Plan dAction National dAdaptation-Haiti.pdf
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This request for proposal (RFP) from the United States Agency for International Development (USAID) Mission in Haiti seeks proposals for the "USAID/Haiti Resilient Environment - North" Activity. The objective is to increase community, systems, and climate resilience in northern Haiti's Northern Resilience Focus Zone by protecting and restoring ecosystem services using a watershed management approach, fostering sustainable productivity and economic inclusion. USAID anticipates awarding one cost-plus-fixed-fee completion contract for up to $24.5 million with a period of performance of five years. Offerors should propose realistic and reasonable costs. This full and open competition is open to all types of organizations. Proposals must follow the instructions in Section L and will be evaluated based on the criteria in Section M. The deadline for proposals is December 21, 2021. Questions must be submitted by December 14. Issuance of this RFP does not constitute an award and USAID reserves the right to reject any offer.
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REPUBLIQUE D’HAITI
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT
Programme Changements Climatiques
République d’Haïti
PlAN D’ACTION NATIONAL D’ADAPTATION
(PANA)
Octobre 2006
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Sigles et Abréviations utilisés 3 Liste des Figures 4 Liste des Tableaux 4 Résume Exécutif 5
0.- Préambule 7
I.- Contexte général 7
1.1.- Aspects physiques d’Haïti 7 1.2.- Caractéristiques Socio-économiques 7
1.3.- Les Principales pressions exercées sur l’environnement 8 1.4.- Perturbation des processus biophysiques et des secteurs clés par les changements climatiques
II.- Processus d’élaboration du PANA 9
III.- Cadre du Programme d’adaptation 10
3.1.- Variabilité du Climat et Changements Climatiques.
3.2.- Les effets néfastes des changements climatiques 11 3.3.- La vulnérabilité aux changements climatiques 12
3.3.1.Les groupes vulnérables 12 3.3.2.Les secteurs vulnérables 12
3.3.2.1.- Vulnérabilité des sols/ Désertification 12 3.3.2.2.- Vulnérabilité du secteur agricole 12
3.3 2.3.- Vulnérabilité des zones côtières 13 3.3.2.4.- Vulnérabilité des ressources en eau 13
3.3.3.- Les zones vulnérables 13 3.4.- Intégration du PANA à la planification du développement et aux plans d’action nationaux
3.4.1. But, Objectifs et Straégies du PANA 14
3.4.2. Relation du PANA aux Objectifs de Développement du Pays 16
3.4.2.1. Liens entre le PANA et les priorités nationales définies dans le CCI et le DSRP 16
3.4.2.2. Liens entre le PANA et d’autres programmes nationaux 18
3.4.3. Synergie du PANA avec d’autres Programmes 18
3.4.3.1Relations entre le PANA et le PAN LCD 18 3.4.3.2.Relations entre le PANA et la Stratégie de lutte pour la protection de la Diversité
Biologique 18 3.5.- Obstacles à la mise en œuvre de PANA 19
IV.- Recensement des Besoins Essentiels en Matière d’Adaptation 20
4.1.- Pratiques passées et actuelles en matière d’adaptation 20 4.2.- Besoins d’Adaptation 21 4.2.- Les Solutions pertinentes en matière d’adaptation 22
V- Critères de Sélection et de Hiérarchisation des Activités Prioritaires 23
5.1. Sélection des critères de hiérarchisation des Options 23
5.2. Hiérarchisation des options / Analyse Multi-critères (AMC) 23
5.2.1. Évaluation des critères 23
5.2.2. Standardisation des Critères et classement initial des options 24
5.2.3. Pondération des critères 26
5.2.3.1 Analyse de sensibilité 26
VI.- Profil des projets 30 Bibliographie 61
Sigles et Abréviations utilisés
ACDI : Association Canadienne pour le Développement International.
AME : Accords Multilatéraux sur l’Environnement BID : Banque Interaméricaine de Développement BM : Banque Mondiale BME : Bureau des Mines et de l’Énergie BV : Bassins versants CCCC : Convention- Cadre sur les Changements Climatiques CCI : Cadre de Coopération Intérimaire CCNUCC : Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques CDB : Convention sur la Diversité Biologique CIME : Commission Interministérielle de l’Environnement CLCD : Convention des Nations Unies de Lutte contre la Désertification CNUCD : Convention des Nations Unies contre la Désertification DSRP : Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté COACI : Comité de concertation interministérielle FAES : Fonds d’Assistance Économique et Social FAO : Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture FEM : Fonds Mondial pour l’Environnement, FIDA. : Fonds Interaméricain de Développement Agricole GES : Gaz à effet de serre GIEC : Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat GTZ : Coopération Technique Allemande HIMO : Haute Intensité de Main d’Oeuvre LEG : Groupe d’Experts des Pays Moins Avancés MARNDR : Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural MDE : Ministère de l’Environnement MPC : Ministère de la Planification et de la Coopération
Externe MTPTC : Ministère des Travaux Publics Transports et Communication OFSEFP : Office Fédéral Suisse de l’Environnement, des Fôrets et du Paysage ONG : Organisation non gouvernementale PAE : Plan d’Action pour l’Environnement PAIP : Programme d’Appui aux Initiatives Productives en milieu rural PANA : Programmes d’Action Nationaux aux fins de l’Adaptation PAS : Programmes d’Actions Stratégiques locales PIB : Produit Intérieur Brut PICV : Projet d’Intensification des Cultures Vivrières PMA : Pays Moins Avancés PNGRD : Plan National de Gestion des Risques et Désastres PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PNUE : Programme des Nations Unies pour l'Environnement PRIEB : Programme de Réhabilitation des Infrastructures Economiques de Base RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat UEH : Université d’État d’Haïti UNDH : Université Notre Dame d’Haïti
LISTE DES FIGURES ET DES TABLEAUX
FIGURES
Figure I : La situation d’Haiti dans l’Archipel des Caraibes
Figure 2 : Grande Saline, village limité au sud par le plus grand cours d’eau d’Haïti (fleuve Artibonite)
Figure 3 : Littoral érodé de Saint Marc
Figure 4 : Diagramme en toile des aspects de la vulnérabilité du pays
Figure 5 : Classement des Options
TABLEAUX
Tableau I : Évolution Annuelle de la Température à la Station de
Damien
Tableau II : Répartition des zones géographiques suivant le niveau de pression des risques climatiques
Tableau III : Niveaux de risques par département géographique
Tableau IV : Identification des risques climatiques par rapport aux Zones et secteurs vulnérables
Tableau V : Liens entre les priorités du PANA du CCI et du DSRP
Tableau VI : Synthèse des ateliers sur l’Identification des Options d’Adaptation
Tableau VII : Évaluation des critères pour chaque option
Tableau VII I : Notes standardisées et classement initial des options
Tableau IX : Notes Standardisées et 2ème classement des options retenues
Tableau X : Notes Standardisées Pondérées et 3ème Classement
Tableau XI : Pondération des Critères/ Simulation AMC 4
Tableau XII : Pondération des Critères/ Simulation AMC 5
Tableau XIII : Comparaison des Résultats des Simulations
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Les changements climatiques sont, sur le plan mondial, un phénomène très préoccupant. En effet, toutes les régions du monde en sont concernées car les changements climatiques ne connaissent pas les limites administratives et géographiques. De plus, leurs effets sur les écosystèmes naturels sont très néfastes et ils ont de graves répercussions sur les différents secteurs clés des économies des pays. Même la santé et l’Éducation ne sont pas epargnées. Aujourd’hui, il parait définitivement impossible de prévoir ce que seront les changements climatiques et ce qu’ils pourront engendrer sur chaque pays de la terre et mieux, au niveau d’un même pays, sur chaque écosystème, au niveau local, régional et national.
En outre, il a été démontré que si les pays développés, par leur production de gaz a effet de serre, sont les principaux responsables des Changements Climatiques à travers le monde, les Pays Moins Avancés (PMA), en raison de la faiblesse et de l’instabilité de leur économie, de leur très grande dépendance des ressources naturelles et la portée limitée de leurs services sociaux, sont plus vulnérables aux répercussions des changements climatiques. C’est dans ce cadre là que les pays développés, parties prenantes de la Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements (CCNUCC) ont dédidé non seulement de partager leurs expériences technologiques avec les PMA mais aussi de les aider financièrement, à travers le Fonds Mondial pour l’Environnement (FEM), le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), et l’Office Fédéral Suisse de l’Environnement des Forêts et de du Paysage (OFSEFP), à développer leur capacité d’adaptation aux variations du Climat et aux et aux phénomènes climatiques extrêmes et par conséquent aux Changements Climatiques. Le Programme d’Action National aux fins de l’Adaptation (PANA) représente l’outil par lequel cet objectif devrait être atteint.
Au fait, le PANA est un ensemble d’activités prioritaires définies à l’intérieur des Pays Moins Avancés et qui devront leur permettre de faire face aux Changements Climatiques. Pour la préparation du PANA, une démarche participative et décentralisée a été utilisée afin que le document. puisse réfléter les attentes de toutes les commnautés et même des communautés les plus pauvres du pays. Cette démarche décrite au point II de ce document permet de comprendre qu’une équipe nationale PANA et une autre équipe mulrisectorielle ont été chargées d’oeuvrer conjointement en vue de la pleine réussite du travail. De plus, au niveau du pays, des équipes départementales ont été formées et impliquées dans le processus. Ces dernières ont permis de bien cerner la vulnérabilité dans leur zone respective et d’en arriver, à la fin du travail, à des options prioritaires très pertinentes par rapport au constat effectué mais aussi à des activités très appropriées.
Ainsi, il a été découvert , à travers les séances de travail et les consultations publiques que les zones les plus vulnérables du pays aux effets néfastes des changements climatiques sont les départements du Sud, de l’Ouest, du Nord-Ouest, de l’Artibonite,du Nord et du Sud Est. Les secteurs les plus vulnérables sont l’agriculture et les sols, les zones côtières et les ressources en eau. Par ailleurs, les populations les plus vulnérables apparaissent comme étant les agriculteurs, les personnes vivant dans des zones écologiquement fragiles en particulier les lits des rivières, les ravins,les flancs escarpés des montagnes et le littoral des villes les plus économiquement importantes du pays comme Port-au-Prince, le Cap-Haïtien, les Cayes, Gonaïves, Saint-Marc etc.
Un diagramme de la vulnérabilité des secteurs a été dressé et une liste d’Options d’Adaptation proposée. Cependant cette liste a fait l’objet d’un travail minutieux au niveau de l’équipe Nationale PANA et de l’équipe multisectorielle qui, après tout un ensemble de considérations et un examen appronfondi des propositions des populations quant à la pertinence de ces choix par rapport à la vulnérabilité des zones respectives, ont effectué un tri et sorti une liste beaucoup plus restreinte de dix (10) options potentielles d’adaptation.
Ces options d’adaptation identifiées ont été ensuite hiérarchisées afin d’en sélectionner celles ou plus précisément les trois qui se révèlent les plus prioritaires. Pour arriver à cette hiérarchisation, l’on a du définir les critères à partir desquels le travail allait se faire. Les critères sélectionnés par les équipes et les experts apportant leur appui dans le cadre de l’élaboration du travail sont ceux suggérés dans les « lignes directrices pour l’établissement des PANA ». Ce référentiel a été discuté au niveau des groupes PANA départementaux et aussi au cours des consultations publiques nationales, mais le principal critère considéré reste le niveau ou la gravité des effets néfastes des changements climatiques. Ceci réfère tant aux pertes en vies humaines, aux pertes économiques et en infrastructures qu’aux changements se produisant au niveau du climat comme l’intensité et la fréquence des précipitations et la manifestation d’évènements extrêmes.
Toutefois à la liste des critères suggérés par le Grouped’Experts des PMA, il y a été ajouté un nouveau critère: l’impact multiple de l’activité ; ce qui fait que les critères retenus pour sélectionner et hiérarchiser les options prioritaires d’adaptation sont :
1. Le niveau ou la gravité des effets néfastes des changements climatiques
2. La réduction de la pauvreté, afin d’accroître la capacité d’adaptation
3. La synergie avec d’autres AME
4. Les pertes évitées pour les populations pauvres
5. L’impact multiple de l’option
Après de nombreuses considérations sur la méthode à utiliser pour l’application de ces critères aux dix options présentées et des recommandations de spécialistes, les équipes multi sectorielle et nationale PANA ont réalisé que de toutes les méthodes passées en revue comme l’Analyse Coûts-efficacité (ACE), l’Analyse Coûts-bénéfices (ACB) et l’Analyse Multi-critères (ACM), la plus appropriée était l’Analyse Multi-critères. Ce choix a été décidé en raison du fait que l’Analyse Coût-Efficacité (ACE) et l’Analyse Coûts-Bénéfices (ACB) se retrouvent incluses dans l’AMC et surtout que cette dernière méthode permet l’utilisation de critères non monétaires et qualitatifs. Le choix de la méthode ayant été décidé, les critères retenus ont été appliqués aux différentes options par la méthode de l’AMC. Au cours du processus, les critères ont été évalués, les notes des options/critères standardisées et les critères pondérés. L’analyse réalisée suivant cinq étapes a conduit, après un test de sensibilité des options par rapport aux pondérations appliqués à certains critères et une comparaison des résultats obtenus au cours des différentes étapes de l’analyse, à l’élimination de deux options et à une liste définitive hiérarchisée des options prioritaires. La nouvelle liste hiérarchisée des huit options prioritaires retenues est ainsi constituée :
Option 1 : Aménagement des bassins versants et conservation des sols Option 2 : Gestion des zones côtières Option 3 : Valorisation et conservation des ressources naturelles Option 4 : Préservation et renforcement de la sécurité alimentaire Option 5 : Protection et Conservation de l’eau Option 6 : Construction et réhabilitation des infrastructures Option 7 : Gestion des déchets Option 8 : Information, Education et sensibilisation
Ainsi, les trois options les plus prioritaires sont : l’Aménagement des bassins versants et conservation des sols, la Gestion des zones côtières, la Valorisation et la conservation des ressources naturelles. Toutefois les dernières analyses faites ayant révélé une certaine sensibilité de la 4ème option par rapport à la 3ème , il a été convenu entre les équipes travaillant sur le projet PANA que les projets prioritaires porteraient définitivement sur les trois premières options, mais que l’on y adjoindrait quelques uns liés à l’option 4. Ainsi, les projets qui vont se retrouver au niveau de la dernière partie du document portent prioritairement sur les trois premières options, mais aussi sur l’option 4 de la liste.
Enfin, la dernière partie du document présentent les fiches des projets choisis comme activités prioritaires retenues en vue de l’Adaptation du pays et des populations aux effets adverses des Changements Climatiques. Ces projets concernent les zones, secteurs et populations vulnérables définis dans le cadre de la préparation du PANA.
0- Préambule
Les changements climatiques affectent tous les pays de la terre, non sans bouleversements susceptibles d’entraîner de sérieux déséquilibres au niveau de la situation économique, sociale et écologique de certains pays, particulièrement les plus pauvres, et par conséquent de limiter leur capacité à réduire la pauvreté et à réaliser leurs objectifs en matière de développement. Dans bien de pays, une frange assez importante de la population connaît des jours noirs suite au passage d’un cataclysme naturel avec tout son éventail de dégâts et de conséquences. De tels phénomènes basculent une région toute entière dans l’extrême pauvreté et la misère la plus humiliante. Face à l’imminence de tels dangers, les Nations du monde entier se sont concertées en vue de la mise en place d’un plan devant répondre à la prévention et aux répercussions de tels phénomènes. De ce fait, dans le cadre de la lutte contre les répercussions négatives des changements climatiques, des options d’adaptation ont été envisagées pour les Pays Moins Avancés (PMA). Un encadrement technique et financier est prévu à cet effet et sera fourni à ces derniers par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en vue de les aider à identifier un ensemble d’actions prioritaires, dans leur contexte spécifique, capables de les conduire à une amélioration de leur capacité d’adaptation face aux changements climatiques.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les Programmes d’Action Nationaux d’Adaptation (PANA) aux changements climatiques, approuvés en novembre 2001 par la 7ème Conférence des Parties (COP) de la Convention-Cadre sur les Changements Climatiques (CCCC) en sa décision 28.
I.- Contexte général
1.1.- Aspects physiques d’Haïti
Pays montagneux au ¾ de sa superficie, -27.750km2 - la République d’Haïti est située au centre des Grandes Antilles. Elle s’étend entre 18o02’ et 20o06’ de latitude nord et 71o41 et 74o29 de longitude ouest. Partageant vers sa partie Est l’île d’Hispaniola avec la République Dominicaine, elle a les pieds baignant au nord dans l’Océan Atlantique, au sud et à l’ouest, dans la mer des Antilles.
Les chaînes de montagnes d’Haïti sont séparées par des dépressions qui souvent servent de lits à des cours d’eau importants. Si dans les régions montagneuses d’Haïti prévaut le climat subtropical, c’est le régime tropical qui prédomine dans les plaines. Dépendamment de la zone, deux saisons pluvieuses alternant avec deux saisons sèches caractérisent le climat haïtien. Les précipitations , chaque année, varient de 400 mm de pluie en basse altitude à plus de 2000 mm, en haute altitude (MDE, 1999). La température varie de 15oC à 35oC. la couverture végétale est environ à 98% détruite et chaque année l’équivalent de 1600TM/ ha/an de terre par érosion, s’en va à la mer.
1.2.- Caractéristiques Socio-économiques Les données provisoires du quatrième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de Janvier 2003 accusent une population d’environ 8millions d’habitants dont les femmes représentent les 51,7% et dont la densité en l’an 2003 est de 286 habitants/km2. La population est très jeune ; les moins de 18 ans en représentent 46,38%. D’autre part, environ 60% de la population évoluent en milieu rural et les 9/10 environ de cette population rurale s’adonnent à l’agriculture.
La situation économique du pays est très particulière. Le PIB depuis 1982 ne fait que décroître.
Cette situation appauvrit la population sans cesse croissante. En effet, les trois quarts des haïtiens croupissent dans une pauvreté extrême puisque le pays accuse en 1998, un taux de chômage de 80% et que le revenu per capita, selon les dernières estimations, est d’environ U$200. Tous ces paramètres ont contribué à faire d’Haïti l’un des pays les pauvres du monde en développement. En effet le rapport du PNUD sur le développement humain de 2004 place Haïti au 153ème rang sur les 177 pays de la liste. Le pays est classé à « faible développement humain avec une espérance de vie à la naissance de 49,4, un taux brut de scolarisation combiné de 52%, un taux d’alphabétisation des adultes de 51,9% et un indice de développement humain de 0.463 ».
D’ailleurs, les troubles socio-politiques depuis l’année 2000 ne sont pas sans effet sur les problèmes environnementaux que connaît le pays. Ils ont tendance à faire croître la pression sur l’environnement et à le dégrader davantage.
1.3.- Les Principales pressions exercées sur l’environnement A l’instar de tous les pays du monde, Haïti est sujette à des cataclysmes naturels de toutes sortes.
Cependant sa position dans le bassin caraїbéen en fait un chemin de prédilection pour les cyclones qui constituent, avec les inondations et les sécheresses, les principales pressions de source naturelle exercées sur l’environnement. Il faudrait toutefois y ajouter les séismes, les glissements de terrain et les raz de marée.
En outre l’environnement haïtien est soumis à un ensemble de pressions anthropiques dont les plus importantes sont le déboisement des forêts naturelles, l’urbanisation incontrôlée sauvage et anarchique des zones écologiquement sensibles des grandes villes et particulièrement Port-au-Prince, entraînant une utilisation irrationnelle de l’espace, la mauvaise exploitation des carrières de sable et la gestion inefficace des déchets. La croissance continue de la population reste aussi un élément important de pression sur l’environnement.
1.4.- Perturbation des processus biophysiques et des secteurs clés par les Changements Climatiques
De telles pressions engendrent des variations positives et négatives de température à travers tout le pays. Les précipitations se font plus rares – les périodes pluvieuses sont moins longues mais les pluies sont dès fois très denses, les périodes de sécheresse plus longues et généralisées et les inondations se font plus fréquentes. Tout ceci avec pour conséquence une réduction très significative de la production agricole – y compris la pêche et l’élevage. Les inondations, les cyclones et les crues de leur côté se font aussi plus fréquents et provoquent des pertes matérielles et humaines énormes avec des effets néastes sur la vie des familles et sur l’économie.
Si les résultats des changements climatiques minent les secteurs clés de l’économie, ils ne restent pas sans effet sur les processus biophysiques. En effet, le processus d’imperméabilisation des sols sous l’effet de l’érosion entraîne la plus grande partie des eaux de pluie vers les zones côtières. La vie sur le littoral est donc menacée. Au niveau de certaines zones, l’inondation du littoral entraîne l’effondrement de nombreuses maisons après les avoir partiellement ou complètement envahies (figure 2). De plus les eaux usées, avec les déchets de toutes sortes apportés par les eaux de pluie polluent les côtes et ne sauraient rester sans effet sur l’écosystème marin.
Haïti a toujours été un des plus riches pays de la Caraïbe en terme de diversité biologique et ceci tant au niveau de la flore que de la faune. Avec le gâchis environnemental qui s’est installé et toutes ses kyrielles de conséquences, son indice de biodiversité, jadis le plus élevé des néo-tropiques, a aujourd’hui considérablement baissé. En effet on assiste à un déplacement, une diminution ou même une disparition de certaines espèces animales et végétales.
Figure 2 : Grande Saline, village limité au sud par le plus grand cours d’eau d’Haïti (fleuve Artibonite), envahi par les eaux du fleuve et par la mer qui le borde à l’ouest
II.- Processus d’élaboration du PANA
La démarche de réalisation du Plan d’Action National d’Adaptation (PANA) est basée sur une approche participative cherchant l’implication de tous les partenaires et s’est déroulée suivant cinq grandes étapes.
Étape 1 :Constitution des équipes de travail
Après le choix du Coordonnateur du Programme Changements Climatiques pour coordonner le Projet
PANA, il a été mis sur pied deux équipes :
• Une équipe nationale PANA constituée de toutes les institutions publiques intéressées ou impliquées à un niveau ou à un autre dans la question environnementale mais avec pour chef de file le Ministère de l’Environnement (MDE)1, des institutions privées dont l’Université Notre Dame d’Haïti (UNDH), des organismes autonomes oeuvrant dans le domaine de l’environnement, e.t.c.
Cette équipe a été constituée en vue du bon déroulement du processus. Elle est chargée de l’élaboration et de la coordination du processus devant conduire au produit que constitue le document PANA.
• Une équipe pluridisciplinaire composée de cinq experts dans les secteurs les plus affectés par les changements climatiques et d’un Spécialiste en Développement Local.Le rôle de cette équipe est l’exécution des activités liées aux processus d’élaboration du PANA
Étape 2 : État des lieux de la vulnérabilité du pays aux changements climatiques
L’équipe pluridisciplinaire a procédé à une revue générale des études déjà menées dans le domaine de l’environnement, et particulièrement sur la vulnérabilité et l’adaptation du pays aux changements et variabilités climatiques. Cette démarche a permis d’aboutir pour chaque secteur à un rapport sur :
• L’évaluation de la vulnérabilité aux variations actuelles du climat et aux phénomènes météorologiques extrêmes
• L’identification des principales mesures d’adaptation aux changements climatiques fondées sur l’évaluation de la vulnérabilité.
Un document de synthèse des différentes études sectorielles a été élaboré puis présenté au cours d’un premier atelier. Les commentaires et recommandations des participants issus de plusieurs secteurs ont permis l’enrichissement du document devenu ainsi un document stratégique à partir duquel le PANA a été préparé.
Étape 3 : Consultations locales et régionales /Les Équipes départementales
Une fois le document de synthèse de la vulnérabilité du pays discuté et adopté par toutes les entités jusque là impliquées dans le processus, des équipes départementales PANA sont constituées, avec chacune à sa tête un représentant du Ministère de l’Environnement, et apportent, par le biais des consultations réalisées à travers les différents départements du pays leur collaboration à l’élaboration du document final PANA. Une dynamique est donc mise en branle à travers de nombreuses communes du pays et a permis aux équipes non seulement de vérifier les informations fournies dans le document de travail et de déterminer par suite la situation de vulnérabilité de leur zone respective face aux changements climatiques mais aussi de
1 Ces institutions sont: le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), le Ministère des Travaux Publics Transports et Communication (MTPTC), le Bureau des Mines et de l’Energie (BME), l’Université d’État d’Haïti
(UEH),
formuler des propositions d’activités prioritaires en vue de l’adaptation tout en utilisant les critères déjà établis par l’équipe PANA.
Étape 4 : Élaboration des propositions d’action et de la version préliminaire du PANA
Les résultats de toutes ces consultations locales et régionales, après avoir fait l’objet d’un travail de synthèse, ont conduit à l’organisation de consultations nationales dont l’objectif, bien que se situant pour l’instant à l’échelle nationale, reste le même savoir : formuler des propositions d’activités prioritaires destinées à répondre aux besoins résultant des effets néfastes des changements climatiques. Les propositions retenues sont ensuite traduites sous forme de projet et une version préliminaire du document PANA est rendue disponible.
Étape 5 : Validation du PANA
Une copie du document est remise à chaque entité impliquée dans le processus et a ensuite fait l’objet d’une rencontre nationale de validation. Toutes les équipes régionales ayant contribué à son élaboration, les représentants de la société civile, toutes les entités concernées et impliquées de loin ou de près dans le domaine participent à la séance de validation. Les remarques du public discutées et adoptées par tous sont prises en compte et intégrées au document qui, après correction, est acheminé au Ministre de l’Environnement pour endossement. Là encore des propositions de correction sont possibles. Le document approuvé par le MDE, est ensuite acheminé au MPCE en vue de la validation finale à l’issue de laquelle le document accompagné d’une lettre officielle d’approbation, est retourné à l’équipe PANA pour multiplication. Il est ensuite distribué à tous ceux y ayant travaillé et à toutes les institutions publiques du pays. Enfin, le document est désormais disponible au Ministère de l’Environnement et au Ministère de la Planification et de la Coopération externe.
III.- Cadre du Programme d’Adaptation
La faible capacité d’adaptation face aux effets néfastes des changements climatiques est un trait commun aux PMA et est attribuable à la mauvaise situation économique de ces pays. D’autre part, de nombreuses expériences ont montré que les populations les plus pauvres seraient aussi les plus vulnérables.
Aussi le PANA est-il donc conçu de façon à habiliter les PMA à agir sur certaines des causes de leur vulnérabilité et de leur permettre de répondre à leurs besoins face aux effets adverses des changements climatiques.
3.1.- Variabilité du Climat et Changements Climatiques.
L’ensemble des chaînes de montagnes traversant le pays et leur position par rapport aux Nordés et aux Alizés créent naturellement une certaine variabilité au niveau de la température qui peut aller, suivant les saisons, de 15o C à 35o C. Cependant, la coupe effrénée du bois tant à travers les zones urbaines que rurales du pays détruit au fur et à mesure la capacité de ce dernier à absorber les gaz à effet de serre en suspension dans l’air et, la situation mondiale du réchauffement de la terre aidant, affecte le climat qui, sur le plan de la température, tend à faire montre d’une certaine variabilité et même à accuser des variations relativement importantes par rapport à la moyenne mondiale. En effet, des données du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Nationales et du Développement Rural MANDR ont permis de constater qu’au cours de la période allant de 1973 à 2003, à Damien, un point de la région métropolitaine de Port-au- Prince, la capitale du pays, la température a cru de plus de 1o C(voir Tableau I). Ces valeurs n’autorisent certes pas à inférer; mais à travers tout le pays, en montagne ou en plaine, l’on parle d’augmentation de la température et d’une plus longue durée de la période estivale. Toutefois, des études menées par le MDE ont permis de prévoir, pour les années 2030 et 2060 une augmentation de température allant respectivement de 0,8oC à 1,0oC et de 1.5o C à 1.7oC.
Tableau I.- Évolution Annuelle de la Température à la Station de Damien
Année 1973 1976 1979 1982 1985 1988 1991 1994 1997 2000 2003 Température o C 27,3 ND2 27,4 27,7 27,4 27,8 27,6 27,8 28,4 27,5 28,4
Source : Service météorologique national (DARNDR), Données climatologiques
En ce qui concerne les précipitations, elles accusent déjà une diminution importante en terme de volume. Il faut toutefois faire remarquer que les jours de pluie se font aussi plus rares. Toutefois, les projections pour 2030 vont de -5,9% à –20% et pour 2060 elles varient de –10,6% à –35,8%. Fort de tous ces changements, les saisons ont tendance à s’embrouiller et cela crée un certain inconfort chez le paysan qui semble ainsi perdre le contrôle de la nature puisqu’il ne maîtrise plus les moments où il doit prendre les bonnes décisions dans le cadre de l’exploitation de son lopin de terre ; sa survie même est menacée. Les changements climatiques sont donc bien à nos portes et ils affecteront ou affectent déjà tous les écosystèmes.
Ils perturberont les processus biophysiques et les secteurs clés. Les conditions de vie et la vie même de l’Haïtien ne seront pas épargnées car les menaces sont nombreuses. Elles consistent en sécheresse, cyclones inondations, glissement de terrain, raz de marée etc...
3.2.- Les effets néfastes des changements climatiques
De façon générale les changements climatiques constituent un phénomène très dangereux en raison du fait que les conséquences qui en découlent sont multiples, portent sur des domaines très variés, entraînent la paupérisation des populations les plus vulnérables et par surcroît affaiblissent les économies des pays.
La réduction drastique des précipitations provoquée par les changements climatiques dans le pays a des conséquences néfastes sur les cultures irriguées et donc la productivité globale des terres. Ceci conduira à une augmentation de la dépendance du pays des importations pour la satisfaction de sa demande alimentaire et aussi à une diminution des exportations.
Malgré la réduction des précipitations, celles-ci, quand elles se produisent ont tendance à être plus intenses. D’ailleurs, on constate déjà une plus grande fréquence de pluies torrentielles provoquant de grandes inondations. On en a pour preuve les inondations de Mapou dans le Sud-est en mai 2004, des Gonaïves en septembre 2004 et plus près de nous l’inondation de la ville de Saint-Marc en juillet 2005. Ces inondations ont conduit à des pertes très élevées en vies humaines et de moyens de subsistance
La sécheresse entraîne une diminution du débit des rivières et des sources. Elle affecte ainsi la disponibilité de l’eau potable et de l’eau pour l’irrigation. Elle favorise aussi, par le niveau des eaux souterraines qu’elle fait baisser, l’intrusion marine. Les périodes de grande sécheresse provoquées par les changements climatiques jointes aux effets des pluies torrentielles, des vents et des pressions exercées sur les ressources naturelles conduisent à des changements profonds dans la structure des sols. Ils s’érodent de plus en plus, tendant ainsi vers la désertification.
De plus, l’érosion qu’elle soit provoquée par les inondations, la sécheresse ou les vents, réduit la productivité des sols et les rends souvent impropres à l’agriculture. D’ailleurs, une étude3 menée sur les impacts des changements climatiques sur l’agriculture conclut , à une baisse dans la production du riz, de la pomme de terre, du maïs pour les années 2030 et 2060 .
Parallèlement les zones côtières elles aussi s’érodent. Elles reçoivent la plus grande partie des eaux de pluie qui ne peuvent infiltrer le sol. Celles-ci apportent avec elles toutes sortes de déchets qui se déposent au fond des rivières et des mers sous forme de sédiments. Ce phénomène perturbe la vie des espèces végétales et animales des écosystèmes marins et aquatiques et finit même par mettre leur existence en péril.
Il apparaît donc, à l’analyse des effets néfastes des changements climatiques sur l’écosystème haïtien, que les organismes vivant dans les écosystèmes terrestres, marins et aquatiques sont menacés ; les
2 ND : Non déterminé 3 Première communication nationale sur les changements climatiques, Annexe sites naturels et les monuments historiques ne sont pas épargnés par ces changements. Ainsi, le patrimoine physique, biologique et culturel d’Haïti est en danger.
3.3.- La vulnérabilité aux changements climatiques
Les effets des changements climatiques sur l’environnement varient avec le niveau de vulnérabilité des pays. Ainsi, plus une population est vulnérable, plus elle subit les conséquences desdits changements.
Aussi l’étude de la vulnérabilité des différents groupes, zones et secteurs de l’économie haïtienne permettra une sélection plus rationnelle des activités prioritaires à mettre œuvre en vue de l’adaptation.
3.3.1. Les groupes vulnérables
Le principal facteur de vulnérabilité en Haïti est la pauvreté qui place de larges segments de la population, 80% environ, dans un état de vulnérabilité quasi permanente. Ce sont en général, au niveau rural, les agriculteurs et au niveau urbain, les petits commerçants, les gens du secteur informel, en grande majorité des paysans qui, fuyant la sévérité de la pauvreté du milieu rural se retrouvent dans l’Aire Métropolitaine et les autres milieux urbains du pays, à la recherche d’une vie meilleure. Cependant, les services urbains d’infrastructures ne se sont pas développés au même rythme que ce mouvement de migration. Il en résulte donc une croissance rapide et non planifiée de la population à faible revenu en milieu urbain et une expansion anarchique de zones de peuplement à très haute densité. D’où le phénomêne de bidonvillisation.
Ainsi, les agriculteurs, et les gens du secteur informel en général résidant dans les zones les plus fragiles des centres urbains et les bidonvilles sonr les principaux groupes vulnérables du pays
3.3.2. Les Secteurs vulnérables
Les différentes études réalisées dans le domaine de l’environnement montrent que les risques les plus courants affectent, à des degrés divers, de nombreux secteurs de l’économie haïtienne comme les zones côtières, les ressources en eau, l’agriculture, la pêche, l’élevage, les infrastructures, l’habitat, le commerce, la santé, l’éducation, les transports, la télécommunication; donc, l’écosystème haïtien dans sa globalité.
Cependant, les secteurs comme l’Agriculture, les Sols, les Zones côtières et les Ressources en eau, par leur très grande sensibilité aux stress climatiques, semblent être les secteurs les plus vulnérables du pays.
3.3 2.1.- Vulnérabilité des sols/ Désertification
Haïti est un pays montagneux dont les sommets atteignent jusqu’à 2684 mètres d’altitude.De plus, 63% des terres présentent des pentes supérieures à 20% et 40% des sols cultivés en montagne ont plus de 50% de pente. Par ailleurs, les mauvaises pratiques culturales fragilisent le capital sol et en affaiblissent la capacité productive puisqu’elles entraînent la terre arable vers la mer. Cette érosion des terres,sous l’effets de certains facteurs naturels : la sécheresse, les vents, les pluies et de certains facteurs anthropiques : le déboisement à outrance et les constructions anarchiques en milieu urbain conduit à un processus de désertification des terres du pays.
Si l’érosion et la désertification sont deux phénomènes inquiétants pour les sols, ces derniers sont de nos jours soumis à un procesus de salinisation qui les rend souvent impropres à l’agriculture.
3.3.2.2.- Vulnérabilité du secteur agricole
La vulnérabilité du secteur agriculture est très liée à celle de l’eau et des sols. Les changements climatiques en agissant sur les ressources en eau influencent aussi la production agricole. D’autre part, les vents, les inondations, les sécheresses ont des impacts directs sur l’agriculture compte tenu du niveau d’érosion des sols conduisant à leur aridité. En outre, une étude menée par le MDE (2000) conclut à un accroissement notable de l’aridité des terres à travers tout le pays. Cette étude soutient aussi qu’au début de la seconde moitié du 21ème siècle, plus de la moitié de la superficie des terres d’Haïti seront en danger de désertification à cause des conditions climatiques.
De plus, situés au niveau des espaces cultivables du pays, les sols salés couvrent déjà environ 38463 ha de terre dont les 63% se retrouvent dans les plaine de l’Artibonite, les 34% dans le département de l’Ouest et le reste dans le Sud et la Grand-Anse.
Il convient enfin de noter que les bouleversements enregistrés au niveau du climat quant aux caractéristiques des saisons et à leur période de manifestation, perturbent les agriculteurs dans leur méthodologie de contrôle en vue d’une meilleure prise de décision pour la production et rendent encore le système agricole plus vulnérable. les récoltes se perdent et créent un déficit de la capacité du pays à faire face aux besoins alimentaires de ses habitants.
3.3.2.3.-Vulnérabilité des zones côtières
Partie la plus basse du bassin-versant, les zones côtières sont très érodées. Elles reçoivent les eaux de ruissellement, les déchets et tous les sédiments qui dévalent les pentes escarpées des montagnes et viennent se jeter sur la côte car les bassins versants sont dénudés en raison du déboisement, de la destruction des mangroves et des constructions anarchiques dans les centres urbains et particulièrement à Port-au- Prince. Le niveau des eaux a alors tendance à s’élever, mettant ainsi en danger la vie des populations
Or, par convenances morphologiques et pour des raisons liées au caractère insulaire du pays, les villes les plus importantes sont côtières. On y trouve ainsi la majorité des structures économiques (usines, installations portuaires etc.), des systèmes sociaux et biophysiques, et une très forte concentration de la population. En effet même les plus importants bidonvilles du pays (Cité Soleil, La Saline, Cité de Dieu, Cité l’Eternel, La Fossette, La Savane etc…) y sont localisés.
Au cours des dix dernières années, Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Belle-Anse, Gonaïves, Saint-Marc qui ont été victimes d’inondations ayant causé des pertes élevées en vies humaines et d’énormes pertes matérielles, sont toutes des villes côtières. D’ailleurs, toute la population de Port-au-Prince, à la moindre averse, s’inquiète du danger qui menace la capitale à cause du déferlement des eaux.
Figure 3 : Littoral érodé de Saint-Marc
3.3.2.4.- Vulnérabilité des ressources en eau
Les ressources en eau du pays sont assez importantes mais mal réparties car cinq (5) rivières concentrent près de 60% des ressources du pays (MDE,1999a). Les précipitations ont des impacts négatifs sur ces ressource en eau, en raison de l’érosion des terres.
Par temps pluvieux, les rivières se remplissent rapidement d’eau – une eau de bien mauvaise qualité - charriant les terres et les sédiments. Les eaux des sources peu protégées, se salissent non seulement par érosion des sols mais aussi au contact des eaux de ruissellement et deviennent alors inutilisables dans un système d’adduction d’eau potable.L’eau potable, alors se raréfie réduisant davantage la disponibilité de ce service de base. Ce secteur est d’autant plus vulnérable que les importants bassins versants du pays sont dénudés et les eaux usées, les déchets domestiques, industriels et agricoles sont mal gérés.
D’un autre côté, la sécheresse a une incidence négative sur le débit des cours d’eau et aussi de la nappe phréatique. Les sources et les rivières peuvent même s’assécher complètement ; ce qui n’est pas sans effet sur la nappe et donc sur la production agricole d’autant plus qu’au cours de ces périodes sèches, l’irrigation n’est pas possible. De plus, la sécheresse, en entraînant la baisse du niveau des eaux souterraines, facilite l’intrusion marine, très néfaste pour l’agriculture.
Enfin la vulnérabilité des autres secteurs comme la santé, l’éducation, l’industrie, le commerce, la pêche, le transport, e.t.c est tributaire de celle des zones côtières liée surtout aux inondations et aux cyclones.
3.3.3.- Les zones vulnérables
La morphologie du pays et la variété de menaces auxquelles il est exposé ne permettent pas de considérer la vulnérabilité des zones comme étant strictement liée à la pauvreté. Elle est aussi fonction des risques naturels qui affectent celles-ci et des pressions exercées par l’homme sur l’environnement.Le tableau suivant montre la hiérarchisation des risques naturels les plus fréquents :les cyclones, les inondations, la sécheresse, les séismes et les raz-de-marée qui frappent le pays par zone géographique.
Tableau II : Répartition des zones géographiques suivant le niveau de pression des risques climatiques Départements Géographiques
Cyclone Inondation Sécheresse Séismes et Raz-de-marée
Nord 7 5 4 1 Nord-Ouest 5 4 1 2 Nord-Est 6 9 2 7 Sud 1 3 3 6 Sud-Est 3 6 5 8 Grand-Anse 2 7 9 3 Artibonite 9 2 8 4 Centre 8 8 7 9 Ouest 4 1 6 5 Source : Construit à partir des informations tirées du document Carte et Étude de Philippe Matthieu et al.
Il apparaît, à l’analyse de ce tableau que les quatre départements les plus touchés par les risques naturels sont :le Nord-Ouest, le Sud, l’Ouest et le Nord. Le Nord-Est et le Centre se présentent comme les moins touchés. Cependant, s’il faut évaluer la vulnérabilité des zones du pays, il faut prendre aussi en compte les risques anthropiques et la situation environnementale du pays.
Le déboisement est sans doute ce qu’il y a de plus marquant et de plus visible en Haïti et ceci à travers tout le territoire.Il se trouve accentué dans les aires à forte expansion démographique induite par la migration. En effet, cette expansion conduit à des constructions anarchiques des terres dans des zones très vulnérables (pentes, ravins, berges des rivières, le littoral e.t.c) ; ce qui augmente les effets des menaces sur ces zones et les rend encore plus vulnérables. De plus la déforestation prend des proportions alarmantes puisque, actuellement, 25 des 30 bassins hydrographiques du pays sont dénudés (PAE, 1999). Or déboisement et déforestation conduisent à de graves problèmes environnementaux et dont le principal est l’érosion.
Cette menace affecte tout le pays ; et particulièrement l’Ouest et le Sud. D’ailleurs, seulement 21% du territoire présentent un risque mineur d’érosion. En général ce sont les zones de plaines :les plaines de l’Artibonite, du Cul de Sac, de léogane, des Cayes et celles du Nord et du Nord-Est pour les plus importants.
Par ailleurs, les menaces naturelles les plus courantes dans le pays étant les cyclones et les inondations, les zones les plus vulnérables sont les zones à pentes fortes, les zones basses ou côtières et les zones à forte concentration démographique
Ainsi, une analyse de la situation environnementale globale du pays, des effets des menaces déjà vécues par les populations sur ces dernières ou en d’autres termes la combinaison des facteurs risques naturels et risques anthrophiques a permis d’arriver à la construction du tableau III montrant la répartition des départements géographiques du pays suivant leur niveau de vulnérabilité.
Tableau III : Niveaux de vulnérabilité par département géographique Départements géographiques
Niveaux de vulnérabilité Remarques
Ouest et Sud Tres élevé
- Départements affectés par les cyclones, les inondations, l'érosion et les séismes. Ne sont pas épargnés par la sécheresse
- Concentration d'infrastructures économiques importantes (90%)
Nord-Ouest et Artibonite
Élevé
- L’Artibonite est densément peuplé (le plus peuplé après l’Ouest) et très exposé aux inondations et à l'érosion.
- Le Nord-Ouest est très sensible aux séismes, très exposé aux inondations et à l'érosion et connaît un niveau endémique de sécheresses répétées
Nord, Grande- Anse, Sud-Est Moyen
- Le Nord a en général un niveau de risque peu élevé pour toutes les menaces mais est le plus frappé des départements par les séismes.
- La Grande-Anse et le Sud-Est sont, après le Sud les régions les plus affectées par les cyclones ; mais les inondations y sont à un niveau moyen. Ils connaîssent un niveau d’érosion élevé
Nord-Est et Centre Faible à très faible
- Exposés à la sécheresse, mais relativement peu touchés par les principales menaces affectant le pays
Source : Construit à partir des informations tirées du document Carte et Étude de Philippe Matthieu et al.
La recherche documentaire sur la vulnérabilité du pays par rapport aux effets néfastes des changements climatiques a été vérifiée et complétée par des consultations publiques à travers les différents départements du pays. Ces discussions ont amené à des considérations adoptées par tous et qui ont permis la réalisation du diagramme en toile des différents aspects de la vulnérabilité du pays.
Le diagramme est constitué d’un ensemble de polygônes numérotés de 0 à 12. Ces valeurs traduisent le niveau de vulnérabilité des secteurs par rapport aux différentes menaces qui les frappent. Ainsi, plus un point se rapproche du centre, donc de zéro, plus la vulnérabilité est faible. Plus un risque affecte un secteur, plus leur point de rencontre a tendance à se retrouver sur les polygônes les plus extérieurs du diagramme.
Figure 4 : Diagramme en toile des aspects de la vulnérabilité
Diagramme en toile des aspects de la vulnerabilite
Zones cotieres
Forets
Agriculture
Elevage
Infrastructures et habitat
Eau
Sols
Peche
Erosion
Desertification
Secheresse
Inondation
Cyclones et vents
Les risques liés à l’eau (cyclones, inondations, fortes pluies), couplé de l’érosion, étant les plus courants dans le pays et affectant un nombre assez élevé de départements géographiques, il apparaît logique pour les population d’avoir des options prioritaires leur permettant de développer des capacités d’adaptation face à ces risques et dans les secteurs concernés en priorité par ces menaces. Un résumé de la vulnérabilité des secteurs et des discussions entre les parties prenantes ont amené à l’élaboration du tableau ci-dessous montrant la relation entre les risques climatiques et les zones et secteurs vulnérables.
Tableau IV : Identification des risques climatiques par rapport aux Zones et secteurs vulnérables
Risques Climatiques
Zones Vulnérables
Secteurs/ Activités Vulnérables
Impacts sur le Secteur
Cyclones
Fortes Pluies
Inondations
•l’Ouest
• le Sud •l’Artibonite •Nord-Ouest •le Sud-Est •le Nord
• Agriculture •Elevage
• Ressources en eau •Zones côtières •Pêche •Transport •Infrastructures routières •Communication •Commerce •Santé •Habitat •Éducation
-Pertes en vies humaines
- Destruction des Plantations -Pertes de bétail
- Destruction des Maisons
- Activités de pêche et Transport maritime paralysés
- Destruction des écosystèmes marins
- Mort des alevins
- Migration des poissons adultes -Pollution des sources -Érosion -Ensablement des rivières -Obstruction des canaux de drainage -Systèmes d’adduction d’eau potable endommagés -Maladies d’origine hydrique -Augmentation du coût de la vie -Famine
Sécheresse Nord-Ouest Nord-Est Sud Nord Sud-Est
•Agriculture •Elevage •Pêche •Ressources en eau •Santé •Artisanat •Éducation •Commerce
-Destruction des cultures -Baisse de production agricole -Baisse du débit des sources -Rareté d’eau et de nourriture -Déboisement accéléré -Problèmes de santé liés au manque d’eau (hypertension) -Pollution de l’air -Mort d’animaux -Abandon des activités d’élevage -Sols en Jachère -Altération de la structure du sol -Migration humaine- Migration des poissons -Augmentation du Coût de la vie
Séismes et Raz-de-marée
Nord Nord-Ouest Grande-Anse Artibonite Ouest
•Tourisme •Transport et communication •commerce •Zones côtières •Pêche
-Pertes très élevées en vies humaines -Destruction des infrastructures
- Destruction des Plantations -Pertes de bétail -Destruction des Maisons -Transport maritime affecté -Activités de pêche réduites -Baisse des activités commerciales
3.4.- Intégration du PANA à la planification du développement et aux plans d’action nationaux L’élaboration du PANA, par la stratégie utilisée est devenue une activité d’une envergure nationale.
Cet aspect est toutefois renforcé par la cohésion, l’interrelation du PANA avec le cadre de développement du pays et sa synergie avec d’autres Accords Mondiaux pour l’Environnement (AME).
3.4.1. But, Objectifs et Stratégies du PANA
Le PANA se présente comme un ensemble des mesures urgentes à envisager en vue de l’amélioration de la capacité d’adaptation du pays aux variations du climat et aux phénomènes météorologiques extrêmes et, par conséquent aux changements climatiques dans l’avenir.
Fort de sa synergie avec les AME et son intégration aux plans nationaux de développement, le PANA poursuit les objectifs suivants :
• Identifier les besoins urgents du Pays aux fins d’adaptation et les communiquer aux organismes internationaux de financement pour l’environnement;
• Mobiliser toutes les énergies nationales dans la lutte pour la protection de…
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