basin.

L’analyse des données cartographiques relatives à l’occupation des sols effectuée par « AVANSE », dans le sous-bassin versant des Perches 74.7% de la superficie sont occupés par des cultures agricoles denses, 12.8% par des systèmes agroforestiers, les zones de savanes représentent 9.7% et enfin 2.8% sont occupés par des cultures agricoles moyennement denses. Cette analyse souligne que les interventions agricoles sont faites au niveau de ce sous-bassin versant dans des sols qui ne correspondent pas à leur vocation.

Le sous-bassin versant des Perches présente trois zones agroécologiques. La première est une zone agro-pastorale sèche observée dans les zones de montagnes à pentes fortes au-delà de 400 m d’altitude. La deuxième est une zone d’agriculture de montagne semi-humide observée entre 150 et 400 m d’altitude.

La troisième correspond à une zone de plaine irriguée en mono et pluricultures en dessous de 150 m d’altitude. Les systèmes de cultures dominants sont donc fonction des caractéristiques de ces zones agroécologiques du sous bassin versant. Selon « AVANSE », ils se répartissent comme suit :

➢ Système de production en montagne sèche

Ce système est dominé par les cultures d’arachide, de patate, de manioc et de pois congo.

➢ Système de production en montagne semi-humide

Les cultures de la canne-à-sucre, du malanga, la banane et de la patate douce dominent ce système.

➢ Système de production en plaine irriguée

Ce système est dominé par les associations de Chou-Haricot-Maïs, Chou-tomate- Pois inconnu-Maïs, Piment Aubergine-Poireau et la culture pure de la patate douce. Il est le seul système où les cultures maraichères sont pratiquées à petite échelle dans le sous bassin versant.

Les rendements des cultures pratiquées dans ce sous bassin versant varient selon les zones agroécologiques. Les rendements des monocultures sont différents de celles en association pour une même unité de superficie. Les rendements des cultures sont relativement faibles surtout dans les zones de montagnes à fortes pentes. Le niveau moyen de rendement des cultures serait obtenu dans les zones de plaine irriguée.

• Pratiques culturales, érosion des sols et dégradation du sous bassin versant des Perches.

Comme c’est le cas en Haïti, les zones de plaines, les bas-fonds, les gorges, les zones de pentes faibles bénéficient généralement d’une bonne couverture arborée particulièrement dans les zones humides. En revanche, au niveau des versants et surtout sur les pentes plus ou moins élevées, la couverture arborée est généralement très faible. Le sous bassin versant des Perches ne fait pas exception à cette règle. En effet, dans ce sous bassin versant, on observe des poches de versants relativement bien protégées par une végétation arborée permanente notamment au niveau des bas-fonds et des dépressions. Dans les zones pentues, les versants sont souvent sérieusement dénudés. Dans le sous bassin versant des Perches, comme le montre le tableau et la carte ci-dessous, 61 % des terres se trouvent sur des pentes supérieures à 25 %.

Répartition des terres en fonction des pentes dans le sous bassin versant des Perches

Classes de pente en

Superficie en ha % par rapport à la superficie totale

0-10 581 18

10-25 686 21

25-60 1,333 41

> 60 652 20

En dépit de leur forte déclivité, ces versants, sont mis en valeur agricole le plus souvent sans aucune mesure de conservation de sols. Ceci explique en grande partie les problèmes d’érosion auxquels sont confrontés ce sous bassin versant.

En plus des facteurs naturels comme la topographie de terres, la pluviométrie, etc. la gestion humaine avec la coupe excessive des arbres par les agriculteurs, les mauvaises pratiques culturales, sont des facteurs aggravant dans la dégradation du sous bassin versant des Perches. Par ailleurs, les cultures pratiquées de manière intensive sans un couvert arboré et surtout sans structures de protection des sols par les exploitants agricoles comme le maïs, le pois congo, la patate douce, le manioc, le taro, la pistache sont autant de facteurs qui facilitent le phénomène de l’érosion au niveau de ce sous bassin.

Ajouté à ces facteurs, dans ce sous bassin versant, le brulis est pratiquement considéré comme faisant partie de l’itinéraire technique des agriculteurs pour l’élimination des résidus de cultures et pour la préparation des terres à emblaver. Cette mauvaise pratique diminue grandement la matière organique qui joue un rôle indispensable dans la structure des sols contribue grandement à l’érosion des sols dans le sous bassin versant des perches et a des impacts très négatifs sur la microfaune et de la microflore. En fragilisant le sol, le brulis facilite grandement l’érosion lors de pluies.

Outre les facteurs précités, les exploitants du sous bassin des Perches pratiquent l’élevage libre et plus particulièrement celui des caprins. Dans les mornes, cette pratique participe fortement également au processus érosif. Dans beaucoup de cas, ces animaux en broutant les herbes, les cultures et les arbres enlève le tapis végétal qui joue un rôle fondamental dans la protection des sols en évitant le « splah érosion » et les autres formes qui en découlent. La photo ci-dessous présente une vue de plus en plus dégradée du sous bassin versant des Perches.

Versants des Perches de plus en plus dégradés

Il résulte de ce processus une dégradation des sols du sous bassin versant des Perches, une réduction de plus en plus importante du couvert arboré avec des pertes énormes de sols et des conséquences de plus en plus graves sur la productivité agricole, des inondations de plus en plus fréquentes, l’ensablement des systèmes d’irrigation, le déchaussement des routes et notamment la diminution du débit de la rivière

Marion. Ces facteurs risquent d’hypothéquer gravement le barrage et les autres investissements structurants qu’on est en train d’effectuer sur cette rivière et plus généralement dans cette région.

• Les ressources en eau

Les ressources en eau du sous bassin versant des Perches sont constituées essentiellement par les rivières.

Les plus importantes sont Cochon Gras, Dlo Lari, Padouze. Ces rivières alimentent celle de Marion. Selon le rapport de « AVANSE », deux petits périmètres irrigués sont aménagés dans ce sous bassin versant. Il s’agit du périmètre de Gaston totalisant sept (7) hectares et celui de Padouze estimé à environ onze (11) hectares. Environ 18 hectares de terre sont irrigués à partir de la rivière Padouze.

Suivant ce même rapport 15 lagons servent à l’abreuvement des animaux surtout en période de sécheresse. Les citernes domestiques qui facilitent le stockage de l’eau de pluie à partir des toits des maisons permettent à certains ménages de faire face aux pénuries d’eau en périodes de sécheresse. Un forage équipé d’une pompe à bras constitue la principale source d’approvisionnement de la population en eau potable. Avec la dégradation de ce bassin et l’augmentation des eaux de ruissellement au détriment de leur infiltration, dans un avenir plus ou moins proche, la disponibilité en eau tant pour la population des Perches, pour les animaux ainsi que pour les cultures risque de devenir de plus en plus problématique dans ce sous bassin versant.

8. Programme d’Aménagement Proposé

Face à ce constat cinq axes principaux d’intervention sont proposés pour l’aménagement du sous bassin versant des Perches.

8.1. Le Reboisement

o Priorisation d’espèces fruitières et forestières de grandes valeurs économiques pour les agriculteurs du bassin versant des Perches et compatibles aux conditions écologiques de ce sous bassin versant

Comme précédemment indiqué, le sous bassin versant des Perches est confronté à un phénomène d’érosion de plus en plus grave qui risque d’hypothéquer très sérieusement le barrage et les autres investissements structurants qui sont en train d’être faits dans cette région. Ce phénomène d’érosion résulte de la topographie des terres du bassin versant des Perches, de sa faible couverture arborée, des mauvaises pratiques agricoles, etc. Face à cette situation, il est indispensable de prendre des dispositions pour arrêter ce processus de dégradation et reverdir ce bassin versant. Dans ce contexte, et conformément aux résolutions adoptées lors des focus groupes, dans le cadre de ce plan d’aménagement, un accent particulier sera accordé aux arbres fruitiers et forestiers ayant des intérêts économiques pour les agriculteurs. Pour permettre la plus grande adhésion possible aux activités de reboisement, lors de la mise en œuvre de ce plan d’aménagement, des discutions seront menées avec les agriculteurs afin de déterminer les espèces à produire, le nombre à planter par espèces, les modalités de participation des bénéficiaires dans la mise en œuvre de cette activité. Toutefois, dans le choix des espèces à planter, le plan prendra aussi en compte les caractéristiques du bassin versant des Perches, les exigences écologiques de ce bassin versant, les spécifiques des terrains, de la profondeur du sol, etc. Fort de toutes ces considérations, les modalités suivantes d’occupation de terrain ont été retenues dans le cadre de ce plan d’aménagement.

o Reboisement massif sur les terrains ayant des pentes supérieures à 60 %.

En tenant compte de la pente de ses terres, et conformément aux lois haïtiennes en la matière, le sous bassin versant des Perches a été subdivisé en quatre classes. Pour chaque classe de pente, des propositions d’aménagement ont été effectuées. Ainsi les terrains situés sur des pentes supérieures à 60

% seront complètement reboisés. Ces terrains couvrent une superficie de 652 ha et représentent 20 % de la surface totale de ce sous bassin versant. Pour augmenter l’impact de cette activité, la priorité sera accordée aux versants ayant des pentes de plus de 60 % et situés à proximité des ravines. En tenant compte du fait que quoique faible, il existe tout de même une couverture arborée dans la zone. Par conséquent, sur les 652 ha des terres de cette catégorie, 90 % soit 587 ha seront massivement reboisés.

Cette plantation massive d’arbres sera effectuée prioritairement dans des zones comme Mayombé.

Comme dans tous les autres cas, le choix des arbres se fera en concertation avec les bénéficiaires. Ce qui augmentera leur intérêt dans le suivi et l’entretien de ces arbres.

Ces plantations massives contribueront à réduire l’agressivité des ravines, à augmenter l’infiltration des eaux de pluie dans le sol, à protéger et à augmenter le débit de la rivière Marion qui est fondamental au bon fonctionnement du barrage et des systèmes d’irrigation de cette région. Les agriculteurs des zones les plus pentues pourront éventuellement travailler même comme ouvriers saisonniers dans les rizières ou les autres plantations du bassin versant de Marion au lieu de se rendre en République Dominicaine pour travailler comme c’est la coutume dans cette région. Par ailleurs, des formations en gestion de peuplements arborés ou forestiers seraient très utiles pour aider les exploitants des Perches à bien gérer leurs parcelles de « cultures arborées » suivant un cycle rotatif comme ils le font pour leurs parcelles de cultures vivrières comme le font déjà les exploitants de Capotille. La mise en application de cette disposition permettrait de diminuer considérablement les problèmes d’érosion qui affectent le sous bassin versant des Perches.

Le tableau suivant présente les différentes classes de pentes du sous bassin versant des Perches et les aménagements les plus appropriés pour leur mise en valeur conformément aux recommandations du

« Manuel Pratique de conservation des sols d’Haiti ».

Classes de pentes et propositions d’aménagement pour le sous bassin versant des Perches

Classes de pente en %

Types d’aménagement recommandés Superficie en ha

% par rapport à la superficie totale

Localisation des principales zones

0-10 Zones prioritaires pour l’agriculture intensive

581 18 Savanne Bergaine, Gaston, Paon

10-25 Zones d’agriculture de montagne avec installation de structures antiérosives

686 21 La Coupe

25-60 Zones agroforestières (de couverture arborée) ou de pâturage

1,333 41 Maquillon, Jean Noel, Maramo, Dupon, Maurice, Beleri

> 60 Parcs naturels et forêts de protection 652 20 Mayombé o Production des plantules en concertation avec les associations locales et à proximité des terrains à reboiser

Afin d’assurer la meilleure appropriation des activités prévues dans ce plan d’aménagement et plus spécifiquement des activités de reboisement par les bénéficiaires, les plantules seront produites prioritairement par les associations locales. Pour renforcer leur capacité dans ce domaine, lors de la mise en œuvre de ce plan, des formations seront effectuées au profit des agriculteurs du sous bassin versant des Perches. L’essentiel de cette formation en production de plantules sera consacré à des séances de travaux pratiques.

De même, les plantules seront produites dans des pépinières situées aussi proches que possible des terrains où elles seront plantées. Autant que possible, les pépinières seront installées sur les terrains de agriculteurs ainsi qu’au niveau des écoles. Cette disposition vise à initier très tôt les élèves à toutes les phases de la mise en place de pépinières, de l’entretien des plantules, leur transplantation, leur entretien, etc. En outre, des visites guidées sur les terrains reboisés seront effectuées au profit des élèves en concertation avec les responsables des écoles et les organisations d’agriculteurs de la zone.

8.2 Intensification agricole

o Intensification agricole sur les terrains de pentes allant de 0 à 10 %

L’un des objectifs majeurs de ce plan est de contribuer au reboisement du sous bassin versant des Perches.

Pour y parvenir, l’une de ses stratégies est de permettre aux agriculteurs d’intensifier au maximum la production sur les terres ayant des pentes allant de 0 à 10 %. Ces terrains étant les plus appropriés pour une intensification agricole. Cependant, comme indiqué dans la carte des pentes de sols, dans le sous bassin versant des Perches, ils ne représentent que 581 ha soit 18 % de sa superficie totale. Elles sont localisées dans des zones comme Savanne Bergaine, Gaston, Paon, etc.

Lors de sa mise en œuvre, le plan recommande de fournir aux agriculteurs du sous bassin versant des

Perches une assistance technique rapprochée dans la mise en place d’itinéraire technique qui les permettront d’intensifier au maximum la productivité des terres situées dans cette classe de pentes faibles pour augmenter significativement leur production et ainsi diminuer les pressions sur les terrains de pentes fortes.

8.3. Protection des sols

o Installation de bandes végétales sur les pentes comprises entre 10 et 25 %

La topographie des parcelles cultivées avec des pentes souvent très fortes, combinée aux mauvaises pratiques culturales, aux pluies de fortes intensités, favorisent l’érosion des sols avec des impacts négatifs tant sur la production agricole que sur la protection des vies et des infrastructures situées en aval. Pour réduire au maximum ces effets négatifs, le plan encouragera les agriculteurs à installer sur leurs parcelles ayant des pentes comprises entre 10 et 25 % des structures antiérosives. Celles-ci seront des bandes végétales et de haies vives constituées avec des espèces comme le vétiver, les ananas, l’herbe éléphant, etc. Ces espèces, tout en protégeant les sols pourront être utilisées pour la production de fourrage qui constitue un facteur très limitant pour le développement de l’élevage dans le sous bassin versant des

Perches.

Pour augmenter leurs capacités antiérosives, les bandes végétales seront installées sur des courbes effectuées avec des niveau « A » ou autres instruments topographiques. Quant aux cultures vivrières, elles seront installées sur des billons entre les bandes végétales. Ces billons seront également en courbes de niveau comme les bandes végétales. Les bandes végétales seront régulièrement coupées. La fréquente des coupes variera avec les espèces. Avec le dépôt des sols, les espaces comprises entre les bandes végétales se transformeront progressivement en terrasses ayant des pentes de plus en plus faibles.

La distance d’installation des bandes végétales varie en fonction de la pente. Dans le sous bassin versant des Perches, 686 ha tombent dans cette classe de pentes. Le plan recommande vivement de fournir aux agriculteurs du sous bassin versant des Perches l’assistance et les moyens nécessaires pour l’installation de bandes végétales. Ces plantations serviront de modèle à partir desquels les agriculteurs s’inspireront pour protéger et remodeler progressivement l’ensemble du sous bassin versant des Perches. Ces terrains se trouvent par exemple dans des zones comme La Coupe o Traitement des berges des rivières et des ravines

Avec la dégradation continue du bassin versant des Perches, il se forme des ravines de plus en plus importantes avec des capacités érosives de plus en plus grandes. Lors des pluies, ces ravines se déversent dans les rivières qui deviennent de plus en plus agressives, avec des capacités de transporter des volumes de plus en plus importants d’eau, de sols, de pierres, etc. Avec une telle agressivité, elles sapent les berges des rivières qui s’élargissent de plus en plus, déchaussent les routes, les ponts et déposent les alluvions dans les systèmes d’irrigation, les barrages agricoles, etc. avec des conséquences très graves pouvant aller à la perte non seulement des cultures et des biens mais aussi des vies humaines.

Pour le sous bassin versant des Perches, comme le montre la carte ci-dessous, 22 km de rivières et 37 km de ravines ont identifiés. Pour diminuer les conséquences négatives des eaux charriées par ces rivières et ces ravines, des plantations de bambou, de vétiver seront installées sur leurs berges pour lutter contre le sapement des berges des rivières et des ravines. Toutefois, en fonction de la gravité de la situation, des travaux en maçonnerie ou en gabions seront nécessaires notamment dans les grosses ravines ou les berges des rivières. Le plan recommande de transmettre au comité de gestion et aux autres organisations locales les compétences nécessaires pour mettre en place les structures antiérosives légères comme la plantation des bandes végétales sur les versants. En revanche, pour les travaux de hautes technicités comme le traitement de grosses ravines avec des gabions ou des seuils en maçonnerie, etc. ces types de travaux devraient être confiés à des firmes spécialisées. En outre ces firmes d’exécution devraient être supervisées par des spécialistes ou des ingénieurs-conseils qui dominent bien ces types de travaux. Cette disposition vise à garantir la qualité et la durabilité des structures qui seront mises en place dans le sous bassin versant des Perches.

o Agroforesterie sur les pentes comprises entre 25 et 60 %

Combinaison de plantation d’arbres et de cultures vivrières sur une même parcelle, cette technique permet d’optimiser les parcelles cultivées, de protéger le sol contre l’érosion. Elle permet également aux agriculteurs d’augmenter la production globale des parcelles cultivées et ainsi de dégager des profits plus élevés. Les arbres agroforestiers seront choisis en fonction de leur système racinaire et de leurs productions. Les bandes végétales seront valorisées pour la consommation humaine ou animale et les cultures vivrières placées sur billons protègeront le sol tout en participant au revenu des exploitations agricoles.

Comme pour la classe des pentes précédentes, la mise en place d’un système agro-sylvicole sur versant, commence par le piquetage du terrain et la détermination de l’emplacement des structures antiérosives.

Celui-ci dépend en grande partie de la pente du terrain. La distance d’installation des bandes végétales diminue avec l’augmentation des pentes. Après le piquetage, on procède à l’installation des bandes végétales (haies vives, bandes enherbées, bandes d’ananas, de vétiver, etc.)

Une fois les bandes végétales installées, on procède à la plantation des arbres sur une mini-terrasse en forme de demi-lune en amont immédiat tout juste au-dessus des bandes végétales. Ainsi les plantules bénéficieront de l’humidité et de la fertilité accumulées à ce niveau ce qui augmentera leur chance de survie. Les arbres doivent être choisis de manière à éviter la concurrence avec les cultures en sous étage pour la lumière, l’eau et les éléments nutritifs. Leurs racines seront de préférence pivotantes, leur port droit et leur feuillage peu ombrageant. Par ailleurs, on recherchera des espèces dont la production pourra être facilement valorisée tant comme bois d’œuvre ou de chauffe, pour la production de fruits, de fourrage, de remèdes, etc. que par leur port et aussi par leur valeur économique

L’écartement entre les arbres varie avec les espèces. Celui-ci doit en principe être augmenté après les éclaircies. Suivant les espèces, ces éclaircies doivent être effectuées 5 ou 6 ans après la plantation. Cette première coupe permet une première récolte de bois de feu ou de perches.

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