Joli Trou and Cormier Sub-watershed Management Plan.pdf
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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT
Plan d’aménagement du sous bassin versant de Joli Trou
Sections communales Joli Trou et Cormier
Juillet 2019 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/75/Coat_of_arms_of_Haiti.svg
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT
MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES
ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL
MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
MAIRIE DE LA GRANDE RIVIÈRE DU NORD
CONSEIL D’ADMINISTRATION COMMUNALE DE JOLI TROU
CONSEIL D’ADMINISTRATION COMMUNALE DE CORMIER
ASSEMBLÉES DES SECTIONS COMMUNALES DE JOLI TROU
ASSEMBLEES DES SECTIONS COMMUNALES DE CORMIER
Plan d’aménagement du sous bassin versant de Joli Trou
Juillet 2019 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/75/Coat_of_arms_of_Haiti.svg
PLAN D’AMENAGEMENT DU SOUS BASSIN VERSANT DE JOLI TROU
Table des matières
LISTE DES SIGLES
1. Concept de bassin versant
2. Facteurs de gestion d’un bassin versant
3. Spécificités du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
4. Propositions d’actions prioritaires pour le « traitement » du sous bassin versant de Joli Trou et
Cormier
5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan
6. ANNEXE I.- PROGRAMME D’AMÉNAGEMENT DU BASSIN VERSANT DE JOLI TROU ET CORMIER .. 13
7. Caractéristiques du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
• Caractéristiques biophysiques du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
8. Plan d’Aménagement détaillé du bassin versant de Joli Trou et Cormier
1. Le Reboisement
2. Intensification agricole
3. Protection des sols
4. Gestion de l’eau
5. Education environnementale
6. Modalités de réalisation du plan d’aménagement du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier.
6.1 Participation des bénéficiaires et des communautés locales dans la prise des décisions relatives au plan d’aménagement du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
ANNEXES II : Fiches techniques en lien avec les structures proposées dans ce plan d’aménagement de bassins versants
ANNEXE Photographique de la présentation du plan d’aménagement du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
LISTE DES SIGLES
AVANSE Appui à la Valorisation du Potentiel Agricole du Nord pour la Sécurité Economique et
Environnementale
ASEC Assemblées des Sections Communales
BV Bassin versant
C Celsius
CASEC Conseil d’Administration des sections communales
CNIGS Centre National de l’Information Géo-Spatiale DGI Direction Générale des Impôts FVD Faire Valoir Direct FVI Faire Valoir Indirect
GPS Global Positioning System
GRN Grande Rivière du Nord ha hectare
Hab. Habitant
IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique
Km Kilomètre m Mètre mm Millimètre MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural MDE Ministère de l’Environnement MIC Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
USAID United States Agency for International Development
URP USAID Reforestation Project
1. Concept de bassin versant Un bassin versant correspond au territoire géographique de collecte des eaux délimité par des lignes de crête ou lignes de partage des eaux qui se versent dans un exutoire commun. Normalement, celui-ci est un cours d'eau, un lac, une mer, un océan, etc. Généralement un bassin versant se subdivise en un certain nombre de bassins plus petits appelés « sous-bassins versants ». Les eaux collectées au niveau de ces sous bassins versants se jettent dans le cours d’eau principal. La carte ci-dessous illustre le cas du sous bassin versant de Jolitrou et Cormier. Elle montre la ligne de crête ou ligne de partage des eaux, les principaux cours d’eaux, les ravines ainsi que l’exutoire où se jettent les eaux dans la Grande Rivière du Nord pour finalement aller se déverser dans la mer.
2. Facteurs de gestion d’un bassin versant Deux grands types de facteurs interviennent dans la gestion d’un bassin versant : Des facteurs naturels et des facteurs humains.
➢ Facteurs naturels : Parmi les facteurs naturels on trouve :
• La géométrie : C’est-à-dire la forme et surface du bassin versant,
• La topographie ou pentes : Elles peuvent être fortes ou faibles. Elles peuvent être aussi longues ou courtes. Ces deux aspects caractérisent les pentes d’un bassin versant. Ils sont à la base du comportement des eaux qui y circulent. Ils jouent également un rôle fondamental sur la vitesse de l’écoulement des eaux au niveau du bassin versant et donc sur leur agressivité. Comme une roue de voiture ou de bicyclette, la vitesse des eaux augmente avec la pente d’un terrain. Ce qui augmente sa force et donc sa capacité de commettre des dégâts. Si au contraire la pente du terrain est faible et courte, la vitesse des eaux sera moins grande. Elles seront donc des capacités plus faibles pour de commettre de dégâts.
• La pédologie : C’est l’étude de la nature des sols. Ces matériaux comprennent :
o Ceux qui proviennent de la roche-mère. Ils forment l’élément minéral. En se dégradant la roche-mère donne le sable, l’argile et le limon qui se différentient par leurs dimensions.
o Ceux provenant dans la dégradation des matériaux végétaux et animaux. Ils constituent l’élément organique du sol et donnent la matière organique. Ce facteur pédologique influence grandement sur la capacité d’infiltration des eaux dans le sol et aussi leur résistance au lessivage des eaux. D’une manière générale, plus un sol contient de la matière organique, plus il y a de liens entre les particules de sols, plus il a la capacité de résister à l’érosion.
o En plus de ces matériaux d’origine minérale et organique, la profondeur du sol est aussi un autre facteur pédologique très important. En effet, comme une éponge, plus un sol est profond, plus sa capacité d’absorber de l’eau est importante et par conséquent plus sa résistance à l’érosion est importante.
• Facteurs biologiques : Ils sont représentés par les végétaux (arbres, herbes, cultures vivrières, etc.) et les animaux.
• La pluviométrie : Elle est caractérisée par la fréquence des pluies, les quantités d’eaux tombées lors des pluies, leur intensité, etc. C’est un facteur très important dans la gestion des bassins versants
➢ Facteurs humains :
Ces facteurs font référence aux interventions humaines dans la gestion des ressources naturelles. Dans cette catégorie de facteurs, on compte :
• Les modes d’exploitation des sols ou les méthodes utilisées pour la valorisation des sols par les humains. Ces méthodes peuvent contribuer à la dégradation ou à la protection des bassins versants. Par exemple, les types d’outils utilisés, la mise en valeur des sols avec ou sans structures antiérosives, la mise en culture dans le sens des pentes, les pratiques de brulis, de sarclage, de surpâturage, la protection, la surexploitation des forêts, etc. sont autant de paramètres dont les humains disposent pour protéger ou dégrader les bassins versants.
• Urbanisation : Outre les modes d’exploitation des sols, les modes de construction privilégiés par les humains jouent est un facteur fondamental dans la gestion des bassins versants. Les constructions avec des plans d’urbanisme bien pensés ou au contraire les constructions anarchiques sans plans d’urbanisation contribuent largement dans la protection ou la dégradation des bassins.
De ce qui précède, il résulte qu’en fonction de la bonne ou de la mauvaise gestion des différents paramètres cités ci-dessus, un bassin versant peut être considéré comme étant en bien géré ou non. L’état d’un bassin versant se manifeste par des conséquences positives ou négatives non seulement pour les populations qui vivent dans les parties situées en amont mais aussi pour celles qui vivent dans les parties situées en aval du bassin versant, sur le littoral notamment les mangroves, sur les milieux marins : les coraux, les ressources halieutiques, etc.
3. Spécificités du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier.
Le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier est une zone humide qui reçoit en moyenne 1,500 mm de pluie par an. En plus de cette pluviométrie élevée, c’est une zone est en grande partie montagneuse. Plus de 75 % des terres de ce sous bassin versant se trouvent sur des pentes supérieures à 25 %. Les terrains aux pentes les plus fortes se trouvent notamment dans les zones de Morne Mathurin, Morne Rigaud, Morne Gordon, Morne Lagon, Jean Charles, Dupuy, Brillant, Yocelle, Morne Déyè bwa, Zabèt , La Coupe, Boucan Makak, Jébye, etc. Selon le rapport de « AVANSE » et confirmé par nos observations par près de 80 % de la superficie de ce territoire sont caractérisés par de graves phénomènes d’érosion. Cette situation résulte de la faible couverture arborée de cette zone, des mauvaises pratiques agricoles, etc. En effet, au niveau du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier, les cultures pratiquées sont des espèces comme le sorgho, le pois congo, le maïs, le millet, le manioc, des tubercules comme la patate douce, le taro, etc. Le problème majeur est que, dans la plupart des cas, ces cultures sont effectuées sans la mise en place de structures antiérosives.
Un autre facteur aggravant à ces cultures est l’élevage libre. C’est le cas notamment pour celui des caprins qui est très pratiqué dans ce sous bassin versant. Les animaux broutent presqu’en entièrement le couvert végétal. Ainsi la matière organique, élément essentiel dans la structure des sols n’est pas restituée. Par conséquent, elle ne peut plus jouer le rôle de liant entre les particules de sols. Ce qui les fragilise et facilite leur transport par les eaux de pluie tout en entrainant également une perturbation du cycle naturel de la fertilité des sols.
Cette combinaison de facteurs naturels (fortes pentes, pluviométrie élevée et souvent de très fortes intensités) et la gestion humaine du bassin versant de Joli Trou et Cormier entrainent une dégradation de plus en plus importante de ce sous bassin versant. En effet, suivant les coutumes qui y sont en vigueur, lorsque la fertilité d’une parcelle est épuisée, les exploitants migrent vers une autre parcelle moins dégradée souvent inapte également aux activités agricoles. Quand cette dernière est complètement épuisée, ils vont cultiver d’autres parcelles de terre, qui elles aussi, dans la plupart des cas sont également inadaptées à la production agricole. Ainsi parcelle par parcelle, se poursuit le cycle de la dégradation des terres du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier dont la couverture arborée s’amenuise de plus en plus.
En raison de cette combinaison des facteurs naturels et de la faiblesse dans la gestion humaine au niveau du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier, à chaque pluie on enregistre des pertes énormes de sols.
Les sols sont massivement emportés. Ce qui réduit de plus en plus leur capacité pour absorber le volume d’eau de pluie que reçoit Joli Trou et Cormier. Les conséquences sont de plus en plus graves. La productivité agricole régresse d’année en année, les routes sont déchaussées et se rétrécissent ; les berges des rivières comme celles de la Grande Rivière du Nord s’élargissent excessivement, les inondations des zones situées en aval sont de plus en plus fréquentes et occasionnent souvent des morts d’hommes.
Ce constat permet aisément de déduire que Joli Trou/Cormier est un sous bassin versant « malade » qui doit être soigné. C’est dans cette optique que les propositions suivantes sont effectuées
4. Propositions d’actions prioritaires pour le « traitement » du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
Fort de ce constat, le présent plan d’aménagement a été élaboré pour contribuer dans la résolution des problèmes identifiés dans ce sous bassin versant. Les activités qui y sont proposées prennent en compte tant les facteurs humains que les facteurs naturels pour un meilleur « traitement » du bassin versant de
Joli Trou et Cormier. Sur le plan méthodologique, la démarche qui a été suivie pour réaliser ces propositions comprennent :
• La consultation de nombreux documents relatifs à l’aménagement des bassins versants tant en Haiti qu’ailleurs dans le monde,
• La consultation de divers documents publiés sur le Bassin versant de la Grande Rivière du Nord en général et sur le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier en particulier.
• Diverses visites sur le terrain,
• Des focus groupes avec les populations de Joli Trou et Cormier,
• Diverses rencontres avec des élus locaux, des autorités étatiques concernées par la problématique de la gestion des terres et des eaux du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier, etc.
De cette démarche, il en résulte les principales propositions suivantes pour la réhabilitation du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier :
1. Le déboisement constitue le facteur fondamental de la dégradation du sous bassin versant de Joli
Trou et Cormier. Le reboisement constitue est donc un facteur clé pour la réhabilitation de ce sous bassin versant. Toutefois, les expériences dans ce domaine montrent que pour leur survie, les arbres doivent répondre aux besoins économiques et financières des agriculteurs. Dans ce sens, dans le cadre de ce plan, la priorité est accordée aux espèces fruitières et forestières qui présentent des valeurs économiques pour les agriculteurs du sous bassin versant de Joli Trou et
Cormier. Les observations montrent que des espèces comme les manguiers, les avocatiers, les cacaoyers sont des espèces qui présentent des intérêts pour les agriculteurs de Joli Trou et
Cormier. Toutefois, dans la cadre de ce plan, le choix définitif des arbres à planter se fera par concertation entre les agriculteurs de ce sous bassin versant et les cadres techniques. Outre les intérêts économiques, les espèces à planter doivent être adaptées aux exigences écologiques du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier.
2. Les plantules seront produites essentiellement dans des pépinières décentralisées situées aussi proches que possible des aires de plantation. Cette disposition vise à réduire autant que possible les pertes lors des transports des plantules.
Dans le but d’assurer la plus grande appropriation possible des arbres par les bénéficiaires, et conformément aux résolutions adoptées lors des focus groupes, les plantules seront produites prioritairement par les associations locales. Pour renforcer leur capacité dans ce domaine, le plan recommande de fournir aux agriculteurs du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier la formation technique nécessaire pour qu’ils puissent produire eux-mêmes les plantules, assurer le suivi et l’entretien des arbres plantés.
3. En tenant compte de ses caractéristiques, dans le cadre de ce plan, le sous bassin versant de Joli
Trou et Cormier a été subdivisé en quatre classes en fonction des pentes des terrains. Pour chaque classe des propositions d’aménagement ont été effectuées. Ainsi, conformément aux lois haïtiennes en vigueur, et en référence au « Manuel Pratique de Conservation des Sols d’Haiti » publiée en 1999 par le Ministère de l’Agriculture, les terrains de très fortes pentes, c’est-à-dire supérieures à 60 % comme ceux de Morne Mathurin, Morne Rigaud, Morne Gordon, Morne Lagon, Jean Charles, Dupuy, Brillant, Yocelle, Morne Déyè bwa, Zabèt , La Coupe, Boucan Makak, Jébye, etc.
devraient être complètement reboisés.
Les terrains ayant des pentes moins fortes comprises entre 25 et 60 % comme Morne Gambade, Fond Bèlè, Dumorné, Morne Cumb, Morne Ouanche, Dos Bois Rouge, Vieux Caille, Ca Boule, Morne Dubi, Dlo
Sanyan, etc. ils devraient être consacrés à l’agroforesterie c’est-à-dire une combinaison de plantation d’arbres, de cultures vivrières et ou d’élevage sur une même parcelle.
Pour leurs parcelles ayant des pentes comprises entre 10 et 25 % comme par exemple La vite, Goro, Griyen, Grand Place, Fond Chevalier, Nan Campèche, elles devraient être consacrées à des cultures vivrières accompagnées de structures antiérosives. Ces dernières seront effectuées de préférence avec des bandes végétales et des haies vives constituées avec des espèces comme le vétiver, les ananas, l’herbe éléphant, canne à sucre, etc. Ces espèces, tout en protégeant les sols pourront aussi être utilisées pour la production de fourrage qui constitue un facteur très limitant pour le développement de l’élevage à Joli Trou et Cormier
Pour ce qui est des terrains ayant des pentes faibles c’est-à-dire inférieures à 10%, comme ceux de « Eau Contrée, Fojé » par exemple, le plan encourage l’intensification au maximum de la production agricole. Cette stratégie vulgarisée dans le « Manuel Pratique de Conservation des
Sols d’Haiti » vise à optimiser la production au niveau des différentes classes des terrains pour limiter au maximum les pertes de terres.
Ces propositions sont résumées dans le tableau suivant :
Classes de pentes et propositions d’aménagement pour le sous bassin versant de Joli Trou
Classes de pente en %
Types d’aménagement recommandés
Superficie en ha
% par rapport à la superficie totale
Localisation des principales zones
0-10 Zones prioritaires pour l’agriculture intensive
244 6 Eau Contrée, Fojé
10-25 Zones d’agriculture de montagne avec installation de structures antiérosives
655 17 La vite, Goro, Griyen Grand Place, Fond Chevalier, Nan Campèche, 25-60 Zones agroforestières (de couverture arborée) ou de pâturage
1,695 43 Morne Gambade, Fond Bèlè, Dumorné, Morne Cumb, Morne Ouanche, Dos Bois Rouge, Vieux Caille, Ca Boule, Morne Dubi, Dlo Sanyan
> 60 Parcs naturels et forêts de protection
1,315 34 Morne Mathurin, Morne Rigaud, Morne Gordon, Morne Lagon, Jean Charles, Dupuy, Brillant, Yocelle, Morne Déyè bwa, Zabèt , La Coupe, Boucan Makak, Jébye
Total 3,909 100
N.B. Cette répartition d’occupation de sols est conforme aux recommandations du Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti publié par le MARNDR.
Pour atteindre ces différents résultats, le plan prévoit un accompagnement technique et financier pour les agriculteurs, Outre cette répartition des terrains en fonction de leurs pentes, le plan prévoit aussi des travaux de conservation de sols par la réalisation de travaux de traitement de versants et de ravines.
Autant que possible, des structures biologiques de conservation de sols seront priorisées.
La gestion efficace et efficiente de l’eau pour augmenter sa disponibilité pour la consommation humaine et animale ainsi que l’irrigation des terres pour augmenter la production agricole
4. L’éducation environnementale pour une véritable appropriation des activités prévues dans le plan d’aménagement du bassin versant de Joli Trou et Cormier par la population notamment par une vaste campagne de sensibilisation et d’éducation relative à l’environnement au profit des organisations directement impliquées dans la mise en œuvre de ce plan, mais aussi dans la plupart des écoles de ce sous bassin versant et pour l’ensemble des populations de Joli Trou et Cormier.
Ce programme éducation environnementale sera en conformité à celui des Ministères de
L’Environnement et de l’Éducation Nationale.
5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan Le succès de ce plan dépend en grande partie de la stratégie qui sera suivie dans la mise en œuvre des activités qui y sont prévues. A cet effet, le plan recommande que le comité de gestion du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier lance des appels d’offre à des opérateurs de services et aux associations locales en fonction de la complexité des travaux à réaliser. Des activités relativement peu complexes comme la production de plantules ou de compost pourraient être confiées à des associations locales ou réalisées directement par le comité de gestion du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier. Cependant, des travaux hautement spécialisés comme la réfection de tronçons de routes, de ponts, le traitement de grosses ravines, la stabilisation de berges de rivières, etc. devraient être confiés à des firmes spécialisées.
Le comité de gestion du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier assisté de spécialistes en passation de marchés, de cadres techniques de haut niveau, d’ingénieurs-conseils, etc. assurera le suivi de leur mise en œuvre. A cet effet, un plan de renforcement des capacités du comité de gestion de ce bassin versant notamment en termes de personnel, en capacités techniques et administratives devra être mis en application lors de la mise en œuvre du plan de gestion du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier.
Pour ce qui est du financement des activités, ce plan est avant tout un outil pour la gestion des eaux et des terres de ce sous bassin versant, le financement des activités qui y sont prévues devraient figurer dans les budgets annuels de l’État haïtien. En conséquence, les représentants légaux de Joli Trou et Cormier
(Maires, ASEC, CASEC, etc.) devraient faire sa promotion non seulement auprès des autorités haïtiennes régionales, départementales et nationales mais également auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Ils devraient s’en servir pour orienter les projets de développement qui interviennent et
/ou qui interviendront dans le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier.
Par ailleurs, ce plan devrait faire l’objet d’une évaluation périodique ainsi qu’une actualisation en fonction de la réalisation des activités prévues et réalisés ainsi que des nouveaux besoins qui se feront sentir dans ce sous bassin versant.
ANNEXES
6. ANNEXE I.- PROGRAMME D’AMÉNAGEMENT DU BASSIN VERSANT DE JOLI TROU ET
CORMIER
7. Caractéristiques du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier Situé dans la 8ème section communale de la Grande Rivière du Nord, les sections communales de Joli
Trou et de Cormier forment un même sous bassin de la Grande Rivière du Nord. Sur les 12,625.52 ha de la commune de la Grande Rivière du Nord, Joli Trou et Cormier, avec ses 3,909 ha, représente l’un de ses plus importants sous bassins versants. Selon les données publiées en 2015 par l’Institut Haïtien de
Statistique et d’Informatique (IHSI), sur les 64,613 personnes que comptaient l’arrondissement de la
Grande Rivière du Nord, 27,320 personnes résidaient dans les sections communales de Joli Trou et
Cormier soit 42 % de la population de cet arrondissement. Sur ces 27,320 personnes ; 54% sont des jeunes âgés de 18 ans et plus soit un total de 14,699 personnes de la population du sous bassin versant de Joli
Trou et Cormier. Pour ce qui est des caractéristiques biophysiques de ce sous bassin versant, le diagnostic participatif effectué à travers les focus groupes, les rencontres avec des personnes ressources qui connaissent bien la région, les documents disponibles notamment les monographies publiées par le projet
AVANSE, permettent de les présenter comme suit :
• Caractéristiques biophysiques du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
• Altitude et pluviométrie
Le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier présente des classes d’altitude allant de 20 et 228 m. La majeure partie de ce sous bassin versant présente des altitudes comprises entre 200 et 220 m.
Pour ce qui est du climat, les rapports réalisés pour ce sous bassin versant révèlent que les précipitations varient d’une année à l’autre. Avec le changement climatique, ce phénomène tend à s’amplifier. Selon les participants dans les focus groupes, cette perturbation dans le calendrier pluvial représente un sérieux handicap pour les agriculteurs dans la planification de leurs activités. Toutefois, en dépit du dérèglement climatique, le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier continu à être considéré comme une zone humide avec deux grandes saisons pluvieuses comprises prioritairement entre septembre et décembre et entre mai et juin. Quant à la saison sèche, elle se situe entre janvier et mars. Selon le rapport publié par le projet AVANSE, plus de 70% de la superficie totale de ce sous bassin versant reçoivent une moyenne annuelle de pluie supérieure à 1,500 mm. Cette abondante précipitation rend cette zone propice à la culture d’une grande variée d’espèces végétales.
Dans l’ensemble, le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier est plutôt considéré comme une zone fraîche, agréable avec une température moyenne annuelle oscillant autour de 270C. Combiné à sa bonne pluviométrie, l’ensemble de ces rapports et déclarations effectuées dans les focus groupes reconnaissent que cette zone réunit les conditions climatiques favorables au développement de l’arboriculture fruitière, de cultures d’exportation comme le café, le cacaoyer, etc.
• Types de sols
Les principaux types de sol identifiés dans le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier sont :
• Les sols des versants andésites et ryodacites
• Les sols du massif calcaire
• Les sols composés d’alluvions, matériaux détritiques
D’une manière générale, les sols du sous bassin de Joli Trou et Cormier sont propres à l'arboriculture. Ils proviennent de diorites quartzifères. Sur les versants, les sols rencontrés sont surtout de l’argile ou du limon et rarement le calcaire qu’on rencontre aux pieds monts. Dans certains endroits du sous bassin versant, les sols sont cependant peu fertiles. Leur profondeur varie considérablement en fonction de leur position. Si dans les fonds des vallées à pente relativement douce et dans les gorges les sols sont relativement profonds, au niveau des versants, cette profondeur tend à se diminuer pour être pratiquement nulle au niveau des crêtes où dans beaucoup de cas on peut même observer des affleurements rocheux. Selon « AVANSE », les types d’utilisation des sols ne sont généralement pas appropriées à leur. L’analyse de l’occupation des sols effectuée par ce projet montre que d’une manière générale, les espaces consacrés aux activités agricoles s’étendent sur des surfaces nettement plus importantes que celles qui devraient consacrées à l’agriculture.
• Couvert végétal et cultures pratiquées
La couverture végétale du sous bassin de la zone de Joli Trou et Cormier est très variable. Elle est constituée d’arbres fruitiers et forestiers ainsi que d’espèces agricoles cultivées. Cette végétation est dense dans quelques points spécifiques de certaines gorges, de bas-fonds, dans des zones humides et semi-humides, mais elle est surtout éparse et très clairsemée sur la plus grande partie de ce sous bassin versant. Bien que le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier soit d’une façon générale dégradée, cependant les plaines sont encore plus ou moins boisés avec une grande diversité d’espèces fruitières et forestières. Au niveau du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier on trouve des savanes herbacées ou arbustives, parfois mixtes qui intègre également des activités agricoles et d’élevage à certains endroits.
Comme le révèle le rapport de « AVANSE » et confirmé par les membres des communautés locale lors des rencontres, au niveau de ce sous bassin versant, une végétation herbacée est présente en plusieurs points même sur certains versants à forte dénivelé avec la présence de certaines espèces caféières. Les bas-fonds et les dépressions de certains versants sont recouverts d’une végétation relativement importante composée d’essences fruitières, en particulier le manguier, l’avocatier et le corossolier. Le chêne, l’acacia, l’eucalyptus, le mombin ont également été répertoriés comme essences forestières. Toutefois, suivant les déclarations effectuées lors de focus groupes, cette végétation arborée et éparse tant à régresser en raison d’une production de plus en plus importante de charbon de bois. Les arbres sont coupés sans discrimination. Dans certains endroits particulièrement les sommets des montagnes sont de plus en plus dénudés avec des affleurements rocheux en certains points.
• Le système de production
Le système de production de Joli Trou et Cormier comprend essentiellement les systèmes de cultures et le système d’élevage. Les principales composantes de ce système de production sont :
o Les systèmes de cultures
Les systèmes de cultures varient en fonction des caractéristiques du milieu biophysique de la disponibilité en eau, de l’altitude et des conditions pédo-morphologiques. L’irrigation dans le sous bassin de Joli Trou et Cormier étant quasiment nulle, l’agriculture est essentiellement pluviale. Selon la monographie de «
AVANSE », et à la suite des informations recueillies lors des focus groupes et confirmées par les observations de terrains, on y distingue deux grands systèmes :
1. Le système de production de montagne humide avec trois sous composantes
Premièrement un système agroforestier à base de café, de banane et d’igname. Les plantations de caféiers de variété, coffea arabica, sont pour la plupart très anciennes. L’igname est une culture annuelle dont le semis débute généralement à partir du mois de février. On trouve aussi dans ce système de grands arbres tels que : sucrin, avocatier et les agrumes (chadéquier, oranger) qui servent d’abri aux caféiers. Ce système est en régression d’une part à cause de la compétition exercée par les cultures vivrières (haricot, maïs) et les maraîchères chou sur lesquelles agriculteurs ont un plus grand contrôle sur les prix. Les autres facteurs expliquant la régression de ce système est la présence du scolyte qui attaque les cerises de café et les maladies qui sont en train de décimer actuellement les citrus et pour lesquelles les recherches n’ont pas encore trouvé de solutions efficaces.
La deuxième composante du système production de montagne humide est un système vivrier et céréalier où prédomine le haricot. Dans ce système, le haricot peut être planté en culture pure ou en association avec le maïs, le pois congo, ou avec des tubercules comme la patate, le manioc, et le taro et parfois, même avec le sorgho. Les conditions climatiques du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier étant favorables, trois campagnes agricoles peuvent être effectuées successivement. En fonction du calendrier pluvial, la première campagne débute fin mars et se termine en juillet. Au cours de cette campagne, le haricot est planté en association avec le maïs, le pois congo ou des tubercules comme la patate et le taro. Cette deuxième campagne s’étend généralement de juillet à octobre. Elle est dominée par les cultures d’haricot, de maïs et de la banane. Quant à la troisième campagne elle s’étend de décembre et mars. C’est surtout le haricot qui est semé et plus particulièrement le haricot rouge, le blanc et le noir.
Pour ce qui est de la troisième composante, c’est un système maraîcher axé principalement sur la culture du chou pommé. Dans cette composante, le chou est généralement cultivé en culture pure toute l’année au cours de trois grandes saisons : février, juin, et août. Les principales variétés cultivées sont tropicana et oxilus. Outre le chou, les agriculteurs produisent aussi du piment, de la tomate et d’autres légumes mais à petite échelle.
2. Le système de production en montagne sèche, comprenant un système arboricole et un système vivrier :
Conformément aux informations recueillies lors des focus groupes confirmées par les observations de terrains, le système arboricole, est dominé par des essences fruitières telles que manguier, avocatier, agrumes, kénépier, corossolier et des essences forestières vulgarisées depuis plus d’une décennie par diverses organisations qui ont menées des activités de reboisement dans la région. Les arbres fruitiers se retrouvent surtout dans les petites dépressions et en contrebas des endroits abrupts et au niveau des ravines. Les arbres forestiers sont le plus souvent très dispersés sur les parcelles et servent à la fabrication du charbon et de bois de construction destinés à la vente.
Quant au système vivrier de montagnes sèches, il est dominé par des cultures résistantes à la sécheresse comme le sorgho, le pois congo, le maïs, le millet et le manioc. Dans certains cas, ces cultures sont associées à du haricot. En général, les semis s’effectuent entre mars et avril. Le maïs, le sorgho et le pois congo sont alors semés. La récolte se fait progressivement jusqu’à la fin de l’année suivant les cycles de production de ces différentes cultures. Ce système offre très peu de possibilités de diversification en raison du déficit hydrique des montagnes sèches. En outre, cette absence de maitrise de l’eau constitue un sérieux handicap pour l’intensification des cultures dans ce sous bassin versant et est l’une des causes majeures des pertes enregistrées par les agriculteurs.
Outre ces cultures et comme l’a fait remarquer le Directeur Départemental de Ministère de l’Agriculture, il convient de noter dans le système de cultures de ce sous bassin versant, la présence de la culture de l’ananas, considéré aujourd’hui comme une culture très économique et adaptée pour cette zone. Pour ces deux raisons fondamentales, lors de la mise en place des structures antiérosives, outre le vétiver et les autres herbacées, l’ananas devrait jouer donc un rôle non négligeable dans les bandes végétales.
o Système d’élevage
L’élevage est pratiqué dans toutes les unités agroécologiques du sous bassin versant de Joli Trou et
Cormier. On y trouve tous les types d’animaux y compris bovins, caprins, porcins et volailles dans les exploitations agricoles de la zone. L’élevage bovin est très prédominant dans les zones de montagnes humides tandis que les caprins se retrouvent surtout dans les zones de montagnes sèches. Ces animaux constituent le « carnet d’épargne » des habitants de ce sous bassin versant. Ils leur permettent de faire face à des situations d’extrêmes urgences : maladies, décès, rentrées scolaires, etc.
Les chevaux, ânes et mules sont de plus en plus dans ce sous bassin versant. Ils sont aujourd’hui en grande partie remplacés par les « taxis motos » qui assurent le transport des personnes, des produits agricoles, des marchandises, etc. Les quelques rares animaux de somme de Joli Trou et Cormier sont surtout utilisés pour les travaux des champs, les besoins domestiques et parfois pour les longs déplacements.
Théoriquement à Joli Trou et Cormier, les animaux sont nourris de résidus de cultures sur des parcelles en jachère. En fait, dans la réalité, en raison du manque de ressources fourragères, nombres d’exploitants agricoles laissent les animaux en divagation pour brouter un peu partout sur les parcelles en jachère ou certaines fois en production. Cette pratique a des répercussions néfastes et engendre d’importants dégâts et des pertes au niveau des parcelles en cultures. En outre, les animaux détruisent également les jeunes arbres plantés. Sans des mesures d’accompagnement, cette situation risque d’hypothéquer considérablement les activités de reboisement dans ce sous bassin versant.
Pour ce qui est de l’élevage de porcs, il est observé dans certaines exploitations agricoles. Mais, là aussi la faible disponibilité des aliments pour ce type d’élevage représente une contrainte majeure à son développement comme pour celui des autres espèces animales.
L’élevage libre est une contrainte majeure limitant la mise en valeur agricole des terres et la gestion des ressources au niveau du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier. La mise en application des systèmes agroforestières promus dans le cadre de ce plan d’aménagement, l’élevage en enclos suivant le modèle de Bahon, la production de fourrages produits etc. sont des pistes qui devraient contribuer à la résolution des nuisances engendrées par l’élevage libre dans le sous bassin versant de Joli Trou / Cormier et notamment sur les cultures et la plantation des arbres.
• Pratiques culturales, érosion des sols et dégradation du sous bassin versant de Joli Trou et
Cormier.
Les documents publiés, ainsi que les observations effectuées sur le terrain montrent que quelques versants de ce sous bassin versant sont relativement bien protégés par une végétation arborée permanente notamment au niveau des bas-fonds et des dépressions. Toutefois, dans la plupart des cas, les versants sont sérieusement dénudés avec dans certains cas des affleurements rocheux sur le flanc des mornes. Cette dégradation est due en grande partie à la déclivité des terrains. En effet, comme le montrent la carte et le tableau ci-dessous, plus de 75 % des terres du sous bassin versant de Joli Trou et
Cormier se trouvent sur des pentes supérieures à 25 %.
Classes de pentes du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier
Classes de pente en %
Superficie en ha
% par rapport à la superficie totale
Localisation des principales zones
0-10 244 6 Eau Contrée, Fojé
10-25 655 17 La vite, Goro, Griyen Grand Place, Fond Chevalier, Nan Campèche, 25-60 1,695 43 Morne Gambade, Fond Bèlè, Dumorné, Morne Cumb, Morne Ouanche, Dos Bois Rouge, Vieux Caille, Ca Boule, Morne Dubi, Dlo Sanyan
> 60 1,315 34 Morne Mathurin, Morne Rigaud, Morne Gordon, Morne Lagon, Jean Charles, Dupuy, Brillant, Yocelle, Morne Déyè bwa, Zabèt , La Coupe, Boucan Makak, Jébye
Total 3,909 100
Ajouté à cette forte déclivité et, selon les déclarations effectuées lors des focus groupes par les participants, dans le sous versant de Joli Trou et Cormier l’élevage libre particulièrement celui des caprins dans les mornes contribuent fortement au processus érosif. Il entraine une perturbation du cycle naturel de la fertilité des sols car les nutriments ne sont pas restitués. De même, selon les participants aux focus groupes, le mode d’agriculture minière pratiquée par beaucoup d’agriculteurs de Joli Trou et Cormier contribue grandement à la dégradation de ce sous bassin versant. En effet, dans cette zone lorsque la fertilité d’une parcelle est épuisée, les exploitants migrent vers une autre parcelle moins dégradée souvent inapte également aux activités agricoles. Quand cette dernière est complètement épuisée, ils vont cultiver d’autres parcelles de terre, qui elles aussi, dans la plupart des cas sont également inadaptées à la production agricole. Ainsi se poursuit parcelle par parcelle, le cycle infernal de la dégradation des terres du bassin versant de Joli Trou et Cormier dont la couverture arborée s’amenuise de plus en plus comme le montre la photo ci-dessous.
Versants du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier de plus en plus dégradés
Il résulte de tout ce processus une dégradation des sols du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier, une réduction de plus en plus importante du couvert arboré avec des pertes énormes de sols et des conséquences de plus en plus graves sur la productivité agricole qui régresse d’année en année, l’ensablement des systèmes d’irrigation, le déchaussement et le rétrécissement des routes, l’élargissement excessif des berges des rivières comme celles de la Grande Rivière du Nord, l’inondation de zones situées en aval, etc. et pire encore, des morts d’hommes occasionnées également par ces inondations.
Le plan recommande d’entreprendre rapidement des travaux de traitement des berges et des ravines qui les alimentent en eaux. Sinon dans un avenir pas très lointain Joli Trou/ Cormier et tous les autres sous bassins en amont dans le Bassin versant de la Grande Rivière du Nord seront inaccessibles tant pour les personnes que pour les denrées alimentaires
Sapement de berges et rétrécissement de la route de la Grande Rivière du Nord
• Situation foncière
Deux modes faire valoir la terre prévalent dans le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier : le Faire
Valoir Direct (FVD) et le Faire Valoir Indirect (FVI). Ce rapport décrit comme suit la situation.
o Le Faire-valoir direct (FVD)
Selon « AVANSE », la majorité des jeunes de ce sous bassin versant obtiennent leurs premiers lopins de terre par des cessions faites gratuitement par leurs pères. Par la suite, les jeunes acquièrent d’autres parcelles par achat et celles-ci deviennent majoritaires au sein de beaucoup d’exploitations. Dans le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier, près du tiers de la superficie mise en valeur a été acquis par la voie de l’héritage décrit comme suit dans ce rapport.
L’héritage : A la mort des parents, les terres reviennent aux enfants. En général, les terres héritées sont gérées dans l’indivision juridique et appartiennent à plusieurs personnes. La tâche de « gardien des biens composant la succession » est dévolue à celui qui s’est montré le plus responsable, généralement le fils le plus âgé résidant toujours sur l’exploitation familiale ou à proximité. Dans les périmètres irrigués et les zones de plaines sèches inondables, les terres sont transmises entre les héritiers selon des modalités admises à l’amiable à l’aide d’unités de mesure artisanale (le « pas » qui équivaut à 1/100 -ème de carreau, la corde, etc.). A l’opposé, les terres situées dans les écosystèmes de montagne sèche ne sont généralement pas partagées en raison de leur dégradation.
Les parcelles en indivision sont exploitées par la communauté des héritiers de manière indiscriminée.
Toujours selon « AVANSE », la plupart des héritiers n’ont pas une grande considération pour ces terres et pensent qu’ils doivent acquérir de nouveaux lopins de terre afin d’éviter des conflits. Bien que ces espaces ne représentent pas de grande importance en termes de pourcentage sur l’ensemble des terres détenues par les exploitants, ils jouent tout de même un rôle important dans la dégradation générale des sous bassins versants.
L’achat : Les terres achetées sont des parcelles des exploitants à titre de propriétaires. L’achat s’effectue au travers des transactions intra-familiales plutôt qu’avec d’autres personnes de la localité. Ces transactions se font généralement par vente sous seing privé en présence ou non de témoins afin d’éviter de payer les honoraires associées à la délimitation, le bornage des parcelles et l’obtention des pièces authentiques. Cependant, les notaires et/ou les arpenteurs sont d’ordinaire sollicités pour les transactions portant sur les terrains à bâtir. À l’exception des habitats spontanés, les propriétaires urbains de terrains à bâtir et de bâtiments résidentiels ou commerciaux possèdent généralement un procès-verbal d’arpentage ou un certificat d’enregistrement de la DGI comme garantie contre les tiers.
L’achat de parcelles est aussi observé chez les métayers qui ont réussi à économiser une partie des revenus générés par les ventes de bétail à l’origine pris en gardiennage. Cette activité a été aussi relevée chez les moyens et les grands propriétaires qui disposent de ressources financières suffisantes pour répondre plus facilement à des offres provenant d’exploitants affectés par des événements graves comme les maladies, les funérailles de proches parents, etc. L’achat de parcelles dans les périmètres irrigués situées à proximité des villes est rarement supervisé par un notaire et/ou un arpenteur. Dans ce cas, il s’agit le plus souvent de moyens ou grands propriétaires absentéistes résidant en ville et qui associent sécurité foncière et formalisation des transactions.
o Faire-valoir indirect (FVI)
Trois modalités d’accès au foncier en FVI sont observées à Joli Trou. Il s’agit du métayage (« deux-moitiés
»), du nantissement et du fermage.
Le métayage : Le métayage constitue le principal mode d’accès à la terre opérée en FVI. Selon le rapport soumis par ce projet, en termes d’importance, il vient après l’achat et l’héritage sur l’ensemble des modalités inventoriées dans le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier. Il représente la seule option pour les paysans non propriétaires de terres d’exploiter des parcelles et est également valorisé par les petits exploitants pour agrandir leurs exploitations et accroître leurs revenus. Les terres données en métayage dans ce sous bassin versant relèvent le plus souvent d’exploitations de grands et moyens propriétaires qui préfèrent ne pas risquer leurs investissements dans des activités aussi risquées que l’agriculture pluviale.
Dans les zones de plaine et de montagne sèche, les métayers payent la totalité des frais de dépenses de production (préparation de sol, semences, travaux d’entretien, récolte) et gardent les deux tiers de la production. Le dernier tiers de la récolte est réservé au propriétaire. Dans certaines zones de montagnes humides où trois saisons de cultures sont possibles et sur les périmètres irrigués, les frais de dépenses
(semences, fertilisants, rémunération de main d’œuvre) sont partagés entre les métayers et les propriétaires. En pareil cas, le principe du partage du produit de la récolte repose sur une base égalitaire soit 50% pour le propriétaire et 50 % pour le métayer.
Le nantissement foncier : Il s’agit d’un contrat par lequel un individu obtient un prêt, contre la cession temporaire au prêteur du droit d’exploitation d’un terrain jusqu’à extinction d’une dette. La transaction se fait dans la plupart des cas sous seing privé, c’est-à-dire sans la présence d’arpenteurs et de notaires comme prévus par la loi, mais toutefois en présence d’un ou de deux témoins. En matière d’accès au foncier en mode de FVI, le nantissement vient au second rang en termes d'importance, après le métayage.
Cette pratique prend de plus en plus d’importance dans les zones de montagnes humides et au niveau des périmètres irrigués.
Le Code Rural de 1962 en son Article 27 interdit la prise d’hypothèque sur les biens ruraux avec clause de voie parée, c’est-à-dire avec possibilité pour le prêteur de faire vendre l’objet de la transaction en cas d’impossibilité de remboursement par le bénéficiaire. Cet article est une disposition anticipatoire du législateur visant à prévenir la dépossession des moyens d’existence des paysans. Toutefois, dans le contexte des sous bassins caractérisés par une aggravation de la situation économique et un déficit d’application de certaines règles correspondant au régime foncier, cet article n’est pas appliqué.
Le fermage : Il vient au 3ème rang, après le métayage et le nantissement, en termes de volume de transactions foncières opérées à l’intérieur des modalités du FVI.
• Tenure foncière et dégradation de l’environnement
Dans la mise en œuvre du plan d’aménagement de Joli Trou et Cormier, la situation foncière doit être prise en compte. En effet, elle semble avoir une influence non négligeable dans la mise place du système de production précédemment décrit. Selon les conclusions du rapport de « ANVANSE » relatives à la situation foncière, il existe peu de conflits ou problèmes fonciers d’importance au niveau du sous bassin versant. Toutefois, l’indivision familiale pratiquée sur les terres et la combinaison de tailles généralement petites des parcelles agricoles associée à une faible viabilité économique, contribuent à une forte pression sur les ressources ligneuses. En tenant compte de ce qui précède, « AVANSE » recommande que la réduction de la pression exercée sur les surfaces agricoles des zones les plus fragiles du sous bassin versant de Joli Trou et Cormier devrait être considérée comme une action prioritaire. Pour ce faire, il y a lieu selon ce projet d’axer les efforts prioritairement vers une intensification agricole sur des superficies présentant des pentes réduites et une potentialité agricole élevée des sols. Pour ce qui est des moyennes et grandes propriétés, toujours selon ce même rapport, il existe dans ce sous bassin versant de grands et moyens propriétaires qui, même s’ils ne sont pas nombreux, doivent être considérés lors de la définition de stratégies et d’actions visant à améliorer les modes d’exploitation du milieu. Puisqu’ils ont à leur disposition d’autres ressources, ils sont en principe mieux équipés pour supporter les manques à gagner qui résultent, dans les premiers moments, de la mise en place de certaines techniques de protection ou d'établissement de vergers arboricoles. Selon « AVANSE », en vertu de ce postulat, leurs espaces pourront servir de terrain de démonstration de méthodes éprouvées dans la perspective notamment de la reconstitution du couvert boisé dans ce sous bassin versant. Il s’agira selon les auteurs du rapport, de trouver des propositions qui peuvent économiquement inciter les propriétaires concernés à concilier leur intérêt et leur engagement citoyen. Il faut s’assurer aussi que les accords conclus n’aient pas de retombées néfastes pour les petits exploitants, habitués à travailler sur ces terres et arriver à une gestion responsable des zones concernées.
• Les ressources en eau et leur utilisation
Dans le sous bassin versant de Joli Trou et Cormier, un nombre de cours d’eau à écoulement permanent a été répertorié. La carte du réseau hydrographique permet d’identifier quatre principales rivières totalisant 35 km. Outre ces rivières, selon la monographie de « AVANSE » et conformément aux informations recueillies lors des focus groupes la section communale de Joli Trou compte aussi à elle seule
15 sources pérennes sans compter celles de la section communale de Cormier. Ces sources sont utilisées en majorité pour les usages domestiques, la boisson et l’abreuvement des animaux. Cependant, avec la dégradation de ce sous bassin versant, on observe un ruissellement de plus en plus important des eaux de pluies et une réduction de l’infiltration des eaux d’alimentation de la nappe aquifères. Ce qui se traduit par un fonctionnement pluvial des cours d’eau et des sources avec des montées brusques lors des pluies et des descentes rapides après les pluies. Cette situation entraine souvent le sapement des berges des rivières, l’inondation des propriétés situées à proximité des couloirs de crues et accroît les risques pour les populations riveraines.
Sans la mise en application de dispositions sérieuses pour alimenter la nappe phréatique, dans un avenir plus ou moins proche, l’eau risque de devenir une ressource extrêmement rare au niveau du sous bassin versant Joli Trou et Cormier. Par ailleurs, n’étant pas systématiquement analysées, il n’y a pas de données fiables sur leur qualité des eaux tant pour celles des rivières que pour celles des sources. Ce qui expose la population de Joli Trou et de Cormier à des maladies graves et pouvant mêmes mortelles. Il serait important d’attirer l’attention des responsables du Ministère de la Santé sur cet état de fait pour remédier à cette situation potentiellement catastrophique pour la population de ce sous bassin versant.
8. Plan d’Aménagement détaillé du bassin versant de Joli Trou et Cormier
Cinq principaux axes d’intervention sont proposés pour l’aménagement du sous…
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