J.16__Mecanisme_pour_l'introduction_des_intrants_de_lutte_contre_le_paludisme_dans_le_secteur_prive_au_Benin_.docs.pdf
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Mecanisme pour l'introduction des intrants de lutte contre le paludisme dans le secteur prive au Benin
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REPUBLIQUE DU BENIN
MINISTERE DE LA SANTE
REPUBLIQUE DU BENIN
BP 01-882
BENIN
Tél. +229 21 33 2178/ 21 33 21 63 info@sante.gouv.bj www.sante.gouv.bj
DEFINITION D’UN MECANISME
D’INTRODUCTION DES INTRANTS DE
LUTTE CONTRE LE PALUDISME DANS LE
SECTEUR PRIVE AU BENIN
Mai 2017 mailto:info@sante.gouv.bj http://www.sante.gouv.bj/
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Table des matières DISCLAIMER ............................................................................................... Error! Bookmark not defined.
ACKNOWLEDGEMENTS ............................................................................. Error! Bookmark not defined.
Preface
SIGLES ABREVIATIONS ET ACRONYMES
RESUME
INTRODUCTION
1. OBJECTIFS
1.1 Objectif général
1.2 Objectifs spécifiques
2. METHODOLOGIE
2.1 Type d’Etude
2.2 Echantillonnage des sites et cibles
2.3 Méthodes et outils de collecte des données
2.4 Traitement et analyse des données
3. REVUE DOCUMENTAIRE ................................................................... Error! Bookmark not defined.
3.1 Organisation du système sanitaire au Bénin
3.2 La place du secteur sanitaire privé dans l’offre des soins au Bénin
3.3 Typologie (catégorisation) des structures sanitaires privées au Bénin
3.3.1 Les différentes formes de formations sanitaires privées
3.3.2 Nature des structures sanitaires privées
3.3.3 Respect de la réglementation d’ouverture et d’exercice en clientèle privée
3.4 Les indicateurs de performance sanitaire (privé vs publique)
3.5 Poids du paludisme dans la demande de soins (privée vs publique)
3.6 Politique de lutte contre le paludisme (intrants de lutte et gestion des cas)
3.6.1 Comment fonctionne le dispositif de gestion des ILP
3.6.2 Description détaillée de la mesure de gratuité du traitement anti-palustre chez les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans
3.7 La prise en charge des cas
3.7.1 Le diagnostic
3.7.2 Le traitement du paludisme simple
3.7.3 Le traitement du paludisme grave
3.7.4 La prévention
3.8 Le panier commun
3.9 Les circuits d’approvisionnement des ILP au Bénin
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3.9.1 Le circuit public d’approvisionnement et de distribution des ILP : comment les prestataires publics s’approvisionnent-ils en ILP ?
3.9.2 Le circuit privé d’approvisionnement en médicaments : comment les privés s’approvisionnent-ils en ILP ?
3.9.3 Suggestion au PNLP sur le circuit de distribution des ILP
3.10 Statut des ILP au Bénin : principe de gratuité et prix de cession par la CAME et les formations sanitaires publiques
3.11 L’accompagnement des prestataires privés par les autorités sanitaires
3.12 Contribution de U.S President’s Malaria Initiative (PMI/USAID) dans la disponibilité des ILP
3.13 CTA et TDR dans la lutte contre le paludisme dans d’autres pays africains
4. OPINIONS DES ACTEURS ET MECANISME D’INTRODUCTION DES ILP AUPRES DU PRIVE
4.1 Opinions des prestataires de soins du secteur privé
4.2 Opinions de quelques partenaires techniques et financiers
4.3 Mécanismes d’accès des formations sanitaires privées aux ILP
4.3.1 Le modèle dit « Public Supply Chain »
4.3.2 Le modèle dit « Private Supply Chain »
4.3.3 Forces et faiblesses des modèles d’introduction des ILP auprès des privés
4.4 Opinions et tendances officielles sur l’introduction des ILP dans le privé
4.5 Faisabilité financière de l’introduction des ILP auprès des prestataires privés
4.6 Stratégies alternatives d’extension des ILP à d’autres sous-secteurs du privé
4.6.1 L’extension aux communautés (les relais communautaires)
4.6.2 L’extension aux officines de pharmacie privées et leurs dépôts
4.6.3 L’extension aux pharmacies grossistes privées
4.7 Changements nécessaires pour l’introduction réussie des ILP auprès des privés
5. SUIVI DU MECANISME D’ACCES AUX ILP
5.1 Le suivi de la mise en œuvre du mécanisme et respect des clauses d’accès aux ILP
5.2 Intégration des données du secteur privé au Système d’Information et de Gestion Logistique
(SIGL)
6. MODALITES D’ACCOMPAGNEMENT DU MECANISME
6.1 La mise en place d’une feuille de route
6.2 Mode d’évaluation et de revue périodique du mécanisme d’introduction des ILP dans le secteur privé
6.3 L’information et le renforcement des capacités des prestataires de soins privés
7. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
7.1 Conclusions
7.2 Recommandations
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8. BIBLIOGRAPHIE
9. ANNEXES
9.1 Annexe 1 : mécanismes de mise en place des ILP dans le privé
9.1.1 Le modèle dit Mix Public-private Supply Chain
9.1.2 Le modèle dit double public-private supply chain
9.2 Annexe 2 : Questionnaire/ Guides d’entretien
9.3 Annexe 3 : Liste des personnes rencontrées
9.4 Annexe 4 : Liste des Centres Médicaux Communautaires du Bénin
9.5 Annexe 5 : Réglementation et droit des formations sanitaires à dispenser les médicaments 92
9.6 Annexe 6 : Structures privées aux natures et dénominations atypiques
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AVERTISSEMENT
Le présent document est élaboré pour soutenir le Plan national de développement de la santé (2009-
2018), en particulier sur sa stratégie visant à promouvoir l'implication du secteur privé. Cela a été élaboré par le Programme national de lutte contre le paludisme du ministère de la Santé (PNLP).
Toutes les modifications apportées au présent document nécessitent l'autorisation du ministère de la
Santé. Toute modification non autorisée de ce document sera sanctionnée
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REMERCIEMENTS
Le document intitulé « Mécanisme d'accès aux intrants subventionnés pour la lutte contre le paludisme » a été réalisé sous la direction du Programme national de lutte contre le paludisme
(PNLP) en collaboration avec le projet PMI-USAID « Accélération de la réduction de la mortalité et de la morbidité due au malaria » (ARM3) mis en œuvre par Medical Care Development International
(MCDI). Le document a été conçu à travers une consultation conduite par Dr Leon Kessou (SCEN
AFRIK) avec les conseils techniques de Dr Gilbert Andrianandrasana, le COP d’ARM3, Dr. Angelique
Gbaguidi, Chef de la chaîne d'approvisionnement d'ARM3, Dr Victor Dossou, chef du volet prise en charge d’ARM3 et Dr. Pablo Aguilar Alcala, Responsable du projet ARM3 au siège de MCDI. Le document a été partagé et validé par le NMCP, SPPV, GFATM, CAME, DPP et CRS lors d'une réunion tenue à Cotonou. Nous tenons à remercier les autorités du Ministère de la santé qui ont rendu possible l'élaboration de ce document, en particulier le Dr Alexis Yemalin Tchevoede, Coordinateur du PNLP, le Dr Adicatou-Laï Adeothy, la Coordonnatrice adjointe du PNLP et Dr Chérifatou Adjibabi
Bello, Chef de service de la Pharmacie et de la pharmacovigilance du PNLP. Enfin, MCDI tient à remercier l'équipe de santé familiale de l'USAID, en particulier Mme Michelle Kouletio, AOR et
Conseillère résidente PMI, Dr. Fortune Dagnon, spécialiste en paludisme et M. Ricardo Missihoun, spécialiste logistique.
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Préface Le système de santé du Bénin est confronté à différents défis, définis dans les politiques et les stratégies nationales. Après plusieurs années d'efforts, les indicateurs du paludisme ont été améliorés et reconnus au niveau international. Cependant, afin de préserver, améliorer et réaliser encore des progrès, les capacités du secteur de la santé doivent être renforcées, au niveau local, par la décentralisation et la promotion de la participation du secteur privé à la réduction de la morbidité et de la mortalité du groupe cible.
Maintenant, la discussion sur l’accès des intrants de lutte contre le paludisme au secteur privé est sur la bonne voie malgré les différentes difficultés rencontrées et l’implication du secteur privé est primordiale pour une meilleure mise en œuvre de la politique nationale de la santé, afin d’intégrer et de capitaliser ses contributions pour l’amélioration de la couverture sanitaire et d'assurer la qualité de l’offre de service de santé à la population.
La disposition d’un plan stratégique national pour guider une politique est nécessaire pour guider les actions qui nous permettraient d'ajuster les orientations, les normes et les procédures et en considérant le secteur privé comme partie intégrante.
Je tiens à remercier l'équipe qui a travaillé dans l'élaboration de ce document et sur le partenaire financier et technique qui l'a soutenu.
Je demande aux acteurs nationaux et internationaux de travailler ensemble dans la mise en œuvre des changements recommandés.
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SIGLES ABREVIATIONS ET ACRONYMES
ACPB Association des Cliniques Privées du
Bénin LMIS Logistical Management
Information System ACT Artemisinin Combination Therapy LNCQ Laboratoire National de Contrôle de la Qualité des Médicaments AMCES Association des Œuvres Médicales
Privées Confessionnelles et Sociales LOP Length of Project
ANC Antenatal care MCDI Medical Care Development International
ANCRE Advancing Newborn, Child and Reproductive Health Program
M&E Monitoring & Evaluation
APC Advancing Partners and Communities Project
MEDISTOCK Commodities Management Program
ARM3 Accelerating the Reduction of Malaria Morbidity and Mortality Program
MOH Ministry of Health
BCC Behavioral Change Communication MOU Memorandum of Understanding CAME Centrale d’Achat des Médicaments
Essentiels (Central Medical Stores) MSH Management Sciences for Health
CEBAC-
STP
Coalition des Entreprises Béninoises et Associations Privées Contre le SIDA, la Tuberculose, et le Paludisme
NGO Non-Governmental Organization
CHW Community Health Workers NMCP National Malaria Control Program CNAPS Comité National d’Approvisionnement des Produits de Santé / National Committee of the Supplies in Health Commodities
PBF Performance Based Financing
DDS Direction Départementale de la Santé/ Departmental Directorate of Health
PITA Integrated Annual Work Plan
DHS Demographic Health Survey PMI President’s Malaria Initiative DNSP Direction Nationale de la Santé
Publique QA Quality Assurance
DPMED Direction de la Pharmacie du Medicament et des Explorations Diagnostiques
RDT Rapid Diagnostic Test
DPP Direction de la programmation et de la prospective
RDQA Routine Data Quality Assessment
DRZ Dépôt Répartiteurs de Zone (HZ Depots)
RMIS Routine Malaria Information System
DSME Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant/Directorate of Maternal and Child Health
ROBS Réseau des ONG Béninoises de Santé/ Network of Beninese Heath NGOs
FHT Family Health Team SCM Supply Chain Management GFATM Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis, and Malaria SNIGS Système National d’Information et de Gestion Sanitaires GOB Government of Benin SOP Standard Operating Procedures HF Health Facility SP Sulfadoxine-Pyrimethamine HMIS Health Management Information
Systems TOR Terms of Reference
HZ Health Zone TWG Technical Working Group HZT Health Zone Training Teams UNICEF United Nations Children’s Fund IMCI Integrated Management of Childhood
Illness USAID United States Agency for
International Development IPTp Intermittent Preventive Treatment for
Pregnant Women USG United States Government
JHU-CCP Johns Hopkins University – Center for Communication Programs
WHO World Health Organization
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RESUME
La dispensation des ILP subventionnés mis à la disposition au Benin par PMI et le gouvernement américain est restée circonscrite depuis le démarrage aux formations sanitaires publiques. La croissance fulgurante de l’offre de soins dans les formations sanitaires privées et leurs rôles prépondérants dans le système de soins béninois ont inscrit en tant que priorité stratégique le renforcement de la participation du secteur privé dans l’amélioration du système de santé au Bénin, et la pertinence de l’élaboration d’une stratégie pour mieux engager et impliquer le secteur privé dans le système de santé, y compris la lutte contre le paludisme. Le Ministère de la Santé voudrait engager un grand nombre (voire la totalité) des formations sanitaires privées formelles dans la lutte contre le paludisme au côté du secteur public. C’est ce qui justifie la présente étude qui vise à identifier un mécanisme permettant au secteur privé d’accéder facilement aux Intrants de Lutte contre le Paludisme (ILP). Le mécanisme retenu devrait être testé à titre pilote dans quelques formations sanitaires privées avant tout généralisation dans l’ensemble du secteur privé.
Les investigations menées dans le cadre de cette étude et l’interview de l’ensemble des prestataires du secteur privé permettent de retenir que le besoin des ILP, en particulier les CTA, la SP et le TDR, de bonne qualité, est ressenti de façon notoire dans le secteur privé et justifie leur demande séculaire de bénéficier aussi des ILP subventionnés. Ainsi, Ils s’engagent à respecter les directives, les politiques, les normes et standards requis et par conséquent, voudraient participer activement à la quantification des besoins du secteur privé. Par ailleurs, Ils s’interrogent sur la durabilité de cette initiative d’octroi d’ILP subventionnés et souhaitent éviter la pénurie/rupture de stocks desdits intrants. Ils redoutent les difficultés /contraintes d’accès et la lenteur dans l’approvisionnement du secteur privé et la fourniture disproportionnée en TDR par rapport aux quantités de CTA octroyées.
Ils souhaitent que toutes les dispositions utiles et nécessaires soient prises pour éviter toute anarchie et dérive dont la revente illicite des ILP, qui pourrait entacher la dispensation des ILP dans le secteur privé.
Les prestataires et autres acteurs du secteur privé (en dehors de ceux qui ont bénéficié des formations organisées par ARM3) ne sont pas formés et reçoivent peu d’informations sur les nouvelles directives et le protocole mis à jour de la prise en charge du paludisme. A défaut des CTA subventionnés, ils se procurent des CTA sous un nom commercial dans les officines de pharmacie privées. Pour la confirmation diagnostic du paludisme, la pratique la plus courante dans le secteur privé est l’usage de la microscopie et la recherche de la densité parasitaire. Ceux d’entre eux qui ont eu recours aux TDR vendus dans le privé ont été confrontés au taux particulièrement élevé des faux négatifs.
Pour le mécanisme (circuit et les modalités) d’approvisionnement en ILP, c’est l’option circuit public d’approvisionnement “Public supply chain » qui prédomine, préconisée par 56,3% des prestataires interrogés. Les prestataires privés, dans la proportion de 18,5% préfèreraient une livraison directe des ILP, sans intermédiaire. Seuls 6,3% optent pour l’option « private supply chain ». La livraison directe sans intermédiaire ensemble avec le « private supply chain » correspondent à 24,8% (un quart) des intentions. Un peu plus de six pour cent (6,3%) des prestataires suggèrent respectivement le circuit mixte public-privé et le circuit double public-privé d‘approvisionnement en ILP.
Pour faciliter l’introduction de ce mécanisme dans le secteur privé, les prestataires de soins souhaitent être totalement impliqués dans tout le processus et jugent utile de mettre en place d’un
Page 10 sur 94 cadre formel et légal qui va régir leur implication, et qui sera matérialisé par un protocole d’accord entre le PNLP et les formations sanitaires agréées et accréditées, accompagné de la mise en application rigoureuse des textes réglementaires. A l’instar du secteur public, ils estiment que le secteur privé devrait être récipiendaire de toutes les directives, guides, normes et standards utilisés pour la prise charge paludisme. Soixante pour cent (60%) de l’échantillon des prestataires privés interrogés affirment être prêts à céder gratuitement en sacrifiant tout bénéfice sur la dispensation des ILP subventionnés. Un peu plus de treize pour cent (13.3%) voudrait céder gratuitement les ILP à condition qu’on leur octroi une compensation de fonctionnement.
Tous les acteurs s’accordent pour souligner qu’il n’est point question d’impliquer dans le programme de dispensation des ILP subventionnés les prestataires de soins non enregistrés exerçant dans l’illégalité. En outre, les pharmaciens d’officine privée souhaitent être effectivement impliqués dans à la dispensation des ILP subventionnés, avec l’espoir qu’ils bénéficieront des mêmes avantages que la
CAME à savoir les frais de gestion.
En faveur des prestataires et pharmaciens du secteur privé, il faut rappeler que les relais communautaires, des non professionnels qui complètent les actions des prestataires de soins des formations sanitaires publiques dispensent déjà les ILP au sein des communautés.
Il existe au Bénin un cas de dispensation réussie des ILP subventionnés par les acteurs du secteur privé à travers. C’est le cas des Centres Médicaux Communautaires (CMC) en expérimentation dans le Nord du pays qui s’approvisionnent et cèdent les ILP dans les mêmes conditions que les FS publiques, et qui ne s’en plaignent pas ; et dont les bilans au contraire s’avèrent positifs.
Les expériences réussies dans d’autres pays à l’instar des leçons tirées par « ACT Consortium » de l’étude du “Paludisme dans le secteur du commerce privé”1 en Ouganda enseignent que l’introduction du TDR dans les boutiques de médicaments est faisable et augmente le traitement approprié du paludisme par les combinaisons à base d’Artémisinine. Des études sur la dispensation des CTA et TDRs dans le secteur privé et l’introduction du CTA et du TDR dans les marchés privés sont également en cours de réalisation en Afrique de l’Ouest, et dont les résultats seront disponibles cette année. Ces exemples devraient inspirer les décideurs béninois à oser et décider la vulgarisation et la dispensation des CTA par des non-médicaux après la confirmation du diagnostic par le TDR.
La présence des marchés illicites de fourniture des médicaments y compris les ILP, la prolifération des faux CTA et TDR sur le marché constituent des menaces permanentes et prédisposent et favorisent la résistance. La disponibilité des CTA de qualité, et surtout à prix subventionné abordable, cédés par des personnes compétentes, constitue un bouclier efficace pour contrer les ILP contrefaits, de qualité douteuse, déversés sur le marché parallèle.
Anthony Mbonye, Sian Clarke: “Malaria in the private retail sector”: Can use of rapid diagnostic test in drug shops improve treatment of patients? ACT Consortium, Uganda 2015.
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INTRODUCTION
L’accès aux soins de qualité dans les pays africains est un défi. Le secteur public, le grand acteur de l’offre des services de lutte contre le paludisme au Benin manque de capacité et de moyens pour répondre positivement à toute la demande des soins antipaludiques. Cette situation justifie la place non négligeable et prépondérante du secteur privé dans le diagnostic et le du traitement du paludisme.
Dans le secteur sanitaire public au Benin, les antipaludéens de bonne qualité sont maintenant disponibles. Les clients du secteur privé se contentent des antipaludiques de moindre qualité dispensés dans des formations sanitaires et des pharmacies privées. Ces produits ne figurent pas nécessairement dans la liste des médicaments, échappant aux directives nationales, quelques fois expirés, manquant de réponses pharmacocinétiques et aboutissant à l’échelle thérapeutique, à l’aggravation de la maladie et à l’apparition de la résistance. L’absence du système de pharmacovigilance et de contrôle dans les points de vente constitue un facteur aggravant du problème.
La majeure partie des prestataires et des formations sanitaires privés ne sont pas enregistrés au
Ministère de la santé et par conséquent ne disposent pas d’une autorisation d’exercer en bonne et due forme. Ainsi, ils ne bénéficient pas des formations adéquates et appropriées dans la lutte contre le paludisme et ne transmettent pas leurs rapports périodiques dans le SINGS. La qualité des soins donnés dans le privé varie d’un prestataire à l’autre et peut s’avérer faible dans certaines structures.
Dans la plupart des cas, les prestataires privés ne suivent pas les directives nationales de diagnostic et de traitement qui sont en vigueur et enfin, l’absence de cadre formelle de supervision des prestataires enregistrés et accrédités ne favorise pas non plus l’alignement sur les standards officiels de qualité.
Le Ministère de la santé et ses partenaires sont volontaires pour améliorer les stratégies de lutte contre le paludisme par une meilleure implication des acteurs du secteur privé, aux côtés du secteur public. C’est ce qui a amené le PNLP à travers le projet « ARM3 » financé par PMI à aller à la quête du mécanisme permettant aux privés d’accéder facilement aux Intrants subventionnés de Lutte contre le Paludisme (ILP), au même titre que le secteur public. Le mécanisme retenu devant être testé à titre pilote dans des formations sanitaires privées, avant toute la généralisation à l’ensemble du secteur privé formel.
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1. OBJECTIFS
1.1 Objectif général
Définir le mécanisme d’accès des formations sanitaires privées aux Intrants de Lutte contre le Paludisme (ILP) subventionnés par PMI.
1.2 Objectifs spécifiques
Pour atteindre ce but, les objectifs spécifiques préconisés sont :
1. Etablir la typologie (catégorisation) des formations sanitaires privées du Bénin ;
2. Proposer les conditions d’accès des formations sanitaires privées aux ILP ;
3. Déterminer le circuit d’approvisionnement du secteur privé en ILP ;
4. Proposer un système de suivi de la mise en œuvre du mécanisme ;
5. Proposer une procédure d’intégration des formations sanitaires privées au SIGL ;
6. Proposer un mode d’évaluation et de revue périodique du mécanisme d’accès aux ILP.
2. METHODOLOGIE
2.1 Type d’Etude
Il s’agit d’une étude transversale, descriptive des modalités actuelles de dispensation des Intrants de Lutte contre le Paludisme (ILP), couplée d’un sondage prospectif des modalités d’introduction desdits intrants auprès des formations sanitaires privées.
2.2 Echantillonnage des sites et cibles
L’introduction des ILP concerne à terme l’ensemble des structures sanitaires privées enregistrées disposant d’une autorisation à ouvrir et exploiter un établissement de soins et exerçant en clientèle privée.
L’échantillonnage a été réalisé dans l’optique d’une représentation croisée prenant en compte la géographie et la typologie des formations sanitaires privées. Il s’agit d’un échantillonnage raisonné à deux degrés, visant pour le premier degré les départements et pour le deuxième degré trois types de FS privées représentatives de la diversité des opinions et des prestataires de soins du secteur privé.
Les formations sanitaires investiguées ont été sélectionnées dans trois départements sur les six ; à savoir les départements de l’Atlantique/Littoral, du Borgou/Alibori et du Zou/Collines. Au niveau central, la collecte des données incluait le Ministère de la Santé et les organismes, projets et programmes s’impliquant dans la lutte contre le paludisme.
Ainsi, vingt (20) cliniques privées ont été retenues dont huit (8) de type clinique médicale, six (6) de type cabinet médical et six (6) de type clinique d’accouchement. L’étude a impliqué sept (7)
Page 13 sur 94 représentants des partenaires techniques et financiers (PTFs) impliqués dans la lutte contre le paludisme dont l’OMS, la CTB, l’UNICEF, PMI, PSI, et ARM3. Quatre (4) pharmaciens acteurs de la distribution des médicaments sont concernés dont un (1) grossiste et trois (3) officinaux. Deux représentants d’associations professionnelles du privé, mais en même temps prestataires de soins ont été visés. Cinq décideurs du Ministère de la Santé ont été investigués dont un(1) à la DPMED, un(1) à la DNPS, un (1) à la DDSP B/A, un(1) au PNLP, un(1) à la CAME.
Tableau 1 : Sites et cibles
ACTEURS CIBLES DEPARTEMENTS
A/L A/D B/A M/C O/P Z/C Central TOTAL
Partenaire Technique & Fin 0 0 0 0 0 0 7 7
USAID/PSI/ARM3
4 4
OMS
1 1
CTB 1 1
UNICEF
Pharmaciens 2 0 1 0 0 1 0 4
Pharmaciens grossistes 1
Pharmaciens d'officine & dépôt 1
Structures sanitaires privées 9 0 6 0 0 6 1 22
Clinique 4
Cabinet médical 2
Cabinet d'accouchement 2
Ministère de la Santé 0 0 1 0 0 0 4 5
CAME
DPMED & DNPS
2 2
PNLP
DDS/B-A
TOTAL 11 0 8 0 0 7 12 38
Au total, trente-huit (38) informateurs-clés ont été visés pour la collecte de l’information nécessaire à l’accomplissement de cette mission.
2.3 Méthodes et outils de collecte des données
La collecte des données, aussi bien d’ordre quantitatif que qualitatif a reposé sur un questionnaire unique applicable à tout type d’acteur, contenant différents objectifs et parties. En fonction de l’interlocuteur, certains volets et questions s’avérèrent non applicables.
Pour caractériser le secteur privé, différentes méthodes de collecte ont été utilisées, à savoir :
i) la revue de littérature, Les normes de dispensation des produits de santé, les principes et normes de gestion des ILP, l’historique et l’état des lieux de l’introduction des ILP ont été tirés de divers rapports et documents normatifs2. Les statistiques de la demande des soins antipaludéens ont été tirés du SNIGS et),
i) Directives nationales de gestion des approvisionnements en produits de santé, 2014 ;
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ii) l’interview/entretien des acteurs clés, Un questionnaire/guide d’entretien unique de collecte des données (annexe 2), applicable à tout type d’acteur a été conçu et prévu pour la collecte de données qualitatives quantitatives, l’analyse de la faisabilité financière et la détermination des prix de cession applicables aux ILP. En fonction de l’interlocuteur, certains volets et questions de l’outil s’avérèrent non applicables.
A la fin, 38 informateurs-clés et leurs collaborateurs ont été rencontrés pour la collecte de l’information nécessaire à l’accomplissement de cette mission, dont huit (8) cliniques incluant deux
(2) hôpitaux confessionnels, six (6) cabinets médicaux et six (6) cliniques d’accouchement.
C’est le même questionnaire/guide d’entretien unique qui a été appliqué aux représentants des partenaires techniques et financiers (PTFs) impliqués. Un pharmacien grossiste et deux pharmaciens d’officine, des représentants de la DPMED, du PNLP et la CAME ont été également interviewés.
2.4 Traitement et analyse des données
Le traitement des données qualitatives est essentiellement manuel. Les données quantitatives relatives aux coûts de cession des actes et soins ont fait l’objet d’un traitement automatisé dans des feuilles de calcul Excel.
3. REVUE DOCUMENTAIRE
3.1 Organisation du système sanitaire au Bénin
Au Bénin, tel que publié dans l’annuaire statistique 2014 du secteur sanitaire [18], ainsi que illustre le tableau qui suit, le système sanitaire suit une structure pyramidale à trois niveaux calqués sur le découpage territorial. On distingue le niveau central (national), le niveau intermédiaire (départemental) et le niveau périphérique (communes et arrondissements).
Tableau 2 : Système national de santé au Bénin en 2014
Niveaux Structures Institutions hospitalières et socio-sanitaires Spécialités/Activités
ii) Directives nationales de gestion des ILP, 2013
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Niveaux Structures Institutions hospitalières et socio-sanitaires Spécialités/Activités
CENTRAL
ou
NATIONAL
Ministère de la Santé
Centre National Hospitalier et Universitaire (CNHU-HKM)
Centre National de Pneumo-phtisiologie
Centre National de Psychiatrie
Hôpital d’Instruction des Armées
(HIA)
Agence Nationale de Vaccination et des Soins de Santé Primaires
(ANVSSP)
Agence Nationale de la Gestion de la Gratuité de la Césarienne
(ANGC)
Agence Nationale de laTransfusion Sanguine (ANTS)
Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM)
Service d’Accueil Médical des Urgence (SAMU)
Médecine
Pédiatrie
Chirurgie
Gynéco-obstétrique
Radiologie
Laboratoire
O.R.L
Ophtalmologie
Cardiologie
Dermatologie
Urologie
Banque de Sang
Psychiatrie
Autres spécialités
INTERMEDIAIRE
ou
DEPARTEMENTAL
Direction
Départementale de la Santé
Centre Hospitalier Départemental
(CHD)
Hôpital de la Mère et de l’Enfant Lagune (HOMEL)
Centre d’Information, de Prospective, d’Ecoute et de Conseil (CIPEC)
Centre de Traitement Anti Lèpre
(CTAL)
Centre de l’Ulcère de Buruli d’Allada et de Pobè
Centre de Pneumo-Phtisiologie d’Akron
Centre Départemental de Transfusion Sanguine
Médecine
Pédiatrie
Chirurgie
Gynéco-obstétrique
O.R.L
Ophtalmologie
Radiologie
Laboratoire
Autres spécialités
Banque de sang
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Niveaux Structures Institutions hospitalières et socio-sanitaires Spécialités/Activités
PERIPHERIQUE
Zone Sanitaire
(Bureau de
Zone)
Hôpital de Zone (HZ)
Centre de Santé (CS)
Site de prise en charge du
VIH/SIDA
Centre d’Action pour la Solidarité et l’Evolution de la Santé (CASES)
Formation sanitaire privée/confessionnelle
Centre de Détection de la Tuberculose (CDT)
Centre de dépistage de la lèpre et de l’ulcère de Buruli
Centre de Dépistage Volontaire de
VIH (CDV)
Unité Villageoise de Santé (UVS)
Médecine générale
Chirurgie d’urgence
Gynéco-obstétrique
Soins curatifs
Accouchements
Radiologie
Laboratoire
Vaccination
IEC/CCC
Pharmacie ou dépôt pharmaceutique
Loisirs
Alphabétisation
Activités à base communautaire
Source: SGSI/DPP/MS, Annuaire 2014 [18]
En plus des structures publiques, le Bénin compte un nombre important de structures privées (2197 recensées en 2012) et un grand nombre d’acteurs des médecines traditionnelle et alternative.
Au niveau central, le Ministère de la Santé, conformément au Décret N°2012–272 du 13 août 2012 a pour mission la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la politique de l’Etat en matière de Santé, conformément aux lois et règlementation en vigueur au Bénin et aux visions et politique de développement du Gouvernement. Le Ministre de la Santé est responsable de la promotion sanitaire au Bénin. A ce titre, il est chargé de:
- concevoir, appliquer et contrôler la politique sanitaire nationale et internationale de l’Etat ;
- définir et suggérer au Gouvernement, au besoin, de concert avec d’autres départements ministériels, les stratégies et programmes d’actions conformes à la politique sanitaire ;
- développer et exécuter, en collaboration avec les autres départements ministériels, les politiques de formation et de mise à niveau du personnel de la santé.
Le niveau central comprend :
- le cabinet du Ministre ;
- l’Inspection générale du ministère ;
- les services directement rattachés au Ministre ;
- le Secrétariat Général du Ministère ;
- les directions centrales et techniques ;
- les établissements hospitaliers de référence ;
- les organismes sous tutelle ;
- les organes consultatifs nationaux.
Les Directions Départementales de la Santé (DDS), au nombre de six à raison d’une par département (selon l’ancien découpage territorial), représentent le niveau intermédiaire du système de santé et constituent les organes de programmation, d’intégration et de coordination de toutes les actions de santé au niveau du département. Elles supervisent les structures de santé des niveaux intermédiaire et périphérique.
Le niveau périphérique constitue la base de la pyramide sanitaire et compte 34 Zones Sanitaires réparties sur toute l’étendue du territoire national. La zone sanitaire représente l’entité
Page 17 sur 94 opérationnelle la plus décentralisée du système de santé. Elle est organisée sous forme d’un réseau de services publics de premier contact (Maternités et dispensaires seuls, Centres de Santé) et des formations sanitaires privées, le tout appuyé par un hôpital de première référence public ou privé
(hôpital de zone) destinés à desservir une aire qui abrite entre 100.000 et 200.000 habitants.
Le système sanitaire béninois fait recourt de plus en plus aux relais communautaires (RC) qui jouent le rôle d’interface entre les formations sanitaires et les populations [6]. Ils constituent des interfaces fort utiles, qui suite aux prestations données dans les formations sanitaires prolongent dans les villages et les maisons, les messages et recommandations mis en place au centre de santé ; et qui parfois sont amenés à fournir des soins mineurs pour lesquels ils ont été formés. Dans le cadre des programmes spéciaux visant la réduction de la morbidité et de la mortalité des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans, plusieurs zones et formations sanitaires mettent à contribution les relais communautaires qui dans les localités dispensent gratuitement les CTA à ces cibles particulièrement vulnérables au paludisme. Le statut des relais communautaires a évolué et bien que le bénévolat n’ait pas été profondément remis en cause, ils bénéficient d’une gratification mensuelle légère et forfaitaire dont le montant est fixé à 15.000 Fcfa.
La pratique informelle de la médecine en clientèle privée est l’une des grandes faiblesses du système sanitaire béninois. Le recensement de 2012 conduit par la DPP dénombrait sur l’ensemble du territoire national 2197 formations sanitaires privées dont 968 ont été déclarées et autorisées, soit
44%. Plus d’un millier de structures sanitaires privées ne sont ni déclarées, ni enregistrées et par conséquent, exercent officieusement sans autorisation d’exercer et/ou d’installation en clientèle privée. Aussi, elles n’envoient pas régulièrement et systématiquement leurs rapports d’activité au
PNLP. Cependant, on sait que les structures sanitaires privées (autorisées et non-autorisées) consultent 65 % de malades (y compris le paludisme) sans s’aligner sur les standards, normes, directives et protocole national en vigueur au Benin. Cette tendance est due au manque d’information et de vulgarisation des documents normatifs officiels. Des efforts timides se font depuis peu pour former les prestataires privés sur ces documents. Il reste à renforcer et améliorer ces efforts d’encadrement et d’accompagnement des prestataires du secteur privé pour les mettre à niveau.
3.2 La place du secteur sanitaire privé dans l’offre des soins au Bénin Le secteur sanitaire privé est bien en place3 et s’est particulièrement renforcé depuis 1986 avec l’arrêt du recrutement systématique du personnel de santé sorti des écoles de formation. Les statistiques sanitaires nationales montrent que le secteur privé a pris progressivement de l’importance et reçoit aujourd’hui 65% des consultations des malades y compris le paludisme.
Paradoxalement à cette importance accrue du secteur privé, la quasi-totalité des efforts internationaux et locaux (y compris la lutte contre le paludisme) s’orientent vers le système sanitaire public. Si l’accès aux principaux intrants de soins auprès de la CAME a été finalement accordé aux FS privées enregistrées (tous les médicaments et consommables disponibles), les intrants du programme national de lutte contre paludisme (ILP) sont restés fermement réservés au secteur public. Face à ce constat, le Ministère de la Santé, a entrepris en 2013 une évaluation du secteur
En 2012 en effet, on dénombrait à l'Association professionnelle des Médecins du Bénin 850 Médecins au compte du secteur privé, plus de 500 membres à l'Association des sages-femmes relevant du secteur privé, environ 15 à 20 hôpitaux privés ; 240 officines de pharmacies enregistrées et 5 grands grossistes privés de médicaments. En 2013, l’USAID-Bénin a dénombré plus de 3000 formations sanitaires privées dont plusieurs n’étaient pas encore enregistrées auprès du Ministère de la Santé.
Page 18 sur 94 sanitaire privé et de mettre sur pied une stratégie et des actions4 visant à l’engager davantage et à renforcer sa participation au système de santé, y compris dans la lutte contre le paludisme.
3.3 Typologie (catégorisation) des structures sanitaires privées au
Bénin
3.3.1 Les différentes formes de formations sanitaires privées
L’« Etude descriptive de l’offre des soins privés au Bénin », réalisée en 2006 par le bureau d’étude SCEN AFRIK [14] pour le compte Projet Santé 8ème FED, décrivait ainsi qu’il suit les différentes formes de formations sanitaires privées rencontrées au Bénin ; ce sont :
- les formations sanitaires privées libérales,
- les formations sanitaires privées confessionnelles (catholique, protestant, musulman, baptistes, etc.)
- les formations sanitaires privées associatives,
- les cliniques coopératives,
- les structures sanitaires d’ONG.
En dehors des formations sanitaires, le secteur sanitaire privé compte d’autres structures qui prestent des services divers en complément des soins de santé. La typologie officielle des structures sanitaires du secteur privé prend en compte leur caractère plutôt diversifié.
Il existe cependant la Typologie officielle des structures sanitaires privées, portée par la loi 97 020 du 17 juin 1997 [15] qui fixe les conditions de l’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales. Toute forme de structure de soins différente de celles décrites dans cette loi relève de l’illégal. Si certaines structures essayent de coller aux règles et normes définies, un bon nombre des structures privées évoluent en dehors de la catégorisation officielle.
3.3.2 Nature des structures sanitaires privées
Les structures sanitaires privées au Bénin sont de natures variées ; et conformément à la loi, elles se définissent et se rangent ainsi qu’il suit :
a. Cabinet médical
Centre de consultation et de soins, ouvert et dirigé par un médecin ;
4 La quasi-totalité des efforts internationaux et locaux (y compris la lutte contre le paludisme) s’orientent vers le système sanitaire public à l’instar: i)de la gratuité de la prise en charge des cas de paludisme chez les enfants de moins de 5 ans et la femme enceinte octroyé aux formations sanitaires publiques et assimilées, et qui consiste à rembourser les frais de prise en charge des cas, sur présentation des pièces justificatives ; ii)de l’accès aux médicaments antipaludiques et aux tests de diagnostic rapide exclusivement à travers les réseaux de distribution public qu’est la CAME et ses démembrements ; iii)de la distribution gratuite des MIILDs lors des contacts avec les cibles dans les formations sanitaires ; iv) de l’orientation de 98% des activités de la CAME (association indépendante à but non lucratif depuis sa restructuration en 2010) vers le secteur public (selon l’étude SHOPS). PMI dans ce cadre apporte son soutien à l’amélioration de la gestion des cas de paludisme dans les formations sanitaires privées autorisées au Bénin, en accompagnant l’accélération de la demande d’enregistrement de 179 cliniques privées libérales et à but non-lucratif desquelles 80 ont été approuvés et 99 en attente. Il a formé 289 prestataires de soins de 22 formations sanitaires privées dans la prise en charge des cas de paludisme. Cependant beaucoup reste à faire pour renforcer la régulation, améliorer la qualité des données et l’accès des acteurs du secteur privé et des populations aux intrants de lutte contre le paludisme (ILP) à savoir CTA,TDR, SP, MIILD. Dans le cadre du même partenariat, le Ministère de la santé via le PNLP, avec l’appui technique et financier de PMI et ARM3 a entrepris plusieurs actions complémentaires dont i) la tenue de plusieurs sessions de formation/mise à niveau à l’intention de nombreux agents de santé de certaines formations sanitaires privées constituées en réseaux, notamment des agents des formations sanitaires de l’Association des Œuvres Médicales, Confessionnelles et Sociales (AMCES), du Réseau des Organisations Béninoises de Santé (ROBS) et de l’Association des Cliniques Privées du Bénin (ACPB); ii) la réalisation d’un suivi des agent de l’Association des cliniques privées du Bénin (ACPB) formés courant novembre 2014 ; iii) la quantification et la commande d’un supplément de 10% des ILP pour le compte du secteur privé ; iv) la cession à un coût subventionné des MIILDs aux agents des entreprises privées de la Coalition des Entreprises Béninoises contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (CEBAC –STP).
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b. Cabinet médical de spécialiste
Centre de consultation et de soins spécialisés, ouvert et dirigé par un médecin spécialiste ;
c. Cabinet médical de groupe
Centre de consultation et de soins ouvert et dirigé par des médecins y exerçant à titre individuel ou constitués entre eux en société civile professionnelle ;
d. Cabinet dentaire
Centre de consultation et de soins odontologiques, ouvert et dirigé par un chirurgien- dentiste ;
e. Cabinet de soins infirmiers
Centre de soins prescrits par un médecin, et assurés par un infirmier diplômé d’Etat et dans les limites de ses compétences. Les cabinets de soins infirmiers outrepassent malheureusement leurs attributions et prorogatives pour fonctionner comme les cabinets médicaux. Le cabinet de soins infirmiers, parfois dénommé « Cabinet de soins » est une structure de soins ouverte par un infirmier breveté ou adjoint, et le plus souvent tenue par des aides-soignants, recrutés et formés sur place par l’infirmier adjoint promoteur ;
f. Clinique
Etablissement de consultation, de soins et d’hospitalisation, ouvert et dirigé par un médecin ou un groupe de médecins constitués en société civile professionnelle,
g. Clinique de spécialiste
Etablissement de consultation, de soins spécialisés et d’hospitalisation, ouvert et dirigé par un ou plusieurs médecins exerçant la même spécialité ;
h. Clinique d’accouchement eutocique, Etablissement ouvert et dirigé par une sage-femme d’Etat pour assurer dans les limites de ses capacités, la surveillance prénatale, les accouchements eutociques, la surveillance postnatale et les soins gynéco-obstétricaux ;
i. Usine pharmaceutique
Etablissement de fabrication et de vente en gros, de médicaments et objets de pansement. Elle doit être la propriété d’un pharmacien ou d’une société à la gestion et à la direction générale de laquelle participe au moins un pharmacien. Ce dernier est personnellement responsable de l’application des règles édictées dans l’intérêt de la santé sans préjudice, le cas échéant, de la responsabilité solidaire de l’usine ;
j. Société de grossistes répartiteurs
Etablissement pharmaceutique et de vente en gros de médicaments et objets de pansement ouvert et dirigé par un pharmacien ;
k. Officine
Etablissement de santé ouvert et dirigé par un pharmacien propriétaire affecté à l’exécution des ordonnances magistrales, à la préparation des médicaments inscrits à la pharmacopée officielle, à la dispensation des médicaments et produits parapharmaceutiques et à l’exécution d’un certain nombre d’analyses biomédicales dont la liste est fixée par un arrêté du ministre de la Santé ;
l. Laboratoire d’analyses biomédicales, Etablissement d’analyses biomédicales ouvert et dirigé par un médecin biologiste, un pharmacien biologiste ou un vétérinaire biologiste,
m. Laboratoire de prothèse dentaire
Centre de fabrication de prothèse dentaire ouvert et dirigé par une prothèse dentaire ;
n. Centre de massage, de kinésithérapie et de rééducation fonctionnelle, Page 20 sur 94
Etablissement approprié où sont dispensés des soins de massage et de rééducation fonctionnelle, ouvert et dirigé par un masseur kinésithérapeute,
o. Centre d’optique et de lunetterie
Centre de confection et de montage de lunettes optiques, ouvert et dirigé par un médecin opticien ;
p. Centre de radiologie et d’imagerie médicale, Etablissement approprié d’exploration ouvert et dirigé par un médecin radiologue ;
q. Centre l’exploration médicale
Centre l’exploration ouvert et dirigé par un médecin ayant les compétences requises ;
r. Dépôt pharmaceutique
Centre secondaire de vente de médicaments de première nécessité, selon une liste limitative, ouvert en zones rurales et dirigé par une personne autorisée ayant reçu une formation appropriée, sous la supervision d’un pharmacien.
L’installation en ces lieux d’un pharmacien implique la fermeture du dépôt.
s. Centre de santé à vocation humanitaire
Etablissement sanitaire à but non lucratif, ouvert par des groupes confessionnels ou curatifs, dirigé par des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, infirmiers selon le cas).
En 2013, un travail exhaustif d’actualisation du répertoire national des formations sanitaires privées5 réalisé par la Direction de la Programmation et de la Prospective (DPP) et la Direction Nationale de la
Santé Publique (DNSP) du Ministère de la Santé [03], a permis de recenser un total de 2.197 formations sanitaires privées (FSP) reparties dans les 34 zones sanitaires des 12 départements du pays dont 944 (soit 43,0%) situées en milieu urbain et 1.253 (soit 57%) en milieu rural. De ce travail il ressort que c’est le privé libéral qui domine avec 63,5% (1.395/2.197), suivi par les ONG (677/2.197)
30,8%, puis les confessionnelles (118/2.197) soit 5,4%. Environ un tiers (1/3) des formations sanitaires privées (FSP) installées au Bénin disposent d’une autorisation d’ouverture, que le quart (¼) des promoteurs ignore la loi régulant leur activité. Les cabinets de soins infirmiers sont dominants
(40,4% au niveau national), sauf dans le Littoral où le nombre de cabinets médicaux est supérieur au celui des cabinets de soins infirmiers (53 contre 46). Ils sont suivis par les cabinets médicaux (9,4%), et les centres à vocation humanitaire (8 ,8%).
La loi d’exercice de la médecine en clientèle privée au Bénin (loi n°97-020 du 17 juin 1997) existe depuis 1997 mais elle n’est pas convenablement respectée.
Différents types de promoteurs sont recensés dont des fonctionnaires de l’Etat (un promoteur sur quatre est un fonctionnaire public ou agent permanent de l’Etat (APE). Les paramédicaux sont les promoteurs les plus nombreux (53,4% pour 22% de promoteurs médicaux). Ce qui est inquiétant, est que des personnes qui n’ont rien à avoir avec la santé (douaniers par exemple) exploitent des formations sanitaires privées. C’est aussi curieux d’observer que des aides-soignants, secouristes et matrones s’érigent en promoteurs de structures de soins privés. Enfin, il y a plus d’hommes promoteurs que de femmes (76,5% contre 23,5% de femmes).
Tableau 3 : Répartition géographique des formations sanitaires privées selon leur nature
MS/Direction de la Programmation et de la Prospective (DPP) et la Direction Nationale de la Santé Publique
(DNSP) "Actualisation du répertoire des formations sanitaires privées”, Fev 2013 [20]
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Nature de la FS
Département
Effectifs %
Alibori Atacora Atlantique Borgou Collines Couffo Donga Littoral Mono Ouémé Plateau Zou
Cabinet médical 4 2 55 22 32 2 1 53 2 23 2 8 206 9
Cabinet médical de spécialiste 1 0 8 1 3 0 0 21 1 7 1 3 46 2
Cabinet médical de groupe 1 0 3 2 0 0 0 3 0 5 0 0 14 0
6 Cabinet dentaire 0 0 1 1 1 0 0 8 1 1 0 0 13 0
6 Cabinet de soins infirmiers 85 35 139 155 74 39 28 46 38 120 43 86 888 4
Clinique privé 2 4 22 7 5 1 2 53 7 21 4 4 132 6
Clinique de spécialiste 0 1 13 3 0 1 0 10 0 7 0 3 38 1
7 Cabinet d'accouchement 2 0 32 5 4 13 0 15 1 25 6 13 116 5
Laboratoire d'analyses biomédicales privé
0 0 2 1 1 0 0 1 1 0 0 0 6
Laboratoire de prothèse dentaire 2 1 4 6 6 1 1 5 2 8 3 3 42
Centre de massage, Kinésithérapie et rééducation fonctionnelle
0 0 1 1 0 0 0 0 0 1 0 1 4
Centre de radiologie et d'imagerie médicale
1 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 3 6
Centre de santé à vocation humanitaire
2 15 52 13 16 2 3 55 7 5 1 23 194
Autres 16 2 33 30 61 70 14 27 11 119 67 42 492 2
Ensemble 116 59 365 248 202 130 48 297 73 343 127 18
2197 1
Source : Actualisation du répertoire national des formations sanitaires privées, MS/DPP, Fév 2013
Selon le type d’organisme exploitant, les laboratoires d’analyses biomédicales, les centres de santé à vocation humanitaire et les cabinets médicaux de groupe sont implantés plus sous forme d’ONG que de privé libéral.
Tableau 4 : Répartition des FS privées selon leur nature et le type d’organisme exploitant
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Nature de la FS
Type d'organisme exploitant
Ensemble
Effectifs
Privé (à but lucratif) ONG
Confession religieuse Autres
Cabinet médical 57,8 38,3 3,4 0,5 100,0 206
Cabinet médical de spécialiste 71,7 23,9 4,3 0,0 100,0 46
Cabinet médical de groupe 42,9 57,1 0,0 0,0 100,0 14
Cabinet dentaire 92,3 7,7 0,0 0,0 100,0 13 Cabinet de soins infirmiers 63,6 31,9 3,9 0,6 100,0 888
Clinique privé 78,0 18,9 3,0 0,0 100,0 132
Clinique de spécialiste 68,4 18,4 13,2 0,0 100,0 38
Cabinet d'accouchement 75,9 24,1 0,0 0,0 100,0 116
Laboratoire d'analyses biomédicales privé 16,7 83,3 0,0 0,0 100,0 6
Laboratoire de prothèse dentaire
61,9 33,3 4,8 0,0 100,0 42
Centre de massage, Kinésithérapie et rééducation fonctionnelle
25,0 25,0 50,0 0,0 100,0 4
Centre de radiologie et d'imagerie médicale 83,3 16,7 0,0 0,0 100,0 6
Centre de santé à vocation humanitaire
2,6 74,7 22,7 0,0 100,0 194
Autres 82,3 14,0 3,5 0,2 100,0 492 Ensemble 63,5 30,8 5,4 0,3 100,0 2197
Source : Actualisation du répertoire national des formations sanitaires privées, MS/DPP, Fév 2013
Dans le secteur sanitaire privé au Bénin, on retrouve des structures de natures et dénominations non prévues par les textes, difficiles à classer (voir annexe 6). On rencontre aussi des structures créées par des fonctionnaires Agents Permanent de l’Etat (APE), qui exercent officiellement dans le secteur public en même temps qu’ils officient dans le privé. C’est une forme non prévue par les textes, dont la pratique, antinomique de l’économie libérale, est l’expression de la confusion qui caractérise le secteur et un bon témoignage de la faible gouvernance qui prévaut. L’étude descriptive de l’offre des soins privés au Bénin » [14] signalait également l’existence d’une grande variété de structures illégales de soins, aux dénominations atypiques, avec des activités parfois inattendues qui s’écartent des normes.
Selon ACT Watch [15], « dans le secteur public, le fournisseur principal de médicaments, Central d’Achat des Médicaments Essentiels (CAME), est le seul fournisseur de CTA autorisé au Bénin. CAME expédie les stocks aux dépôts de distribution dans les zones de santé, qui expédient à leur tour les stocks aux formations sanitaires où ils atteindront les patients. Divers problèmes existent concernant la gestion de la fourniture des médicaments antipaludiques ; 1) il y a des ruptures de stock fréquentes; 2) les médicaments antipaludiques proches de la date de péremption ne sont pas utilisés en priorité, les formations sanitaires se retrouvent ainsi avec de nombreux produits périmés; 3) les
Page 23 sur 94 données des médicaments utilisés ne sont pas précises ou toujours disponibles; 4) il arrive que des tests de diagnostic soient disponibles mais il n’y a pas de traitement à fournir aux patients ».
« Dans le secteur, environ 25 % des fournisseurs de soins de santé sont employés dans le secteur privé et fournissent des services à plus de la moitié de la population du pays.
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