USAID Haiti Reforestation Project-Supported Sub-Watershed Management Plan for Capotille.pdf

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72052122R00004
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US Agency for International Development Haiti

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This request for proposals (RFP) from the United States Agency for International Development (USAID) Mission in Haiti seeks proposals for the "USAID/Haiti Resilient Environment - North" activity. The purpose of this activity is to increase community, systems, and climate resilience in Haiti's Northern Resilience Focus Zone by protecting and restoring ecosystem services using a watershed management approach, fostering sustainable productivity, and promoting economic inclusion. USAID anticipates awarding one cost-plus-fixed-fee completion contract for up to $24.5 million over five years. Proposals are due by December 15, 2021 and must follow the instructions and evaluation criteria outlined in the RFP. The RFP provides details on the scope of work and encourages potential offerors to submit questions by December 14th.

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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT

PLAN DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE

JUILLET 2019

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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES

ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL

MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

MAIRIE DE CAPOTILLE

CONSEIL D’ADMINISTRATION COMMUNALE DE CAPOTILLE

ASSEMBLÉES DES SECTIONS COMMUNALES DE CAPOTILLE

JUILLET 2019

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Table des matières

LISTE DES SIGLES

1. Définition de bassin versant

2. Facteurs de gestion d’un bassin versant

3. Cas spécifique de Capotille

4. Propositions d’actions prioritaires pour « réhabiliter » les terres et les eaux de la commune de

Capotille

5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan

6. ANNEXE I.- PROGRAMME DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE

7. Approche méthodologique pour l’élaboration du plan de gestion de terres et des eaux de la commune de Capotille

8. Caractéristiques biophysiques de la commune de Capotille

9. Plan détaillé de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille

9.1.- Mise à la disposition des exploitants agricoles des alternatives économiques et financières viables

9.2 Reboisement massif sur les terrains ayant des pentes supérieures à 60 %

9.3 Mise en place de système agroforestier sur des terrains de pentes comprises entre 25 et

60 41

9.4 Protection de sols pour les terrains de pentes comprises entre 10 et 25 %

9.5 Intensification agricole sur les terrains de pentes inférieurs à 10 %

9.6.- Production des plantules en concertation avec les associations locales et à proximité des terrains à reboiser

9.7.- Traitement berges des rivières et des ravines

9.8 Réalisation de travaux de réfection de routes

9.9. Gestion de l’eau

9.10.- Education environnementale

10 Modalités de réalisation de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille

10.1 Participation des bénéficiaires et des communautés locales dans la prise des décisions relatives au plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille

ANNEXES II : Fiches techniques en lien avec les structures proposées dans ce plan de gestion des terres et des eaux

ANNEXES III : Atelier du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille

CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’ATELIER

OBJECTIFS

PUBLIC CIBLE

MÉTHODOLOGIE

RÉSULTATS ATTENDUS

AGENDA

BUDGET ESTIMATIF

DOCUMENTS TECHNIQUES

Annexe IV. : Liste de présence à l’atelier de Capotille

ANNEXE V.- Quelques photos de l’atelier

LISTE DES SIGLES

AVANSE Appui à la Valorisation du Potentiel Agricole du Nord pour la Sécurité Economique et

Environnementale

ASEC Assemblées des Sections Communales BV Bassin versant C Celsius CASEC Conseil d’Administration des sections communales CNIGS Centre National de l’Information Géo-Spatiale DGI Direction Générale des Impôts FVD Faire Valoir Direct FVI Faire Valoir Indirect GPS Global Positioning System GRN Grande Rivière du Nord ha hectare Hab. Habitant IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique Km Kilomètre m Mètre mm Millimètre MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural

MDE Ministère de l’Environnement MIC Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales USAID United States Agency for International Development URP USAID Reforestation Project

1. Définition de bassin versant Un bassin versant est la surface délimitée par des lignes de crête et dont toutes les eaux qui y sont collectées se jettent toutes dans un même exutoire. Les lignes de crête sont aussi appelées lignes de partage des eaux. Elles représentent donc les « frontières » qui séparent un bassin versant par rapport à un autre bassin versant voisin. Dans la carte ci-dessous, les lignes de crête ou lignes de partage des eaux représentent les « frontières » qui séparent le bassin versant de Capotille et de Gens de Nantes du bassin versant de Ouanaminthe. Pour ce qui est de l’exutoire ou « embouchure », il est l’endroit où se déverse les eaux d’un bassin versant. Les eaux de l’exutoire ou « embouchure » peuvent se déverser soit dans une rivière, soit un cours d'eau, dans un lac, dans la mer, dans l’océan, etc. Dans le cas du bassin versant de Capotille et de Gens de Nantes, toutes leurs eaux se déversent dans la rivière de Capotille et de Gens de Nantes dont le nom change avec la localité que traverse cette rivière.

Généralement un bassin versant se subdivise en un certain nombre de bassins plus petits appelés « sous-bassins versants ». Il s’agit de la surface d’alimentation des affluents qui se jettent dans le cours d’eau principal. C’est le cas par exemple de Capotille et de Gens de Nantes dont toutes les eaux se jettent dans la rivière « Gens de Nantes ». Capotille étant l’un des territoires qui alimentent la rivière de Gens de Nantes, Capotille est donc un sous bassin versant de la rivière de Gens de Nantes. Ainsi donc Capotille et Gens de Nantes sont deux sous bassins versants de la rivière « Gens de Nantes » puisque toutes les eaux de Capotille ainsi que celles de Gens de Nantes se jettent toutes dans la rivière « Gens de Nantes » qui elles-mêmes se déversent dans la rivière de Ouanaminthe ou la rivière Massacre avant de se jeter dans la mer.

2. Facteurs de gestion d’un bassin versant Les facteurs intervenant dans la gestion d’un bassin versant peuvent être classés en deux grandes catégories : Les facteurs naturels et les facteurs humains.

➢ Facteurs naturels :

Parmi les facteurs naturels on trouve :

• La géométrie qui désigne la forme et la surface du bassin versant,

• La topographie qui se réfère aux pentes des terrains du bassin versant. Ces pentes peuvent être fortes ou faibles ; longues ou courtes. Ces deux aspects caractéristiques des pentes ont un impact majeur sur le comportement des eaux qui circulent dans un bassin versant. A l’image d’une roue de voiture ou de bicyclette, plus la pente est longue et forte, plus les eaux ont tendance à prendre de la vitesse, à acquérir plus de forces et de capacités pour commettre des dégâts. En revanche, si la pente est faible et courte, les eaux ont tendance à ne pas prendre trop vitesse. Elles n’ont pas beaucoup de forces. Par conséquent, elles n’ont pas beaucoup de capacités pour commettre des dégâts. Ainsi, la longueur et la pente sont donc responsables de la vitesse de l’écoulement des eaux au niveau d’un bassin versant, de leur agressivité, de leurs capacités à commettre ou non des dégâts.

• La pédologie : Ce facteur caractérise la nature des sols. Une partie des éléments du sol provient de la décomposition de la roche-mère. Elle donne les éléments minéraux du sol à savoir le sable, l’argile, et le limon. L’autre partie provient des végétaux et des animaux pour former la matière organique du sol. En plus de ces deux facteurs, il y a aussi la profondeur. Comme une éponge, elle permet au sol d’absorber une quantité plus ou moins importante de sol. Par conséquent, elle intervient dans le processus de déclenchement de l’érosion des sols.

• Facteurs biologiques d’un bassin versant : Ils sont représentés par les végétaux

(arbres, herbes, cultures vivrières, etc.) et par les animaux.

• La pluviométrie : Ce facteur est caractérisé par la fréquence des pluies, les quantités d’eaux tombées lors des pluies, l’intensité des pluies, etc.

L’eau est un facteur fondamental dans la gestion des bassins versants.

➢ Facteurs humains :

Pour ce qui est des facteurs humains, ils font référence aux interventions des êtres humains dans la gestion des bassins versants. Dans cette catégorie de facteurs, on compte :

• Les méthodes de valorisation des sols par les humains. Ces méthodes peuvent contribuer à la dégradation ou à la protection des bassins versants. En fonction des types d’outils utilisés, des modes de mise en valeur des sols soit avec ou sans structures antiérosives, la mise en culture dans le sens des pentes, les pratiques de brulis, de sarclage, de surpâturage, la protection ou l’exploitation excessive des forêts, etc. sont autant de moyens dont les êtres humains disposent pour protéger ou pour dégrader les bassins versants.

• Urbanisation : Outre les modes d’exploitation des sols, les modes de construction privilégiés par les humains jouent est un facteur fondamental dans la gestion des bassins versants. Les constructions avec de bons plans d’urbanisme contribuent largement dans la protection des bassins versants. En revanche, les constructions anarchiques c’est-à-dire en l’absence de plans d’urbanisation contribuent largement dans la dégradation des bassins versants.

De ce qui précède, il en résulte que la gestion des différents paramètres présentés ci-dessus détermine en grande partie l’état d’un bassin versant et la qualité de vie des populations qui vivent tant dans les parties situées en amont que d’un bassin versant que celle des populations qui vivent dans les parties situées en aval du bassin versant, sur le littoral, etc.

3. Cas spécifique de Capotille.

Sur le plan climatique la commune de Capotille se caractérise par une pluviométrie moyenne annuelle qui oscille autour de 1,000 à 1,300 mm inégalement répartis au cours de l’année. Comme l’explique les paragraphes suivants, cette pluviométrie impacte différemment sur les différentes parties de cette commune notamment en fonction de leurs pentes, des types de sols, des activités humaines, etc. Au niveau de Capotille, les mois les plus humides vont d’Aout à Décembre. Normalement cette commune comprend deux périodes de sécheresse. L’une allant de Janvier au mois d’Avril et l’autre de Juillet à Aout.

Toutefois, avec le changement climatique, ce calendrier varie considérablement. Ce qui représente un handicap pour les agriculteurs de Capotille qui ont d’énormes difficultés pour planifier leurs activités agricoles.

Sur le plan topographique, Capotille est une zone relativement plate. 25% des terres de cette commune se trouvent sur des pentes inférieures à 10% et 62% de sa superficie totale se trouvent sur des pentes inférieures à 25 %. Ce qui représente un gros avantage pour la mise en place d’infrastructures structurantes, l’intensification agricole, etc. Combiné à ces pentes plutôt faibles, la pluviométrie relativement abondante de Capotille est un atout qui pourrait permettre d’exploiter la plus grande partie de ce territoire avec des risques mesurés de pertes de sols. En effet, comme précédemment expliqué, sur ces types de pentes, les eaux ont tendance à s’écouler plutôt lentement et sont donc moins agressives et ont des capacités érosives moins importantes que les terrains ayant de fortes pentes.

Toutefois, à Capotille, les mornes et particulièrement leurs sommets sont assez dégradés et sont confrontés à de sérieux problèmes d’érosion. Cette situation est le résultat de la réduction de la couverture arborée et des mauvaises pratiques agricoles. En effet, au niveau de cette commune, en dépit du fait que la plus grande partie des terres se trouvent dans des zones relativement plates, au niveau des mornes les cultures pratiquées sont en grande partie des espèces érosives. C’est le cas notamment pour la pistache, le manioc, etc. Ces cultures, pour les récolter exigent que leurs racines soient entièrement enlevées. Cependant, le problème majeur est qu’à Capotille, ces cultures comme pratiquement toutes les autres d’ailleurs, sont généralement mises en place sans structures antiérosives appropriées. Étant à nu et pratiquement sans couvertures herbacées ou arborées suffisantes, à chaque pluie, des volumes considérables de sols sont emportés au niveau des mornes de Capotille. Ce qui entraine l’apparition de la roche-mère sur une bonne partie des mornes de cette commune. Cette quasi-absence de couvert herbacé et arboré facilite l’écoulement des eaux de surface, réduit l’infiltration de l’eau dans le sol, diminue les réserves d’eau de la nappe phréatique ainsi que celle des sources, entraine une diminution considérable du débit des rivières et impacte négativement sur la production agricole qui régresse d’année en année.

En plus de ces facteurs naturels (pentes plutôt fortes dans les mornes, pluviométrie élevée, etc.) la gestion des Capotillans contribue également dans la dégradation des terres de cette commune. En effet, leurs agissements ne sont pas suffisamment protecteurs pour l’environnement. Outre les cultures érosives dans les mornes notamment celles précitées (pistache, manioc, etc.) comme technique culturale, les agriculteurs de Capotille, épandent sur le sol d’abord du « glifosato / glyphosate » un herbicide très toxique et très puissant interdit de plus en plus notamment en Europe. C’est le cas notamment pour la France et l’Autriche en raison des risques élevés de cancer engendrés par l’utilisation de ce produit.

Importé de la République Dominicaine, il est utilisé sans aucun contrôle. Il détruit presque complètement le couvert herbacé. Puis les agriculteurs mettent le feu sur les parcelles pour renforcer l’action du « glifosato / glyphosate ». Cette pratique entraine une destruction de la matière organique du sol qui n’est plus à même de servir de liant pour les particules de sol. Ceci le fragilise considérablement et facilite son transport par les eaux de pluie entrainant ainsi un processus d’érosion des sols de plus en plus importante dans les mornes de cette commune.

De cette combinaison de facteurs naturels liés à la faiblesse dans la gestion humaine, il en résulte une dégradation de plus en plus marquée de Capotille. A chaque pluie on enregistre des pertes énormes de sols au niveau des mornes. Les conséquences sont de plus en plus graves. Elles se traduisent par une régression de la productivité agricole d’année en année, le déchaussement des routes, le sapement et l’élargissement excessif des berges des ravines, des rivières, etc.

De ce constat, on en déduit que Capotille est une commune « dégradée ». Elle doit être réhabilitée.

4. Propositions d’actions prioritaires pour « réhabiliter » les terres et les eaux de la commune de Capotille

Partant de ce constat, le présent plan de gestion a été élaboré pour contribuer dans la résolution des problèmes identifiés dans cette commune. Les activités proposées prennent en compte aussi bien les facteurs humains que les facteurs naturels pour une meilleure gestion des terres et des eaux de Capotille.

Sur le plan méthodologique, ces propositions proviennent de la comparaison de la situation de Capotille avec d’autres bassins versants tant en Haiti qu’ailleurs dans le monde qui ont des situations similaires, de la consultation de nombreux documents relatifs à l’aménagement des bassins versants, de consultations de divers documents sur cette commune, de la réalisation de focus groupes avec les populations de

Capotille, de la tenue d’atelier les 10 et 11 avril avec les populations de cette commune, de rencontres avec les autorités locales et autres concernées par la problématique de la gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille . De l’ensemble de ce processus on arrive aux principales propositions suivantes :

1. Les agriculteurs et agricultrices de Capotille ont besoin des alternatives économiques viables à la coupe des arbres pour leur permettre de faire face aux graves difficultés économiques et financières auxquelles ils sont confrontés. Dans ce contexte, des activités visant à ajouter de la valeur à leurs produits sont proposées. Celles-ci concernent notamment la transformation des produits agricoles. Ainsi, le plan propose de transformer des produits comme l’arachide en beurre d’arachide « Man ba » au lieu d’être vendu à l’état brut. De même, la noix d’acajou qui est une espèce très importante dans l’écosystème de Capotille ne devrait pas vendue à l’état brut. Elle devrait être grillée, bien empaquetée et écoulée dans des supermarchés tant dans la région du

Nord-Est, du Nord et à l’échelle nationale. Dans le cadre des projets de reboisement et de reforestation, cette espèce devrait occuper une place de choix parmi celles qui seront proposées aux Capotillans. Ce qui en plus de la plus-value permettrait aux habitants de cette commune non seulement de rajeunir le peuplement d’anacardiers de Capotille mais aussi d’augmenter la production de cette espèce. En clair, plus spécifiquement pour l’anacardier, les Capotillans devraient d’une part augmenter la production de la noix d’acajou et d’autre part, ils devraient la transformer pour augmenter la valeur ajoutée de ce produit. En jouant sur ces deux paramètres, ils en tireraient davantage de revenus que ce qu’ils gagnent actuellement. Cette même logique est applicable également pour d’autres espèces comme l’arachide par exemple. Toutefois, la production de cette dernière doit impérativement être accompagnée de la mise en place de structures antiérosives dans les mornes.

2. Bien qu’il existe déjà à Capotille quelques petites unités de transformation notamment pour la pistache, dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan, celles-ci devraient être popularisées pour les rendre accessibles à la très grande majorité des exploitations agricoles de cette commune. Ceci permettrait aux Capotillans de gagner beaucoup plus d’argent sur leurs produits.

3. Capotille étant une zone relativement plane, on devrait profiter de sa topographie et de la disponibilité de l’eau de sa rivière pour intensifier au maximum la production agricole notamment en y déviant l’eau dans ses zones les plus plates pour irriguer le sol et augmenter considérablement la production agricole notamment celle du riz qui représente l’un des produits les plus consommés en Haiti et dont la forte importation impacte très négativement sur la balance de paiements du pays.

4. L’élevage en général et celui du mouton qui est une spécialité de Capotille devrait être développé.

Sa chaine de valeur devrait être renforcée. Comme pour le riz, Haiti importe de la République

Dominicaine, des États-Unis, etc. massivement les poulets, les œufs, les dérivés de porcs, de dindes, etc. Il existe donc une forte demande pour les produits de l’élevage tant à Capotille qu’à l’échelle nationale. Il importe que les Capotillans soient encadrés pour prendre leur part de ce marché. Par ailleurs, cette activité devrait être non seulement renforcée mais aussi diversifiée pour permette aux Capotillans d’élever mieux leur mouton mais aussi d’autres espèces. A cet effet, les Capotillans pourraient bien s’inspirer de l’expérience de « La Rosée S.A. » une entreprise agricole paysanne qui se lance dans l’élevage de pintades à Lilavois, dans la commune de Croix-des-Bouquets et qui semble avoir de bons résultats. (Réf : Le Nouvelliste No 40841 mercredi 29 mai 2019). Le renforcement et la diversification de l’élevage permettrait aux populations de Capotille de tirer des avantages non négligeables de cette activité. En outre, elle contribuerait à diminuer la pression sur les arbres comme ce fut le cas avant l’abattage des porcs, à augmenter les chances de réussite des projets de reboisement, de reforestation et de conservation des ressources naturelles en général.

5. Toujours dans cette même logique de mieux rentabiliser les produits de cette commune, les

Capotillans devraient également profiter des facilités techniques et financières offertes notamment aux agriculteurs du Nord-Est dans le cadre du programme « Blockchain » mis en œuvre par le

Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI). Grâce à ce programme, les agriculteurs de Capotille pourront écouler eux-mêmes leurs produits sur le marché international. Ainsi, en se transformant en exportateurs, ils pourront gagner beaucoup plus d’argent qu’ils ne le font actuellement. Ils seront alors beaucoup plus motivés pour protéger les bases de leurs entreprises agricoles. (Réf :

émission Le Point du 3 avril 2019, de radio Métropole ; disponible aussi sur youtube)

6. De même, les Capotillans devraient profiter aussi de leur « Saut d’eau » pour en faire une attraction touristique à l’image de celui de la zone de Mirebalais par exemple. La mise en œuvre de ces propositions les permettrait de diversifier leurs sources de revenus, de tirer davantage des potentialités de leur terroir, de diminuer la pression sur les ligneux et ainsi mieux protéger leur environnement

7. Pour ce qui est des activités spécifiques de reboisement, les espèces proposées tout en répondant aux exigences écologiques de Capotille doivent nécessairement contribuer à l’amélioration des conditions économiques et financières des agriculteurs et des agricultrices de cette commune. Sur la base de ces deux critères fondamentaux (rentabilité et adaptabilité), les espèces seront donc choisies par concertation entre les exploitants agricoles de Capotille et les cadres techniques chargés de la mise en œuvre de ce plan de gestion des terres et des eaux de la commune de

Capotille.

8. En ce qui concerne les plantules, conformément aux résolutions adoptées l’atelier, des focus groupes et des rencontres, elles seront produites essentiellement dans des pépinières situées aussi proches que possible des terrains où elles seront plantées. Ceci permettra de réduire le stress de la transplantation et aussi de minimiser les pertes lors de cette opération. Conformément aux résolutions adoptées lors de l’atelier et dans le but d’assurer la plus grande appropriation possible des bénéficiaires, les plantules seront produites prioritairement par les associations locales. Pour renforcer leurs capacités dans ce domaine, le plan recommande de fournir aux associations locales de Capotille la formation technique nécessaire pour qu’elles puissent produire elles-mêmes les plantules. Ce plan de renforcement s’étendra également aux bénéficiaires pour qu’ils puissent assurer le suivi et l’entretien des arbres plantés.

9. La divagation des animaux étant un facteur non négligeable dans la dégradation des terres de la commune de Capotille, dans le cadre de sa mise en œuvre, ce plan recommande que les animaux d’une manière générale et les cabris en particulier soient placés dans des enclos. Ceux-ci seront constitués prioritairement à partir de matériaux végétaux comme le bambou qui rejettent facilement, ne nécessitent pas beaucoup d’entretien. Des expériences de ce genre sont déjà en cours à Bahon. Des échanges d’expérience entre agriculteurs de Bahon et de Capotille seraient importantes pour aider les Capotillans à bien intégrer cette pratique et à la généraliser pour mieux protéger les arbres qui seront plantés dans cette commune et assurer leur survie

10. En tenant compte des caractéristiques biophysiques de Capotille, conformément aux lois haïtiennes ainsi qu’aux recommandations du « Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti » publié par le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural

(MARNDR), dans le cadre de ce plan, la commune de Capotille a été subdivisé en quatre classes en fonction des pentes des terrains. Pour chaque classe des propositions d’aménagement ont été effectuées. Ainsi, conformément aux recommandations du MARNDR, les terrains de très fortes pentes, c’est-à-dire supérieures à 60 % seront complètement reboisés. Ces terrains occupent 654 ha et ne représentent que seulement 11% de la superficie totale de Capotille. Ils se situent notamment à Lamine, Galois, Portail Diable, Piton Mingo, Magazin, Gran Kay, Lorman, Citadelle, Gros Morne, Gros Taureau, Gabeau, etc. Comme pour les autres classes de pentes, le choix des espèces de cette classe doit se faire en concertation avec les bénéficiaires. Cette disposition vise à accentuer les intérêts des exploitants pour les espèces qui y seront plantés. A cet effet, le plan recommande la mise en application du principe de « cultures arborées » suivant lequel l’exploitation rationnelle des arbres est susceptible de dégager des intérêt économiques et financiers pour les exploitants des terrains de cette classe sans causer des dommages pour l’environnement. Cette pratique est déjà bien installée à Capotille, il convient toutefois de fournir aux Capotillans la formation requise en gestion de peuplement arboré ou forestier pour renforcer leur capacité dans ce domaine.

11. Les terrains ayant des pentes moins fortes comprises entre 25 et 60 % seront consacrés à l’agroforesterie. Celle-ci étant une combinaison de plantation d’arbres, de cultures vivrières et ou d’élevage sur une même parcelle. Les terrains de cette classe s’étendent sur 1,654 et représentent

27 % de la superficie totale du sous bassin versant de Capotille. Ces terrains sont localisés principalement à Karata, Matelyè , à kopoto , Orton, Maillet, Gourde, Morne Fillette, Brunette, Nan

Thin, Nan Piste, Maquimara, Casimir, Ravine Figue, etc. Dans le cadre de la mise en place des systèmes agroforestiers, une attention particulière sera accordée aux arbres ayant des racines profondes, des ports droits et de houpier peu touffu. Cette disposition vise à limiter au maximum la compétition entre les arbres et les cultures vivrières en sous étage pour la lumière solaire, l’eau, les éléments nutritifs du sol, etc. Des espèces comme le chêne sont particulièrement recommandées. En plus d’être un arbre agroforestier, il est très prisé pour la qualité de son bois.

D’autres espèces ne répondant pas aussi parfaitement à ces normes agroforestières peuvent être plantées. Dans ce cas, il convient de jouer sur les distances de plantation de telles espèces pour limiter les effets négatifs qu’elles pourraient produire sur les cultures en sous étage.

12. Pour les parcelles ayant des pentes comprises entre 10 et 25 % les cultures vivrières seront effectuées avec la mise en place de structures antiérosives. Ces dernières seront effectuées de préférence avec des bandes végétales et des haies vives constituées avec des espèces comme le vétiver, les ananas, l’herbe éléphant, canne à sucre, etc. Ces espèces, tout en protégeant les sols pourront aussi être utilisées pour la production de fourrage. Leurs sous-produits serviront notamment pour les bétails qui seront placés dans les enclos. La mise en application de ce système contribuera au développement de l’élevage à Capotille. Elle permettra également de diversifier les sources de revenus pour les exploitants de cette commune, à diminuer les pressions économiques et financières sur les exploitants de Capotille. Elle augmentera du coup les chances de survie des arbres qui y seront plantés. Avec 2,269 ha et 37 % de la superficie totale, les terrains de cette classe représentent la plus grande partie de Capotille. Ces types de terrains sont localisés principalement à Polo, Vozange, Man Gaté, Nan Paul, Maquimara, Paris, Nan Taza, St-Simon, La Hatte, Lama, Bas

Galois, Bougeotte, etc.

13. Pour ce qui est des terrains ayant des pentes faibles c’est-à-dire inférieures à 10%, ils sont localisés notamment à Acajou, Grande Savanne, Carrefour Lama, Bedou, Ti Roche, Cana, Nan Coupin, Letif, Nan Didi, Man Zo, Gory, Bizono, etc. En termes d’importance, cette classe occupe la deuxième place à Capotille et représente seulement 25 % de ce sous bassin versant. Conformément aux recommandations du MARNDR, on devrait y intensifier la production agricole au maximum. Le plan recommande que des travaux de captage soient effectués au niveau de la rivière de Capotille pour lever la contrainte de l’eau et permettre de rentabiliser au maximum les 1,532 ha de terrains de cette classe notamment par la production de cultures vivrières comme le riz, le haricot, la pistache, etc. sans risque d’érosion.

Étant une zone relativement plate avec 62% de sa superficie totale situés sur des pentes inférieures à

25% Capotille, contrairement à d’autres localités de cette région, se prête beaucoup plus facilement à la mise en place d’investissements structurants susceptibles d’augmenter la productivité agricole particulièrement dans ses zones peu pentues pour mieux protéger les autres zones aux pentes fortes.

Les modes d’occupation ci-dessus proposés sont recommandés par le MARNDR dans le « Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti » Ils visent à tirer le maximum de chaque classe de pentes tout en limitant au maximum les risques de dégradation. Le tableau suivant présente la répartition des terrains de

Capotille et les modes d’utilisation prônés par le Ministère de l’Agriculture.

Propositions d’aménagement pour les différentes classes de pentes de Capotille

Classes de pente en %

Types d’aménagement recommandés

Superficie en ha

% par rapport à la superficie totale

Exemples de localisation de Zones

0-10 Zones prioritaires pour l’agriculture intensive

1,532 25 Acajou, Grande Savanne, Carrefour Lama, Bedou, Ti Roche, Cana, Nan Coupin, Letif, Nan Didi, Man Zo, Gory, Bizono, etc.

10-25 Zones d’agriculture de montagne avec installation de structures antiérosives

2,269 37 Polo, Vozange, Man Gaté, Nan Paul, Maquimara, Nan Taza, St- Simon, La Hatte, kopoto, Paris, Lama, Bas Galois, Bougeotte, etc.

25-60 Zones agroforestières (de couverture arborée) ou de pâturage

1,654 27 Karata, Matelyè, Orton, Maillet, Goude, Morne Fillette, Brunette, Nan Thin, Nan Piste, Maquimara, Casimir, Ravine Figue, etc.

> 60 Parcs naturels et forêts de protection

654 11 Galois, Portail Diable, Piton Mingo,Magazin, Gran Kay, Lorman, Citadelle, Gros Morne, Gros Taureau, Gabeau, etc.

Total 6,109 100 100

L’annexe technique présente le schéma directeur illustrant les modes d’occupation des sols recommandées par le Ministère de l’Agriculture en fonction des différentes classes de pentes.

14. Outre les propositions précédentes, le plan recommande aussi la mise en œuvre d’un vigoureux programme de traitement de versants et de ravines. Autant que possible avec des structures biologiques seront priorisées. Elles sont généralement moins couteuses. Toutefois, en fonction de la gravité de la situation, il faudra faire appel à des travaux en maçonnerie ou en gabions pour traiter notamment les grosses ravines, stabiliser les berges des rivières, protéger les routes, les ponts, les infrastructures d’irrigation, etc.

15. De même de travaux de réfection de la route de Capotille devront être effectués pour permettre en tout temps c’est-à-dire en saison sèche aussi bien qu’en saison pluvieuse la circulation dans de bonnes conditions des personnes et des biens dans ce sous bassin versant.

16. En plus des propositions précédentes, une autre contrainte majeure observée à Capotille concerne la ressource hydrique. Elle est liée fondamentalement au manque d’infrastructures d’eau potable dans cette commune. Pour lever cette contrainte, le plan recommande une gestion plus efficiente de l’eau pour augmenter sa disponibilité pour la consommation humaine et animale notamment par le captage des sources ainsi que l’irrigation des terres plates de Capotille par l’endiguement de la rivière pour augmenter la productivité et la production agricole de cette commune. A cet effet, le plan recommande également que des activités de reboisement soient effectuées spécifiquement dans les périmètres immédiats des sources pour recharger la nappe phréatique.

17. Outre l’augmentation de la quantité d’eau, le plan recommande aussi que des analyses systématiques soient effectuées pour s’assurer de la qualité de l’eau tant au niveau des sources qu’au niveau des rivières. Cette disposition vise à préserver la santé des Capotillans et à prévenir des infections et des maladies graves comme le Choléra notamment.

18. Parallèlement aux actions précédentes, le plan de gestion des terres et des eaux de Capotille recommande aussi la mise en place d’un programme d’éducation environnementale pour l’ensemble des populations de cette commune. Ce programme se base sur celui actuellement mis en place de concert par le Ministère de l’Environnement et le Ministère de l’Éducation Nationale.

Ce programme vise non seulement les écoles mais l’ensemble de la population haïtienne dont celle de Capotille.

19. Pour atteindre ces différents résultats le plan recommande un accompagnement technique et financier pour les agriculteurs et les agricultrices de Capotille.

5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan La mise en œuvre des activités prévues dans le plan de gestion des terres et des eaux de Capotille sera assurée soit à partir d’appels d’offres qui seront lancés à des opérateurs de services, soit par des associations locales ou par le comité de gestion du bassin versant de Capotille en fonction de la complexité des travaux à réaliser. Des activités peu complexes comme la production de plantules, de compost par exemple pourraient être confiées à des associations locales ou directement par le comité de gestion du sous bassin versant de Capotille. En revanche, des travaux hautement spécialisés comme la réfection de tronçons de routes, de ponts, le traitement de grosses ravines, la stabilisation de berges de rivières, etc.

devraient être confiés à des firmes spécialisées. Le comité de gestion du sous bassin versant de Capotille assisté de spécialistes en passation de marchés, de cadres techniques de haut niveau, d’ingénieurs-conseils, etc. assurera le suivi de la mise en œuvre des activités au niveau de la commune de Capotille. A cet effet, un plan de renforcement du comité de gestion du sous bassin versant de Capotille en termes de personnel, en capacités techniques et administratives du comité de gestion de Capotille devra être mis en application lors de la mise en œuvre du plan de gestion des terres et des eaux de Capotille.

Pour ce qui est du financement des activités, ce plan étant un outil pour la gestion des eaux et des terres de Capotille, le financement des activités qui y sont prévues devraient figurer dans les budgets annuels successifs de l’État haïtien. En outre, les représentants légaux de Capotille (Maires, ASEC, CASEC, etc.)

devraient faire la promotion de ce plan notamment auprès des autorités étatiques régionales, départementales, nationales d’Haiti et également auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Elles devraient s’en servir pour orienter les projets de développement qui interviennent et/ou qui interviendront dans la commune de Capotille.

Par ailleurs, ce plan de gestion des terres et des eaux de Capotille devrait faire l’objet d’une évaluation périodique ainsi qu’une actualisation en fonction de la réalisation des activités qui y ont prévues.

ANNEXES

6. ANNEXE I.- PROGRAMME DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE

DE CAPOTILLE

7. Approche méthodologique pour l’élaboration du plan de gestion de terres et des eaux de la commune de Capotille En plus des problèmes purement techniques, l’une des principales causes des échecs dans la mise en œuvre des projets d’aménagement de bassins versants et de gestion des terres et des eaux en Haiti est le manque de participation des communautés locales dans l’élaboration de ces projets. Pour éviter la répétition de ces échecs, dans le cadre du « URP : USAID REFORESTATION PROJECT. » l’élaboration de ces plans se fait selon la méthodologie participative, initiée par l’Innovative Ressources Management (IRM) et connue sous le vocable abrégé anglais, COAIT (Community Option Analysis Investment Toolkit). Cette dernière assure l’engagement et l’appropriation communautaire comme élément déterminant de la durabilité des impacts du projet. L’objectif de cette approche est de porter les communautés à prendre le siège du conducteur pour la réalisation des objectifs de résilience qu'elles auront fixés avec l'aide du projet et leurs autres partenaires.

Conformément à cette méthode, la première phase dans l’élaboration d’un plan d’aménagement de bassin versant ou de gestion des terres et des eaux d’une région est le diagnostic qui permet d’avoir une image complète de la zone de l’étude. Selon le COAIT, cette phase doit combiner les connaissances locales avec l'expertise technique et scientifique de la cartographie conventionnelle, ce qui permet d’articuler et d’avoir une compréhension dans l'espace et le temps des pratiques socio-économiques et des comportements des parties prenantes en ce qui concerne l'utilisation des ressources naturelles. Cette approche favorise le développement d’un réseau de collectivités habilitées à bâtir sur les fondations qu’elles se seront fixées pour continuer à mettre en œuvre leurs plans de gestion des terres et des eaux et des sous-bassins versants sur le long-terme, assurant ainsi la durabilité des actions et activités entreprises. C’est dans ce contexte qu’un premier atelier de travail communautaire a été réalisé à

Capotille le mercredi 10 et le jeudi 11 avril 2019.

Les objectifs poursuivis à travers cet atelier sont :

• Inventorier les ressources naturelles de la commune de Capotille ;

• Identifier les causes de vulnérabilité des ressources naturelles (les pratiques socio-économiques et les comportements des parties prenantes en ce qui concerne l'utilisation des ressources naturelles, les problèmes de gouvernance, les aléas climatiques) ;

• Impliquer la communauté dans l’identification et la priorisation des options de gestion de leurs ressources naturelles ;

• Obtenir un calendrier saisonnier de la commune de Capotille ;

• Permettre à la communauté de bien appréhender la notion de « plan d’aménagement de bassin versant et/ou plan de gestion des terres et des eaux » ainsi que le processus relatif à son élaboration afin qu’elle soit en mesure d’y participer et de valider le plan révisé.

L’analyse des données de l’atelier communautaire de Capotille ainsi que des références bibliographiques permettent de présenter la situation de Capotille ainsi que les propositions pour la gestion des terres et des eaux de cette commune.

8. Caractéristiques biophysiques de la commune de Capotille Devenue commune en 1978 Capotille était rattachée à l’arrondissement de Ouanaminthe. Capotille tient son nom de celui d’un officier Espagnol appelé « Capotillo » qui chassait des animaux sauvages après la découverte du pays en 1492. Capotille est séparée de sa ville voisine dominicaine Capotillo par la rivière de Capotille. L’une des bornes de séparation de ces deux localités est placée du coté haïtien depuis 1929.

Ce qui laisse supposer que la rivière Capotille appartiendrait prioritairement aux Dominicains. Capotille est l’une des treize communes du département du Nord-Est. Elle se situe à 32 km de Fort-Liberté chef-lieu du département du Nord-Est et à 15 km de Ouanaminthe chef-lieu de cet arrondissement. Capotille comprend deux sections communales : Welsh la première section et Lamine la deuxième. Capotille est limitée au Nord par la ville de Ouanaminthe, au Sud par la Commune de Mont-Organisé, à l’Est par la

République Dominicaine et à l’Ouest par Gens de Nantes 5 -ème section communale de Ouanaminthe. Selon les données publiées en 2015 par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), la population de la commune de Capotille est estimée à 19,382 habitants dont 1,302 dans le centre-ville et 18,080 dans les deux sections communales. La population masculine totaliserait 9,929 personnes tandis que les femmes représenteraient 9,453 personnes et les jeunes de 18 ans et plus représenteraient 9,664 personnes. Selon les calculs effectués à partir d’instruments géospatiaux de très grandes résolutions la superficie du sous bassin versant de Capotille est de 61,09 km2.

Borne séparant Capotille de Capotillo

Le diagnostic participatif, les focus groupes, les rencontres avec des personnes ressources, les documents disponibles, ainsi que l’atelier des 10 et 11 avril dernier permettent de présenter les caractéristiques biophysiques suivantes de ce sous bassin versant :

• Pluviométrie et température

Selon les documents disponibles, cette commune se caractérise par une pluviométrie moyenne annuelle qui oscille autour de 1,000 à 1,300 mm inégalement répartis. Les mois les plus humides vont d’Aout à

Décembre. Normalement cette commune comprend deux périodes de sécheresse. L’une allant de Janvier au mois d’Avril et l’autre de Juillet à Aout.

La température est d’environ 290C en juillet, elle monte à environ 31 0C en Aout. Toutefois, avec le changement climatique, ce calendrier varie considérablement. Dans l’ensemble, Capotille est plutôt considéré comme une zone qui jouit d’un climat tropical agréable oscillant autour de 26 et 280C. Avec à sa bonne pluviométrie, Capotille réunit les conditions climatiques favorables au développement d’une grande variété de cultures vivrières, d’arboriculture fruitière, de cultures d’exportation, etc.

➢ Types de sols

Les sols retrouvés à Capotille sont de plusieurs types :

• Aux piémonts on rencontre des sols colluvionnaires pierreux de profond allant de 60 à 80 cm. Leur capacité de rétention d’eau n’est pas très élevée

• Dans les zones de montagne, on trouve des sols dioritiques provenant principalement de la décomposition de la diorite quartzifère et du basalte du crétacé.

• Les diorites donnent sur les versants des sols de couleur claire, à texture sablonneuse à ph très acide alors que les sols formés sur le basalte ont une texture moins argileuse que ceux formés sur diorite. Ils sont plus acides et plus riches en bases échangeables.

➢ Zones agroécologiques

Les caractéristiques agroécologiques de Capotille limitent la mise en place d’une trop grande variété de systèmes de cultures. On retrouve deux grandes strates qui dominent la couverture végétale de la zone de Capotille :

• Une strate arborée constituée principalement d’essences natives telles que le Campêche, le manguier, le cocotier, les agrumes, la noix d’acajou, le chêne et quelques essences exotiques comme le neem, le cassia, etc.

• Dans la strate arbustive, on trouve des goyaviers, des caïmite et des caféiers éparts

D’une manière générale l’arboriculture fruitière joue un rôle non négligeable dans les exploitations agricoles de Capotille. La production fruitière est dominée par la mangue et l’anacardier qui y occupe une présence importante. Comme à Bahon, dans le sous bassin versant de Capotille, les anacardiers se retrouvent principalement sur des sols à substrat basaltique. On les retrouve en bouquets dans les zones des « lakou » ou éparses associés à d’autres fruitiers. Les agriculteurs de Capotille mettent l’accent sur la plantation d’anacardiers non seulement en raison de l’ombre qu’il leur procure dans leurs « lakou » mais surtout des revenus qu’ils tirent de cette espèce.

Superbes anacardiers dans un « lakou » à Capotille

Comme c’est souvent le cas en Haiti, ces strates arborées se retrouvent principalement dans les vallées alors que les sommets des montagnes sont de plus en plus découverts. Suivant les déclarations effectuées lors des focus groupes et au cours de l’atelier communautaire des 10 et 11 avril, ce système arboré est en régression en raison d’une production de plus en plus importante de charbon de bois. Cependant, contrairement à d’autres communes de la région, la commercialisation de parcelles arborées fait partie de la culture actuelle des Capotillans. Ces parcelles arborées sont vendues à des charbonniers pour la production et la commercialisation du charbon.

Commercialisation du charbon de bois

Malheureusement, dans beaucoup de cas, la vitesse d’abattage dépasse très largement celle de la croissance naturelle des arbres. Il en résulte une diminution de plus en plus importante des arbres particulièrement aux sommets des montagnes qui sont de plus en plus dénudés avec des affleurements rocheux de plus en plus fréquents comme le montre cette vue ci-dessous.

Vallées relativement boisées -Sommets de plus en plus dénudés à Capotille

Pour remédier à cette déviance, il convient de transmettre aux Capotillans les formations techniques appropriées notamment en gestion de peuplements forestiers et / ou arborés pour qu’ils puissent mieux les gérer sans les détruire par une exploitation à outrance.

➢ Les systèmes de culture à Capotille

L’observation de différentes parcelles des sections de la commune de Capotille, les focus groupes, et l’atelier des 10 et 11 avril permettent de dire que la pistache, le manioc, le pois congo, le pois inconnu, le riz, le maïs, la patate douce la banane, l’igname, le tarot et le « mazonbel » sont les principales cultures pratiquées par les agriculteurs de Capotille. On trouve également en faible quantité l’épinard, le gombo, le mirliton, le chou, l’aubergine et la tomate.

Les associations de cultures les plus rencontrées à Capotille sont :

• Pistache + manioc + pois congo+ mais+ pois inconnu + gombo ;

• Maïs + pois inconnu+ pois congo+ manioc + gombo.

• Riz + mais +patate douce+ igname+ gombo ;

• Haricot noir + maïs + pois congo+ gombo ;

• Banane + tarot +mais + canne-à-sucre.

Ces cultures sont toutes tributaires des saisons de pluies qui, avec le changement climatique varie d’où la difficulté pour les agriculteurs de biens planifier leur calendrier cultural comme par le passé. Toutefois, lors de l’atelier des 10 et 11 avril, les participants ont pu établir un calendrier cultural modèle pour le sous bassin versant de Capotille.

Calendrier des principales cultures de Capotille

Cultures Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov. Déc.

Pistache S S S E E, R PR, R S, R S E E R PR, R

Pois Congo

R PR PR, S S S E E E E E R R

Haricot S E R S S, E PR PR R, S

Pois Inconnu

PR PR S S, E R R PR S E R R

Mais PR PR S S E R R, PR S E E R R

Riz PR PR S E PR PR, R S, R S, R E E R R

Sorgho PR, PR S S E E R R

Manioc PR PR S S S E E R R R R R

Igname R R S S PR S S E E, S S E R Légendes : S : Semis, E : Entretien, PR : Préparation sols, R : Récolte

Ce calendrier cultural n’est pas uniforme pour les différentes cultures. Toutefois pour la plupart de ces cultures, les mois de novembre et décembre sont prioritairement des mois de récolte tandis que septembre et octobre sont consacrés prioritairement à l’entretien de la plupart de cultures. Le semis se concentre entre Mars et Mai. Sauf pour la pistache Janvier et février sont surtout consacrés à la préparation des sols pour la majorité des cultures pratiquées à Capotille

Pour ce qui est des pestes et des maladies, le tableau suivant présente les plus citées lors de l’atelier communautaires des 10 et 11 avril.

Principales pestes et maladies des cultures de Capotille

Cultures Peste et maladies

Pistache Mayoka

Pois Congo Chenille

Haricot « Calmanson », chenille, mouche blanche

Igname Mayoka

Pois inconnu Poux, punaise

Patate douce Mayoka, Tiyogann

Épinard, Chenille, Papillon

Gombo Chenille

Banane Nématode, Sigatoka

Mais Chenille, rat, « charbon »

En plus de pestes et des maladies qui détruisent les cultures, les autres principales déclarations faites au cours de cet atelier en lien avec la production agricole sont :

• Diminution de la production agricoles à Capotille

• Diminution de la fertilité des terres

• Absence de semences améliorées

• Outillage agricole rudimentaires

• Absence de crédit agricole

• Absences de boutiques agricoles et difficultés pour acheter les intrants agricoles.

• Manque d’encadrement technique

Dans leur itinéraire technique, les agriculteurs de Capotille utilisent beaucoup du « Glifosato » / Glyphosate un herbicide très toxique et très puissant de plus en plus interdit dans le monde et notamment en Europe en raison des risques énormes qu’il présente pour ses utilisateurs notamment en termes de propagation du cancer. C’est le cas déjà en France et en Autriche où ce produit est déjà banni. Importé de la République Dominicaine et utilisé sans contrôle à Capotille, il détruit presque complètement le couvert herbacé. Puis les agriculteurs de ce sous bassin versant mettent le feu sur leurs parcelles pour compléter l’action du glyphosate / « glifosato ».

Cette combinaison de glyphosate et de feu entraine une destruction énorme de la matière organique du sol qui n’est plus disponible pour jouer le rôle de liant entre ses particules. Elle fragilise considérablement le sol et facilite son transport par les eaux de pluie entrainant ainsi un processus de plus en plus marqué d’érosion des sols

Terrain traité au « Glifosato » / Glyphosate puis brulé

« Glifosato » / Glyphosate utilisé pour éliminer les herbes

Le Glyphosate (danger mortel pour les Capotillans) et le feu permettent effectivement d’éliminer facilement les mauvaises herbes. Toutefois, cette pratique est très dommageable pour la structure des sols. Elle accentue considérablement le processus d’érosion dans le sous bassin versant de Capotille.

➢ Le Système d’élevage

L’élevage joue un rôle non négligeable dans le système de production de Capotille. Il valorise les sous-produits des cultures et de la jachère et permet un transfert de la matière organique. De cette façon, il compense en partie les dégâts causés par le brulis et le glyphosate. Deuxièmement, comme c’est le cas au niveau de l’ensemble des exploitations agricoles d’Haiti, il joue le rôle de « carnet de banque » de la plupart de ménages ruraux. Les animaux les permettent de faire face à des urgences comme maladies, mariage, baptêmes, communion, funérailles, etc. Ils peuvent aussi contribuer dans l’achat de semences, d’outils agricoles, etc. Les espèces les plus rencontrées dans les exploitations agricoles de Capotille sont les bovins, les caprins, les porcins, les équins et les volailles. Toutefois, contrairement à beaucoup d’autres sous bassins versants de la région, le mouton occupe une place importante à Capotille. C’est peut- être même une spécialité de ce sous bassin versant.

D’une manière générale, les animaux sont gardés à la corde. De l’herbe et des résidus de cultures sont utilisés pour leur alimentation. Ils pâturent également sur les parcelles en jachère. Quant aux porcs, ils sont gardés dans des enclos à proximité des maisons et sont nourris des résidus de cuisine. Ces animaux sont généralement gardés en propriété ou en gardiennage. Les participants à l’atelier de Capotille révèlent qu’ils sont confrontés à d’énormes difficultés pour prodiguer des soins sanitaires à leur cheptel. Il n’y a pas de vétérinaire ni de boutique agricole dans ce sous bassin versant. En conséquence, faute de soins, la taille de leur cheptel se rétrécie d’année en année.

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