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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET

DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

REPUBLIQUE DU MALI

Un Peuple - Un But - Une Foi

MINISTERE DE L’EMPLOI, DE LA FORMATION

PROFESSIONNELLE, DE LA JEUNESSE

ET DE LA CONSTRUCTION CITOYENNE

MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE

SECRETARIATS GENERAUX

PROGRAMME INTERIMAIRE DE RELANCE DU

SECTEUR DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION

PROFESSIONNELLE

DUREE : 2 ANS (2015-2016)

SIGLES ET ABBREVIATIONS

AE Académie d’Enseignement AME Association des Mères d’Enfants APC Approche par Compétence APD Aide Publique au Développement BT Brevet De Technicien BUC Bibliothèque Universitaire Central CA Communauté D’apprentissage CADDE Cellule d’Appui à La Décentralisation et à la Déconcentration de l’Education CAF Centres d’Alphabétisation Fonctionnelle CAFE Centres d’Apprentissages Féminins CAP Centre d’Animation Pédagogique Certificat d’Aptitudes Professionnelles CDI Centres de Documentation Et d’Information CDPE Centre de Développement De La Petite Enfance CED Centres d’Education Pour Le Développement CEDEAO Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest CEI Centre d’Education pour l’Intégration CENOU Centre National des Œuvres Universitaires CGS Comité de Gestion Scolaire CNCS Centre National des Cantines Scolaires CPS Cellule de Planification et de Statistiques CSCRP Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté au Mali CT Collectivités Territoriales CUR Centres Universitaires Régionaux CVA Centres Virtuels d’Apprentissage CVF Centres Virtuels De Formation DEF Diplôme D’Etude Fondamental DER Département d’Etudes et de Recherche DFM Directions des Finances et du Matériel DNEF Direction Nationale de l’Enseignement Fondamental DNEFP Direction Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle DNESRS Direction Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique DNP Direction Nationale de la Pédagogie EBES Enfants à Besoins Educatifs Spéciaux ECU Ecole à Classe Unique ELIM Enquêtes Légères Intégrées auprès des Ménages ENF Education Non-Formelle ENSUP Ecole Normale Supérieure EPT Education Pour Tous ESG Enseignement Secondaire Général ETP Enseignement Technique et Professionnel FAST Faculté des Sciences et Techniques FCRIT Fonds Compétitif pour la Recherche et l’Innovation Technologique FMOS Faculté de Médecine et d’Odontostomatologie FSEG Faculté des Sciences Economiques et de Gestion FTP Formation Technique et Professionnelle IES Institutions d’Enseignement Supérieur IFM Institut de Formation des Maitres IGEN Inspection Générale de l'Education Nationale INEE International Network for Education in Emergencies—Réseau International pour l’Education en Situation d’Urgence INPS Institut National De Prévoyance Sociale IPR Institut Polytechnique Rural IPRES Inspections Pédagogiques Régionales de l'Enseignement Secondaire ISA Institut Des Sciences Appliquées

ISH Institut des Sciences Humaines IUFP Institut Universitaire de Formation Professionnelle IUG Institut Universitaire de Gestion IUT Institut Universitaire de Technologie LMD Licence-Master-Doctorat MEJCC Ministère de L’emploi, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne MEN Ministère de l’Education Nationale MESRS Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique MINUSMA Mission Multidimensionnelle Intégrée Des Nations Unies Pour La Stabilisation Au Mali ONG Organisation Non-Gouvernementale PAG Le Programme d’Actions du Gouvernement PIB Produit Intérieur Brut PRODEC Programme Décennal de Développement de l’Education PUEPT Projet d’Urgence pour l’Education Pour Tous RAMAA Recherche action sur la mesure des apprentissages de l'alphabétisation RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SCOFI Scolarisation des Filles TBS Taux Brut de Scolarisation TIC Technologies de l’Information et de la Communication UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ULSHB Université des Langues, des Sciences Humaines de Bamako UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance USSGB Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako USTTB Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako VPN Réseau Privé Virtuel—Virtual Private Network

TABLE DES MATIERES

SIGLES ET ABBREVIATIONS

RESUME

COUT DU PROGRAMME

I. INTRODUCTION

II. CONTEXTE PAYS, STRATEGIE ET JUSTIFICATION

2.1. Contexte politique

2.2. Contexte sécuritaire :

2.3. Contexte Economique :

2.4. Contexte Sectoriel :

2.5. Défis de la Gouvernance :

III. JUSTIFICATION DU PROGRAMME INTERIMAIRE

3.1. Objectif De Développement Du Programme :

3.2. Résumé des Composantes :

3.3. Cohérence avec les Stratégies Nationales :

3.4. Résultats attendus :

3.5. Indicateurs du programme :

IV. DETAIL DES COMPOSANTES

4.1. COMPOSANTE I : AMELIORATION DE LA QUALITE DES ENSEIGNEMENTS/

APPRENTISSAGES

4.2. COMPOSANTE II : AMELIORATION DE L’ACCES

4.3. COMPOSANTE III : RENFORCER LA GOUVERNANCE DU SECTEUR DE

L’EDUCATION ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

IV. DISPOSITIF INSTITUTIONNEL ET MODALITES DE MISE EN ŒUVRE DU

PROGRAMME

4.1. La Coordination Stratégique :

4.1.1. Le comité de pilotage :

4.1.2. Le Comité Interministériel :

4.1.3. Le Cadre Partenarial :

4.2. L’Equipe Technique :

4.2.1. les Cellules de Planification et de Statistiques

4.2.2. Les Directions des Finances et du Matériel

4.2.3. Les Cellules d’Appui à la Décentralisation et Déconcentration

4.2.4. Les AE et les CAP

4.2.5. La DNP, la DNEF, l’IGEN, la DNESRS, les Rectorats et IES, la DNEFP

4.2.6. Les CAP et les IPRES

V. CADRE DE SUIVI DES RESULTATS

VII. PRINCIPAUX RISQUES ET MESURES D’ATTENUATION

7.1. La Conception Du Projet

7.2. Le Pilotage Du Projet

7.3. L’Exécution Du Projet

7.4. Suivi Et Production De Rapports

7.5. Conflits, Catastrophes Naturelles Et Autres

ANNEXE 1 : SYNTHESE BUDGET ESTIMATIF PAR COMPOSANTE ET SOUS COMPOSANTE 54

RESUME

Objectif du Programme Intérimaire :

L’objectif de développement du programme intérimaire de relance du secteur de l’Education et de la Formation Professionnelle 2015-2016 est d’améliorer la qualité, accroître l’accès et renforcer la gouvernance du secteur de l’Education et de la Formation Professionnelle.

Composantes du Programme :

Le programme comprend trois (3) composantes principales :

Composante I : amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages.

Cette composante vise à : (i) améliorer les scores des élèves de l’enseignement fondamental en lecture-écriture, en mathématiques et en sciences d’observation, (ii) consolider les acquis des élèves de l’enseignement secondaire en français en tant que support et objet d’apprentissage, et (iii) améliorer le niveau de qualification professionnelle des apprenants, (iv) adaptation des offres de formation, (v) promotion de la recherche scientifique.

Composante II : amélioration de l’accès Cette composante vise donc à : (i) accroître les capacités d’accueil par la construction, la réhabilitation et l’équipement des infrastructures pédagogiques à tous les niveaux, (ii) le recrutement des enseignants, (iii) la prise ne charge efficiente de la question genre, (iv) le renforcement de la fourniture des services sociaux au élèves et étudiants, (v) la mobilisation sociale et l’implication des parties prenantes ainsi que la (vi) promotion de l’éducation inclusive à tous les niveaux aux fins de parvenir à une amélioration de l’accès à l’éducation formelle et non formelle tout en assurant l’équité.

Composante III : renforcement de la gouvernance du secteur de l’éducation et de la formation professionnelle.

Cette composante vise : (i) le renforcement de l’implication des collectivités dans la gestion de l’école, (ii) l’appui au système de suivi-évaluation, (iii) l’amélioration du suivi et du contrôle des travaux de construction des infrastructures pédagogiques, (iv) le renforcement de la capacité de résilience du secteur, (v) le renforcement de la gouvernance et de la déconcentration des Institutions d’Enseignement Supérieurs (IES),

(vi) la mise en place d’un nouveau mode de pilotage/régulation du secteur, (vii) la gestion des ressources humaines du secteur, (viii) l’appui à la préparation de la deuxième génération du Programme Décennal de Développement de l’Education.

COUT DU PROGRAMME

Le coût total du Programme Intérimaire 2015-2016 est estimé à 112 704 395 788 FCFA. Le financement disponible est de 58 826 466 000 FCFA, soit 52%. Le besoin de financement est estimé à 53 904 395 788

FCFA en attendant les engagements des Partenaires Techniques et Financiers.

2015 2016 TOTAL POURCENTAGE

Coût du Programme Intérimaire (en milliards FCFA)

55,9

56,8

112,7

100%

Financements disponibles (en millions FCFA)

58,8

58,8

52%

Besoins de financement (en millions FCFA)

-2,9

56,8

53,9

48%

I. INTRODUCTION

La situation politique au Mali a été généralement stable au cours de la dernière décennie pendant laquelle le

Gouvernement s’était attelé à mettre en œuvre des reformes relatives au renforcement de l’accès, à l’amélioration de la qualité et au renforcement de la gestion décentralisée de l’éducation. L’occupation de tout le nord du pays par des groupes armés à partir de janvier 2012 a très largement freiné cet élan.

De l’analyse économique des années avant la crise, il ressort que le Mali a toujours accordé la priorité au secteur de l’éducation dont les parts, comparativement élevées, restaient autour de 4,6% pour le PIB et de 24

% en 2013 pour le budget national. De plus, les charges récurrentes de l’éducation sont passées de 35,67% en 2011 à 36,98% en 2012 et à 37% en 2013.

Le présent document de programme intérimaire a été élaboré pour gérer la phase de transition entre la fin du

PRODEC et la mise en place d’un nouveau Programme Décennal de Développement de l’Education

(PRODEC 2) à partir de 2017. Il tient compte de la situation post conflit en préparant le système éducatif à comprendre et à produire les réponses appropriées face aux situations d’urgence, couvre l’ensemble du secteur de l’Education, développant ainsi avec l’emploi et la formation professionnelle une vision holistique.

Pour arriver sûrement à cette fin, le programme traitera : (i) des aspects liés à l’expansion du système/accès par la construction, la réhabilitation et l’équipement d’infrastructures pédagogiques à tous les niveaux ; (ii) de l’amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages et de l’offre de formation dans les secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle par la fourniture de manuels scolaires, de matériel didactique, d’équipements de laboratoires et d’ateliers, l’organisation de cours de rattrapage, la formation en didactique, en évaluation de compétences et en utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), de la diversification des filières à la lumière de la reforme Licence-Master-Doctorat

(LMD) ; (iii) de l’amélioration de la gouvernance globale du secteur à travers notamment, la mise en place de nouveaux modes de pilotage fondé sur le partenariat entre les acteurs concernés, une planification et une gestion efficiente des ressources (humaines, matérielles et financières) du secteur, la mise en place d’un système de suivi-évaluation efficace ; (iv) au renforcement des capacités des acteurs sectoriels à faire face éventuellement aux crises complexes (conflits armés, catastrophes naturelles, autres) à travers la prise en compte des normes du Réseau International pour l’Education en Situation d’Urgence (INEE).

Les activités ainsi proposées sont conformes à la stratégie du gouvernement exprimée dans la lettre de politique éducative pour la mise en place du pise iii, à savoir : (i) améliorer les résultats de l’apprentissage et la qualité de l’éducation ; (ii) soutenir l’éducation des filles et la question du genre ; (iii) améliorer l’employabilité des sortants de l‘enseignement technique et professionnel par une offre de formation de qualité axée sur les besoins de l’économie ; (iv) appuyer l’insertion professionnelle de personnes non scolarisées, déscolarisées et des adultes analphabètes de 16 à 45 ans ; (v) réguler les flux d’étudiants par la rationalisation des effectifs et la déconcentration (création de pôles universitaires) en vue d’une meilleure adéquation formation/emploi.

Le programme intérimaire permettra de consolider les acquis engrangés dans le cadre de la mise en œuvre des Plans d’Investissement Sectoriel de l’Education (PISE) I, II et III. Il proposera des leviers et des facteurs d’accélération pour l’atteinte des objectifs dans ces domaines.

II. CONTEXTE PAYS, STRATEGIE ET JUSTIFICATION

2.1. Contexte politique

La situation politique au Mali a été stable au cours de la décennie écoulée, jusqu’à la date du 22 mars 2012, lorsqu’est survenu le coup d’Etat. Après les médiations de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la démission de l’ancien président, les militaires ont accepté de céder le pouvoir à un Premier Ministre et le Président de l’Assemblée Nationale est devenu le Président de la

République par intérim pour la durée de la transition. Le contexte politique et sécuritaire a évolué rapidement au cours des derniers mois. La signature en juin 2013 d’un accord préliminaire de paix à

Ouagadougou par le Gouvernement de transition et les différents groupes armés présents dans le nord a, d’une part, permis la tenue d’une élection présidentielle sur l’ensemble du territoire et, d’autre part, ouvert la voie à un dialogue inclusif en matière de gouvernance, de justice, de sécurité, et de réconciliation. L’élection présidentielle, qui s’est déroulée sans incident majeur en juillet-août 2013, suivi des législatives en novembre-décembre de la même année, a permis de rétablir l’ordre constitutionnel et a contribué à renforcer la légitimité de l’État à un moment où l’Administration poursuivait son redéploiement dans les régions qui étaient sous contrôle des groupes armés pendant le conflit.

2.2. Contexte sécuritaire :

La situation dans le nord s’améliore progressivement, notamment à travers la restauration de l’autorité de l’État et par le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) entamé le 1er juillet 2013. Toutefois, des poches d’insécurité persistent.

Le gouvernement de transition avait déjà mis en œuvre un programme visant à soutenir les populations déplacées, en particulier les groupes vulnérables. Grâce à l’aide des ONG et des organismes comme le

Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), un programme de distribution de kits scolaires, de manuels et de fournitures scolaires, de nourriture pour la satisfaction des besoins essentiels de santé a été mis en place. Les fonctionnaires déplacés et ceux restés sur place ont continué de percevoir leurs salaires.

Un programme de payement d’indemnités pour le retour au poste des fonctionnaires et autres personnels des administrations déconcentrées et décentralisées, déplacés vers le sud du pays et dans certains pays limitrophes à cause de la crise sécuritaire, est en vigueur. Ce programme donne des résultats satisfaisants.

2.3. Contexte Economique :

Avant la récente crise politique et sécuritaire, le Mali avait maintenu un bon bilan en matière de gestion macro-économique pendant un certain nombre d’années. Le taux de croissance du produit intérieur brut

(PIB) a été en moyenne de 5% par an sur la période 2007-2011, alors que l’inflation a été contenue en général. La croissance du PIB a été également plus stable malgré la vulnérabilité persistante du Mali aux conditions climatiques et aux fluctuations des prix des matières premières. Les cours de l’or, principal produit d’exportation, sont restés à leur valeur la plus élevée pendant plusieurs années.

Après une croissance économique modeste en 2011, en raison des graves sécheresses, le PIB réel a baissé de

3,1% en 2012, reflétant les conséquences dramatiques des troubles politiques. Ces troubles ont particulièrement touché le secteur des travaux publics qui a souffert des coupes drastiques des investissements publics et privés. Il a été également constaté une stagnation des produits de l’élevage, celui-ci étant concentré au nord. Il en est de même pour le secteur du tourisme qui a connu une baisse se traduisant par la diminution considérable des services. Ces résultats négatifs sont en partie compensés par une bonne campagne agricole en 2012, une croissance positive de l’industrie textile et une augmentation de l’extraction d’or stimulée par les cours internationaux. Pour l’agriculture, il était prévu un taux de croissance de 5,9 % en

2012, en raison de la distribution adéquate des semences et des engrais. Toutefois, l’insuffisance de la pluviométrie en 2011/12 n’a pas permis d’atteindre les résultats escomptés.

Le coup d’Etat et la récession économique ont eu beaucoup d’impacts sur l’exécution du budget 2012. La perception des recettes a souffert de la récession économique, alors que les subventions ont diminué de 75

%. En conséquence, les recettes et les subventions totales en 2012 ont diminué de 16 % en termes réels par rapport à 2011. En outre, les possibilités de financement ont diminué après le coup d’Etat, avec une enveloppe financière extérieure baissant de 3 points en pourcentage du PIB (environ 300 millions de dollars

EU), alors que les prêts de l’aide publique au développement (APD) ont connu un fléchissement de presque le même niveau. Avec une enveloppe limitée, les dépenses ont été sérieusement coupées. L’investissement dans le secteur public a été le plus touché : il a baissé de 67 % en termes réels. Par contre, les autorités ont protégé les dépenses courantes pour la prestation des services de base (éducation, santé, agriculture) et les transferts sociaux dont le montant a été diminué de seulement 4 % en termes réels. Par conséquent, le déficit fiscal devait diminuer de 3,9 % du PIB en 2011 à 0,9 % en 2012. Aussi, les autorités ont-elles décidé de continuer d’honorer le service de la dette extérieure en dépit de la suspension des programmes d’aide, en vue de faciliter un réengagement rapide des bailleurs de fonds quand les conditions politiques le permettront.

En raison de l’incertitude par rapport à la situation sécuritaire au Mali, le risque de déséquilibre macro-économique est important à court terme. Mais, la relance peut être rapide compte tenu du réengagement des bailleurs de fonds et de la probabilité que les principaux moteurs de la croissance économique (secteurs de l’agriculture et des mines) restent sur une voie favorable. La plupart des bailleurs de fonds sont en train de s’engager à nouveau. Les risques majeurs de dégradation de la situation économique actuelle (malgré les risques liés à la sécurité) sont liés au niveau de la production alimentaire qui a un impact significatif sur la croissance, l’inflation et la balance commerciale.

La mise en œuvre de la seconde génération du Cadre Stratégique de Croissance et de Réduction de la

Pauvreté au Mali (CSCRP II) pour la période 2007-2011 est terminée. Les résultats ont été jusqu’ici mitigés avec des niveaux limités de réduction de la pauvreté.

En effet, la situation macroéconomique a été caractérisée par un taux de croissance de 2,7% en 2011 (contre

5,8% en 2010), pour une cible de 7,1%. Ce taux de croissance reste cependant supérieur à celui de l’Union

Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), établi à 0,8% en 2011.

Le pays devra relever d’énormes défis structurels et politiques avant de pouvoir s’engager sur une voie qui lui permettra d’atteindre un statut de pays à revenu moyen. Le gouvernement a adopté la troisième génération du CSCRP III (2012-2017) au début de l’année 2012 (avant le coup d’Etat). L’objectif primordial du CSCRP III est la réduction de la pauvreté grâce à l’accélération de la croissance d’un taux moyen ambitieux de 7 % par an à travers le développement des infrastructures et du secteur productif, la consolidation des réformes structurelles et le renforcement des secteurs sociaux. A cet égard, dès 2012, le budget initial a été totalement harmonisé avec le CSCRP.

Cependant, le taux de croissance réel du PIB en 2013 s’est élevé à 1,7% contre 0,0% en 2012. Les taux de croissance économique de ces deux années n’ont pas été suffisamment élevés pour améliorer le niveau de vie des populations, compte tenu de l’accroissement rapide de la population du Mali (3,6% selon le

Recensement Général de la Population et de l’Habitat—RGPH 2009). Avec respectivement 37,9% et 40,0% en 2013, les parts des secteurs primaire et tertiaire restent prédominantes dans le PIB.

2.4. Contexte Sectoriel :

La revue sectorielle de 2011 a permis de relever une évolution positive des indicateurs témoignant d’une amélioration du système éducatif au mali. A titre indicatif, le taux brut de scolarisation (TBS) au niveau du primaire a augmenté de 4,6 % par an en moyenne entre 2005 et 2011 pour atteindre 81,5 % en 2011. Il était cependant clairement établi que ce taux d’augmentation ne permettrait pas au mali d’atteindre l’éducation pour tous (EPT) d’ici à l’horizon 2015, ceci, d’autant plus que la revue 2011-2013 du secteur a noté une détérioration des données et indicateurs de scolarisation. Ce faisant, les prévisions actuelles du gouvernement suggèrent que l’EPT sera atteinte en 2027.

L’écart de scolarisation entre les garçons et les filles s’est creuse légèrement entre 2004 et 2010 de 15,2% en

2004/05 à 15,6% en 2009/2010 (87,4% pour les garçons et 71,8% pour les filles en 2009/2010). Cet écart est de 12,4 points de pourcentage en 2014 (76,4% pour les garçons et 64,0% pour les filles).

Le taux d’achèvement des filles en 2011 est de 29,1% contre 43% pour les garçons. Les raisons des taux d’inscription faibles et inéquitables ainsi que les faibles résultats constates chez les filles sont liées à la fois aux facteurs de la demande et de l’offre, tels que les couts de l’éducation peu abordables pour les ménages, les longues distances séparant la maison de l’école, la mauvaise qualité des structures physiques, le recrutement biennal en classe de première année dans certaines localités, et le calendrier scolaire inapproprié. En matière de disparité entre filles et garçons, l’écart au plan national est favorable aux filles avec 65,9% en 2011-2012 et 59,2% en 2012-2013. Cette situation, qu’il convient d’observer sur la durée, traduit une amélioration relative de l’accès des filles à l’éducation.

L’effectivité du transfert des ressources financières aux collectivités territoriales, assortie d’actions ciblées de formation, a donné un coup d’accélérateur au processus de déconcentration et de décentralisation. En conséquence, la qualité du pilotage s’en est trouvée relativement renforcée.

Pour autant, le secteur de l’Education et de la Formation professionnelle reste confronté à des défis importants à relever, au nombre desquels :

- la faible qualité de l’éducation, impactée notamment, par le manque de livres de lecture et autres matériels didactiques et le niveau de qualification des maîtres. En effet, les résultats obtenus des évaluations nationales des élèves en 2010 montrent que seulement 41,73% des élèves de la classe de deuxième année au Mali ont une bonne performance en langue et communication et seulement

38,2% ont une bonne performance en mathématiques ; les résultats des élèves de la classe de sixième année sont respectivement de 48,62% en français et de 31,83% en mathématique.

Les données du Rapport d’évaluation diagnostique au Mali 2011-2012 corroborent cette situation.

Elles montrent que seulement 13% des élèves de 5ème année ont un niveau satisfaisant ; seulement

41,73% des élèves de la classe de deuxième année ont une bonne performance en langue et communication et seulement 38,2% ont une bonne performance en mathématiques. Les résultats des élèves de la classe de sixième année sont respectivement de 48,62% en français et de 31,83% en mathématiques ;

- la perte du temps d’apprentissage, qui a une incidence sur les résultats et conditions d’enseignement et d’apprentissage. Une étude récente a conclu que les élèves maliens n’ont eu que 122 jours d’apprentissage en 2009-10 sur un total de 172 jours officiels prévus par le Ministère de l’Education.

Ils ont donc perdu presque 30% du temps d’apprentissage. Ceci est bien inférieur à la médiane pour l’Afrique subsaharienne (173 jours). Bien que des maîtres et des membres de CGS aient été formés au respect et au suivi du temps réel d’apprentissage, le problème demeure. Des actions visant à assurer le suivi du temps réel d’apprentissage sont envisagées ;

- l’ampleur de l’analphabétisme qui demeure un sujet de préoccupation. En effet, selon les Enquêtes

Légères Intégrées auprès des Ménages (ELIM) de 2006 et de 2010, la population de 15 ans et plus ne sachant pas lire et écrire dans une langue quelconque est passée de 4 738 501 personnes à

5 035 502 soit un taux d’augmentation d’environ 5,89% en cinq ans. Par ailleurs, l’accès pour les groupes cibles de l’éducation non-formelle (ENF) à des formations qualifiantes demeure préoccupant. Notons que sur les effectifs encadrés par les Centres d’Education pour le

Développement (CED), moins de 10% ont reçu une formation professionnelle et il n’existe que quatre centres d’apprentissage féminin (CAFé) sur l’ensemble du territoire ;

- la faiblesse de l’accès et des rendements interne et externe au niveau de l’enseignement secondaire.

Les séries et filières sont diversifiées en vue d’un meilleur rendement externe pour desservir l’enseignement supérieur ou satisfaire les besoins du marché. Cependant, un travail important reste à faire pour améliorer l’accès et le rendement interne de cet ordre d’enseignement. En effet, pour ne prendre en compte que l’année scolaire 2012-2013, le taux brut d’admission est de 15.9% et le taux de redoublement de 33.0% ; les taux de réussite sont de 13,03% au Baccalauréat général, 31,99% au

Baccalauréat technique, 37,53% au Certificat d’Aptitudes Professionnelles (CAP) et 36, 90% au

Brevet de Technicien (BT). Ici comme ailleurs, la qualité est affectée par la faible qualification des maîtres. L’enseignement des sciences et techniques est livresque. Les établissements publics comme privés ne disposent pas de laboratoires et la matière d’œuvre reste une denrée rare ;

- la multiplication des structures privées d’enseignement qui, bien qu’ayant contribué au relèvement du défi de l’accès dans de nombreuses localités de notre pays, pose des problèmes d’infrastructures mal adaptées ou inappropriées. L’environnement d’apprentissage malsain dans ces établissements impacte négativement sur la qualité des apprentissages. La dépense publique directe qui va dans ces types établissements ne leur a pas permis d’améliorer les conditions d’accueil des élèves réguliers orientés dans les établissements privés de l’enseignement secondaire. Au niveau de ces établissements, on constate également que les personnels enseignants et administratifs sont peu ou mal formés et les contrôles pédagogiques et administratifs y sont insuffisants, voire inexistants ;

- la faible qualité des enseignements et l’inadaptation des filières de formation au niveau de l’Enseignement supérieur. Dans certaines facultés 80% des étudiants redoublent en 1ère année ; 48% du budget sont consacrés aux bourses ; 70% des sortants des Institutions d’Enseignement Supérieur

(IES) ne trouvent pas un emploi ; le tiers des étudiants est à la Faculté des Droits et plus des 2/3 dans les humanités1 ;

- les fermetures d’entreprises et les pertes d’emplois2. En 2012, l’Institut National de Prévoyance

Sociale (INPS) a enregistré 1755 employeurs qui ont arrêté leurs activités dans les régions du nord et le district de Bamako (707 à Tombouctou, 933 à Gao/Kidal, 78 à Mopti, 37 à Bamako) pour un manque à gagner de 3.956.000.000 francs CFA. En outre, 2069 travailleurs de diverses entreprises ont été licenciés ;

- l’insuffisance des ressources budgétaires qui affecte la gestion du système d’éducation et de formation. La part de l’Education dans le budget récurrent de l’Etat est passée de 36,64% en 2013 à

37, 26% en 2014. Les ressources budgétaires n’ont pas toujours été utilisées de façon efficiente. Bien que 80% du budget de l’éducation soient gérés au niveau déconcentré et décentralisé, il n’a pas été encore possible de faire clairement la remontée des informations financières pour la traçabilité de la dépense publique en éducation. De même que les infrastructures scolaires construites selon le mode décentralisé sont la plupart du temps de très mauvaise qualité, du fait du manque de suivi et de contrôle de la qualité des travaux de construction3.

En outre, la mauvaise gestion des subventions scolaires et des fonds des cantines scolaires4 exacerbée par la crise sociopolitique et sécuritaire d’autant plus que le système éducatif malien était mal préparé à répondre aux situations d’urgence (conflits armés, catastrophes naturelles, etc.), a entraîné des inefficacités dans le système.

2.5. Défis de la Gouvernance :

Le Mali est confronté à des défis majeurs de gouvernance et de lutte contre la corruption qui minent sa capacité de faire des progrès significatifs vers l’atteinte des objectifs de politique sectorielle. Cependant depuis 2005, le gouvernement du Mali a renforcé son système de contrôle interne pour améliorer la gestion du budget de l’Etat. En plus de la Section des Comptes de la Cour Suprême (en mutation vers une Cour des

Comptes), du Contrôle Général des Services Publics, le Vérificateur Général enquête sur la corruption et la fraude et rend compte publiquement de ses résultats. Il y a donc un système de contrôle en marche. Le programme intérimaire compte sur les travaux de l’auditeur interne recruté à cet effet, pour prévenir d’éventuelles indélicatesses tout au long et au-delà du projet. De plus un auditeur externe a été recruté pour auditer annuellement les comptes du projet. Egalement le processus de relecture du manuel de procédures budgétaires est entamé.

1 Concertation nationale sur l’avenir de l’Enseignement supérieur au Mali, avril 2014 2 Effets économiques et financiers de la crise politique et sécuritaire 2012 au Mali : analyse de la situation et énoncé de mesures conservatoires, 3 Audit des infrastructures, 2010 4 Rapport d’audit du Fonds National de Stabilisation Economique et Social, 2013.

Le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) prend en charge les priorités du Président de la

République à travers la restauration de l’intégrité du territoire et la sécurisation des biens et des personnes, la réconciliation des maliens et la consolidation de la cohésion sociale, la refondation des institutions publiques et l’approfondissement de la démocratie, la promotion des femmes et des jeunes et la construction d’une économie émergente.

A cet effet, l’action publique sera fondée sur les principes directeurs ci-après :

- une éthique de la responsabilité, exigeant de tous ceux qui détiennent des charges et responsabilités publiques un comportement exemplaire réhabilitant le travail et le mérite ;

- une exigence de qualité et d’accessibilité aux services publics pour le plus grand nombre ;

- la participation active de tous les citoyens à travers le renforcement des institutions démocratiques ;

- la promotion de l’égalité des chances, à travers des politiques publiques de santé et d’éducation qui, en corrigeant les inégalités, offre à chacun la possibilité de réaliser son potentiel par le travail ;

- un aménagement de l’ensemble du territoire qui assure, par la valorisation des potentialités économiques le développement équilibré de toutes les parties du territoire national.

III. JUSTIFICATION DU PROGRAMME INTERIMAIRE

3.1. Objectif De Développement Du Programme :

L’objectif du Programme Intérimaire est d’améliorer la qualité des enseignements et apprentissages, accroître l’accès et renforcer les capacités de gestion du système.

3.2. Résumé des Composantes :

La mise en œuvre de la composante amélioration de la qualité des apprentissages permettra d’améliorer le rendement interne/externe du système. Le point d’entrée à cette amélioration sera la maîtrise de la lecture écriture dès les premières années. En effet, la maîtrise de la lecture-écriture permettra de réduire le redoublement et l’exclusion des élèves et palliera la baisse des niveaux généraux d’apprentissage à tous les niveaux du système éducatif.

Par ailleurs, c’est dans les premières années de scolarisation que se construit la plus grande partie des impacts de l’éducation. C’est également dans les premières années de scolarisation que l’on peut parvenir à engranger des résultats comme l’alphabétisation durable des adultes, la réduction des risques de pauvreté, l’acquisition des compétences de vie courantes. Cette dynamique se poursuivra aux niveaux intermédiaire et supérieur par l’adéquation des offres de formation.

La mise en œuvre de la composante amélioration de l’accès se fera à travers la question du genre qui se traduit par la scolarisation des filles au niveau de l’enseignement fondamental, l’éducation non formelle, la réalisation d’infrastructures pédagogiques, et le renforcement des équipements et des ressources informationnelles, la certification/évaluation des établissements privés. Il s’agira à travers ces quatre axes de stimuler la demande sociale d’éducation en matière de scolarisation des filles et d’alphabétisation des adultes, particulièrement des adolescentes et des femmes, tout en améliorant l’offre de formation à travers un programme de construction, de réhabilitation d’infrastructures, de renforcement des équipements et l’amélioration des conditions d’accueil et d’apprentissage dans les écoles privées.

La mise en œuvre du programme d’éducation non formelle permettra de résoudre la question d’alphabétisation de la population analphabète et de soutenir la scolarisation des filles. En effet, les parents alphabétisés seront sensibilisés pour libérer les filles pour leur permettre de suivre une scolarité normale, de les suivre, voire de les appuyer à la maison. De façon générale ce programme permettra d’offrir une opportunité de scolarisation aux enfants de 9-15 ans et d’alphabétisation des adultes hommes/femmes.

La mise en place d’un programme de développement des infrastructures par l’Etat permettra un déploiement équitable des établissements pour atteindre le plus grand nombre dans l’éducation préscolaire et spéciale, l’enseignement fondamental, l’enseignement secondaire public, l’éducation non formelle et l’enseignement supérieur. En développant des modèles de construction adaptés pour chaque type de structure éducative

(Centres de Développement de la Petite Enfance (CDPE), CED, Centres d’Alphabétisation Fonctionnelle

(CAF), CAFé, école à classe unique (ECU), école mobile, école classique, écoles classiques aménagées pour recevoir les enfants à besoins éducatifs spéciaux (EBES), la construction et l’aménagement de deux écoles de référence pour les enfants avec des handicaps plus prononcés, la construction de salles de cours au supérieur…), l’Etat augmentera l’offre d’éducation dans les différents sous-secteurs.

La construction de salles de classe dans l’enseignement fondamental respectera le souci d’amener l’école aux enfants autant que possible. Dans ce cadre des modèles adaptés et implantés devront être développés pour accueillir les enfants fréquentant les écoles à classe unique et les écoles mobiles. Le programme de construction de salles de classe dans l’enseignement secondaire, poursuivra un objectif de rattrapage du déficit dans cet ordre d’enseignement et d’être moins tributaire des écoles privées. Les efforts de construction devront également permettre à une plus grande masse d’enfants en dehors du système classique ainsi qu’à des adultes de bénéficier d’une éducation de base de qualité dans une perspective de qualification ou de poursuivre leur scolarité à travers des programmes passerelles ou de fréquenter des centres d’alphabétisation. La construction de salles de cours dans l’enseignement supérieur permettra à l’Etat de réaliser des économies sur les dépenses annuelles au titre des frais de location de bâtiments privés.

L’évaluation/certification des établissements privés d’enseignement permettra à l’Etat de sélectionner les meilleurs établissements susceptibles de l’aider dans le déploiement de l’offre éducative sur tout le territoire national de façon à combler ses propres déficits. Là aussi, l’Etat va mettre en place des établissements de référence devant servir de norme aux promoteurs privés et les pousser vers une certaine compétitivité tout en réduisant ses charges.

La situation sécuritaire et politique qui a fortement perturbé ces deux dernières années le système éducatif a démontré le besoin pour le secteur de mieux se préparer à faire face aux crises complexes (conflit armé, catastrophes naturelles, et autres). Cette situation a engendré le déplacement massif des élèves vers les régions du sud du pays et certains pays limitrophes. Dans les écoles des localités du sud du pays où ils se sont déplacés, des élèves ont été inscrits ou réinscrits, accentuant ainsi le phénomène des effectifs pléthoriques. Ces écoles surchargées ont besoin d’extension par la construction de nouvelles salles de classe.

En outre, les écoles du Nord ont besoin d’être réhabilitées ou reconstruites selon l’état de destruction. Ces élèves restés sur place ou ceux qui ont accepté de retourner dans la partie septentrionale du pays ont aussi besoin de conditions matérielles pour étudier : santé, nourriture, manuels, matériels et fournitures scolaires.

Avec les pays limitrophes concernés, des protocoles d’accord ont été signés visant à assurer la prise en charge des élèves désireux de retourner ou de s’y installer.

3.3. Cohérence avec les Stratégies Nationales :

Le Programme Intérimaire est en cohérence avec le CSCRP 2012-2017, seul cadre de référence de nos politiques et stratégies de développement à moyen terme, et le Plan d’actions Gouvernemental 2013-2018. Il vise à rehausser le niveau d’éducation de la population rurale et à incorporer des questions transversales de renforcement des capacités, de genre et de décentralisation.

3.4. Résultats attendus :

Le programme cherche à fournir des apprentissages et un environnement d’apprentissage de qualité pour les apprenants, y compris les déplacés, ainsi que pour ceux qui n’ont pas ou qui ont peu bénéficié de leur droit à une éducation de qualité (enfants et adolescents non scolarisés ou déscolarisés précoces). Le programme cherche également à renforcer la gouvernance générale du secteur.

Pour atteindre ces résultats, le programme financera des activités liées à la construction, la réhabilitation et l’équipement d’infrastructures pédagogiques et administratives ; le renforcement des capacités des maîtres et des administrateurs scolaires ; le renforcement des performances des élèves ; la mise en place de nouveaux modes de pilotage ou de régulation fondés sur un partenariat ouvert entre les parties prenantes.

3.5. Indicateurs du programme :

Les principaux indicateurs pour mesurer les progrès sont : (i) performance des élèves de 2ème, 3ème et 5ème années en lecture-écriture, (ii) pourcentage d’enseignants et d’administrateurs scolaires des Académies d’Enseignement (AE) et des Inspections Pédagogiques Régionales de l’Enseignement Secondaire (IPRES) formés et utilisant l’approche par compétence (APC), (iii) nombre de programmes élaborés et appliqués en cohérence avec les profils de formation et les besoins du marché du travail, (iv) nombre de filières de formation créées, (v) nombre d’infrastructures pédagogiques construites, réhabilitées et équipées, (vi) nombre de projets de recherche financés, (vii) proportion de filles/femmes fréquentant les filières scientifiques, (viii) existence d’un manuel de procédures pour la certification des établissements privés d’enseignement, (ix) nombre de finalistes des Centres d’Education pour le Développement (CED) et des

Centres d’Education pour l’Intégration (CEI) ayant reçu une formation qualifiante, (x) fonctionnalité des organes de pilotage du programme, (xi) niveau de satisfaction des usagers des œuvres universitaires.

IV. DETAIL DES COMPOSANTES

4.1.COMPOSANTE I : AMELIORATION DE LA QUALITE DES ENSEIGNEMENTS/

APPRENTISSAGES : 31,4 milliards FCFA

Au cours de la décennie 2000-2010, le gouvernement du Mali a mis en œuvre le PRODEC avec l’appui de l’ensemble des acteurs et partenaires du secteur de l’Education et de la Formation Professionnelle en donnant à la question de l’amélioration de la qualité lors de la troisième phase opérationnelle, plus d’importance que par le passé. Ceci a permis d’obtenir des résultats significatifs. Cependant, les redoublements et abandons persistent et les rendements scolaires vus à travers les acquisitions fondamentales restent faibles.

Ainsi, cette composante vise à : (i) améliorer les scores des élèves de l’enseignement fondamental en lecture-écriture, en mathématiques et en sciences d’observation, (ii) consolider les acquis des élèves de l’enseignement secondaire en français en tant que support et objet d’apprentissage, et (iii) améliorer le niveau de qualification professionnelle des apprenants, (iv) adaptation des offres de formation, (v) promotion de la recherche scientifique.

Ces objectifs seront atteints à travers les sous-composantes ci-après :

Sous-Composante 1.1 : Amélioration des performances des élèves en lecture-écriture, en mathématiques et en sciences d’observation au fondamental : 15,8 milliards FCFA

Objectif Général: Cette sous-composante vise à améliorer les rendements des élèves en lecture-écriture en mathématiques et en sciences d’observation au fondamental.

Objectifs spécifiques :

- renforcer les capacités des élèves du fondamental en lecture-écriture et en mathématiques et en sciences d’observation ;

- renforcer la capacité des élèves du fondamental à résoudre des problèmes de la vie courante.

Résultats attendus :

- tous les élèves sont capables de lire selon les standards en 2ème année, en 3ème année, et en 5ème année ;

- tous les élèves sont capables de résoudre des problèmes de la vie courante selon les standards en

2ème année et en 4ème année.

Stratégies :

La mise en œuvre d’une méthodologie efficace de l’enseignement de la lecture-écriture et des mathématiques et en sciences d’observation se fera à travers :

- la fourniture de manuels scolaires, de matériel de lecture et de mathématiques aux écoles selon le nouveau mécanisme d’approvisionnement géographiques ;

- la mise en place d’un environnement lettré par la création et l’équipement de Centres de

Documentation et d’Information (CDI) et de centres virtuels dans les écoles;

- le renforcement des capacités des gestionnaires des centres virtuels ;

- l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par la généralisation des

Centres Virtuels de Formation (CVF) dans les Instituts de Formation de Maîtres (IFM) et la mise en œuvre du programme de radio scolaire ;

- la généralisation progressive de la Communauté d’Apprentissage (CA) des maîtres ;

- le renforcement des capacités des ressources humaines et des structures d’encadrement à la didactique de la lecture-écriture et des mathématiques, notamment dans les zones post conflit ;

- le renforcement des capacités des acteurs en évaluation des performances des élèves aux niveaux école, des Centres d’Animation Pédagogique (CAP), des AE et national ;

- l’intensification du suivi de proximité des maîtres et des écoles.

Activités :

- renforcement des capacités pédagogiques et administratives des éducateurs/éducatrices et du personnel des CDPE, des services centraux et déconcentrés ;

- formation continue de 100 enseignants à la prise en charge des EBES dans les institutions spécialisées et des écoles classiques ;

- fourniture de 1,6 millions de manuels de lecture ;

- évaluation du curriculum bilingue ;

- formation de 544 Professeurs d'IFM à la didactique de la lecture-écriture et des mathématiques ;

- formation de 5 500 encadreurs et de 17 452 enseignants à la didactique de la lecture-écriture et des mathématiques ;

- formation de 206 formateurs et de 24 698 enseignants à travers les communautés d’apprentissage ;

- formation de 382 nouveaux enseignants des Ecoles à Classe Unique par an ;

- évaluation du rendement des élèves en lecture-écriture et mathématiques ;

- formation de 291 Conseillers Pédagogiques et de 5 500 directeurs d’école aux techniques de suivi et d'encadrement des enseignants en lecture-écriture et en mathématiques ;

- réalisation d’au moins 3 missions d’appui conseil et de 2 missions de contrôle par an, dans chaque académie ;

- organisation de rencontres périodiques entre l’Inspection Pédagogique Régionale de l’Enseignement

Secondaire (IPRES) et le Centre d’Animation Pédagogique (CAP) ;

- production de rapports mensuels de suivi du temps réel d’apprentissage au niveau des écoles, de rapports bimestriels au niveau des CAP, de rapports trimestriels au niveau des AE et du rapport annuel au niveau national ;

- formation de 87 formateurs et de 1 387 enseignants à l’utilisation des TIC ;

- formation de 260 agents de la DNP et de l’IGEN, des Académies d’Enseignement, des Centres d’Animation pédagogique à la construction et à l’utilisation des outils d’évaluation des performances des élèves selon l’approche par les compétences ;

- fourniture de 1,6 millions de manuels de mathématique ;

- formation de 300 administrateurs scolaires des établissements d’enseignement secondaire et normal à la construction et à l’utilisation des outils d’évaluation des performances des élèves selon l’approche par les compétences ;

- formation de 180 professeurs d’IFM à la construction et l’utilisation des outils d’évaluation des performances des élèves selon l’approche par les compétences ;

- formation de 582 Conseillers pédagogiques et de 7000 enseignants de l’enseignement fondamental, de l’Enseignement Secondaire Général, Technique et Professionnel à la construction et à l’utilisation des outils d’évaluation des performances des élèves selon l’approche par les compétences.

Sous-Composante 1.2. : Amélioration des acquisitions des élèves de l’enseignement secondaire : 12,7 milliards FCFA

Objectif Général: Cette sous-composante vise à améliorer la qualité de l’enseignement-apprentissage du français et en français, des matières scientifiques et techniques des nouvelles séries et filières de l’enseignement secondaire.

Objectifs spécifiques:

- diversifier l’offre de Formation Technique et Professionnelle prenant en compte les besoins et caractéristiques de l’économie nationale à tous les niveaux.

Résultats attendus

- les secteurs de formation et les besoins du marché sont mis en cohérence.

Stratégie :

L’amélioration des acquisitions des élèves de l’enseignement secondaire général, technique et professionnel s’effectue à travers :

- la fourniture de manuels scolaires et de matériels didactiques adaptés pour l’enseignement des sciences selon le nouveau mécanisme d’approvisionnement de manière à réduire les disparités ;

- la fourniture des équipements de laboratoires et ateliers ;

- la fourniture des matières d’œuvre pour l’Enseignement technique et Professionnel ;

- la fourniture de manuels scolaires et de matériels didactiques adaptés pour l’enseignement du français en tant que langue de communication ;

- le renforcement des capacités des gestionnaires des Centres de Documentation et d’Information

(CDI) et des laboratoires ;

- le renforcement des capacités des enseignants à la didactique du français, des mathématiques et des sciences ;

- l’utilisation des technologies de l’information et de communication ;

- le renforcement des capacités des acteurs du niveau central et déconcentré en évaluation des performances des élèves des établissements d’enseignement secondaire ;

- l’intensification du suivi de proximité des professeurs et des établissements d’enseignement secondaire.

- renforcement du système d'information sur le marché du travail ;

- élaboration de Schémas Directeurs de formation ;

- renforcement des capacités des centres de formation (formation, équipement) offrant des formations conformes au marché du travail ;

- formation de 160 formateurs (secrétariat, comptabilité, hôtellerie, structure métallique, maintenance industrielle, engins roulants, maçonnerie, froid/climatisation) ;

- fourniture d'équipements complémentaires à l'IFP de Kayes ;

- évaluation de la réforme de l'Enseignement secondaire mettant l'accent sur les séries et filières.

- identification des secteurs de formation ;

- suivi de l'insertion des sortants des ETP ;

- élaboration et mise en œuvre de la carte de compétences techniques et professionnelles.

Sous-Composante 1.3. : Amélioration du niveau de qualification professionnelle des apprenants : 1,3

Objectif Général: Cette sous-composante vise à améliorer la qualité des apprentissages pour une meilleure acquisition de qualifications professionnelles par les apprenants.

- renforcer les capacités pédagogiques et techniques des formateurs à tous les niveaux ;

- diversifier l’offre de formation professionnelle en prenant en compte les besoins et caractéristiques de l’économie nationale à tous les niveaux.

- les ressources humaines impliquées dans la formation professionnelle sont qualifiées;

- une plus grande articulation est créée entre les profils de formation et les besoins du marché du travail.

Stratégie :

L’amélioration des acquisitions des apprenants de la formation professionnelle s’effectue à travers :

- la fourniture des supports de formation à tous les apprenants;

- la fourniture des équipements complémentaires dans les ateliers artisanaux accueillant des apprenants;

- la fourniture des matières d’œuvre pour la formation des apprenants;

- le recrutement et la formation des formateurs permanents pour les Centres de Formation

Professionnelle publics placés sous la tutelle du Ministère de l’Emploi et de la Formation

Professionnelle ;

- la mobilisation de ressources financières pour assurer le fonctionnement régulier des CFP publics ;

- le renforcement des capacités pédagogiques et techniques des formateurs et maîtres d’apprentissage ;

- la diversification de l’offre de formation en relation avec les besoins du marché ;

- le renforcement des capacités des acteurs du niveau central et déconcentré en suivi/évaluation;

- l’intensification du suivi…

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