Plan Strategique Decennal 2021-2030-Ministere de lEnvironnement 2021.pdf

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This request for proposals solicits offers for a cost-plus-fixed-fee completion contract to implement the USAID/Haiti Resilient Environment - North Activity. The five-year contract will increase community, systems, and climate resilience in Haiti's Northern Resilience Focus Zone by protecting and restoring ecosystem services using a watershed management approach, fostering sustainable productivity and economic inclusion. USAID anticipates awarding one contract with a total estimated cost between $21.5 million and $24.5 million. Offers must be submitted by January 14, 2022 following the instructions in Section L and will be evaluated based on the criteria in Section M. Questions are due by December 14, 2021 and must be submitted electronically to the specified email address. Issuance of this RFP does not constitute an award commitment, and USAID reserves the right to reject any offer.

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Programme stratégique décennal 2021 – 2030

« PLANTE AK REKÒLTE DLO »

Un manteau vert durable pour nos montagnes châteaux d’eau

Instrument d’adaptation au changement climatique

MDE, PORT-AU-PRINCE HAÏTI

@ Mars 2021

Sommaire

Abréviations 4 Résumé exécutif 5 Introduction 6

1. Problématique 6

1.1. Quelques grands constats 6

1.2. Défis et enjeux 6

2. Changement de paradigme 7

2.1. Positionnement 7

2.2. Éléments de réponse 8

3. Description du Programme 9

3.1. Vision 9

3.2. Objectif stratégique 9

3.3. Grands axes stratégiques 9

3.4. Alignement 10

3.5. Sens et portée 11

3.6. Stratégie de mise en œuvre 12

3.7. Calendrier indicatif 12

3.8. Montage financier 12

3.9. Montage institutionnel 13

3.10. Impact du programme 14

3.11. Cadre de suivi et d’évaluation des livrables 16

3.12. Hypothèses de risques et mitigation 16

Conclusion 17

Annexe.

Plan d’action 2021 Quelques données sur les grands bassins hydrographiques d’Haïti

Abréviations

CB Convention sur la Biodiversité CBAIT Centre Banyen pour une Agriculture Intelligente et le Tourisme CCC Convention sur le Changement Climatique CD Convention sur la Désertification COVID19 Corona Virus Deseases 2019 CPCE Combite Participation Citoyenne pour l’Environnement DGI Direction Générale des Impôts FAO Food and Agriculture Organization FRE Fonds pour la Réhabilitation de l’Environnement HEAT Habitat Energie-Eau-Education Assainissement et territoire ICP Institution de Coopération Partenaire IFP Institution Financière Partenaire IPP Institution Publique Partenaire MCG Modèle climatique global MDE Ministère de l’Environnement OMS Organisation Mondiale de la Santé OPS Organisation Panaméricaine de la Santé OSC Organisation de la Société Civile PNA Plan National d’Adaptation PNCC Plan National lutte contre le Changement Climatique PNCS Programme National de Cantine Scolaire PNGDR Programme National de Gestion des Risques et de Désastres PNSSAN Politique Nationale de Souveraineté et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle PPPC Partenariat Public Privé Communautaire PSDH Programme Stratégique de Développement d’Haïti SNAP Système National des Aires Protégées SNAT Système National d’Aménagement du Territoire VRIC Village Routier par Intersection Communale

Résumé exécutif «Nous sommes tous des gens de la montagne», dit le slogan créé en 2002, à l’occasion de l’année inter-nationale des montagnes. C’est particulièrement vrai pour Haïti, un pays aux ¾ montagneux. Si nous sommes tous concernés, chacun peut faire quelque chose, à commencer par des actions qui touchent à des changements de comportement, i.e. notre façon de vivre, de faire et d’être en relation les uns avec les autres, pour déboucher sur nos obligations directes de sauver nos montagnes, en cultivant avec elles un rapport de connaissance, de compréhension et d’actions pratiques visant leur réhabilitation, etc.

Toutefois, la restauration de nos montagnes ne peut être une solution viable que si elle est insérée dans un programme intégré de développement local. Autrement dit, «La ville comme la campagne peut être émancipatrice », quand les infrastructures de progrès et les services collectifs sont disponibles, quand chacun a les moyens d’y accéder pour changer sur place son propre statut et améliorer sa qualité de vie, et notamment quand l’environnement peut remplir normalement cette double fonction de garde-manger collectif et de rideau de sécurité pour la protection des vies et des biens ».

Plante dlo annonce donc un changement de paradigme, tant par rapport à l’espace que par rapport au contenu. Il n’est pas uniquement le reboisement1 et encore moins un slogan de campagne. C’est une démarche de restauration de territoire et de gouvernance locale participative, à impact direct sur le dé-veloppement économique et le bien-être humain. De manière concrète, Plante ak rekòlte DLO, c’est :

la priorité donnée à un espace : les MONTAGNES de moyenne et de haute altitude ;

rebâtir leur manteau vert tant pour réduire les eaux de ruissellement et leur corollaire l’érosion ou les pertes de sol arable, que pour renforcer leur rôle de châteaux d’eau et améliorer la capacité d’infiltration des sols avec comme avantage une meilleure agriculture en plaine moins exposée aux sédiments et une meilleure qualité de l’eau dans les rivières, les sources, les nappes et les autres plans d’eau superficielle (étangs, lacs, marres, etc.) ;

diminuer le niveau de vulnérabilité de la population aux catastrophes naturelles et réduire les risques qui en découlent en termes de désertification, d’inondation, de glissement de terrain, de pertes et de dommages qui enferment la population dans le labyrinthe de la paupérisation ;

restaurer des espaces dégradés par la conservation de sol et un verdissement climato intelligent tant pour un nouveau paysage verdoyant et sa valorisation éco-touristique que pour la recherche de valeur ajoutée par la transformation et la diversification économique ;

redonner à des zones leur vocation de transit pour des oiseaux migrateurs et d’habitat naturel pour des espèces natives et/ou endémiques permettant de renforcer et consolider la biodiversité d’Haïti ;

diminuer les pertes d’eau qui vont faire des dégâts, par la construction de réservoir communautaire, d’impluvium, de lac collinaire, de citernes familiales, de bélier hydraulique, de pompe à énergie pho-tovoltaïque et éolienne, des structures de rétention pour la recharge des nappes, etc. renforçant ainsi l’accès des communautés à l’eau pour les usages domestiques, agricoles et touristiques ;

C’est accompagner les habitants des montagnes dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et pour l’amélioration du cadre et de la qualité de vie, etc.

Tout cela est résumé en deux (2) sous-programmes axés sur trois (3) piliers, répartis en douze (12) ac-tions. C’est toute Haïti qui bénéficiera de cette vitalité environnementale, à travers six grands bassins hydrographiques. Ce Programme est un appel à l’engagement citoyen. Dans ce cadre stratégique, c’est la vision et l’approche qui sont exposées. Les plans d’actions feront l’objet d’ateliers de consultation régionaux, qui permettront d’arriver à un budget global et un budget par cycle triennal.

1 L’arbre est au centre comme « poto mitan » dans le cycle de l’eau, tant par le phénomène d’évapotranspiration et de forma-tion de vapeur d’eau, que par la précipitation et l’infiltration, avec pour avantage d’alimenter les sources et d’augmenter le débit, voire de les rendre pérennes, et aussi de contribuer à la recharge des nappes phréatiques pour alimenter les sources et les nappes phréatiques. Plante dlo permet en final de récolter l’eau en abondance.

INTRODUCTION

Le Ministère de l’Environnement (MdE) est une entité sectorielle de l’État haïtien, chargée glo-balement de définir les grandes orientations et les politiques publiques en fonction des défis et des enjeux. Il est aussi chargé d’assurer la bonne gouvernance du secteur de l’environnement, prenant en compte tant les priorités du gouvernement et les engagements internationaux aux-quels la République d’Haïti est partie, que la réglementation de la conduite des citoyens et des actions des institutions dans le secteur, à l’échelle du territoire. Pour cela, sa mission repose sur ces trois (3) grands socles de gouvernance : a) le normatif qui réfère au cadre légal et ré-glementaire ; b) la régulation qui fait référence tant à l’application et au respect des normes qu’au contrôle, au suivi et à l’évaluation des actions des acteurs dans le secteur ; c) la facilita-tion-incitation qui renvoie à l’accompagnement de l’État.

1. PROBLEMATIQUE

1.1. QUELQUES GRANDS CONSTATS

L’environnement, c’est NOUS et tout ce dont nous dépendons pour exister, voire tout ce qui ne l’est pas forcément. Il est un facteur de qualité de vie. Mieux il est préservé et protégé, plus il permet de jouir d’une bonne santé, de profiter de ses avantages, d’épargner pour investir dans d’autres secteurs et de garantir la durabilité des investissements qui s’opèrent dans les diffé-rents sous-secteurs d’activités. Par contre, quand il est dégradé, il devient un obstacle au pro-grès et un défi à la croissance. C’est malheureusement le cas en Haïti, un pays très vulnérable aux catastrophes naturelles, voire l’un des 3 pays les plus touchés par les phénomènes météo-rologiques extrêmes entre 1996 et 2015 (German Watch en 2017).

La fragilité de l’environnement en Haïti est un enjeu majeur, du fait même du coût élevé des catastrophes naturelles, par exemple en termes de perte en vie humaine, de dégâts matériels et de dommages des infrastructures socioéconomiques, avec pour corollaire la décapitalisation, la paupérisation, les pertes de temps et d’opportunités, etc. En 2016, soit 6 ans après le séisme de 2010, l’ouragan Matthew a fait 473 morts, 339 blessés et des dégâts considérables, dont le coût est chiffré à 32% du PIB (WB 2017, PDNA 2017). La dégradation de notre environnement affecte sévèrement notre vie : nos biens, notre production, notre santé, notre histoire, notre culture, voire nos relations, nos croyances ou plus globalement encore notre système de va-leurs. Elle bloque le progrès, en déstabilisant les facteurs qui l’engendrent.

1.2. DEFIS ET ENJEUX

L’urgence de restaurer notre environnement ne se limite pas au seul but de minimiser tous ces effets néfastes, c’est aussi pour sauver ce qui reste de nos richesses patrimoniales et de notre biodiversité. Selon les études floristiques et faunistiques existantes, Haïti pourrait malgré tout posséder la biodiversité la plus riche de la Caraïbe et fait partie des 34 points chauds de la bio-diversité mondiale. Les différents microclimats ou écosystèmes d’Haïti contribuent à la diversi-fication des cultures, tout en faisant varier la végétation et le paysage d’un point à l’autre du pays. En plus de fournir des matières premières, la biodiversité soutient quantité de processus et de services écosystémiques naturels, tels que la qualité de l’air, la régulation climatique, la purification de l'eau, la lutte contre les parasites et les maladies, la pollinisation et la prévention des érosions. Elle a aussi une véritable dimension sociale et culturelle portée sur la relation ré-ciproque et interdépendante entre la pharmacopée haïtienne et le vodou, et son rôle dans l’art culinaire national et les maisons typiques traditionnelles très courantes dans le pays. Elle re-pose donc sur des éléments culturels et historiques forts qui constituent la toile de fonds ou la mémoire collective de la population.

DES POSTULATS

Aujourd’hui, au regard des grands problèmes environnementaux et climatiques, mais aussi sa-nitaires induits par la COVID-19, que connait Haïti, la grande question est : où placer au-jourd’hui le curseur dans l’action gouvernementale et comment doit se comporter le Citoyen ?

Tout d’abord, reconnaissons que la restauration de notre environnement est un passage obligé pour qu’Haïti aspire au développement durable. Deuxièmement, l’environnement est une ques-tion très complexe, tant par sa transversalité que par sa trame multisectorielle et pluridimen-sionnelle, rendant ainsi nécessaire de l’approcher plutôt selon une vision de territoire à longue temporalité et de gouvernance locale participative. Troisièmement, étant un pays aux trois quarts montagneux, il est impératif de prêter une attention particulière aux montagnes châ-teaux d’eau, encore appelés bassins hydrographiques2, qui jouent un grand rôle dans les éco-systèmes et l’économie du pays.

2. CHANGEMENT DE PARADIGME

2.1. POSITIONNEMENT

Si le pays a connu dans le temps de grands projets de reboisement3, par contre ceux-ci n’ont touché en général que très peu les montagnes de moyenne altitude et encore moins celles de haute altitude qui sont en général les plus dégradées, avec toutes les conséquences qu’on sait, dont entre autres : la perte de terre, l’insécurité alimentaire, le stress hydrique, l’exode rural massif et la déstabilisation de nos villes4. Ils n’ont pas pris pas non plus en compte les condi-tions de vie de leurs habitants, qui sont l’une des catégories sociales les plus défavorisées, et n’ont pas été fait dans une approche économique sensibilisante, qui faisait ressortir les avan-tages et le coût-bénéfice d’un arbre planté.

Aux enjeux forts, des notions fortes. La restauration des bassins hydrographiques doit être trai-tée comme une urgence nationale. Il faut établir la suprématie de l’environnement, c’est-à-dire en faire le secteur qui donne le ton à l’action publique et privée, tant par l’insertion des risques liés au changement climatique dans les processus de planification du développement national, que par la réalisation d’étude d’impact environnemental devant précéder toute action

2 Territoire drainé par des eaux souterraines ou superficielles qui se déversent dans un collecteur principal (cours d’eau, lac), et délimité par une ligne de partage des eaux (Internet).

3 Des projets de reboisement, il y en avait plusieurs, comme «Double harvest» avec le financement de l’USAID (1980-1989), Projet Forestier National (1982-1989) avec le financement de la Banque Mondiale, et de nombreux autres projets supportés ou conduits par des organismes publics et des ONG nationales et internationales dont les plus connues sont FAO, PAM, Société des Amis de l’Arbre (ONAMAR), Développement Régional Intégré Petit-Goâve Petit-Trou de Nippes (DRIPP), Organisme de Dévelop-pement du Nord d’Ouest (ODNO), Organisme de Développement du Nord (ODNO), Organisme de Développement du Bassin Fleuve la Vallée de l’Artibonite (ODVA), CARE, PADF, ADRA, etc.

4 C’est une urbanisation rapide et sauvage, faisant d’Haïti le 3eme pays le plus urbanisé dans la région Amérique latine et Ca-raïbes derrière Trinité-et-Tobago et le Mexique. Selon un rapport de la BM4 : « 64% des Haïtiens vivent dans les villes et le nombre de citadins pourrait passer de 6 à 11 millions d'ici 2050 ». La villes encaissent, se bidonvillisent, faute d’infrastructures d’accueil, de services et d’emplois, et deviennent une vraie poudrière sociale, pendant que leurs rues se transforment en mar-chés publics et en dépotoir de déchets à ciel ouvert. Il suffit de constater l’état actuel des rues à Port-au-Prince pour s’en con-vaincre.

d’envergure à mener. Toutefois, il est illusoire de vouloir restaurer l’environnement des mon-tagnes sans améliorer aussi le pouvoir d’achat et le cadre de vie de leurs habitants. D’où un changement de paradigme, selon lequel il faut un État non seulement serviteur, mais aussi gendarme et technologique, c’est-à-dire un État qui apporte des services d’amélioration du cadre de vie, qui lutte contre le comportement délinquant du citoyen et qui met en valeur les gadgets électroniques dans la surveillance environnementale. Le Ministère de l’environnement a aussi besoin de compter sur un tribunal de droit de l’environnement, créé à cette fin au sein du Ministère de la justice, et une police environnementale.

Nos ancêtres dirigeants ont été à la montagne, ériger des forteresses pour protéger et défendre farouchement notre indépendance politique. Nos générations actuelles doivent retourner à la montagne, cette fois-ci pour édifier des forteresses vertes, en vue de protéger notre peuple de-venu très vulnérable aux catastrophes naturelles, et de reconquérir notre souveraineté alimen-taire. Nos écoles doivent être non seulement le lieu d’éducation à l’écocitoyenneté pour re-formater les réflexes, éveiller la conscience, adapter le comportement à la nouvelle réalité cli-matique, mais aussi des agents de restauration de l’environnement par l’introduction dans le cursus scolaire du reboisement comme une matière évaluée.

2.2. ÉLEMENTS DE REPONSE

Plante ak rekòlte Dlo est un programme basé sur l’adaptation à la nouvelle réalité climatique, conçu notamment pour la restauration des six (6) grands bassins hydrographiques5 du pays et pour la conservation de leur biodiversité, dans un prisme sociétal qui concilie objectifs écolo-giques, satisfaction des besoins et amélioration du cadre de vie. Ce choix s’appuie sur cette hy-pothèse : «La ville comme la campagne est émancipatrice », à condition que :

les infrastructures de progrès et les services collectifs soient disponibles, chacun ait les moyens d’y accéder pour changer sur place son propre statut et améliorer sa qualité de vie, et notamment l’environnement puisse remplir normalement cette double fonction de garde-manger collectif et de rideau de sécurité pour la protection des vies et des biens.

3. DESCRIPTION DU PROGRAMME

3.1. VISION

Un autre milieu rural est possible, synonyme de territoire vert, nourricier, résilient, accessible et émancipateur, servant en même temps de tremplin au développement durable d’Haïti.

3.2. OBJECTIF STRATEGIQUE

Appliquer durant la décennie 2021 – 2030 une meilleure politique de gestion territoriale qui permettrait d’augmenter d’au moins 35 %6 la superficie restaurée et protégée des grands bas-

5 On dénombre environ 30 bassins versants en Haïti, regroupés en six (6) bassins hydrographiques, plus les îles, qui sont occupés principalement par la paysannerie. Voir le tableau ci-joint.

6 Haïti a une superficie de 27,750 km2, dont les trois quarts sont constitués de montagnes (soit 20,813 km2). Si on part de l’hypothèse que 15 % de celles-ci sont boisés, en considérant les données du Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), à travers : « Haïti – Plan National d'Investissement Agricole. Juillet 2010 » (Imprimerie NAPCO, p.7. et p.22), l’effort de restauration ne concerne alors que 85 % des montagnes (soit 17,691 km2 sur les 20,813 km2), dont les bassins versants sont fortement dégradés ou en voie de dégradation accélérée. En matière de couvert boisé (des 17,691 km2 ou 17 691 000,000 m2), en adoptant une dis-sins hydrographiques d’Haïti, en vue d’aboutir in fine à des territoires productifs et résilients, garants d’une triple sécurité alimentaire, économique et environnementale.

3.3. GRANDS AXES STRATEGIQUES

L’architecture du programme comprend deux (2) sous-programmes, trois (3) piliers et douze

(12) actions. Les deux sous-programmes sont :

Sous-programme Jardin garde-manger7:

grâce à l’amélioration de l’habitat familial, incluant l’accès à l’énergie, à une citerne et aux sanitaires, il est possible d’alimenter en eau tant celles-ci que le jardin garde-manger et d’accueillir des visiteurs (touristes) qui consommeront des produits naturels de ter-roir. Ceux-ci peuvent être aussi transformés, afin d’optimiser la création de richesse et sa redistribution à l’échelle du territoire per-mettant de mieux y fixer la population, no-tamment les jeunes comme entrepreneurs et jardiniers éco-responsables.

Sous-programme HEAT qui signifie Habitat, Energie/Eau, Assainissement, Territoire désen-clavé/Tourisme. Grâce à une meilleure occupation et organisation de l’espace rural, no-tamment le long d’un axe routier d’intersection communale, les communautés pourront bénéficier à meilleur coût des services collectifs : transport, eau et assainissement, santé, école de formation classique, technique et professionnelle, centre de sports et de loisirs, état civil, police, tribunal de paix, marché, magasin communautaire, etc. Ce qui permettrait d’améliorer leur cadre et leur qualité de vie, avec impact direct sur la longévité.

tance de 8 mètres par arbre faisant un quadrilatère de 64 m2 pour chaque 4 arbre, il faut planter environ 277 mil-lions d’arbres. Pour une augmentation de 35 % du couvert boisé des montagnes pour la décennie, l’effort de révé-gétalisation est de 10 millions à planter par an.

7 C’est un modèle d’exploitation parcellaire à rendement exponentiel, associant le maraichage à l’agroforesterie, dont les techniques novatrices de travail permettent de :

protéger le patrimoine agraire contre l’érosion et le lessivage ;

améliorer la capacité tant d’infiltration que de production du sol, de sorte qu’il réponde à différents types de cultures à haut rendement adaptées aux conditions locales ;

récolter à l’année longue toute une diversité de produits totalement naturels, pour utilisation directe ou pour la transformation agroalimentaire.

Bref, le jardin garde-manger ambitionne d’être un modèle plus productif, plus économe, plus respectueux de l’environnement, de la biodiversité, du sol et de l’eau, tout en étant capable d’offrir des produits compétitifs. Il met d’abord l’accent sur des cultures à valeur ajoutée, adaptées aux conditions locales, en vue de permettre à l’exploitant de consacrer le reste de son patrimoine agraire au développement d’une économie verte, utilisant différentes techniques de production et de reproduction, voire de jachère progressive. C’est un mécanisme conçu pour contribuer à éponger les contraintes qui poussent fort souvent soit à un usage intensif et non responsable du sol, soit à la coupe abusive d’arbres qui aggrave la dégradation de l’environnement et provoque une réduction systématique jusqu’au tarissement des points d’eau. Ce qui en fait davantage partie d’une démarche environne-mentale, tout en participant aux enjeux de sécurité alimentaire, nutritionnelle et économique.

Les piliers et les actions découlant de ces deux sous-programmes sont les suivants :

3.4. SENS ET PORTEE

De manière concrète, Plante ak rekòlte DLO, c’est :

la priorité donnée à un espace : les MONTAGNES de moyenne et de haute altitude ;

rebâtir leur manteau vert tant pour réduire les eaux de ruissellement et leur corollaire l’érosion ou les pertes de sol arable, que pour renforcer leur rôle de châteaux d’eau et amé-liorer la capacité d’infiltration des sols avec comme avantage une meilleure agriculture en plaine moins exposée aux sédiments et une meilleure qualité de l’eau dans les rivières, les sources, les nappes et les autres plans d’eau superficielle (étangs, lacs, marres, etc.) ;

diminuer le niveau de vulnérabilité de la population aux catastrophes naturelles et réduire les risques qui en découlent en termes de désertification, d’inondation, de glissement de terrain, de pertes et de dommages qui enferment de plus en plus la population dans le cercle infernal de la paupérisation ;

restaurer des espaces dégradés par la conservation de sol et un verdissement climato intel-ligent tant pour un nouveau paysage verdoyant et sa valorisation éco-touristique que pour la recherche de valeur ajoutée par la transformation et la diversification économique ;

redonner à des zones leur vocation de transit pour des oiseaux migrateurs et d’habitat na-turel pour des espèces natives et/ou endémiques permettant de renforcer et consolider la biodiversité d’Haïti ;

diminuer les pertes d’eau qui vont faire des dégâts, par la construction de réservoir com-munautaire, d’impluvium, de lac collinaire, de citernes familiales, de bélier hydraulique, de pompe à énergie photovoltaïque et éolienne, des structures de rétention pour la recharge des nappes, etc. renforçant ainsi l’accès des communautés à l’eau pour les usages domes-tiques, agricoles (élevage, maraîchage, agroforesterie, pépinière, culture de fourrages, com-postage), et touristiques ;

C’est accompagner les habitants des montagnes dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la dépendance d’Haïti vis-à-vis de l’étranger pour nourrir sa population, et pour l’amélioration du cadre et de la qualité de vie, etc.

Plante ak rekòlte DLO est donc une action de territoire qui prend aussi appui tant sur le centre de germoplasme8, une infrastructure technique de multiplication ou de propagation végétale, que sur des pépinières satellites pour la production d’espèces forestières et fruitières, natives et endémiques à chaque écosystème. L’État haïtien a déjà construit et inauguré 5 centres de germoplasme, à : i) Camp Perrin (Sud) ; ii) Marfranc (Grand-Anse) ; iii) Fonds des Nègres (Nippes) ; iv) Port-de-Paix (Nord-ouest) ; v) Quartier Morin (Nord).

3.5. ALIGNEMENT

Le Programme s’aligne sur les grandes priorités et les cadres programmatiques de l’État haïtien (PSDH, PNSSAN, PNCS, SNAT, SNAP, PNGRD, PNCC, PNA)9, tout en s’inscrivant dans les trois conventions sœurs des Nations Unies (CCC, CB, CD)10 et la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes.

3.6. STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE

Ce Programme sera mis en œuvre en deux étapes :

a. Une phase préparatoire d’un an incluant la clôture de la phase pilote « Plante Dlo », la sen-sibilisation, l’élaboration des plans d’action et la mobilisation des ressources nécessaires.

Cette phase doit déboucher sur le document de cadre opérationnel du programme en 3 cycles triennaux, qui doit être aussi validé par les parties prenantes ;

b. Une phase d’implémentation à plein régime, répartie en trois cycles triennaux.

Il est entendu que la mise en œuvre se fera avec l’implication de nombreux acteurs, dont la présence et la participation seront modulées et structurées par bassin hydrographique ;

8 De manière générale, le terme germoplasme désigne : «des semences ou matériels végétaux utilisés à des fins de reproduction. Ces matériels comprennent des gènes définis comme une unité responsable de la transmission des caractères et propriétés héréditaires d’une plante-parent à des descendants ».

9 PSDH = Programme Stratégique de Développement d’Haïti ; PNSSAN = Politique Nationale de Souveraineté et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle ; PNCS = Programme National de Cantine Scolaire ; SNAT = Système Natio-nal d’Aménagement du Territoire ; SNAP = Système National des Aires Protégées ; PNGDR = Programme National de Gestion des Risques et de Désastres ; PNCC = Plan National lutte contre le Changement Climatique ; PNA = Plan National d’Adaptation selon lequel : « L'État améliore la gestion de ses ressources naturelles et des avantages qui en découlent ainsi que les mécanismes de gestion des catastrophes et s'engage en faveur d'une économie verte”.

10 CCC = Convention sur le Changement Climatique ; CB = Convention sur la Biodiversité; CD = Convention sur la Désertification.

3.7. MONTAGE INSTITUTIONNEL

Dans la mise en œuvre de ce programme, il y a six (6) types d’acteurs qui ont un rôle direct à jouer. Il s’agit en particulier de :

Ministère de l’Environnement, maître d’ouvrage au nom de l’État haïtien, est là pour mobi-liser les institutions et ressources nécessaires, mettre en place les CPCE, assurer la passation de marché et la régulation en termes de coordination, de suivi, de contrôle et d’évaluation des activités. Pour cela, le pro-gramme est porté par la Direc-tion de Gestion Intégrée des Montagnes et des Bassins Hydro-graphiques (DGIMBH) avec l’appui d’une task-force compo-sée de la Direction Forêts et Énergies Renouvelables (DFER), de la Direction d’Éducation Rela-tive à l’Environnement, de l’Observatoire Nationale de la Qualité de l’Eau et de la Vulnéra-bilité (ONQEV), de l’Unité d’Étude et de Programmation (UEP), et de l’Unité de Passation de Marché Public (UPMP) ;

Combite Participation Citoyenne pour l’Environnement (CPCE), une structure de gouver-nance locale et de partenariat public privé communautaire (PPPC), qui accompagne le MDE via ses structures déconcentrées et/ou décentralisées (Directions départementales et Bu-reau Communal de Gestion de l’Environnement) notamment en matière de surveillance en-vironnementale, d’éducation, de contrôle des activités mises en œuvre par les acteurs d’exécution ;

Organisations de la Société Civile (OSC), incluant aussi l’université et le secteur religieux, signataires d’un protocole de collaboration avec le MDE, sont des partenaires d’exécution, moyennant leur ancrage communautaire d’au moins 3 ans dans la zone d’impact et la preuve de leur capacité avérée à mener les actions en question ;

Institutions de Coopération Partenaires (ICP), nationales ou internationales, présentes de-puis au moins 3 ans dans la zone d’intervention s’il n’y a pas d’OSC, qui ont des compé-tences dans le type d’action en question et qui ont signé un protocole avec le MDE ;

Institutions Financières Partenaires (IFP), qui existent sur le plan local comme par exemple des coopératives, des caisses populaires ou des mutuelles, qui ont signé un protocole de coopération avec le MDE et qui ont la capacité de fournir à ses partenaires techniques des services financiers de proximité ;

Institutions Publiques Partenaires (IPP) qui sont directement concernées par une action, tant en matière d’infrastructure routière et hydraulique, qu’en matière d’éducation, d’assainissement, de tourisme et de formation.

3.8. CALENDRIER INDICATIF GLOBAL

Le calendrier indicatif suivant est élaboré pour prendre en compte les aspects susmentionnés :

ÉTAPES PRIORITÉS DESCRIPTION

CALENDRIER ANNUEL

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Ph as e pr ép ar at oi re Conception du

Plan straté-gique

Consultation interne MDE Consultation externe (Acteurs publics- privés) Lancement du Programme décennal

Plan d'action

Ateliers régionaux de consultation Production et révégétalisation des montagnes Sensibilisation/Communication Mobilisation du financement

Ph as e d' im pl ém en ta tio n tr ie n-na le

Cycle triennal 1

Exécution Évaluation Ajustement du document cycle triennal 2 Rapport

Cycle triennal 2

Exécution Évaluation Rapport Ajustement du document cycle triennal 3

Cycle triennal 3

Exécution Évaluation Rapport final

3.9. MONTAGE FINANCIER

Le budget du Programme sera établi à partir des ateliers régionaux. Ceux-ci réuniront les ac-teurs par bassin hydrographique. Cependant, pour financer ce Programme, une approche ho-listique et intégrée est prévue, impliquant :

L’État (Budget national, relance du Fonds pour la Réhabilitation de l'Environnement ou FRE) ;

Les partenaires techniques et financiers du MdE et d’autres acteurs qui interviennent dans l’environnement en Haïti, moyennant une en-tente avec le MDE tant sur le type et les zones d’intervention que sur l’acquisition du matériel végétal dans un centre de germoplasme ;

Le secteur privé notamment les grands opéra-teurs d’exploitation et de commercialisation de l’eau, moyennant le versement via la DGI pour le compte du MDE d’une redevance environ-nementale pour les services écosystémiques (reboisement des mornes), et le secteur finan-cier ne serait-ce que pour supporter directe-ment des zones ou des clients de son choix, moyennant l’entente au départ sur les besoins, les activités prioritaires et les résultats que le MDE aura à suivre et évaluer.

Les membres de la diaspora peuvent être une pièce importante du puzzle, en finançant di-rectement un jardin garde-manger scolaire pour une école de leurs communautés et un jar-din garde-manger de l’abondance pour leurs familles.

3.10. IMPACT DU PROGRAMME

a. Au niveau global Des communautés rurales de montagne mieux organisées, désenclavées, émancipées, pros-pères et viables, jouissant d’une triple sécurité alimentaire et nutritionnelle, économique et environnementale.

b. Au niveau socioculturel Plus grande valorisation des produits locaux (nutrition et gastronomie de terroir) Amélioration de l’espérance de vie Une jeunesse plus entreprenante, saine et activement engagée sur le plan socioculturel.

c. Au niveau environnemental Diminution de la coupe abusive et résilience de la population aux chocs naturels Comportement écocitoyen visible chez les écoliers et les jeunes Plus grande attractivité touristique du paysage local Réduction du niveau d’émission de gaz à effet de serre (atténuation).

d. Au niveau économique Amélioration du pouvoir d’achat local touchant le plus grand nombre Marché villageois mieux fréquenté et achalandé en produits locaux Plus grand accès aux biens et aux services.

Dans la démarche de valorisation des espaces restaurés (reboisement climato-intelligent et con-servation de sol par la mutualisation des jardins voisins), il y a deux actions concomitantes que supporte le jardin garde-manger (associant maraichage et agroforesterie) : a) une production maraîchère de cycle court ; et b) une économie fruitière climato-intelligente à moyen et long terme.

Dans le premier cas, nous nous inspirons d’une expérience menée à Vallue (Petit-Goâve), du-rant la période de janvier à mars 2020, par le Centre Banyen pour une Agriculture Intelligente et le Tourisme (CBAIT). Réalisée sur 227 m2 (soit moins de 2/100 de carreau de terre), cette ex-périence combinait une production horticole de 200 poivrons avec une douzaine de fruitiers. Si ces derniers vont produire dans 4 à 5 ans, la culture maraîchère est là pour répondre aux be-soins immédiats. Les 200 poivrons rapportaient 20,000.00 Gourdes en 3 mois, soit 100.00 Gourdes au moins par pied. Pour 3 productions à l’année, un revenu de 60,000.00 Gourdes ou US$ 1,000.00 a été envisagé. Ce qui consacre du coup un rendement de 4.40 dollars américains en moyenne par m2 (qu’on peut ramener à US$ 3.00, dans l’hypothèse d’une perte de 32 %, te-nant compte de la variation des rendements entre les cultures et d’autres facteurs).

Par extrapolation à 8/100 de carreau de terre en moyenne, la famille pourra générer un revenu annuel de quatre mille (4 000.00) dollars américains, moyennant le respect du protocole tech-nique « 35-25-40 » et du principe « Faire du travail de la terre une œuvre d’aménagement et apporter à chaque plante une attention soutenue pour un maximum d’efficacité ». L’éducation, la formation et l’accompagnement technique sont les clés à l’installation d’un nouveau réflexe dans le langage, le comportement et les pratiques, permettant de « faire plus et mieux avec moins » tout en préservant l’environnement.

Dans le second cas, l’économie fruitière remplacera après 4 à 5 ans l’économie maraichère. En comptabilisant a minima 1,000.00 Gourdes/an/arbre fruitier, pour 100 arbres plantés par fa-mille, celle-ci obtiendra après 4 à 5 ans un revenu annuel de 100,000.00 Gourdes ou US$ 1,000.00. Il ne s’agit là que d’une hypothèse pessimiste, vu qu’un arbre fruitier mature peut gé-nérer 3 fois plus (soit au moins 3,000.00 Gourdes) par an. Pour maximiser le rendement, l’économie fruitière peut être accompagnée de tubercules à haut rendement (par exemple igname guinée et/ou jaune), moyennant un dispositif bien contrôlé et des affinités végétales.

Ce qui transformera progressivement l’espace en jardin garde-manger agro-forestier de l’abondance.

Un troisième élément économique potentiel est la valorisation touristique, par des services de visite, de chambre et de table d’hôtes permettant ainsi de générer un complément de revenu, à côté du rapprochement social et des échanges valorisants qui pourraient en découler.

Illustrons tout cela dans ce tableau qui est en même temps une projection de retour sur inves-tissement par famille à la fin des 5 premières années, dans un espace de 10/100 de carreau de terre ou 1,290 m2. Il s’agit avant tout d’une hypothèse pessimiste :

ACTIVITES AN-1 AN-2 AN-3 AN-4 AN-5 TOTAL $

Maraîcher 2 productions/an sur 1,032 m2 @ $ 3.00/m2, moins perte de 10 %

5,418.00 5,418.00 5,418.00 5,418.00 5,418.00 27,090.00

Fruitier

20 arbres fruitiers générant au moins $ 12.50 à partir de la 4e année et $ 18.75 à partir de la 5e année

- - - 250.00 375.00 625.00

Tubercule Production sur 258 m2, moyennant $ 2.5/m2, moins perte de 10 %

580.50 580.50 580.50 580.50 580.50 2,902.50

Tourisme écologique ou tou-risme vert

Au moins 50 visites guidées par an @ $ 2.00/personne 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 500.00

Au moins 24 nuitée par an @ $ 15.00/personne

360.00 360.00 360.00 360.00 360.00 1,800.00

Au moins 48 plats par an @ $ 10.00/personne 480.00 480.00 480.00 480.00 480.00 2,400.00

GRAND TOTAL (US$) 6,938.50 6,938.50 6,938.50 7,188.50 7,313.50 30,617.50

Au regard de ces exemples, Jardin garde-manger HEAT est une action rentable, avec une pos-sibilité de retour sur investissement évaluée à 107 % d’ici la fin de la cinquième année. C’est un outil qui présente aussi une grande plus-value sur le plan social et environnemental, par ses nombreux avantages en termes d’acquisition de nouveaux savoirs et de savoir-faire, d’échanges valorisants entre accueillants et accueillis, de restauration durable des écosystèmes, incluant les terres dégradées, et de conservation de la biodiversité, d’amélioration de la capacité d’infiltration des sols et de réduction de l’érosion. Ce qui contribuera à l’édification de terri-toire productif résilient, synonyme de réduction de la vulnérabilité des familles, et certaine-ment à la durabilité des acquis et à une autre qualité de vie pour tous.

3.11. CADRE DE SUIVI ET D’ÉVALUATION DES LIVRABLES

Au regard des grands résultats, des indicateurs seront identifiés et définis, qui serviront de base pour le suivi et l’évaluation. Si le suivi se fera de manière continue et selon différentes mé-thodes de collecte, de traitement et d’analyse des données, dans le but de produire des rap-ports et de prendre rapidement des décisions, il est prévu 3 évaluations, dont une à la fin de chacun des deux premiers cycles triennaux, et un dernier plutôt global qui se fera à la fin du 3e cycle triennal. Le dispositif de suivi permettra aussi de revisiter la liste des indicateurs pour une meilleure appréciation des résultats escomptés et non prévus, voire une meilleure orientation en cours de route du Programme. Le suivi et l’évaluation permettront de mieux communiquer avec les parties prenantes et d’organiser une reddition de compte à la fin de chaque cycle, tout en tirant des enseignements pour la planification d’autres programmes similaires.

3.12. HYPOTHESES DE RISQUES ET MITIGATION

DO-

MAINES

CRI-

TIQUES

IMPACTS NÉ-

GATIFS PO-

TENTIELS

TYPE DE RISQUES PROBABI-

LITÉ

D’OCCURR

ENCE

PRINCIPALES

CONSÉQUENCES

DU RISQUE

MESURES

D’ATTENUATION

RESPON-

SABLE

Institu-tionnel

Blocage ad-ministratif

Inefficacité organisa-tionnelle

Manque de capacité institutionnelle

Faiblesse au niveau des mécanismes ad-ministratifs de prise de décision

Manque de moyens d’intervention, re-tard dans les décais-sements de fonds, Crise politique occa-sionnant le blocage des activités, Propagation du Covid 19 manque d’harmonisation entre les entités res-ponsables

40 %

Inefficience

Création de passe-relle de communi-cation ou d’échange entre les composantes structurelles

Allègement des procédures admi-nistratives et fi-nancières

Renforcement des mesures barrières à la COVID -19

BUREAU

MINISTRE &

Direction Générale

Finan-cier

Inefficacité dans la mise en œuvre

Insuffisance de fonds Indisponibilité de fonds dans le délai imparti

50 à 60%

Retard dans la mise en œuvre du projet

Anticipation sur la mobilisation des fonds Bonne planifica-tion des dépenses

Bureau du Ministre Direction Générale

Social

Manque d’appropriati on

Résistance au chan-gement

Refus des acteurs de contribuer

20 à 30%

Manque de viabilité

Sensibilisation, motivation, orga-nisation et mobili-sation des acteurs et du public cible

DD,

DGIMBH,

DFER

DACI

Écolo-gique

Présence des espèces en-vahissantes

Plantation d’espèces non adaptées au mi-lieu

10 à 15 %

Perte de la biodiversité ;

Changement du paysage naturel

Choix des espèces natives et endé-miques

DFER

Techno-logique

Inusité Manque de précision

Coût élevé des outils technologiques

Manque de maitrise dans l’utilisation des appareils et équipe-ments

10 à 15%

Sous utilisation des outils tech-nologiques ;

Production de données impré-cises

Encadrement

Formation

DD, DFER

BGC

CONCLUSION

Le gouvernement visionnaire de Dumarsais Estimé a montré que bien de choses restent pos-sibles. A des kilomètres de Port-au-Prince, la Capitale de la République d’Haïti, il a choisi la ligne frontalière pour ériger face à la République Dominicaine une ville modèle : Belladère.

Malheureusement, comme le Bicentenaire, ce modèle est aujourd’hui méconnaissable. Il est venu le temps de se donner d’autres repères avec engagement citoyen. C’est ce pari que fait ce Programme, baptisé « Plante ak Rekòlte Dlo ».

Dix ans pour restaurer le manteau vert de nos bassins hydrographiques. Haïti doit s’engager, pour redevenir terre d’abondance, de liberté et de refuge. Tout le monde est invité à partici-per à ce grand combite : les autorités ou collectivités locales et les autres leaders locaux, les écoles, le secteur religieux, la presse, l’université, les organisations communautaires et les autres organisations de la société civile, les institutions publiques et privées, les institutions de coopération, les partis politiques et chaque citoyen en particulier.

Ils sont tous invités le 22 mars 2021, à Vallières, dans les montagnes du département du Nord-est, pour lancer solennellement avec la population le Programme « Plante ak Rekòlte Dlo ». En aucun cas, le développement durable d’Haïti ne viendra jamais des fourgons de l’étranger, mais bien plutôt de nos montagnes et de l’engagement citoyen. L’idée est aussi de rechercher une articulation entre le Programme et les actions des autres acteurs du secteur, de manière à ce que celles-ci contribuent aux résultats.

Ministère de l’Environnement @ Port-au-Prince, mars 2021

ANNEXE

PLANTE AK REKÒLTE DLO / PLAN D’ACTION 2021

OBJECTIF

Pour l’année 2021, l’objectif consiste principalement à bien faire connaître le Programme, à définir le cadre opérationnel pour les 3 cycles, et à réunir les moyens nécessaires à la concrétisation et au plein succès d’un premier cycle triennal pilote, 2022 – 2024.

GRANDS RESULTATS ATTENDUS

1. Le Programme stratégique décennal 2021 – 2030, baptisé « Plante Dlo », est lancé et bien accueilli par le public en général et les acteurs du secteur en particulier.

2. Le cadre opérationnel est conçu pour les 3 cycles triennaux, incluant un budget global ;

3. Le cadre préparatoire du premier cycle triennal pilote, 2022 – 2024, est bien planifié et validé avec les acteurs clés et représentatifs du secteur.

GRANDES ACTIVITÉS PRÉVUES DUREE

PÉRIODE RESULTATS

T1 T2 T3 T4 EXTRANTS PAR

Poursuivre et clore au mois d’aout 2021, la phase pilote de « Plante ak rekòlte dlo »

6 mois Au moins 1 million de plantules sont mises en terre

DFERE

Directions départe-mentales Partenaires

Mobiliser les acteurs pour concevoir et élaborer le dossier de cycle triennal par bassin hydrographique

5 mois Le document-cadre opérationnel du Pro-gramme est conçu de manière participa-tive pour les 3 cycles, incluant un budget

MDE

Lancer officiellement le programme à Val-lières, 1 mois Le lancement est fait, à Vallières, le 22 mars 2021 et un rapport produit

MDE

Faire connaitre et sensibiliser la popula-tion sur le programme, dont les écoliers et les OSC en particulier

9 mois Au moins 30 % des écoles du pays sont touchées Plus d’une trentaine d’OSC sont ussi

Directions départe-mentales

DERE

Mobiliser les ressources de toutes sortes nécessaires pour démarrer et concrétiser le cycle triennal 2022 – 2024

9 mois

Un espace de concertation multi acteurs est aussi créé Des accords de financement sont négo-ciés

MDE

Outiller la Direction qui porte le Pro-gramme et organiser la Task force qui la supporte

9 mois La DGIMBH est mise en place et bien structurée, supportée par une task-force interne ;

MDE

Partenaires

Collecter des informations sur les 6 bas-sins hydrographiques prioritaires.

9 mois Une base de données existe et est ali-mentée progressivement

MDE-DACI

QUELQUES DONNÉES SUR

LES GRANDS BASSINS HYDROGRAPHIQUES D’HAÏTI

Le territoire terrestre d’Haïti est évalué à 27,750 km2. Les trois quarts (soit 20,812.5 km2) en sont constitués de montagnes.

Dans son ouvrage « le Paysan haïtien », Paul Moral a comparé Haïti à une feuille de papier froissé, tandis que pour Giacottino « la disposition du relief est sans doute le fait naturel le plus important dans la vie du pays » [P. Pluchon ; 1982 : pp. 14]. Au total, environ 30 % de la superficie se trouvent au-dessus de 500 m d’altitude sur des pentes fortes, et un peu moins de 15 % au-dessus de 800 mètres. Nous connaissons les sommets calcaires du massif du nord qui culminent à 1,196 m ; le vaste plateau calcaire de Bombardopolis qui atteint 1,061 m au sud-est, au-dessus de la fosse de Gros-Morne ; les Montagnes Noires, une chaîne calcaire, occupant le centre du pays et culminant à 1,700 m ; la Chaîne des Matheux haute de 1,600 m ; les puissantes chaînes calcaires de la Selle et de la Hotte atteignant respectivement 2,680 m et 2,347 m d’altitude.

On dénombre environ 30 bassins versants en Haïti. Chacun de ces bassins versants est unique par sa forme et la nature du sol.

Le plus grand est celui de l’Artibonite qui couvre une superficie d’environ 6 345 km2. Le plus petit bassin versant est celui de l’île de la Tortue qui totalise 179 km2. 25 des 30 bassins versants, soit environ 85%, sont fortement dégradés ou en cours de dégradation accélérée selon le MARNDR. Ces 30 bassins versants sont regroupés en six (6) unités hydrographiques (donc six bassins hydrographiques), plus les îles. Le tableau et la carte suivants présentent les bassins-versants les constituant, leur taille et leur niveau de dégradation :

Unité hydrogra-phique

ZONE_I ZONE_II

Nom du Bassin-Versant

(BV)

Code du BV

Superficie en Km2

Dégra-dation

Nord-Ouest

Presqu’île du NO Versant sud Bombardopolis / Gonaïves I 1,137.93 2 Presqu’île du Nord-Ouest Versant nord

Môle Saint-Nicolas / Moustique II 976.95 2

Presqu’île du NO Versant nord Trois Rivières III 895.75 4 Presqu’île du NO Versant nord Port-de-Paix / Port Margot IV 541.16 2 Centre-Nord Bassin de la Quinte La Quinte IX 695.40 4

Nord

Nord Zone Nord-Ouest Limbé V 314.98 1 Nord Zone Nord-Ouest Cap-Haïtien VI 326.11 1 Nord Zone Nord-Ouest Gde Rivière du Nord VII 683.80 1 Nord Zone Nord-Est Limonade / Ouanaminthe VIII 1,070.26 3

Centre-Nord Centre-Nord Bassin de l’Estère L’Estère X 744.93 3 Centre-Nord Bassin de l’Artibonite Artibonite XI 6,454.08 3

Centre-Sud

Centre-Sud Zone de Saint-Marc -

Arcahaie Saint-Marc / Cabaret XII 1,080.01 4 Centre-Sud Zone du Cul-de-Sac Cul de Sac XIII 1,595.74 3

Centre-Sud Zone de Fond-

Verrettes Fonds-Verrettes XIV 203.78 2 Centre-Sud Plaine de Léogâne Léogâne / Carrefour XV 596.74 3

Sud-Est

Sud Zone Sud-Est Cayes-Jacmel / Anse à

Pitres XVI 1,187.40 3

Sud Bassin de la G.de Ri-vière de Jacmel Grande Rivière de Jacmel XVII 559.40 4 Presqu’île du Sud-Ouest Versant Sud Côtes de Fer / Baînet XVIII 1,065.40 4

Sud-Ouest

Presqu’île du SO Versant Sud Saint Louis du Sud / Aquin XIX 703.49 2 Presqu’île du SO Versant Sud Cavaillon XX 389.83 2 Presqu’île du SO Versant Sud Cayes XXI 623.35 4 Presqu’île du SO Versant Sud Tiburon / Saint-Jean XXII 672.08 4 Presqu’île du SO Versant Nord Jérémie / Les Irois XXIII 355.60 1 Presqu’île du SO Versant Nord Grande-Anse XXIV 569.65 2 Presqu’île du SO Versant Nord Roseaux / Voldrogue XXV 530.38 2 Presqu’île du SO Versant Nord Anse-à-Veau / Corail XXVI 881.42 1 Presqu’île du SO Versant Nord Grande Rivière de Nippes XXVII 461.50 2

Presqu’île du SO Versant Nord Petite Rivière de Nippes /

Grand Goâve XXVIII 697.25 2

Iles satellites îles Zone de la Tortue Ile de la Tortue XXIX 179.21 2 îles Zone de la Gonâve Ile de la Gonâve XXX 683.21 2 îles 0 113.34 4

Légende des couleurs :

Dégradation peu élevée

Dégradation moyennement élevée

Dégradation élevée Dégradation très élevée

PRÉCIPITATIONS

En 2005, Haïti était classé au 141ème rang sur 146 nations11, quant à son aptitude à préserver durablement l’environnement.

Depuis, la situation ne s’est pas améliorée. On peut même craindre son aggravation, à cause de l’intensification du changement climatique. La hausse de la température12, l’allongement de la période de sécheresse et la baisse des précipitations13 en sont quelques indices. Les modèles climatiques globaux (MCG) suggèrent une tendance à la réduction des précipitations au milieu des années 2020 (de 3 à 4 % de précipitations en moins en moyenne annuelle). Toujours selon cette étude, les années 2030 seront jusqu’à 6 % plus sèches. À la fin du siècle, la réduction des précipitations dans le pays pourrait atteindre 20 % dans le scénario le plus grave. Le tableau suivant donne une idée du débit moyen interannuel14 par région hydrographique :

Région hydrogra-phique

Aire Ruissellement total

Ruissellement relativement régulier

Débit : Q. Mm3/an % q/Q Mm3/an

1 Nord 2,490 920 7.7 % 300-400

2 Nord-Ouest 4,400 1,130 9.40 % 100-200

3 Centre Nord 7,200 3,465 28.90 % 700-1,000

4 Centre Sud 3,630 1,100 9.20 % 300-350

5 Sud-Est 1,810 775 6.40 % 50-1,200

6 Sud-Ouest 7,350 4,270 35.60 % 1,000-1,200

7 Iles 870 340 2.80 % 50 Total 27,750 12,000 100 % 2,500 - 3,300

Source : OPS/OMS, 2000. https://hydrologie.org/glu/FRDIC/DICDEBIT.HTM

11 Selon l’Environmental Sustainability Index (ESI) 12 Les relevés récents (1982-2010) font état de + 0,10° C/décennie pour les températures maximales et +0,12° C/décennie pour les températures minimales, selon une étude de la BID en 2015 (Haïti, Changements climatiques : données historiques et projec-tions futures) 13 Variabilité significative en glissement annuel en raison de l’influence de phénomènes comme El Niño-Oscillation australe

(ENOA)

14 Le débit (moyen) interannuel est la moyenne arithmétique des débits (moyens) annuels calculée sur une période de temps au moins égale à 30 années consécutives.

PRINCIPALES RIVIÈRES DU PAYS ET LEURS CARACTÉRISTIQUES

DISTRIBUTION DE L’EAU SOUTERRAINE PAR UNITE HYDROGRAPHIQUE ET PAR AN

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