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Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services
EMMUS-IV
HAÏTI
2005-2006
Rapport Préliminaire
Attachment F - Emmus V
Ce rapport présente les résultats préliminaires de l’Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-IV) réalisée en Haïti de octobre 2005 B juin 2006 par l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE), avec la collaboration de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI). L'EMMUS-IV a été financée par l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), les Centres de Contrôle des Maladies des États-Unis (CDC), le Centre de Gestion des Fonds Locaux de la Coopération Canadienne (CGF/ACDI), la Fondation SOGEKANK/Fonds Mondial (FSGB/FM), l’UNICEF et par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Elle a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys - MEASURE DHS) de ORC Macro, dont l'objectif est de collecter, analyser et diffuser des données démographiques portant en particulier sur la fécondité, la planification familiale, la santé de la mère et de l'enfant et le VIH. Elle a bénéficié de l’appui technique et logistique du CDC pour la réalisation des tests du VIH à l’Institut des Maladies Infectieuses et de la Santé de la Reproduction
(IMIS/GHESKIO).
Pour tous renseignements concernant l’EMMUS-IV, contacter l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE), 41 Rue Borno, Pétionville, Haïti, P.O. Box 15606 (Téléphone (509) 257 31 01, 257 15 08, 510 22 14).
Concernant le programme MEASURE DHS, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone 301-572-0200; Fax 301-572-0999; e-mail :
reports@orcmacro.com; Internet : http://www.measuredhs.com).
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP)
ENQUKTE MORTALITÉ, MORBIDITÉ
ET UTILISATION DES SERVICES
EMMUS-IV
HAUTI
2005-2006
RAPPORT PRÉLIMINAIRE
Institut Haïtien de l'Enfance Pétion ville, Haïti et
Demographic and Health Surveys
ORC Macro Calverton, Maryland, USA
Juillet 2006
LE FONDS MONDIAL DE LUTTE CONTRE
LE SIDA, LA TUBERCULOSE ET LE PALUDISME
iii
TABLE DES MATIÈRES
Pages
AVANT-PROPOS ......................................................................................................................... v
I- OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE
A. Objectifs de l'enquête B. Questionnaires C. Echantillonnage D. Test du VIH/sida E. Formation et collecte des données F. Traitement des données
II- RÉSULTATS : ENQUKTE MÉNAGE ET ENQUKTES INDIVIDUELLES
A. Couverture de l'échantillon B. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés C. Fécondité D. Utilisation de la contraception E. Désir d'enfants (supplémentaires) F. Soins prénatals et assistance B l'accouchement G. Vaccination des enfants H. Maladies des enfants et traitement I. Allaitement et alimentation de complément J. Mortalité infantile et juvénile K. Connaissance du VIH/Sida L. Utilisation du condom M. Résultats des tests de dépistage du VIH N. Enfants orphelins et vulnérables
RÉFÉRENCES
v
AVANT-PROPOS
L'Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS) de 2005-2006 est la quatrième du genre réalisée au cours de ces vingt dernières années. Commanditée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), elle a été réalisée par l'Institut Haïtien de l'Enfance (IHE) avec l'assistance technique de ORC Macro International, société américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS), et avec la collaboration de l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) et de l’Institut des Maladies Infectieuses et de la Santé de la Reproduction (IMIS/GHESKIO). Elle a été exécutée grâce à l'appui financier de l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), des Centres de Contrôle des Maladies des États-Unis (CDC), du Centre de Gestion des Fonds Locaux de la Coopération Canadienne (CGF/ACDI), de la Fondation SOGEKANK/Fonds Mondial (FSGB/FM), du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).
Ce rapport présente les résultats préliminaires de l'étude. Il fournit des informations relatives :
• aux caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ;
• aux indicateurs se rapportant B la santé reproductive, en particulier :
– la fécondité ;
– la planification familiale ;
– le suivi prénatal ;
– l'accouchement ;
• à la santé infantile, en particulier :
– les vaccinations ;
– la diarrhée ;
– l'allaitement ;
• à la mortalité infanto-juvénile ;
• au comportement vis-à-vis des IST et du VIH/Sida ;
• au test du VIH dans la population générale.
Tous les autres indicateurs seront présentés dans le rapport final, prévu pour février 2007.
Ces résultats, étant préliminaires, peuvent être sujets B de légères modifications.
L'Institut Haïtien de l'Enfance (IHE) tient B remercier le Ministère de la Santé Publique et de la Population, particulièrement les Ministres, Docteur Josette Bijou et Docteur Jean Robert August, et le Directeur Général, Docteur Michael Léandre, pour lui avoir confié l'exécution de cette étude et pour avoir entrepris les démarches nécessaires B son financement.
L'IHE remercie tous ceux qui ont rendu possible la réalisation de cette enquête, spécialement :
Chris Barratt, Mme Modiji Khadijat, Docteur Dieudonné Jean-Baptiste, Mme Dorothy Vincent et Anick Charles de l'USAID ;
M. Adriano Gonzales Regueral, M. Christian Skoog, Mme Silvana Nzirozera, Docteur Jean-Claude Mubalama, Mme Gatjens Jean-Louis de l'UNICEF ;
vi
M. Jean-Claude Marchand, Docteur Mario Voltaire, Mme Claire Lebrun, Docteur Henri Delatour du CGF/ACDI ;
Docteur Paul Adrien, M. Gabriel Bidegain, M. Jacques Hendry Rousseau, M. Jean Alphonse du UNFPA ;
Docteur Émile Hérald Charles de FSGB/FM ;
Docteur William Pape, Mme Audrey Henry de l’lMIS/GHESKIO ;
M. Evens Joseph, M. Daniel Milbin et M. Jean-Claude Darang de l'IHSI ;
Docteur Antoine Alcéus, Docteur Gardner Michaud du MSPP ;
M. Paul Auxila, Mme Laurence Pierre, M. Eddy St. Pierre de MSH.
Les remerciements s'adressent également au personnel de l'enquête, aux différents employés de l'IHE et de ORC Macro, aux Directions Sanitaires Départementales, B la Police Nationale d'Haïti (PNH) et aux membres des Collectivités Territoriales.
L'IHE tient à remercier la population qui a accepté de participer à l'enquête.
Michel Cayemittes Directeur Général de l’IHE
I - OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE
A. Objectifs de l'enquête
L'Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-IV) a pour objectif d’estimer de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques et sanitaires au niveau de l’ensemble de la population et au niveau des sous-populations des femmes de 15-49 ans, des enfants de moins de 5 ans et des hommes de 15-59 ans. En particulier, l’EMMUS-IV vise à identifier et/ou à estimer :
Pour l’ensemble de la population :
S les niveaux de scolarisation ;
S les niveaux de disponibilité et d’utilisation des services de santé ;
S les niveaux d’utilisation du sel iodé ;
S certains indicateurs de bien-être des ménages.
Pour les femmes de 15-49 ans et les enfants de moins de cinq ans :
S divers indicateurs démographiques, en particulier les taux de fécondité, de mortalité des enfants et de mortalité maternelle ;
S les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ;
S les catégories de femmes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser la contraception;
S les taux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses caractéristiques sociodémographiques ;
S les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la mortalité ;
S différentes composantes de la santé de la reproduction et de la santé des enfants :
visites prénatales et postnatales, conditions d’accouchement, allaitement, vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans ;
S l'état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans au moyen des mesures anthropométriques (poids et taille) ;
S la prévalence de l’anémie des femmes et des enfants de moins de cinq ans au moyen d’un test sanguin ;
S le niveau de connaissance, les opinions et attitudes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida ;
S le niveau de prévalence du VIH ;
S le niveau de violence domestique.
Pour les hommes de 15-59 ans :
S les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ;
S les catégories d’hommes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser la contraception ;
S le niveau de connaissance, les opinions et attitudes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida.
S la prévalence de l’anémie au moyen d’un test sanguin ;
S le niveau de prévalence du VIH ;
S la participation des hommes dans les soins de santé.
L'ensemble des données collectées constitue une base de données qui facilitera la mise en place et le suivi de politiques et de programmes dans le domaine de la population et de la santé et, plus globalement, de politiques visant à l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, elles font partie, de ce fait, d'une base de données utilisables et comparables au niveau international.
B. Questionnaires
Afin d'atteindre les objectifs fixés, trois types de questionnaires ont été utilisés :
1) Questionnaire ménage. Il permet de collecter des informations sur le ménage, telles que le nombre de personnes y résidant, par sexe, âge et niveau d'instruction, la survie des parents, etc. Par ailleurs, il permet de collecter des informations sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, etc.), et sur le sel utilisé par les ménages : ces informations sont recueillies afin d'apprécier les conditions environnementales et nutritionnelles dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. De plus, les femmes âgées de 15-49 ans et des enfants âgés de moins de 5 ans sont pesés et mesurés et leur sang est testé pour déterminer la prévalence de l’anémie. Enfin, le questionnaire ménage permet d'établir l'éligibilité des personnes à interviewer individuellement. Il permet aussi de déterminer les populations de référence pour le calcul de certains taux démographiques.
2) Questionnaire femme. Il comprend les douze sections suivantes :
- caractéristiques sociodémographiques des enquêtées ;
- reproduction ;
- planification familiale ;
- suivi pré/postnatal, allaitement, vaccination et santé des enfants ;
- mariage et activité sexuelle ;
- préférences en matière de fécondité ;
- caractéristiques du conjoint et activité professionnelle de la femme ;
- VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles ;
- mortalité maternelle ;
- statut de la femme ;
- relation dans le ménage (ou violence domestique).
3) Questionnaire homme. Il s'agit également d'un questionnaire individuel comprenant les cinq sections suivantes :
- caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ;
- reproduction ;
- mariage et activité sexuelle ;
- VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles.
- autres problèmes de santé reproductive.
Ces instruments ont été développés à partir des questionnaires de base du programme DHS, préalablement adaptés au contexte d’Haïti et en tenant compte des objectifs de l'enquête.
Par ailleurs, les questionnaires individuels (femme et homme) ont été traduits en Créole, de manière qu'au cours de l'enquête, les questions soient posées le plus fidèlement possible par les enquêtrices/enquêteurs.
C. Échantillonnage
L'échantillon de l'EMMUS-IV est un échantillon représentatif au niveau national, basé sur un sondage par grappes stratifié à deux degrés. Vingt et une strates ont été définies : les 10 départements décomposés en urbain-rural et la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Au premier degré, 339 grappes ont été tirées à partir de la liste des sections d’énumération (SE) de l’Échantillon Maître d’Enquêtes Multiples (EMEM) établie par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique à partir du Recensement Général de la Population et du Logement (RGPL) de 2000. Les 339 grappes sélectionnées ont fait l’objet d’une cartographie et d’une énumération exhaustive des ménages.
Au deuxième degré, des ménages ont été tirés à partir des listes établies lors de l'opération de dénombrement. Les mesures du poids et de la taille ont été prises pour toutes les femmes de 15-49 ans et pour tous les enfants âgés de moins de cinq ans dans la moitié de l’échantillon des ménages. Dans le même sous-échantillon, d’un ménage sur deux, toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans ont été testés pour estimer la prévalence de l’anémie et la prévalence du VIH. Tous les enfants de moins de cinq ans du même sous-échantillon ont été testés pour la mesure de la prévalence de l’anémie.
Toutes les femmes âgées de 15-49 ans (résidentes habituelles ou visiteuses) qui se trouvaient dans les ménages ont été enquêtées individuellement. Cependant, les sections du questionnaire portant sur le VIH/sida et le statut de la femme n’ont été posées qu’aux femmes de 15-49 ans identifiées dans un ménage sur deux. De plus, parmi les femmes identifiées dans un ménage sur deux, une seule a été sélectionnée par ménage pour la section concernant les relations dans le ménage ou violence domestique.
Enfin, dans un sous-échantillon d’un ménage sur deux, tous les hommes de 15-59 ans (résidents habituels ou visiteurs) ont été enquêtés.
Les principaux domaines d'étude retenus sont : les 10 départements (Nord, Nord-Est, Nord-Ouest, Centre, Artibonite, Sud, Sud-Est, Grande-Anse, Ouest sans l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince et Nippes) et l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince.
Compte tenu de la taille variable de chaque strate, constituant chacune un domaine d'études, différents taux de sondage ont été appliqués initialement à chaque strate. Finalement les résultats ont été pondérés au niveau de chaque grappe. Au total, 10 310 ménages ont été sélectionnés pour l'enquête ménage.
D. Test du VIH/sida
Dans la moitié des ménages sélectionnés, les hommes de 15-59 ans et les femmes de 15-49 ans étaient éligibles pour le test du test du VIH/SIDA. Le protocole pour le test du VIH a été approuvé par le Comité d’Éthique (Internal Board Committee) de ORC Macro à Calverton et par le « Comité de Bio-Éthique et de Protection des Personnes », le comité national d’éthique d’Haïti.
Les prélèvements de sang étaient effectués auprès de tous les hommes de 15-59 ans et toutes les femmes de 15-49 ans éligibles qui acceptaient volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le projet DHS (Demographic and Health Surveys) et approuvé par le Comité d’Éthique (Internal Board Committee) de ORC Macro. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon de sang. Après examen et amendement, le Comité National d’Éthique de Haïti a approuvé le protocole anonyme-lié spécifique de l’EMMUS-IV et la version finale du Consentement Éclairé et Volontaire du test. Etant donné que le test du VIH est strictement anonyme, il n’était pas possible d’informer les enquêtés des résultats de leur test. Pour les personnes éligibles, qu’elles aient accepté (par signature du formulaire de consentement) ou non d’être testées pour le VIH, une carte leur était remise pour obtenir, si elles le souhaitaient, des conseils et un test gratuits auprès d’un Centre de Dépistage Volontaire (CDV). Au verso de cette carte était indiquée la liste de l’ensemble des CDV opérationnels sur l’ensemble du territoire national.
Pour accomplir les prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, deux membres de l’équipe de terrain, dont une infirmière, étaient chargés des prélèvements sur les personnes éligibles du ménage. En plus de la formation pour la collecte des gouttes de sang, les agents avaient reçu une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles du test du VIH. D’abord, pour chaque personne éligible, l’agent cherchait à obtenir son consentement éclairé après lui avoir expliqué les procédures de prélèvement, la confidentialité et l’anonymat du test. À ce moment, la carte était remise à la personne éligible pour bénéficier des conseils et d’un test gratuits auprès d’un CDV.
Pour les femmes et les hommes qui acceptaient d’être testés, l’agent, en respectant toutes les précautions d’hygiène et de sécurité recommandées, prélevait des gouttes de sang sur un papier filtre. Dans la plupart des cas, les gouttes de sang étaient obtenues de la même piqûre au doigt. Une étiquette contenant un code barre était collée sur le papier filtre contenant le sang. Une deuxième étiquette avec le même code barre était collée sur le Questionnaire sur la ligne correspondant au consentement de la personne éligible et une troisième étiquette, toujours avec le même code barre, était collée sur la fiche de transmission. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées, pendant 24 heures au minimum, dans une boîte de séchage avec des dessicants pour absorber l’humidité. Le lendemain, chaque échantillon séché était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Pour la conservation des prélèvements, des dessicants et un indicateur d’humidité étaient placés dans le petit sac. Les sacs en plastique individuels étaient ainsi conservés au sec jusqu’à leur acheminement à l’IHE, puis au laboratoire des Centres GHESKIO à Port-au-Prince.
E. Formation et collecte des données
Le personnel de terrain, sélectionné par la direction de IHE, a été formé sur une période de quatre semaines. L’enquête débuta tout de suite après cette formation avec 10 équipes. Les équipes standards, au nombre de 10, étaient composées de deux enquêtrices, une infirmière, un enquêteur, une contrôleuse, un chef d’équipe et un chauffeur. Deux autres équipes, spécialement sélectionnées et formées pour mener l’enquête à Cité Soleil, comportaient deux enquêtrices, une infirmière et deux enquêteurs chargés de conduire l’enquête homme.
La formation pour le test d’anémie et du VIH a duré 15 jours pendant lesquels le spécialiste de ORC Macro a présenté et expliqué aux infirmières les techniques de prélèvement des gouttes de sang, de son analyse à l’aide de « l’HemoCue » pour le test d’anémie et de son expédition au laboratoire des centres GHESKIO pour le test du VIH.
La collecte des données s’est étalée d’octobre 2005 à juin 2006, avec trois périodes d’arrêt de 30 jours au total dues à des problèmes logistiques. En outre, en mai 2005, les questionnaires avaient été testés au cours d’une enquête pilote. Ce test avait permis de réviser les questionnaires ainsi que les autres documents méthodologiques de l'enquête et avait permis de finaliser la traduction des questionnaires en Créole.
F. Traitement des données
La saisie des données sur micro-ordinateur a débuté deux semaines après le démarrage de l'enquête sur le terrain, en utilisant le logiciel CSPro, développé par le programme DHS. Un agent de bureau était chargé de la vérification des questionnaires venus du terrain avant de les transmettre à la saisie. Cette saisie a été réalisée par dix-sept opérateurs, de novembre 2005 à juin 2006, assistés de deux contrôleurs sous la supervision d’un gestionnaire de base des données et d’un assistant. Tous les questionnaires ont fait l'objet d'une double saisie pour éliminer du fichier le maximum d'erreurs de saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter, pour chaque équipe et même, le cas échéant, pour chaque enquêtrice/enquêteur, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient immédiatement répercutées sur les équipes de terrain lors des missions de supervision afin d'améliorer la qualité des données.
À la suite de la saisie, les données ont été éditées en vue de vérifier la cohérence interne des réponses. La vérification finale a été réalisée par l’équipe technique de l’IHE avec l’assistance d’un informaticien et d’un démographe du programme DHS, utilisant une technique éprouvée au cours de dizaines d'enquêtes similaires.
II - RÉSULTATS: ENQUÊTE MÉNAGE ET ENQUÊTES INDIVIDUELLES
A. Couverture de l'échantillon
Les 339 grappes sélectionnées dans l'échantillon ont pu être enquêtées au cours de l'EMMUS-IV. Au total, 10 310 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 10 038 ménages ont été identifiés et étaient occupés au moment de l'enquête. Parmi ces 10 038 ménages, 9 998 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99,6 % (tableau 1).
Tableau 1. Taille et couverture de l’échantillon
Effectifs de ménages, de femmes et d’hommes sélectionnés, identifiés et enquêtés, et taux de réponse selon le milieu de résidence, EMMUS-IV, Haïti 2005-06
Résidence
Enquête Aire
Métropolitaine Autres Villes
Ensemble urbain Rural Ensemble
Enquête ménage Nombre de logements sélectionnés 1 382 2 798 4 180 6 130 10 310 Nombre de ménages identifiés 1 341 2 739 4 080 5 958 10 038 Nombre de ménages enquêtés 1 327 2 731 4 058 5 940 9 998
Taux de réponse des ménages 99,0 99,7 99,5 99,7 99,6
Enquête individuelle femme Nombre de femmes éligibles 1 847 3 416 5 263 5 629 10 892 Nombre de femmes enquêtées 1 810 3 386 5 196 5 561 10 757
Taux de réponse des femmes 98,0 99,1 98,7 98,8 98,8
Enquête ménage pour l'enquête homme Nombre de logements sélectionnés 692 1 391 2 083 3 056 5 139 Nombre de ménages identifiés 667 1 362 2 029 2 948 4 977 Nombre de ménages enquêtés 658 1 357 2 015 2 940 4 955
Taux de réponse des ménages sélectionnés pour l'enquête homme 98,7 99,6 99,3 99,7 99,6
Enquête individuelle homme Nombre d'hommes éligibles 683 1 466 2 149 2 945 5 094 Nombre d'hommes enquêtés 645 1 430 2 075 2 883 4 958
Taux de réponse des hommes 94,4 97,5 96,6 97,9 97,3
À l'intérieur des 9 998 ménages enquêtés, 10 892 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l'enquête individuelle et pour 10 757 d'entre elles, l'enquête a pu être menée à bien. Le taux de réponse s'établit donc à 98,8 % pour les interviews auprès des femmes. L'enquête homme a été réalisée dans un ménage sur deux : au total 5 094 hommes de 15-59 ans ont été identifiés dans les ménages de l'échantillon. Parmi ces 5 094 hommes devant être interviewés individuellement, 4 958 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 97,3 %, légèrement inférieur à celui des femmes.
Que ce soit au niveau des ménages, des femmes ou des hommes, les taux de réponses sont très satisfaisants puisqu'ils sont très largement supérieurs à ceux qui avaient été prévus au moment de la conception du plan de sondage. De ce fait, le nombre de femmes enquêtées (10 757) dépasse nettement la taille de l'échantillon nécessaire pour les besoins de l'enquête (9 500) ; de même, le nombre d’hommes enquêtés (4 958) dépasse nettement le nombre fixé au départ (4 500).
B. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
Les femmes âgées de 15-49 ans, c'est-à-dire en âge de procréer, et les hommes de 15-59 ans constituent les populations-cibles de l'EMMUS-IV. Le tableau 2 donne la distribution de ces femmes et de ces hommes selon certaines caractéristiques sociodémographiques, à savoir l'âge, l'état matrimonial, le milieu et la région de résidence et le niveau d'instruction.
Comme attendu, on remarque que les proportions de femmes enquêtées diminuent régulièrement selon l'âge ; chez les hommes, on observe la même tendance.
Précisons que, dans le cadre de l'EMMUS-IV, ont été considérés en union tous/toutes les enquêté(e)s ayant déclaré avoir un partenaire régulier, quel que soit l'état matrimonial déclaré;
de même, quel que soit l'état matrimonial déclaré, tous/toutes les enquêté(e)s ayant déclaré ne pas avoir et ne pas avoir eu de partenaire ont été considérés comme célibataires. Cette définition, qui ne correspond pas strictement à la notion culturelle de l’union en Haïti, est beaucoup plus opérationnelle du point de vue de l'exposition au risque de grossesse. Selon cette définition, près d'un tiers des femmes (32 %) ont été considérées comme célibataires, 59 % sont en union et 9 % en rupture d'union (veuvage et séparation). Chez les hommes, comme on pouvait s'y attendre du fait d'une entrée en union plus tardive par rapport aux femmes, la proportion des unions est nettement plus faible que chez les femmes (47 % contre 59 %).
Parmi les femmes enquêtées, 26 % résident dans l'Aire Métropolitaine, 21 % dans les Autres villes et 54 % en milieu rural. Les hommes sont légèrement moins représentés que les femmes dans le milieu urbain et, en particulier, dans l'Aire Métropolitaine (21 % des hommes contre 26 % des femmes), ce qui pourrait, peut-être, s'expliquer par une migration rural-urbain plus importante chez les femmes et par une émigration internationale des hommes de la capitale plus importante que celle des femmes.
Du point de vue régional, on peut noter que l’Ouest1 y compris la ville de Port-au-Prince, et l’Artibonite (respectivement, 43 % et 15 %) sont les principaux lieux où résident les femmes.
À l’opposé, les départements de Nippes, du Nord-Est et de Grande-Anse sont ceux comptant les proportions les plus faibles de femmes (respectivement 2,2 %, 3,2 % et 3,3 %). Du point de vue régional, la population masculine est répartie de la même façon que celle des femmes.
Il ressort de la répartition selon le niveau d'instruction, qu'une femme sur cinq (20 %) n'a jamais fréquenté l'école ou un centre d'alphabétisation contre 16 % des hommes. Par contre, 38 % des femmes et 41 % des hommes ont un niveau d'instruction secondaire ou supérieur.
1 L’Ouest comprend l’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince.
En ce qui concerne les femmes du sous-échantillon sélectionné pour le test d’anémie et du VIH, et pour l’enquête sur le statut de la femme, elles présentent les mêmes caractéristiques que l’ensemble des femmes, tant au niveau de l’âge, que de l’état matrimonial, du milieu de résidence, du département et du niveau d’instruction.
Tableau 2. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés par âge et par caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-IV Haïti
Femmes Hommes
Caractéristique sociodémographique
Pourcentage pondéré
Effectif pondéré
Effectif non pondéré
Pourcentage pondéré
Effectif pondéré
Effectif non pondéré
Âge 15-19 25,1 2 701 2 741 24,4 1 211 1 239 20-24 18,6 2 004 1 992 18,0 893 849 25-29 16,4 1 761 1 718 12,0 597 595 30-34 11,6 1 246 1 229 10,5 521 504 35-39 10,8 1 166 1 153 9,0 448 451 40-44 8,7 941 961 7,8 386 377 45-49 8,7 939 963 7,7 382 371 50-54 na na na 5,9 294 321 55-59 na na na 4,6 226 251
État matrimonial Célibataire 32,1 3 454 3 399 47,1 2 337 2 297 Marié(e) 18,4 1 978 2 032 18,0 893 928 Placé(e) 25,9 2 783 2 796 23,1 1 144 1 156 Vivavèk 8,0 857 866 4,2 210 181 Vivant ensemble 6,5 704 682 2,0 100 98 Divorcé(e) 0,1 6 8 0,3 15 12 Séparé(e) 6,8 734 758 4,4 218 247 Veuf(ve) 2,2 240 216 0,8 40 39
Milieu de résidence Aire Métropolitaine 25,8 2 773 1 810 21,4 1 059 645 Autres Villes 20,7 2 232 3 386 19,0 940 1 430 Ensemble urbain 46,5 5 005 5 196 40,3 1 999 2 075 Rural 53,5 5 752 5 561 59,7 2 959 2 883
Département Aire Métropolitaine 25,8 2 773 1 810 21,4 1 059 645 Ouest 42,6 4 581 2 824 38,4 1 903 1 110 Sud-Est 4,5 487 783 5,4 269 414 Nord 9,6 1 036 1 033 8,8 439 425 Nord-Est 3,2 339 918 3,3 162 426 Artibonite 15,4 1 654 939 17,3 856 465 Centre 7,5 811 866 7,6 375 404 Sud 6,2 669 861 7,0 346 445 Grande-Anse 3,3 355 794 4,3 214 474 Nord-Ouest 5,5 593 1 012 5,4 268 425 Nippes 2,2 232 727 2,6 127 370
Niveau d'instruction Aucun 20,2 2 169 2 254 16,0 793 884 Alphabétisation 3,0 321 339 1,7 86 78 Primaire 39,3 4 232 4 372 40,9 2 027 2 100 Secondaire 34,3 3 691 3 520 36,9 1 830 1 703 Supérieur 3,2 343 272 4,5 222 193
Religion Catholique 47,3 5 092 5 362 47,1 2 338 2 531 Protestant/Méthod./Adventiste…. 45,6 4 910 4 853 39,1 1 937 1 870 Vaudouisant 0,6 69 48 2,5 126 90 Sans religion 6,3 675 483 11,1 552 462 Autre/ND 0,1 12 11 0,1 5 5
Ensemble 100,0 10 757 10 757 100,0 4 958 4 958 na = Non applicable ND= Non déterminé
C. Fécondité
L’estimation du niveau de la fécondité est faite directement à partir des informations fournies par les femmes sur l'historique de leurs naissances. Par ailleurs, les indicateurs sont calculés sur la période de cinq ans précédant l'enquête soit, approximativement, la période 2001-02 à 2005-06. Cette période de cinq années a été retenue comme compromis entre trois exigences : fournir les niveaux de fécondité les plus récents possibles, réduire les erreurs de sondage et éviter au maximum les effets des transferts possibles d'année de naissance des enfants déclarée par la mère. La fécondité est étudiée à travers les taux de fécondité par groupe d'âges quinquennaux et par leur cumul, c'est-à-dire l'Indice Synthétique de Fécondité (ISF). L'ISF mesure le nombre moyen d'enfants nés vivants qu'aurait une femme, en fin de période féconde, dans les conditions de fécondité actuelle.
Il apparaît au tableau 3 et au graphique 1 que les femmes haïtiennes se caractérisent par une fécondité assez élevée aux jeunes âges (69 ‰ à 15-19 ans) et qui augmente rapidement pour atteindre son maximum à 30-34 ans (180 ‰), avant de baisser de façon régulière avec l'âge. L'ISF s'élève ainsi à 4,0 enfants par femme.
Tableau 3. Fécondité actuelle
Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Brut de Natalité (TBN) et Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) pour la période des cinq années précédant l'enquête, selon le milieu de résidence, EMMUS-IV Haïti 2005-06
Résidence
Groupes d'âges Aire
Métropolitaine Autres Villes
Ensemble urbain Rural Ensemble
EMMUS-III
15-19 46 59 51 86 69 80 20-24 92 139 112 207 158 187 25-29 101 158 124 227 176 204 30-34 129 151 139 214 180 219 35-39 74 102 88 162 133 153 40-44 35 51 42 78 65 75 45-49 8 9 8 18 15 18
ISF 15-49 ans (pour 1 femme) 2,4 3,3 2,8 5,0 4,0 4,7 TGFG (pour 1 000) 80 110 93 160 128 152 TBN (pour 1 000) 24,4 28,0 26,2 30,1 28,7 32,6
Note: Les taux sont calculés pour la période de 1-60 mois avant l’enquête. Les taux à 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d’âges.
Les taux de fécondité par âge obtenus à l'EMMUS-IV sont légèrement inférieurs à ceux estimés lors de l'EMMUS-III2 de 2000 (tableau 3). À tous les âges de reproduction, la fécondité à l’EMMUS-III est supérieure à celle de l’EMMUS-IV. Globalement, l'ISF, estimé à 4,7 enfants par femme pour la période 1996-2000 par l'EMMUS-III, est plus élevé que l’ISF estimé à 4,0 enfants par femme pour la période 2001-02 - 2005-06 par l’EMMUS-IV. Un changement important dans la structure de la population entre les deux périodes, en particulier celle des femmes, pourrait expliquer en partie cette baisse de la fécondité. Cependant, une première
2 L’enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-III), réalisée en 2000 par l’IHE avec l’assistance technique de ORC Macro International, est une enquête nationale par sondage qui a fourni des données sur les niveaux de la fécondité, de la mortalité des enfants, de la contraception et sur les indicateurs de la santé (Cayemittes et al., 2001).
analyse des tendances passées de la fécondité à partir des résultats de l’EMMUS-IV semblerait indiquer que le niveau de fécondité pourrait être légèrement sous-estimé pour la période 2001- 02 à 2005-06.
Une analyse plus approfondie des autres résultats comparatifs des deux enquêtes, en particulier ceux relatifs à l'âge d'entrée en union et aux rapports sexuels, mais aussi ceux relatifs à l’apport migratoire récent en direction des centres urbains, spécialement l’Aire Métropolitaine, est nécessaire pour conclure avec plus de certitude sur les tendances récentes de la fécondité en Haïti.
Selon le milieu de résidence, on constate qu'à tous les âges, les femmes du milieu urbain et, surtout, celles de l'Aire Métropolitaine ont une fécondité plus faible que les femmes du milieu rural (tableau 3 et graphique 1). La fécondité maximale s’établit à 30-34 ans dans l'Aire Métropolitaine, alors qu’elle est plus précoce dans les Autres Villes et en milieu rural (25-29 ans). La fécondité maximale varie de 227 ‰ en milieu rural à 158 ‰ dans les Autres villes.
L’ISF qui en résulte, passe, respectivement, de 5,0 enfants par femme en zone rurale à 3,3 dans les Autres villes et à 2,4 dans l'Aire Métropolitaine. Les femmes du milieu rural ont donc une fécondité beaucoup plus élevée que celles des centres urbains ; en particulier, leur fécondité est 52 % plus élevée que celle des femmes de l'Aire Métropolitaine. Le milieu rural continue donc d’avoir une fécondité très élevée, alors que l’Aire Métropolitaine se caractérise par un vieillissement de l’âge à la fécondité maximale.
Graphique 1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence
EMMUS-IV 2005-06
15 20 25 30 35 40 45 50
Âge de la femme
Pour mille
Port-au-Prince Autres villes Rural Ensemble
D. Utilisation de la contraception
Un peu moins d’une femme en union sur trois (32 %) a déclaré utiliser actuellement une méthode contraceptive : 25 % utilisent une méthode moderne et 7 % une méthode traditionnelle (tableau 4). La prévalence contraceptive a légèrement augmenté ces dernières années en Haïti, puisque 22 % des femmes en union utilisaient une méthode contraceptive moderne en 2000 (EMMUS-III), contre 25 % en 2005-06.
Les méthodes modernes les plus utilisées actuellement par les femmes en union sont, par ordre d'importance, les injections (11 %), le condom (5 %), la pilule (3 %), la stérilisation féminine (2 %) et les implants/Norplant (2 %) (graphique 2). Parmi les méthodes traditionnelles, utilisées par 7 % des femmes en union, le retrait est la méthode la plus fréquemment utilisée (4 %). Il faut noter que l’essentiel de l’augmentation de la prévalence contraceptive entre 2000 et 2005-06 est due à l’augmentation de l’utilisation de la pilule qui est passée de 2,3 % pour les femmes en union à l’EMMUS-III à 3,3 % en 2005-06.
La prévalence de la contraception moderne varie selon le groupe d'âges, passant de 20 % à 15-19 ans à 30 % à 25-29 ans et 30-34 ans (tableau 4). C'est chez les jeunes femmes de 15- 19 ans, 20-24 ans et 30-34 ans que l'utilisation du condom est la plus élevée (de 7 % à 11 %), alors qu’à l’EMMUS-III, seulement 4 % des 15-19 ans utilisaient le condom. La pilule et les injections sont surtout utilisées par les femmes des groupes d'âges à forte fécondité (4 % et plus pour la pilule à 30-34 ans, et 16 % pour les injections à 25-34 ans). Par contre, plus la femme est âgée, plus la fréquence de la stérilisation augmente, surtout au-delà de 40 ans où elle passe de 2 % à 8 %.
Graphique 2 Prévalence contraceptive par méthode
(Femmes de 15-49 ans en union)
TOUTES MÉTHODES
MÉTHODES MODERNES
Injection
Pilule
Condom
Implant/Norplant
MAMA
Stérilisation féminine/masculine
MÉTHODES TRAD./POP.
Continence périodique
Retrait
N'UTILISE PAS MÉTHODE
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Pourcentage
EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06
Tableau 4. Utilisation actuelle de la contraception
Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode actuellement utilisées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-IV Haïti 2005-06
Méthodes traditionnelle Méthodes modernes
N’importe quelle méthode
N’importe quelle méthode moderne
Stérili-sation féminine
Stérili-sation masculine Pilule Injec-tion
Implant/ Norplant Condom MAMA
N’importe quelle méthode tradition-nelle
Conti-nence pério-dique Retrait Autre
N'utilise pas actuelle-ment Total1 Effectif
Âge 15-19 28,5 20,2 0,0 0,0 1,1 6,0 0,0 11,4 1,6 8,3 2,0 6,4 0,0 71,5 100,0 448 20-24 33,1 26,2 0,0 0,0 3,1 12,0 1,9 7,0 2,0 6,8 3,6 2,5 0,8 66,9 100,0 1 076 25-29 34,9 29,2 0,1 0,0 3,6 15,5 0,6 7,9 1,5 5,7 1,8 3,0 0,9 65,1 100,0 1 326 30-34 36,2 29,9 1,0 0,0 4,1 16,4 2,6 4,2 1,6 6,3 2,2 3,4 0,6 63,8 100,0 1 008 35-39 32,2 23,2 2,3 0,3 4,5 9,5 2,5 3,1 0,8 9,1 2,4 6,0 0,7 67,8 100,0 1 001 40-44 30,4 22,1 6,1 0,0 3,9 6,9 1,7 3,3 0,2 8,4 2,6 5,5 0,2 69,6 100,0 732 45-49 23,1 15,8 7,6 0,7 1,2 3,5 1,3 1,1 0,1 7,3 1,9 4,8 0,6 76,9 100,0 732
Milieu de résidence Aire Métropolitaine 35,2 27,4 1,6 0,1 3,3 9,1 0,8 11,6 0,6 7,9 3,3 3,7 0,9 64,8 100,0 1 473 Autres Villes 36,9 29,5 2,6 0,1 3,5 14,9 1,3 6,3 0,8 7,3 3,5 3,4 0,4 63,1 100,0 1 194 Ensemble urbain 36,0 28,3 2,1 0,1 3,4 11,7 1,0 9,2 0,7 7,6 3,4 3,5 0,7 64,0 100,0 2 667 Rural 29,2 22,3 2,2 0,2 3,3 10,5 2,0 2,5 1,6 6,9 1,6 4,7 0,6 70,8 100,0 3 656
Département Aire Métropolitaine 35,2 27,4 1,6 0,1 3,3 9,1 0,8 11,6 0,6 7,9 3,3 3,7 0,9 64,8 100,0 1 473 Ouest 33,6 25,3 2,0 0,0 3,6 9,9 1,0 8,0 0,7 8,3 2,8 4,6 1,0 66,4 100,0 2 516 Sud-Est 24,0 12,9 0,6 0,0 2,5 6,3 0,6 2,3 0,2 11,1 4,6 5,4 1,1 76,0 100,0 297 Nord 28,7 23,1 3,6 0,0 2,3 11,1 2,6 2,7 0,8 5,6 2,3 3,0 0,4 71,3 100,0 603 Nord-Est 34,0 27,0 4,7 0,5 3,8 12,5 0,2 4,3 0,9 7,0 3,7 2,8 0,4 66,0 100,0 208 Artibonite 35,0 29,5 1,6 0,3 4,6 15,5 2,4 3,9 1,3 5,6 1,3 4,3 0,0 65,0 100,0 1 066 Centre 26,8 20,1 1,6 0,0 1,9 6,3 2,3 3,5 4,4 6,7 0,5 5,4 0,7 73,2 100,0 526 Sud 34,9 26,7 2,2 0,5 4,1 10,0 3,4 5,3 1,2 8,3 3,7 4,4 0,1 65,1 100,0 393 Grande-Anse 32,4 28,6 2,3 0,0 1,0 16,6 2,9 3,4 2,2 3,8 1,9 1,5 0,4 67,6 100,0 209 Nord-Ouest 27,9 21,2 2,7 0,3 2,9 12,5 0,0 1,9 1,0 6,6 2,0 3,9 0,7 72,1 100,0 355 Nippes 30,9 27,2 2,2 0,0 2,6 13,9 1,9 5,6 1,1 3,7 2,0 0,9 0,8 69,1 100,0 152
Niveau d'instruction
Aucun 24,7 19,0 2,7 0,0 2,6 9,7 2,5 0,6 0,8 5,7 1,1 4,1 0,6 75,3 100,0 1 769 Primaire/ alphabét. 30,9 24,0 2,0 0,2 3,1 11,9 1,7 3,4 1,6 6,9 1,7 4,6 0,6 69,1 100,0 2 647 Secondaire + 40,4 31,4 1,8 0,1 4,3 11,0 0,7 12,5 1,0 9,0 4,5 3,8 0,7 59,6 100,0 1 907
No. d'enfants vivants
0 25,3 17,2 0,2 0,1 0,9 0,7 0,1 15,2 0,0 8,2 4,6 3,4 0,1 74,7 100,0 923 1-2 32,7 26,7 0,4 0,2 3,7 13,8 1,3 5,5 1,7 6,0 2,2 3,1 0,8 67,3 100,0 2 447 3-4 35,5 28,4 4,0 0,1 4,5 13,7 2,3 2,6 1,2 7,1 1,9 4,4 0,8 64,5 100,0 1 470 5+ 31,7 23,0 4,4 0,1 3,0 10,2 2,4 1,7 1,1 8,6 1,8 6,3 0,5 68,3 100,0 1 483
Ensemble 32,0 24,8 2,1 0,1 3,3 11,0 1,6 5,3 1,2 7,2 2,4 4,2 0,6 68,0 100,0 6 323
Note: Si plus qu'une méthode est utilisée, seule la méthode la plus effective est considérée. MAMA = Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée 1 Y compris 1 cas de DIU, 2 cas de condom féminin et 1 cas de diaphragme.
La prévalence des méthodes contraceptives modernes varie selon le milieu de résidence : 27 % dans l’Aire métropolitaine, 22 % en rural et 30 % dans les Autres villes (graphique 3). Il faut souligner que depuis l’EMMUS-II de 1994-95, la prévalence contraceptive moderne a fortement augmenté en milieu rural, passant de 10 % à 22 % et, dans une moindre mesure dans les Autres villes (de 20 % à 30 %) et dans l’Aire métropolitaine (27 % contre 19 % en 1994-95). Le condom et les injections sont les méthodes les plus utilisées dans tous les milieux de résidence. Cependant, le condom est prédominent en milieu urbain alors que les injections le sont davantage en zone rural. Le taux d'utilisation de la stérilisation féminine est identique en milieu urbain et rural (autour de 2 %).
La prévalence de la contraception varie fortement selon le département, de 13 % dans le Sud-Est à 30 % dans l’Artibonite. Les injections constituent la méthode la plus utilisée quel que soit le département considéré.
La prévalence de la contraception moderne est beaucoup plus élevée chez les femmes les plus instruites (31 %) que chez celles qui n'ont aucune instruction (19 %). Cependant, c’est dans cette catégorie de femmes qu’elle a le plus augmenté depuis l’EMMUS-II de 1994-95, passant de 8 % à 19 %. Entre l’EMMUS-III et l’EMMUS-IV, le changement est minime, de 18 % à 19 %.
Le nombre d'enfants semble être un déterminant de l'utilisation de la contraception, le taux d’utilisation des méthodes modernes passant de 17 % pour les femmes n'ayant aucun enfant à 28 % pour celles ayant trois enfants. Le condom est surtout utilisé par les femmes n'ayant aucun enfant (15 %), alors que les injections, suivi de la stérilisation féminine et de la pilule sont prédominantes chez celles qui ont des enfants (tableau 4).
Graphique 3 Utilisation actuelle de la contraception moderne
(Femmes de 15-49 ans en union)
HAÏTI
RÉSIDENCE
Port-au-Prince
Autres villes
Rural
INSTRUCTION
Aucune
Primaire/alphab.
Secondaire ou +
0 10 20 30 40
Pourcentage
E. Désir d'enfants (supplémentaires)
Parmi les femmes actuellement en union, 52 % (y compris 2 % de femmes stérilisées) ont déclaré ne plus vouloir d'enfants, 30 % veulent attendre plus de deux ans avant d’en avoir un (autre) enfant, c'est-à-dire expriment le désir d'un certain espacement des naissances, et 14 % ont déclaré qu'elles souhaitaient un enfant ou un autre enfant dans les deux ans à venir (tableau 5). Dans l'ensemble, la proportion des femmes qui ne veulent plus d'enfant a connu une légère diminution, passant de 57 % en 2000 à 52 % en 2005-2006, alors que la proportion de femmes qui souhaitent espacer leur prochaine naissance a augmenté, passant de 23 % à 30 %.
Tableau 5. Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfants survivants
Répartition (en %) des femmes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires, selon le nombre d'enfants vivants, Nombre d'enfants vivants1
Désir d'enfant(s) 0 1 2 3 4 5 6 ou + Ensemble
Veut un autre Veut un autre bientôt2 45,5 18,7 11,3 7,1 4,1 3,0 2,1 13,6 Veut un autre plus tard3 47,9 67,1 32,2 16,2 10,4 4,6 2,9 30,4 Veut un autre, NSP quand 1,6 1,7 0,9 1,3 0,5 0,0 0,5 1,0
Indécise 0,0 0,3 0,7 0,7 0,4 0,5 0,7 0,5
Ne veut plus d'enfants 0,4 10,1 52,0 67,7 78,2 83,4 85,6 49,4
Stérilisé(e) 0,3 0,4 0,8 4,4 3,3 4,9 4,0 2,3
S'est déclarée stérile 3,8 1,8 1,9 2,6 2,6 3,4 4,3 2,8
Total4 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 762 1 385 1 118 893 638 557 970 6 323
1 Y compris la grossesse actuelle 2 Veut un autre enfant dans les deux ans à venir 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 4 Y compris les non déterminés
F. Soins prénatals et assistance à l’accouchement
Pour chaque enfant dernier né dont la naissance est survenue au cours des cinq années précédant l'enquête, on a demandé aux mères si elles avaient bénéficié de soins prénatals pendant la grossesse. Pour 85 % des naissances, la mère s’est rendue en consultation prénatale, au moins une fois, auprès de personnel de santé, soit un médecin, une infirmière, une auxiliaire, un agent de santé, une sage-femme ou une matrone avec boîte (tableau 6). Ce sont les femmes résidant en milieu urbain qui vont consulter le plus fréquemment un professionnel de santé (90 % contre 82 % en milieu rural). Par contre, il faut noter que c’est en milieu rural que la fréquence des consultations prénatales a le plus augmenté depuis l’EMMUS- III (82 % contre 73 % en 2000) (graphique 4). Par ailleurs, le recours aux soins prénatals est d’autant plus fréquent que le niveau d'instruction de la mère est élevé : en effet, 96 % des mères ayant atteint, au moins, le niveau secondaire vont en consultation prénatale auprès d’un professionnel de la santé, contre 85 % de celles ayant un niveau primaire et seulement 73 % des mères sans instruction.
Tableau 6. Soins prénatals et assistance à l’accouchement
Pourcentage des dernières naissances survenues au cours des cinq années précédant l’enquête pour lesquelles la mère a reçu des soins prénatals, a reçu au moins une injection antitétanique, a reçu du sirop de fer au cours de la grossesse et pourcentage de naissances survenues au cours des cinq années précédant l’enquête pour lesquelles la mère a bénéficié d’assistance à l’accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-IV Haïti 2005-06
Soins prénatals Assistance à l’accouchement
A reçu des soins prénatals par du personnel formé
A reçu au moins une injection antitétanique
A reçu du sirop de fer au cours de la grossesse
Effectif de femmes
A été assistée à l’accou-chement1
A accouché dans un établissement de santé
Effectif de naissances
Âge de la mère à la naissance
<15 85,6 74,2 58,0 593 60,7 27,5 833 15-19 86,1 75,0 66,5 1 006 61,3 26,4 1 487 20-24 86,5 74,0 68,4 887 62,9 26,2 1 267 25-29 85,5 74,9 66,7 773 61,6 25,3 1 116 30-34 81,0 74,4 65,3 531 52,8 17,9 694 35 ou + 74,8 72,4 53,7 284 50,3 15,6 330
Rang de naissance 1 91,9 77,5 70,3 1 121 72,9 42,4 1 551 2-3 85,2 74,1 66,9 1 291 58,3 24,8 1 850 4-5 84,2 75,2 64,0 758 56,3 16,8 1 099 6 ou + 74,7 70,2 55,1 903 49,4 9,1 1 228
Milieu de résidence Aire Métropolitaine 86,9 70,6 68,5 737 71,8 48,1 938 Autres Villes 92,2 82,7 79,4 771 76,6 40,4 1 012 Ensemble urbain 89,6 76,7 74,1 1 508 74,3 44,1 1 949 Rural 81,6 73,0 59,2 2 566 52,6 14,6 3 778
Département Aire Métropolitaine 86,9 70,6 68,5 737 71,8 48,1 938 Ouest 84,4 70,1 66,0 1 425 65,2 35,9 1 920 Sud-Est 74,2 69,4 49,3 213 39,9 10,9 327 Nord 84,5 79,4 66,6 399 66,3 22,3 541 Nord-Est 87,5 82,3 71,2 142 71,2 28,3 202 Artibonite 86,7 74,4 68,7 720 59,6 20,7 993 Centre 82,4 80,1 53,0 400 47,0 13,0 636 Sud 83,8 77,7 60,3 245 61,1 23,4 349 Grand-Anse 81,2 74,5 65,4 164 59,3 14,1 229 Nord-Ouest 94,3 78,0 75,9 267 61,3 23,6 387 Nippes 78,6 72,9 59,1 99 51,0 11,6 143
Niveau d'instruction Aucun 72,5 66,9 50,3 1 139 44,2 7,8 1 736 Primaire/alphabétisation 85,4 75,1 64,0 1 863 58,9 18,7 2 626 Secondaire ou + 95,8 81,0 81,1 1 072 82,0 57,6 1 365
Ensemble 84,5 74,4 64,7 4 074 60,0 24,7 5 727
1 Accouchées par un agent de santé incluant Médecin, infirmière, auxiliaire, agent santé et matrone avec boite.
Pour chaque enfant dernier né dont la naissance est survenue au cours des cinq années précédant l'enquête, on a demandé aux mères si elles avaient reçu une injection antitétanique pendant la grossesse afin d'éviter au nouveau-né de contracter le tétanos. Pour assurer la protection du nouveau-né, la mère doit recevoir un minimum de deux injections antitétaniques pendant la grossesse, ou une seule si elle a déjà reçu une injection lors de la grossesse précédente. Pour plus des trois quarts des naissances de derniers nés survenues au cours des cinq dernières années (74 %), la mère a reçu, au moins, une dose de vaccin antitétanique pendant la grossesse. Par ailleurs, dans 65 % des cas, elle a reçu du sirop de fer au cours de la grossesse (tableau 6).
La couverture vaccinale antitétanique ne varie pas selon l’âge. Par contre, comme pour les soins prénatals, le tableau 6 fait ressortir que la proportion de mères ayant reçu une dose ou plus de vaccin antitétanique est légèrement plus élevée en milieu urbain (77 %) qu’en milieu rural (73 %). De même, les mères ayant un niveau d’instruction primaire (75 %) ou secondaire (81 %) ont plus fréquemment reçu le vaccin antitétanique que celles sans instruction (67 %).
Pour chaque naissance survenue au cours des cinq années précédant l'enquête, on a demandé aux mères où elles avaient accouché et qui les avait assistées au cours de l’accouchement. Pour près des deux tiers des naissances (60 %), la mère a reçu l'assistance de personnel formé au cours de l'accouchement (tableau 6). Les femmes résidant en milieu urbain sont plus fréquemment assistées par du personnel formé (74 %) que les femmes du milieu rural (53 %). De même, les femmes les plus instruits accouchent plus fréquemment avec l’aide de personnel formé (82 % pour le secondaire ou plus) que celles qui n’ont qu’une instruction primaire (59 %) et surtout que celles qui sont sans instruction (44 %). Cependant, comme pour
Graphique 4 Proportion de naissances dont la mère a bénéficié de soins prénatals*
HAÏTI
RÉSIDENCE
Port-au-Prince
Autres villes
Rural
INSTRUCTION
Aucune
Primaire/alphab.
Secondaire ou +
0 20 40 60 80 100
Pourcentage
EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06
* Soins prénatals auprès de médecin/infirmière/sage-femme/matrone avec boîte les soins prénatals, il faut noter que c’est en milieu rural que le recours à du personnel formé lors de l’accouchement a le plus augmenté depuis l’EMMUS-III, passant de 50 % en 2000 à 53 % en 2005-06).
Un quart des naissances (25 %) ont eu lieu dans un établissement de santé (tableau 6).
Les variations selon le milieu de résidence sont très importantes puisque seulement 15 % des naissances du milieu rural ont eu lieu en milieu sanitaire, contre 48 % de celles de l’Aire Métropolitaine. De même, seulement 8 % des naissances de mère sans instruction ont eu lieu en établissement sanitaire, contre 58 % de celles dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire.
G. Vaccination des enfants
Depuis des années, le Ministère de la Santé Publique et de la Population a mis en place un Programme Élargi de Vaccinations (PEV). Selon ce PEV, tous les enfants doivent recevoir le vaccin du BCG contre la tuberculose, trois doses de DTPer, contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, trois doses du vaccin contre la polio et le vaccin contre la rougeole. Les enfants doivent avoir reçu tous ces vaccins lorsqu'ils atteignent un an. En outre, depuis quelques années, une première dose de vaccin contre la polio (Polio 0) est donnée à la naissance.
Lors de l'EMMUS-IV, les informations sur la vaccination ont été recueillies de deux façons différentes : soit elles étaient copiées à partir des cartes de vaccination des enfants (ce qui permet d'établir avec plus de justesse la couverture vaccinale ainsi que le calendrier des vaccinations) soit, lorsque l'enfant n'avait pas ou n'avait plus de carte, elles étaient enregistrées à partir des réponses données par la mère. Les résultats présentés ici ne concernent que les enfants de 12-23 mois, âge auquel ils devraient tous avoir reçu tous les vaccins du PEV.
Il apparaît tout d'abord au tableau 7 que pour 73 % des enfants de 12 à 23 mois une carte de vaccination a été montrée à l’enquêtrice.
La couverture vaccinale est encore insuffisante en Haïti, puisque, d'après les cartes de vaccination ou les déclarations des mères, seulement 41 % des…
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