USAID Haiti Reforestation Project-Supported Sub-Watershed Management Plan for Bahon.pdf
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- 72052122R00004
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This request for proposal from the United States Agency for International Development solicits proposals from qualified organizations to provide services under the "USAID/Haiti Resilient Environment - North" activity. The goal is to increase community, systems, and climate resilience in northern Haiti's resilience focus zone by protecting and restoring ecosystem services using a watershed management approach and fostering sustainable productivity and economic inclusion. USAID anticipates awarding one cost-plus-fixed-fee completion contract for up to $24.5 million over five years. Proposals are due by December 21, 2021 and must follow the instructions in sections L and M of the RFP. Questions are due by December 14 and must be submitted electronically to the listed email address. Late proposals and proposals not adhering to the instructions may not be considered.
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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT
Plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
JUILLET 2019
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/75/Coat_of_arms_of_Haiti.svg
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT
MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES
ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL
MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
MAIRIE DE BAHON
CONSEIL D’ADMINISTRATION COMMUNALE DE BAHON
ASSEMBLÉES DES SECTIONS COMMUNALES DE BAHON
Plan de gestion des eaux et des terres de la commune de Bahon
JUILLET 2019
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/75/Coat_of_arms_of_Haiti.svg
PLAN DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE BAHON
Table des matières e
LISTE DES SIGLES
1. Définition de bassin versant
2. Facteurs de gestion d’un bassin versant
3. Cas spécifique de la commune de Bahon
4. Propositions d’actions prioritaires pour « soigner » la commune de Bahon
5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan
6. ANNEXE I.- PROGRAMME DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE BAHON.. 17
7. Approche méthodologique pour l’élaboration du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
8. Caractéristiques biophysiques de la commune de Bahon
9. Plan détaillé de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
9.1.- Mise à la disposition des exploitants agricoles des alternatives économiques et financières viables
9.2 Reboisement massif sur les terrains ayant des pentes supérieures à 60 %
9.3 Mise en place de système agroforestier sur des terrains de pentes comprises entre 25 et
60 34
9.4 Protection de sols pour les terrains de pentes comprises entre 10 et 25 %
9.5 Intensification agricole sur les terrains de pentes inférieurs à 10 %
9.6.- Production des plantules en concertation avec les associations locales et à proximité des terrains à reboiser
9.7.- Traitement berges des rivières et des ravines
9.8 Réalisation de travaux de réfection de routes
9.9. Gestion de l’eau
9.10.- Education environnementale
10 Modalités de réalisation du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
10.1 Participation des bénéficiaires et des communautés locales dans la prise des décisions relatives au plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
ANNEXES II : Fiches techniques en lien avec les structures proposées dans ce plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
ANNEXES III : Atelier de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
I. Méthodologie suivie pour la réalisation de l’atelier
II. Déroulement de l’atelier
III. Résultats de l’atelier
3.1 . -Inventaire des ressources par zone
3.2.- Identification des vulnérabilités de chaque ressource par zone/Présentation de solution de gestion et analyse de risque de chaque solution
3.3. Calendriers des évènements climatiques
3.4.- Calendrier cultural
3.5.- : Profil historique des catastrophes naturelles
3.6 Trois principales ressources/zone
3.7.- Principales activités des femmes/zone
3.8.- Principaux comportements humains affectant les ressources/zone
3.9.- Conséquences de la vulnérabilité des ressources sur la communauté
IV. COMMENTAIRES GENERAUX
V. Agenda de l’atelier
VI. Listes de présence
ANNEXE Photographique de l’atelier et de la présentation du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon
LISTE DES SIGLES
AVANSE Appui à la Valorisation du Potentiel Agricole du Nord pour la Sécurité Economique et
Environnementale
ASEC Assemblées des Sections Communales
BV Bassin versant
C Celsius
CASEC Conseil d’Administration des sections communales
CNIGS Centre National de l’Information Géo-Spatiale DGI Direction Générale des Impôts FVD Faire Valoir Direct FVI Faire Valoir Indirect
GPS Global Positioning System
GRN Grande Rivière du Nord ha hectare
Hab. Habitant
IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique
Km Kilomètre m Mètre mm Millimètre MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural MDE Ministère de l’Environnement MIC Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
USAID United States Agency for International Development
URP USAID Reforestation Project
1. Définition de bassin versant La commune de Bahon fait partie du sous bassin versant de Bahon. Un bassin versant est défini comme étant la surface qui collecte les eaux d’un territoire donné pour les jeter dans un même exutoire. Celui-ci peut être un cours d'eau, un fleuve, un lac, la mer, l’océan, etc. Cette surface est délimitée par ce qu’on appelle « lignes de partage des eaux » ou « lignes de crêtes ». Ainsi le bassin versant de Bahon est constitué par toute la surface qui collecte les eaux du territoire délimité par les lignes de crête de Bahon pour aller se jeter dans la rivière de Bahon. Généralement un bassin versant se subdivise en un certain nombre de bassins plus petits appelés « sous-bassins versants » dont les eaux alimentent des affluents ou courants d’eaux qui tous se jettent dans le cours d’eau principal. C’est le cas de Bahon qui est un sous bassin versant du grand bassin versant de la Grande Rivière du Nord. Ce dernier collecte toutes les eaux de ses différents sous bassins versants qui se jettent dans l’exutoire commun ou embouchure par lequel toutes les eaux de l’ensemble du grand bassin versant de la Grande Rivière du Nord se jettent dans la mer.
Donc pour définir un bassin versant l’élément le plus important à prendre en compte est l’eau qui s’écoule sur une surface ou un territoire constitué par ce bassin versant pour se jeter dans un même exutoire. Les lignes de crêtes ou lignes naturelles de partage des eaux séparent un bassin versant par rapport à un autre.
La carte ci-dessous, est une illustration typique pour Bahon sur laquelle on voit la ligne de crête, les cours d’eaux principaux et l’exutoire commun où se jettent toutes les eaux.
2. Facteurs de gestion d’un bassin versant Les facteurs intervenant dans la gestion d’un bassin versant peuvent être classés en deux grandes catégories : Les facteurs naturels et les facteurs humains.
➢ Facteurs naturels : Parmi les facteurs naturels on trouve :
• La géométrie qui désigne la forme et la surface du bassin versant,
• La topographie qui se réfère aux pentes des terrains du bassin versant. Ces pentes peuvent être fortes ou faibles ; longues ou courtes. Ces deux aspects caractéristiques des pentes ont un impact majeur sur le comportement des eaux qui circulent dans un bassin versant. Fondamentalement, ils sont responsables de la vitesse de l’écoulement des eaux au niveau du bassin versant et donc de leur agressivité. En effet, plus la pente d’un terrain est longue et forte, plus l’eau qu’elle charrie à tendance à prendre de la vitesse et de la force pour commettre des dégâts. En revanche, à l’image d’une roue de bicyclette ou de voiture par exemple, si la pente du terrain est faible et courte, l’eau qui circule là-dessus n’a pas le temps pour prendre beaucoup de vitesse. Elle sera donc moins agressive et aura donc moins de capacité pour commettre des dégâts.
• La pédologie : Ce facteur caractérise la nature des sols. Une partie des éléments du sol provient de la décomposition de la roche-mère. Elle donne les éléments minéraux du sol à savoir le sable, l’argile et le limon. Ces éléments se différentient par leur grosseur. Le sable a de plus grandes dimensions que l’argile qui lui est plus gros que le limon. L’autre partie du sol provient des végétaux et des animaux qui se décomposent pour former la matière organique. Celle-ci joue un rôle de liant pour les particules du sol. En plus de ces deux facteurs, il y a aussi la profondeur du sol qui, comme une éponge, permet d’absorber une quantité plus ou moins importante d’eau. La combinaison de ces différents facteurs détermine le niveau d’érodibilité d’un sol.
• Facteurs biologiques d’un bassin versant : Ils sont représentés par les végétaux
(arbres, herbes, cultures vivrières, etc.) et par les animaux.
• La pluviométrie : Elle est caractérisée par la fréquence des pluies, par les quantités d’eaux tombées lors des pluies, par l’intensité des pluies, etc. Ce dernier facteur naturel est fondamental dans la gestion des bassins versants.
➢ Facteurs humains :
Pour ce qui est des facteurs humains, ils font référence aux interventions des êtres humains dans la gestion des bassins versants. Dans cette catégorie de facteurs, on compte :
• Les méthodes de la valorisation des sols par les humains. Ces méthodes peuvent contribuer à la dégradation ou à la protection des bassins versants. En fonction des types d’outils utilisés, des modes de mise en valeur des sols soit avec ou sans structures antiérosives, la mise en culture dans le sens des pentes, les pratiques de brulis, de sarclage, de surpâturage, la protection ou la surexploitation des forêts, etc.
sont autant de moyens dont les êtres humains disposent pour protéger ou dégrader les bassins versants.
• Urbanisation : Outre les modes d’exploitation des sols, les modes de construction privilégiés par les humains jouent est un rôle extrêmement important dans la gestion des bassins versants. Les constructions avec de bons plans d’urbanisme contribuent largement dans la protection des bassins versants. En revanche, les constructions anarchiques en l’absence de plans d’urbanisation contribuent largement dans la dégradation des bassins versants.
La gestion de ces différents paramètres détermine en grande partie la qualité de vie des populations qui vivent tant dans les parties situées en amont que celle de ceux qui vivent dans les parties situées en aval du bassin versant, sur le littoral, etc.
3. Cas spécifique de la commune de Bahon.
L’analyse des paramètres présentés ci-dessus permettent de faire le point sur la situation de la commune de Bahon.
En termes de population, selon les données officielles de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) en mars 2015, la commune de Bahon comptaient 23, 251 personnes dont 11, 763 hommes et 11,488 femmes. Les jeunes de 18 ans et plus représentaient 11, 714 personnes. Toujours selon l’IHSI, en 2015, au niveau de la commune de Bahon, 20,410 personnes vivaient dans les sections communales contre 2,841 dans le centre-ville de Bahon.
Sur le plan climatique Bahon se rapproche davantage de la région du Plateau Central que du bassin versant de la Grande Rivière du Nord dont il fait partie. En effet, selon les données disponibles, la pluviométrie moyenne annuelle de Bahon oscille autour de 1,000 à 1,200 mm avec un gradient pluviométrique qui augmente avec l’altitude. En plus de cette pluviométrie, Bahon est en grande partie une zone montagneuse. Selon les analyses effectuées avec des instruments géospatiales de très grandes résolutions, environ 74 % des terres de cette commune se trouvent sur des pentes supérieures à 25 % (Voir les classes des pentes ci-dessous). La plus grande partie de ce territoire est confrontée à de graves phénomènes d’érosion. Cette situation est le résultat de la faible couverture arborée de cette zone et des mauvaises pratiques agricoles. En effet, au niveau de Bahon, les cultures pratiquées sont en grande partie des espèces érosives. C’est le cas par exemple de la pistache. Lors de la récolte, les agriculteurs déterrent les racines et laissent le sol nu. En conséquence, à chaque pluie, des volumes considérables de sols sont emportés. Ce qui entraine l’apparition de la roche-mère sur une bonne partie de cette commune. Ceci facilite l’écoulement des eaux de surface, réduit l’infiltration de l’eau dans le sol, diminue les réserves de la nappe phréatique. Les conséquences sont alors de plus en plus graves sur la disponibilité de l’eau dans les sources, les rivières s’assèchent, la diminution de la production agricole s’accentue, etc.
En plus de ces facteurs naturels (fortes pentes, pluviométrie plus ou moins élevée notamment en altitude et souvent de très fortes intensités) la gestion humaine des terres et des eaux de Bahon laisse grandement à désirer. En effet, dans cette commune, en plus des cultures peu conservationniste mises en place sans structures antiérosives appropriées, le brulis est très répandu à Bahon. Les agriculteurs de cette commune l’utilisent comme technique culturale notamment pour la préparation des sols. Ainsi la matière organique n’est pas disponible pour lier entre elles les particules de sols. Ce qui les fragilise et facilite leur transport par les eaux de pluie tout en entrainant également une érosion des sols de plus en plus importante.
De ce cocktail de facteurs naturels fragiles combinés à une faiblesse dans la gestion humaine, il en résulte une dégradation de plus en plus marquée de Bahon. A chaque pluie on enregistre des pertes énormes de sols. Les conséquences sont de plus en plus graves. Elles se traduisent par une régression de la productivité agricole d’année en année, le déchaussement et le rétrécissement des routes, l’ensablement des systèmes d’irrigation, le sapement et l’élargissement excessif des berges des rivières, l’inondation des zones situées en aval, etc. souvent accompagnée de morts d’hommes lors des inondations. Ce constat justifie le fait que Bahon est considéré comme un territoire « malade ». Par conséquent, il doit être soigné.
4. Propositions d’actions prioritaires pour « soigner » la commune de Bahon
En tenant compte de ce constat, le présent plan d’aménagement a été élaboré pour contribuer dans la résolution des problèmes identifiés dans cette commune. Les activités proposées prennent en compte tant les facteurs humains que les facteurs naturels pour un meilleur « traitement » de ce territoire. Sur le plan méthodologique, ces propositions proviennent de la comparaison de la situation de Bahon avec des bassins versants tant en Haiti qu’ailleurs dans le monde, de la consultation de nombreux documents relatifs à l’aménagement des bassins versants, de gestion des terres et des eaux, de consultations de divers documents sur Bahon, de la réalisation de plusieurs focus groupes avec les populations de cette commune, de plusieurs rencontres avec les autorités locales et autres personnes-ressources concernées par la problématique de la gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon, de la tenue d’un atelier les 20 et 21 décembre 2018, de diverses visites de terrains, etc. Ces principales propositions se résument comme suit :
1. Le déboisement étant la cause fondamentale de la dégradation de Bahon, et la situation économique des exploitants de cette commune étant la cause profonde du déboisement. Par conséquence, ce plan d’aménagement, parallèlement aux activités spécifiques de reboisement cherche aussi à offrir aux agriculteurs et aux agricultrices de Bahon des alternatives économiques viables les permettant de faire face aux graves difficultés économiques et financières auxquelles ils sont confrontés. Dans ce contexte, des activités visant à ajouter de la valeur aux produits des agriculteurs sont proposées. Ainsi, au lieu de vendre le cacao à l’état brut, le plan recommande que des unités de transformations soient installées à Bahon. Celles-ci permettront aux producteurs de vendre du chocolat à un prix nettement supérieur que le cacao brut vendu actuellement. Outre le chocolat, des ouvertures leurs sont proposées également notamment à travers le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) pour qu’ils puissent écouler eux-mêmes des produits comme le cacao, les avocats, les ananas, etc. sur le marché international. Grâce à ce programme, ils seront à la fois producteurs et exportateurs. En réduisant au maximum, les intermédiaires, ce programme leur permettra de gagner beaucoup plus d’argent qu’actuellement ce qui les stimulera à protéger au maximum les bases de leurs entreprises agricoles.
Par ailleurs, il existe aussi le « fair Market ou marché équitable » à travers lequel les producteurs peuvent obtenir un prix juste dans un contexte local ou régional après dialogue et concertation entre producteurs et acheteurs. Ce marché couvre non seulement les coûts de production mais permet également une production qui soit socialement juste et bonne pour l'environnement. Il fournit un prix juste aux producteurs et prend en compte le principe d'un salaire égal pour un travail égal par les hommes et par les femmes. Les organisations de commerce équitable assurent un paiement immédiat à leurs partenaires et parfois aident leurs producteurs avec le financement d'un crédit avant la récolte ou avant la production.
De même, il y a aussi des marchés pour les produits « bio » comme ceux de Bahon qui devraient être explorés pour permettre une plus grande rentrée d’argent dans les exploitations agricoles de
Bahon. Toutefois un accompagnement est absolument indispensable pour les agriculteurs. Dans ce sens, l’accompagnement technique et financier offert par le Ministre du Commerce et de l’Industrie est une opportunité exceptionnelle qui devrait être saisie pour les exploitants agricoles de Bahon.
2. Pour ce qui est des activités spécifiques de reboisement, les espèces proposées tout en répondant aux exigences écologiques de Bahon doivent nécessairement contribuer à l’amélioration des conditions économiques et financières des agriculteurs et des agricultrices de cette commune. Sur la base de ces deux critères fondamentaux, elles seront donc choisies par concertation entre les exploitants agricoles de Bahon et les cadres techniques chargés de la mise en œuvre de ce plan de gestion des terres et des eaux de ce territoire.
3. En ce qui concerne les plantules, conformément aux résolutions adoptées lors des ateliers, des focus groupes et des rencontres, elles seront produites essentiellement dans des pépinières décentralisées situées aussi proches que possible des terrains où elles seront plantées. Ceci permettra de réduire le stress de la transplantation et aussi de minimiser les pertes lors de cette opération.
4. Conformément aux résolutions adoptées lors des ateliers et dans le but d’assurer la plus grande appropriation possible des bénéficiaires, les plantules seront produites prioritairement par les associations locales. Pour renforcer leur capacité dans ce domaine, le plan recommande de fournir aux associations locales de Bahon la formation technique nécessaire pour qu’elles puissent produire elles-mêmes les plantules. Ce plan de renforcement s’étendra également aux bénéficiaires pour qu’ils puissent assurer le suivi et l’entretien des arbres plantés.
5. D’autres projets de reboisement et d’agroforesterie étant actuellement en cours à Bahon, notamment celui du Programme d’Innovation Technologique en Agriculture et Agroforesterie
(PITAG) du MARNDR, il convient de chercher à harmoniser les modes d’intervention entre les différents intervenants dans cette commune afin d’éviter toute cacophonie dans les stratégies d’intervention.
6. La divagation des animaux étant un facteur non négligeable dans la dégradation des terres de
Bahon, dans le cadre de sa mise en œuvre, ce plan recommande que les animaux d’une manière générale et les cabris en particulier soient placés dans des enclos. Ceux-ci seront constitués prioritairement à partir de matériaux végétaux comme le bambou qui rejettent facilement, ne nécessitent pas beaucoup d’entretien. Des expériences de ce genre sont déjà en cours à Bahon, il convient de les généraliser pour protéger les arbres qui seront plantés dans cette commune et assurer leur survie
7. En tenant compte tenu des caractéristiques écologiques de Bahon, conformément aux lois haïtiennes et aux recommandations du « Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti » publié par le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR), dans le cadre de ce plan, les terrains de Bahon ont été subdivisés en quatre classes en fonction des pentes des terrains. Pour chaque classe des propositions d’aménagement ont été effectuées. Ainsi, conformément aux recommandations du MARNDR, les terrains de très fortes pentes, c’est-à-dire supérieures à 60 % seront complètement reboisés. Ces terrains représentent
2,418 ha et 31% de la superficie totale de Bahon. Ils se situent notamment à Mariane, Rinaud, Véduce, Fort Rivière, Morne Coco, Cerca, Basse Colmine, Carousse, Perdi Midi, Fidèle, Capois, Morne
Joubert, Paradol, Morne Marcabe, Colmine,Nan Hilaire, Nan Bièv, etc. Comme pour les autres classes de pentes, le choix des espèces de cette classe doit se faire en concertation avec les bénéficiaires.
Cette disposition vise à accentuer les intérêts des exploitants pour les espèces qui y seront plantés.
A cet effet, le plan recommande la mise en application du principe de « cultures arborées » suivant lequel l’exploitation rationnelle des arbres est susceptible de dégager des intérêt économiques et financiers pour les exploitants des terrains de cette classe sans causer des dommages pour l’environnement.
Les terrains ayant des pentes moins fortes comprises entre 25 et 60 % seront consacrés à l’agroforesterie. Celle-ci étant une combinaison de plantation d’arbres, de cultures vivrières et ou d’élevage sur une même parcelle. Les terrains de cette classe s’étendent sur 3,328 ha. Ils représentent 43 % de la superficie totale de Bahon. Ces terrains sont localisés principalement à
Roche à Plume, Nan Cune, Morne Bellevue, La Hatte, Desravines, Canivet, Bail, Monpoint. Dans le choix des arbres de couverture ou agroforestier, une attention particulière sera accordée aux arbres ayant des racines profondes, des ports droits et de houpier peu touffu. Cette disposition vise à diminuer au maximum la compétition entre les arbres et les cultures vivrières en sous étage pour la lumière solaire, l’eau, les éléments nutritifs du sol, etc. Des espèces comme le chêne sont particulièrement recommandées. En plus d’être un arbre agroforestier, il est très prisé pour la qualité de son bois. D’autres espèces ne répondant pas aussi parfaitement à ces normes peuvent être plantées. Il convient dans ce cas de jouer sur les distances de plantations de telles espèces.
Pour les parcelles ayant des pentes comprises entre 10 et 25 % les cultures vivrières seront effectuées avec la mise en place de structures antiérosives. Ces dernières seront effectuées de préférence avec des bandes végétales et des haies vives constituées avec des espèces comme le vétiver, les ananas, l’herbe éléphant, canne à sucre, etc. Ces espèces, tout en protégeant les sols pourront aussi être utilisées pour la production de fourrage. Leurs sous-produits serviront notamment pour les bétails qui seront placés dans les enclos. La mise en application de ce système contribuera au développement de l’élevage à Bahon. Elle permettra également de diversifier les sources de revenus pour les exploitants de ce sous bassin versant, à diminuer les pressions économiques et financières sur les exploitants de cette commune. Elle augmentera du coup les chances de survie des arbres qui y seront plantés. Au niveau de Bahon, les terrains de cette classe représentent 16% de la superficie totale. Ils occupent 1,263 ha. Ils sont situés principalement à Mont
Thélus, Brisète, Miguel, Marseille, Nan Bambou, Dassier, Venus, Condy, etc.
Pour ce qui est des terrains ayant des pentes faibles c’est-à-dire inférieures à 10%, le plan encourage l’intensification au maximum de la production agricole. Ils sont localisés notamment dans la Zone Mardi, Ganga, Nicolas, Savanne Odette, Habitation Charles, Kay Igwé, Nan Cose,Man
Josué, etc. Cette classe occupe 701 ha à Bahon et représente seulement 10 % de cette commune.
Le mode d’occupation ici proposé vise à tirer le maximum de chacune de ces classes de pentes tout en limitant au maximum les risques de dégradation. Le tableau suivant présente la répartition des terrains de Bahon et les modes d’utilisation recommandés par le MARNDR.
Propositions d’aménagement pour les différentes classes de pentes du sous bassin versant de Bahon
Classes de pente en %
Types d’aménagement recommandés
Superficie en ha
% par rapport à la superficie totale
Localisation
0-10 Zones prioritaires pour l’agriculture intensive
701 10 Zone Mardi, Ganga, Nicolas, Savanne Odette, Habitation Charles, Kay Igwé, Nan Cose,Man Josué
10-25 Zones d’agriculture de montagne avec installation de structures antiérosives
1,263 16 Mont Thélus, Brisète, Miguel, Marseille, Nan Bambou, Dassier, Venus, Condy
25-60 Zones agroforestières (de couverture arborée) ou de pâturage
3,328 43 Roche à Plume, Nan Cune, Morne Bellevue, La Hatte, Desravines, Canivet, Bail, Monpoint
> 60 Parcs naturels et forêts de protection
2,418 31 Mariane, Rinaud, Véduce, Fort Rivière, Morne Coco, Cerca, Basse Colmine, Carousse, Perdi Midi, Fidèle, Capois, Morne Joubert, Paradol, Morne Marcabe, Colmine,Nan Hilaire, Nan Bièv
Total 7,710 100
L’atteinte de ces différents résultats est conditionnée par un accompagnement technique et financier pour les agriculteurs. Conformément aux recommandations de ce plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon, l’exemple du Ministère du Commerce et de l’Industrie est à suivre. Sans des accompagnements techniques et financiers de ce type, les agriculteurs de Bahon ne pourront jamais sortir tous seuls du cercle vicieux de précarité économique dans lequel ils se trouvent et les projets strictement de reboisement, d’agroforesterie, etc. sont voués à l’échec comme le montre les dernières décennies d’histoire dans le domaine du reboisement et de conservation des ressources naturelles en Haiti.
Outre les propositions précédentes, le plan recommande aussi la mise en œuvre d’un vigoureux programme de traitement de versants et de ravines. Autant que possible des structures biologiques seront priorisées. Elles sont généralement moins couteuses. Toutefois, en fonction de la gravité de la situation, il faudra faire appel à des travaux en maçonnerie ou en gabions pour protéger notamment les grosses ravines, stabiliser les berges des rivières, etc. De même de travaux de réfection de la route de Bahon devront être effectués pour permettre en tout temps c’est-à-dire en saison sèche aussi bien qu’en saison pluvieuse la circulation dans de bonnes conditions des personnes et des biens de cette commune.
En plus de ces propositions, une autre contrainte majeure observée à Bahon concerne la ressource hydrique. Elle est fondamentalement liée au manque d’infrastructures d’eau potable dans cette commune. Pour lever cette contrainte, le plan recommande une gestion efficace et efficiente de l’eau pour augmenter sa disponibilité pour la consommation humaine et animale ainsi que l’irrigation des terres pour augmenter la production et la productivité agricole. Dans ce contexte, des plantations d’arbres devront être effectuées dans les périmètres immédiats des sources pour augmenter leurs débits. De même les eaux des sources et des rivières devront être systématiquement analysées pour s’assurer de la qualité des eaux consommées par la population de Bahon et éviter des maladies graves et/ou mortelles.
Parallèlement aux actions précédentes, le plan de gestion des terres et des eaux de Bahon recommande aussi la mise en place d’un programme d’éducation environnementale pour l’ensemble des populations de cette commune. Ce programme se basera sur celui actuellement mis en place de concert par le Ministère de l’Environnement et le Ministère de l’Éducation
Nationale. Ce programme vise non seulement les écoles mais l’ensemble de la population haïtienne dont celle de Bahon.
5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan Le plan de gestion des terres et des eaux de Bahon est avant tout un outil de développement mis à la disposition de la communauté de Bahon. La mise en œuvre des activités qui y sont prévues seront traitées au cas par cas et suivant leur complexité. Prioritairement, ces activités seront assurées soit à partir d’appels d’offres qui seront lancés à des opérateurs de services spécialisés comme par exemple pour la réfection de routes, de traitement de berges de rivières, etc. qui nécessitent un haut niveau de technicité.
D’autres activités moins complexes comme la production de plantules par exemple pourront être assurées par des associations locales formées à cet effet. D’autres activités comme la sensibilisation contre l’élevage libre, contre le brulis des terres, pour le reboisement, etc. pourront être réalisées directement par le comité de gestion du bassin versant de Bahon. Dans tous les cas, le comité de gestion du sous bassin versant de Bahon jouera un rôle majeur primordial soit directement dans la mise en œuvre d’activités simples, de faibles technicités au niveau de la commune de Bahon ou indirectement dans le suivi des activités plus complexes notamment à travers des firmes de supervision qu’il pourra engager. A cet effet, un plan de renforcement des capacités techniques et administratives du comité de gestion du sous bassin versant de Bahon sera mis en application lors de la mise en œuvre de ce plan.
Pour ce qui est du financement des activités, le comité de gestion de Bahon doit d’abord s’approprier de ce plan. Puis il se chargera de la promotion de ce plan et de la recherche de financement pour les activités qui y sont prévues notamment auprès du gouvernement haïtien et des bailleurs de fonds nationaux et internationaux pour leur mise en œuvre.
ANNEXES
6. ANNEXE I.- PROGRAMME DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE BAHON
7. Approche méthodologique pour l’élaboration du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon En plus des problèmes purement techniques, l’une des principales causes des échecs dans la mise en œuvre des projets d’aménagement de bassins versants, de reboisement, de conservation de ressources naturelles en Haiti est le manque de participation des communautés locales dans l’élaboration de ces projets. Pour éviter la répétition de ces échecs, dans le cadre du « URP : USAID REFORESTATION
PROJECT. » l’élaboration de ces plans se fait selon la méthodologie participative, initiée par l’Innovative
Ressources Management (IRM) et connue sous le vocable abrégé anglais, COAIT (Community Option
Analysis Investment Toolkit). Cette dernière assure l’engagement et l’appropriation communautaire comme élément déterminant de la durabilité des impacts du projet. L’objectif de cette approche est de porter les communautés à prendre le siège du conducteur pour la réalisation des objectifs de résilience qu'elles auront fixés avec l'aide du projet et leurs autres partenaires.
Sur le plan méthodologique, la première phase dans l’élaboration d’un plan d’aménagement de bassin versant ou de gestion des terres et des eaux pour un territoire donné est le diagnostic qui permet d’avoir une image complète de la zone de l’étude. Selon le COAIT, cette phase doit combiner les connaissances locales avec l'expertise technique et scientifique de la cartographie conventionnelle, ce qui permet d’articuler et d’avoir une compréhension dans l'espace et le temps des pratiques socio-économiques et des comportements des parties prenantes en ce qui concerne l'utilisation des ressources naturelles. Cette approche favorise le développement d’un réseau de collectivités habilitées à bâtir sur les fondations qu’elles se seront fixées pour continuer à mettre en œuvre leurs plans de gestion de leur territoire sur le long-terme, assurant ainsi la durabilité des actions et activités entreprises. C’est dans ce contexte, que plusieurs focus groupes avec les populations de cette commune ont été effectués, de même des consultations de divers documents sur Bahon ainsi que de nombreux documents relatifs à l’aménagement des bassins versants, de gestion des terres et des eaux ont été effectuées afin de comparer la situation de
Bahon avec d’autres territoires ou de bassins versants tant en Haiti qu’ailleurs dans le monde. Par ailleurs, plusieurs rencontres ont été effectuées avec les autorités locales et autres personnes-ressources concernées par la problématique de la gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon. Diverses visites de terrain accompagnées de rencontres informelles avec des élus locaux ont également eu lieu.
Celles-ci ont permis non seulement de bien saisir la réalité de cette commune mais également de vérifier, corroborer et compléter les données fournies à travers le SIG (Système d’informations géographique). De plus, un atelier de travail communautaire s’est tenu aussi à Bahon le jeudi 20 et le vendredi 21 décembre
2018. L’ensemble ces démarches ont permis de :
• Inventorier les ressources naturelles de la commune de Bahon ;
• Identifier les causes de vulnérabilités des ressources naturelles (les pratiques socio-économiques et les comportements des parties prenantes en ce qui concerne l'utilisation des ressources naturelles, les problèmes de gouvernance, les aléas climatiques) ;
• Impliquer la communauté dans l’identification et la priorisation des options de gestion de leurs ressources naturelles ;
• Obtenir un calendrier saisonnier de la commune de Bahon ;
• Permettre à la communauté de bien appréhender la notion de « plan d’aménagement de bassin versant, de gestion des terres et des eaux de leur terroir » ainsi que le processus relatif à son élaboration afin qu’elle soit en mesure d’y participer et de valider le plan révisé.
Au terme de ce processus, une analyse des données de l’atelier communautaire de Bahon, des références bibliographiques, des visites de terrains, des focus groupes, etc. ont permis de bien comprendre la réalité de Bahon et d’élaborer une première proposition pour la gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon. A la suite de la prise en compte des commentaires recueillis, ce présent document constitue la version corrigée du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Bahon. Il présente les caractéristiques biophysiques de Bahon ainsi qu’une proposition révisée du plan de gestion de cette commune.
8. Caractéristiques biophysiques de la commune de Bahon La commune de Bahon est constituée de la ville de Bahon et de 3 sections communales : Bois Pin, Bailly et Montagne Noire. Elle s’étend sur une superficie de 7,710 ha. Selon le recensement de 2009 la population de Bahon est estimée à près de 21,145 habitants dont 10,686 hommes et 10,459 femmes.
2,085 de ces personnes vivent dans le centre-ville de Bahon et 19,060 sont réparties dans les trois sections communales. Les jeunes de 18 ans et plus représentent 53 % de la population de Bahon soient 11,298 personnes. Toujours selon les données fournies par l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique
(IHSI), il existe 4, 333 ménages à Bahon dont 3,873 dans les trois sections communales et 460 dans le centre-ville de Bahon. L’agriculture représente la principale activité de cette population. Le diagnostic participatif effectué à travers les focus groups, les rencontres avec des personnes ressources qui connaissent bien la région, les documents disponibles, les visites de terrain ainsi que l’atelier des 20 et 21 décembre 2018 permettent de présenter les caractéristiques biophysiques suivantes pour cette commune.
• Altitude et pluviométrie
Bahon présente une altitude moyenne de 171 m. Les études réalisées révèlent que sur le plan climatique cette commune se rapproche davantage de la région du Plateau Central que du bassin versant de la
Grande Rivière du Nord dont il fait partie. Normalement, cette commune comporte deux saisons pluvieuses : l’une allant de Mars à Juin et l’autre d’Août à Novembre. Toutefois avec le changement climatique des modifications peuvent être observées dans ce calendrier. Selon les données disponibles, la pluviométrie moyenne annuelle de Bahon oscille autour de 1,000 à 1,200 mm répartis sur toute l’année avec un gradient pluviométrique qui augmente avec l’altitude. Ces pluies sont généralement d’intensités élevées
Dans l’ensemble, Bahon est plutôt considéré comme une zone qui jouit d’un climat tropical doux avec une température moyenne annuelle oscillant autour de 270C. Avec sa bonne pluviométrie, l’ensemble des rapports, des déclarations effectuées dans les focus groupes et au cours de l’atelier du 20 et 21 décembre reconnaissent que Bahon réunit les conditions climatiques favorables au développement d’une grande variété de cultures vivrières et d’arboriculture fruitière. Toutefois, cette année, cette commune comme pratiquement l’ensemble du pays a été frappé par une forte sécheresse qui a impacté négativement sur la production agricole. Pour ce qui est des citrus qui sont très présentes dans cette commune, cette espèce est affectée par une maladie qui cause des pertes non seulement à Bahon mais à l’échelle mondiale. Pour compenser ces pertes, les producteurs de Bahon devraient se tourner davantage sur la production d’autres espèces comme le café, le cacaoyer, les avocatiers, etc. pour lesquels il existe des marchés porteurs d’autant plus que leur terroir est compatible à la production de telles espèces.
➢ Types de sols
Les sols retrouvés à Bahon sont de plusieurs types. On retrouve :
• Les sols du massif calcaire. Ces sols retrouvés dans les sections de Montagne Noire et de Bailly proviennent de la décomposition du calcaire qui produit des sols très argileux, très caillouteux, le plus souvent très peu profonds, sauf dans les dépressions karstiques et les zones moins pentues.
Les phénomènes d’érosion sont très graves parce que rapidement irréversibles lorsque la roche mère est mise à nu.
• Les sols des versants dioritiques. Ces sols retrouvés dans la section Bois Pins proviennent de la décomposition de la diorite qui produit des sols sableux et friables sans stabilité structurale. Ce sont donc des sols marqués par l’érosion, le lessivage et une faible capacité de rétention mais souvent assez bien pénétrés par les racines.
➢ Zones agroécologiques
Dans la zone de Bahon, on se retrouve en présence de 2 zones agroécologiques bien distinctes : les montagnes sèches et les piedmonts et vallées semi-humides. La zone sèche est caractéristique des versants surplombant Bahon et la commune de Ranquitte. Le couvert boisé s’éclaircit progressivement à mesure qu’on remonte le lit de la Grande Rivière en allant vers Ranquitte. La pluviométrie décroît (autour de 1200 mm de pluie annuellement ou moins) les vents étant plus difficilement arrêtés par les montagnes de basse altitude. On y retrouve des sols dioritiques qui ne sont pas à fort potentiel et quand ils sont érodés, ils ne présentent pas non plus d'aussi bonne capacité de rétention en eau. Dans les versants surplombant le bourg de Bahon, notamment sur l’axe Bahon-St Raphaël en traversant la Section
Communale de Bailly, on rencontre deux zones principales.
Une zone de versant d’altitude moyenne où l’on retrouve les sols du massif calcaire qui proviennent de la décomposition du calcaire produisant des sols très argileux, très caillouteux et le plus souvent très peu profonds, sauf dans les dépressions Karstiques et les zones moins pentues. Les phénomènes d’érosion sont très graves parce que rapidement irréversibles lorsque la roche mère est mise à nu. Les signes d’érosion sont très clairement observables et les sols sont nettement moins profonds que ceux rencontrés au niveau des piedmonts. Dans cette zone, la présence d’arbres fruitiers n’est pas négligeable. On les retrouve au niveau des versants et dans les gorges. On retrouve l’avocatier, l’anacardier, le manguier etc.
On retrouve également des espèces forestières qui ont été plantées dans le cadre des interventions passées de la Fondation Panaméricaine de Développement (PADF). Ce sont principalement le cèdre, frêne, mombin, chêne, etc. dans cette zone, les agriculteurs pratiquent une grande diversité de cultures vivrières et de l’élevage.
Une zone de piedmonts et de vallées se caractérisant par des sols alluvionnaires (vallée et cônes de déjections) relativement profonds et riches. Les terrasses alluviales de la rivière et les colluvions de piedmonts sont des sols alluviaux qui présentent des alternances de dépôts grossiers et de dépôts limono-argileux. Les colluvions d’origine dioritique sont limono-sableux, au Nord ceux d’origine Basaltique sont plutôt limono-argileux. Tous ces sols sont généralement profonds, bien drainés, humifères et bénéficient de concentration d’eaux de ruissellement. On retrouve des systèmes agro-forestiers avec des fruitiers, des bananiers et des cacaoyers au niveau de cette zone.
➢ Historique des modes de mise en valeur de la zone de Bahon (IRAM 1984)
La commune de Bahon est souvent étudiée dans l’ensemble qu’elle forme avec la Grande-Rivière du Nord.
C’est une zone charnière entre le Plateau Central et le Nord. Tout au début du 20e siècle, la végétation de la commune était surtout composée de campêche. Les zones de vallée étaient occupées en canne-à-sucre et les piedmonts en café. La coupe systématique du campêche pour l’exportation au cours de la première moitié des années 1900 a donné lieu au déboisement progressif de la zone et à l’installation de nombreux paysans.
Entre 1932 et 1948, des plantations de figue-banane étaient établies dans la zone, au niveau des piémonts et dans les vallées le long des rivières, comme dans toute la région Nord pour la vente à la « Standard
Fruit ». A partir des années 1950 et 1960 sont apparus dans la zone les oranges, le gingembre et plus tard le cacao en piémonts et dans les zones de plus en plus élevées.
Aujourd’hui, la commune présente deux facettes différentes selon que l’on est d’un côté ou de l’autre de la rivière. Sur la rive gauche dans les sections de Bailly et de Montagnes Noires, le système agroforestier dense est dominant avec la présence de manguiers, d’avocatiers et d’anacardiers. Le système agricole dense prédomine dans la section des Pins.
➢ Les systèmes de culture à Bahon
Les caractéristiques agroécologiques de la zone de Bahon n’autorisent pas la mise en place d’une trop grande variété de systèmes de cultures. Cependant, on retrouve de micro-terroirs qui abritent une diversité de cultures. Les principaux systèmes de cultures retrouvés dans la zone de Bahon sont :
I.- Un système agro-forestier
Ce système se retrouve dans les parties basses (entre 100 et 200 mètres d’altitude) en remontant de la
Grande Rivière du Nord et dans les bas-fonds. Il est aussi remarqué le long de la rivière, au pied des mornes
Bois Pin et de Montagne noire. Ce système agroforestier est composé de trois étages. L’étage supérieur est dominé par les arbres forestiers et fruitiers qui servent de couverture aux cultures des strates inférieures. Les principales espèces rencontrées dans l’étage supérieur sont le sucrin, le chêne, le cèdre, le capable, l’acajou, etc. Les espèces fruitières présentes dans ce système sont l’oranger, le manguier, le cocotier, le corossolier et le quenépier. La strate intermédiaire comprend le cacaoyer, le caféier et le bananier. La strate inférieure comprend surtout l’igname, l’ananas. Dans le cadre de ce système, l’arachide et le maïs sont plantés durant les 2 à 3 premières années.
Toutefois, suivant les déclarations effectuées lors des focus groupes et au cours de l’atelier communautaire, ce système agroforestier tant à régresser en raison d’une production de plus en plus importante de charbon de bois. Les arbres sont coupés pratiquement sans discrimination. Dans certains endroits particulièrement les sommets des montagnes sont de plus en plus dénudés avec des affleurements rocheux de plus en plus fréquents.
II.-. Un système d’arboriculture fruitière
L’arboriculture fruitière constitue une source non négligeable de revenu pour les exploitations agricoles de Bahon. La production fruitière est dominée par la mangue (Mangifera indica), l’avocat (Persea americana) et les oranges douce et amère (Citrus sp). L’intérêt de cette zone pour les oranges et l’avocat est stimulé par le fait que la saison de production est décalée par rapport à la partie nord. La saison des avocats s’étend jusqu’en janvier et les avocats précoces, dits « carême » seraient présents en grand nombre et pourraient constituer une bonne source de revenu pour les producteurs tant sur le marché local que sur le marché international.
L’anacardier (Anacardium occidentale) est aussi très cultivé notamment dans la section de Bailly où l’on retrouve une présence plus importante. Dans cette zone, les anacardiers se retrouvent principalement sur des sols à substrat basaltique. On les retrouve en bouquets dans les zones des « lakou » ou éparses associés à d’autres fruitiers orangers, avocatiers, bananiers dans des jardins strictement arboricoles.
Généralement, les anacardiers servent d’arbres de couverture pour des plantes pouvant supporter l’ombre : gingembre (Zingiber officinale) et ananas (Ananas). Ces jardins se trouvent sur des parcelles aux sols fragiles où la culture sarclée ne rapporterait que très peu de revenu. Les agriculteurs de Bahon mettent l’accent sur la plantation d’anacardiers à cause des revenus tirés et de la protection qu’il fournit à l’environnement dans un contexte de sols fragiles et de l’accélération de l’érosion par suite de la coupe des arbres forestiers principalement.
III.- Un système vivrier
Parallèlement aux systèmes agro-forestiers et arboricoles, on trouve une production vivrière basée essentiellement sur les légumineuses (arachide, vigna et haricot), le maïs et des tubercules (patate et manioc). Généralement, des associations de culture sont pratiquées ; elles sont mises en place en fonction de l’objectif et des moyens de l’agriculteur et aussi en fonction du type de sol. Le manioc, par exemple, est planté sur les sols dits chaud à faible teneur d’argile et faible capacité de rétention d’eau. Il est réservé aux sols couramment appelés ῝tè sablèz῎.
Les principales associations rencontrées dans la zone de Bahon sont les suivantes :
• Arachide + maïs + pois d’angole ;
• Vigna + maïs + pois d’angole ;
• Patate douce + manioc +vigna ;
• Sorgho + pois d’angole + manioc + patate douce ;
• Haricot + maïs + pois d’angole ;
• Banane + igname + gingembre ;
• Haricot + maïs + patate ;
• Haricot + maïs + manioc.
A l’intérieur de ces associations de culture, il est possible de rencontrer des variantes.
Dans leur itinéraire technique, les agriculteurs de Bahon utilisent beaucoup le brulis. Cette pratique leur permettre d’éliminer facilement les épines de certaines espèces. Toutefois, cette pratique est très dommageable pour la structure des sols et accélère le processus d’érosion dans cette zone plutôt fragile.
➢ Le Système d’élevage
Les types d’élevage identifiés à Bahon sont les mêmes que ceux rencontrés dans le reste du pays : élevage de mammifères et de volailles. Les espèces les plus rencontrées dans les exploitations agricoles sont les bovins, les caprins, les porcins, les équins et les poules. Ces types d’animaux sont présents dans pratiquement toutes les unités agroécologiques du sous bassin versant de Bahon. Ces animaux constituent le « carnet d’épargne » des habitants de ce sous bassin versant. Ils leur permettent de faire face à des situations d’extrêmes urgences : maladies, décès, rentrées scolaires, etc.
Les chevaux, ânes et mules sont très rares à Bahon. Ils sont aujourd’hui en grande partie remplacés par les « taxis motos » qui assurent le transport des personnes, des produits agricoles, des marchandises, etc.
Théoriquement à Bahon, les animaux sont nourris de résidus de cultures sur des parcelles en jachère. En fait, dans la réalité, en raison du manque de ressources fourragères, nombres d’exploitants agricoles laissent les animaux en divagation pour brouter un peu partout sur les parcelles en jachère ou certaines fois en production. Cette pratique a des répercussions néfastes et engendre d’importants dégâts et des pertes au niveau des parcelles en cultures. En outre, les animaux détruisent également les jeunes arbres plantés.
L’élevage libre est en fait une contrainte majeure à Bahon. Il impacte négativement sur la mise en valeur agricole des terres et la gestion des ressources au niveau du sous bassin versant de Bahon. Dans la mise en application des systèmes agroforestières promus dans le cadre de ce plan de gestion des terres et des eaux de cette commune, l’élevage en enclos, la production de fourrages, etc. sont des pistes qui devraient contribuer à la résolution des nuisances engendrées par l’élevage libre à Bahon notamment sur les cultures et la plantation des arbres. La pratique d’élevage en enclos existe déjà dans cette commune. Il convient de la généraliser pour protéger non seulement les arbres qui seront plantés mais aussi les cultures des agriculteurs.
Construits avec des espèces qui repoussent comme le bambou, le gommier, les cactus, etc. ce type d’enclos tend à devenir une structure permanente. Leurs dimensions seront proportionnelles aux types et au nombre d’animaux qui y seront logés.
Modèle d’enclos pour les bétails
• Pratiques culturales, érosion des sols et dégradation de Bahon.
Les documents publiés, les déclarations effectuées lors des focus groupes, lors de l’atelier communautaire ainsi que les observations effectuées sur le terrain indiquent montrent que peu de versants de Bahon sont bien protégés par une végétation arborée permanente. D’une manière générale la présence des arbres est nettement plus dense au niveau des bas-fonds et des dépressions. En revanche, la plupart des versants sont sérieusement dénudés avec dans certains cas des affleurements rocheux sur le flanc des mornes.
Cette dégradation est due en grande partie à la déclivité des terrains. En effet, comme le montrent la carte et le tableau ci-dessous, environ 74 % des terres de la commune de Bahon se trouvent sur des pentes supérieures à 25 %.
Classes de pentes du sous bassin versant de Bahon
Classes de pente en %
Superficie en ha % par rapport à la superficie totale
Localisation
0-10 701 10 Zone Mardi, Ganga, Nicolas, Savanne Odette, Habitation Charles, Kay Igwé, Nan Cose,Man Josué
10-25 1,263 16 Mont Thélus, Brisète, Miguel, Marseille, Nan Bambou, Dassier, Venus, Condy
25-60 3,328 43 Roche à Plume, Nan Cune, Morne Bellevue, La Hatte, Desravines, Canivet, Bail, Monpoint
> 60 2,418 31 Mariane, Rinaud, Véduce, Fort Rivière, Morne Coco, Cerca, Basse Colmine, Carousse, Perdi Midi, Fidèle,…
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